Pierre Kwenders Archives - Le Canal Auditif

Critique : Pierre Kwenders – Makanda at the End of Space, the Beggining of Time

José Louis Modabi, alias Pierre Kwenders, lance son deuxième album intitulé Makanda at the End of Space, the Beggining of Time. Le Canado-Congolais avait déjà bien fait avec Le Dernier empereur bantou paru en octobre 2014. Alors que son premier centrait surtout ses efforts de compositions sur une musique électro franchement canadienne et québécoise, Makanda se rapproche de son Congo natal.

Pierre Kwenders puise beaucoup plus dans la rumba congolaise et la soul africaine champ gauche pigeant un peu chez William Onyeabor. La filiation avec ce dernier reste mince malgré tout, Kwenders propose une musique très actuelle dans le son et les compositions. Makanda at the End of Space, the Beggining of Time est foncièrement sensuel, travaillé avec minutie et franchement réussi.

On salue le travail de réalisation que Tendai Baba Maraire (Shabazz Palaces) a effectué sur Makanda. D’ailleurs, l’autre moitié du duo apparaît sur la chanson-titre qui mélange les langues dans les paroles et les styles dans la musique. Des percussions africaines sur lesquelles des chœurs féminins se plaignent presque, un rap simple, mais efficace Palaceer Lazaro et une petite guitare à mi-chemin entre le blues et le rock. Ça fonctionne très bien. On est content d’y retrouver aussi la réussie Woods of Solitude parue en avril dernier sur laquelle la voix de Kwenders donne l’impression d’un doux velours légèrement mélancolique.

Ce qui ressort de Makanda, c’est que Pierre Kwenders s’est fait sensuel. Et pas à peu près. Tout d’abord, il livre une chanson qui est digne d’être la trame d’un film porno des années 70 avec Sexus Plexus Nexus. N’allez pas croire qu’elle est mauvaise. Il faut du talent pour livrer dans la même chanson, une guitare avec du wah-wah, une grosse basse cochonne et du saxophone sans jamais tomber dans le pastiche quétaine. C’est un tour de force réussi. Et ça n’arrête pas là. Kwenders transpire les hormones sur la sensuelle Zonga, un duo avec Tanyaradzwa. J’ai beau ne pas comprendre les paroles, j’ai comme l’impression que cette histoire se termine sous les couvertures. À ces deux chansons se rajoute RendezvousKwenders invite la reine de son cœur à se faire une date à Paris. Rien de moins.

D’un bout à l’autre, ça fonctionne pour Pierre Kwenders sur Makanda qui invite aussi Kae Sun sur La La Love. Si Le Dernier empereur bantou était plaisant pour les oreilles, Kwenders se permet d’aller beaucoup plus loin sur Makanda. Il n’a pas peur de s’aventurer dans des zones moins faciles et usuelles de la musique, particulièrement pour le Québec. Le résultat est une salve de grooves infectieux et de ritournelles qui nous restent en tête. Makanda veut dire « force » en tshiluba, on peut dire que ça va très bien comme nom à l’album.

Ma note: 8,5/10

Pierre Kwenders
Makanda at the End of Space, the Beggining of Time
Bonsound
47 minutes

Site Web

FME 2017 : Soir 1 – polyculture et stoner

FME / Dominic McGraw

Le FME se mettait en branle ce jeudi 31 août 2017. Les festivaliers avaient droit à un spectacle d’ouverture qui mettait en vedette A Tribe Called Red, dont l’excellent Halluci Nation est en nomination sur la courte liste du prix Polaris. Retour sur une première soirée fracassante.

Réussir où Montréal échoue

Montréal pour fêter ses 375 ans et pour rattraper la bourde de Rozon et sa publicité plus blanche que blanche, avait organisé un grand spectacle de TOUTES LES CULTURES qui finalement manquait de substance. La soirée d’ouverture du FME a réussi précisément là où cet événement a échoué. Plutôt que d’essayer d’empiler le plus d’artistes de cultures étrangères d’un peu partout, ils ont programmé trois artistes de qualités avec des personnalités fortes et des influences qui viennent d’un peu partout.

La Bronze a lancé la soirée avec son électro-pop contagieux. Elle y était en formule trio avec Clément Leduc et Francis Brisebois, ses acolytes de toujours. Parce que La Bronze en plus de chanter, s’occupe des percussions. Rien de moins. Elle a invité pour Geoffroy le temps d’une chanson et celui-ci s’est installé aux percussions, mais c’était à moitié réussi : la caisse claire sonnait plus comme un micro qui est défectueux qu’une caisse claire. Heureusement, la situation a été rétablie pour la suite. Son invitation lancée à Louis-Philippe Gingras était beaucoup plus réussie. Celui-ci s’est présenté sur scène pour jouer Parc à chien tiré de son album Troisième rangée sur laquelle La Bronze chante. Totalement réussie. La Bronze a aussi interprété sa version de Formidable de Stromae en arabe et a terminé avec l’excellent Roi de nous. Sans oublier qu’elle a réalisé un rêve d’enfance en bodysurfant pendant quelques minutes. Bref, que du plaisir.

FME / Christian Leduc

C’est Pierre Kwenders qui lui succédait sur scène. Il en profité pour nous envoyer les chansons de son nouvel album Makanda at the End of Space, the Beggining of Time. Sa rumba congolaise avec des lourds penchants électro-pop et rock se révèle efficace à souhait. Ce n’est pas facile de faire danser une foule qui ne connaît pas encore les titres. Pourtant Kwenders a fait danser les gens et les a séduits avec ses interventions un tantinet arrogantes et sûres de lui. Mais toujours avec le sourire. Il a aussi joué quelques pièces de son album précédent Le dernier empereur bantou : African Dream, Mardi Gras et Popolipo. Il était accompagné par son band essentiellement composé de membres de la formation Bad Dylan. Une autre prestation réussie.

FME / Christian Leduc

Chasser le froid en gang

Puis, c’est A Tribe Called Red qui est monté sur scène. Le trio de DJ n’a pas attendu pour faire danser la foule. Après une chanson, le feu était pogné et nous réchauffait de la fraîcheur de la soirée. Parce qu’il faut le dire, il fait pas chaud chaud à Rouyn-Noranda. Le mercure affichait 4 degrés en soirée, une température automnale avant le temps. ATCR a mélangé les chansons contemporaines avec des trames des années 80 et 90 et des chants amérindiens. Le tout en nous envoyant des projections qui récupéraient des clichés horribles amérindiens en dessins animés. Il a quand même fallu attendre le dernier 20 minutes de spectacles pour qu’ils nous envoient leurs chansons originales. Ils ont fait un medley qui comprenait R.E.D., The Road, Suplex, The Virus et quelques autres qui se fondaient les unes dans les autres. Je suis ressorti du spectacle avec un gros sourire et un peu de sueur sous mes pelures.

FME / Louis Jalbert

Fuudge terminait ma première soirée de FME au Cabaret de la dernière chance. Pour l’occasion le bar de la 8e rue était bien rempli. Le quatuor a joué les chansons tirées de leurs deux premiers EPs dont les très réussies Caller un magicien, Man esti qu’la côte est tough à monter, Ju et La Chambre rouge. Ils ont dédié le spectacle au père de Louis-Philippe Gingras, Cliff Burton (ceci étant évidemment une blague) en plus de nous jouer des nouvelles chansons. En rappel, ils nous ont envoyé leur reprise très réussie de 21st Century Schizoid Man de King Crimson.

Une soirée qui lance le tout en grand. Je vais aller soigner mon mal de tête et on se rejase de tout ça demain.

10 albums à surveiller en septembre 2017

Jason Bajada – Loveshit II (Blondie & The Backstabberz) (1er septembre)

Jason Bajada a sorti deux albums en français dans les dernières années, mais voici qu’il retourne à la langue de Shakespeare pour Loveshit II. Le grand montréalais a plus d’un tour dans son sac et les quelques extraits parus dans les dernières semaines nous prouvent qu’il garde une place spéciale dans son cœur pour Ryan Adams et les Beatles. On a très hâte d’entendre l’album au complet, parce qu’à date, c’est concluant. (pssst, notre critique.)


 
 

LCD Soundsystem – American Dream (1er septembre)

C’est l’un des retours les plus attendus de l’année. Finalement, la pause de LCD Soundsystem aura duré beaucoup moins longtemps que bien des mélomanes appréhendaient. Après leur retour sur scène en 2016, c’est maintenant un album complet que James Murphy et ses acolytes nous servent. Les premiers simples semblent pointer vers un nouveau succès total. (psst : Voici la critique de LP Labrèche)


 
 

Laura Sauvage – The Beautiful (8 septembre)

Vivianne Roy des Hay Babies mène son projet solo depuis environ deux ans et à date, elle est remplie de surprise. La chanson Alien (Anything Like It, Have You?) nous rappelle qu’on ne peut rien prendre pour acquis. Les sonorités eighties et les synthés habilement utilisés s’ajoutent à sa mélodie vocale surprenant qui tire ses influences dans les sixties. Ça peut sembler bizarre, mais ça marche à fond. On s’incline en attendant le reste de l’album.
 
 

Pierre Kwenders – Makanda at the End of Space, the Beggining of Time ( 8 septembre)

Pierre Kwenders nous ramène aussi dans le passé avec Makanda, son deuxième album. Si on se fie au premier simple, ça va être sexy mes amis. La pièce fait appel à des saxophones langoureux pendant que Kwenders se fait plus aguicheur que sur Le Dernier Empereur Bantou. Peut-être qu’il cherche à augmenter la population locale… en invitant les rapprochements. Bref, réserve ça pour ta prochaine soirée en amoureux.


 
 

Mon Doux Saigneur – Mon Doux Saigneur (8 septembre)

Emerik St-Cyr Labbé est un poète doué qui s’amuse avec les mots d’une manière déconcertante. Celui qui était de la finale des Francouvertes en 2016 présente son premier album très attendu. Pour vous donner une idée de sa facilité à tisser des images avec des mots peu usuels :

« Que faites-vous primitifs dans le sens le plus sapien ?
Presque sens d’un nouveau mode de pensée
La plus belle avenue du monde n’est pas faite de pavée
La plus belle avenue du monde, c’est la main drag de ton esprit de callé »

Bref, on a bien hâte de pouvoir se gaver de l’album en entier.

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La programmation du FMEAT 2017 : Premières annonces

C’est un de nos moments préférés de l’année! C’est le moment où on a une première idée des groupes que nous aurons la chance de voir au FMEAT à la fête du Travail. Avertissement, c’est très cool.

Vous avez dit R.E.D. ?

Le FMEAT va nous achever dès les débuts. A Tribe Called Red sera là pour le spectacle de la rentrée et partagera la scène avec Pierre Kwenders et La Bronze. Ça vaut déjà les 7 heures de char. Et pour la clôture? Eh bien, les artistes ayant participé à l’hommage à Richard Desjardins seront sur scène. Le tout dans la terre natale du poète-musicien. Un autre nom venu du Canada s’ajoute à la liste des spectacles à ne pas manquer, celui d’Andy Shauf qui nous a graciés de l’excellent The Party l’an dernier, finaliste au prix Polaris.

On pourra aussi voir des artistes qui ont fait paraître de très bons albums depuis le début de l’année. Philippe B présentera les chansons de sa Grande nuit vidéo alors que Canailles viendra faire des Backflips à Rouyn-Noranda. Pour sa part, Distorsion Psych Fest fera une collaboration avec le FMEAT pour présenter Atsuko Chiba, Paul Jacobs et Sunwatchers. L’Afrikana Soul Sister de JF Lemieux (Daniel Bélanger, Cargo Culte) y sera aussi tout comme Ludovic Alarie, Sarah Toussaint-Léveillé, Geoffroy et FUUDGE!

Des collaborations qu’on applaudit

Le FMEAT en collaboration avec le Pow Wow de Pikogan va présenter un spectacle de musique et d’arts amérindiens sur les berges du lac Osisko. Fruit d’une année de création et de rencontres, ce projet a pour objectif de faciliter les rapprochements entre les différents habitants du territoire abitibien. Une démarche qu’on applaudit bien bas. Une collaboration intrigante et bien intéressante.

Bon, nous devons nous rendre à l’évidence, ce n’est pas cette année que nous bouderons notre plaisir. Rouyn-Noranda, prépare-toi, on arrive… ben en septembre là.

http://www.fmeat.org/

La programmation extérieure du Festival International de Jazz de Montréal 2017

Le FIJM se déroulera du 28 juin au 8 juillet prochain. La programmation des spectacles en salle était déjà très intéressante en soi. Est-ce que le plaisir serait tout aussi présent sur les scènes extérieures disséminées dans le quartier des spectacles? Il semblerait bien que oui!

Des gros noms pour des grosses scènes

La plus grosse prise du FIJM était celle d’Anderson .Paak & The Free Nationals qui animeront la place des festivals pour la clôture de l’événement. L’immense succès de son album Malibu paru l’an dernier ne se dément pas. On peut s’attendre à un spectacle haut en couleur, car .Paak en plus de faire de la bonne musique est un excellent showman. Une autre grosse prise du FIJM est le groupe Walk Off The Earth fameux pour ses reprises non orthodoxes dont celle de Somebody That I Used to Know de Gotye. Feront-ils une reprise de Château de sable de Paul Piché en jouant sur les luminaires de la place des festivals? Ou encore une reprise du Nouveau Vocabulaire d’Antoine Corriveau avec les balançoires musicales? Mystère et boule de gomme.

Le Festival nous propose aussi un événement monstre qui réunit Men Without Hats, Carly Rae Jepsen, Radio Radio, Alex MacMahon, Champion et Yann Perreau. Les festivaliers seront invités à venir danser sur de la musique canadienne. Une tonne de musiciens seront sur scène et ce sera assurément la façon la moins ennuyante de fêter la confédération canadienne. Ce sera l’opportunité idéale pour se shaker la feuille d’érable.

De bons produits locaux bios

Dès le 28 juin, Pierre Kwenders fera danser les festivaliers. Il ne sera pas seul, oh que non! Valaire habitera la grande scène le 30 juin et s’ils sont fidèles à leurs habitudes, ça va se faire aller sur la Place des festivals. The Brooks sera aussi de la partie avec un spectacle qui mélange leurs compositions à celle du défunt Prince. Finalement, c’est Nomadic Massive qui va fermer la marche en fin de festival.

C’est tout? Absolument pas. Le duo Coco Méliès présentera les pièces de son plus récent album intitulé The Riddle, alors que Face-T et son reggae accompagneront les chaleurs de juillet. Betty Bonifassi jouera les chansons du projet Lomax qui valent absolument le détour! On y verra aussi Guy Bélanger, Coyote Bill et le groupe Topium.

Côté jazz, Jack Broadbent qui possède un grand capital de sympathie dans la belle province. Il sera sur la scène Bell les 5 et 6 juillet. Ne manquez pas non plus les Royal Pickles qui donneront de nombreux spectacles gratuits tout au long du Festival. Ça vaut le détour.

Ces spectacles complètent une programmation en salle déjà bien intéressante pour le Festival International de Jazz de Montréal. Il y aura bien du plaisir à avoir dans le quartier des spectacles en juillet!

http://www.montrealjazzfest.com