Critiques Archives - Page 2 sur 443 - Le Canal Auditif

Concours : Karim Ouellet en formule intime au Théâtre du Vieux-Terrebonne

Le Canal Auditif en collaboration avec le Théâtre du Vieux-Terrebonne vous offre la possibilité de vivre une expérience intime avec Karim Ouellet. Le chanteur de Québec sera de passage pour un concert dans la salle du Moulinet, un plus petit espace où la proximité fait loi. C’est votre chance de vivre une performance unique et un beau moment avec Ouellet. Courez la chance de gagner une paire de billets pour le concert qui aura lieu le samedi 6 mai 2017 à 20 h.

Pour participer, vous n’avez qu’à laisser le nom de votre album favori de Karim Ouellet dans les commentaires ci-dessous. Le concours est en vigueur jusqu’au 2 mai à midi. Le tirage sera effectué avant 17 h le 2 mai et le gagnant de la paire de billets sera avisé par courriel.

Bonne chance à tous!

Pour plus de détails sur le spectacle, c’est ici.

Critique : Barry Paquin Roberge – Voyage Massage

Le trio Barry Paquin Roberge ne fait pas dans la comptabilité. Quoiqu’ils aient accumulé en communs un nombre incalculable de minutes sur la route. Si ce n’est pas un cabinet de notaires, qui sont-ils? Étienne Barry (Les Deuxluxes), Sébastien Paquin (ex-Buddy McNeil & The Magic Mirrors) et Alexis Roberge (Les Marinellis, ex-Buddy McNeil & The Magic Mirrors) se sont rencontrés dans les derniers temps de Buddy McNeil & The Magic Mirrors. C’est à ce moment que la complicité musicale s’est installée. Puis, tout le monde est parti de son bord faire ses projets. Nous voilà en 2017, et le trio réapparaît. Et c’est bien comme ça!

Voyage Massage est un premier album intéressant pour la bande. C’est mélodieux, c’est rock et autour du projet flotte une auréole de folie assez délicieuse. On y retrouve des compositions qui s’inspirent du rock des années 70 tout en injectant assez d’éléments contemporains pour ne pas sonner comme une relique. On y sent quelques petites sonorités à la Mac DeMarco, quelques grooves plus près de Rolling Stones, bref le mariage du passé avec des styles contemporains. Le trio a trouvé le juste équilibre et l’ensemble ravit les oreilles dès les premières écoutes.

Pawnshop Bargain ouvre Voyage Massage sur des guitares claires, un refrain tout à fait accrocheur et irrévérencieux… parce qu’on s’entend que quand on qualifie l’amour de quelqu’un d’aubaine dans un pawnshop… mettons qu’on n’est pas dans la grande classe. Le côté fédérateur de Barry Paquin Roberge ne fatigue jamais l’oreille parce que tout est composé avec finesse. La groovy Hug or Kiss est un très bon exemple. Le trio assume un certain côté kitsch comme peut le faire Gab Paquet et ça marche.

Est-ce que c’est un album parfait? Non plus. Tout d’abord, c’est le fun pour les oreilles, mais ça dure un maigre 28 minutes. On aurait pris une pièce ou deux de plus. On sent aussi que Barry Paquin Roberge est encore à l’étape des essais. Ça se ressent sur Voyage Massage. On a parfois l’impression que le groupe se lance dans plusieurs directions à la fois. D’une chanson à l’autre, l’univers de composition change beaucoup.

Par contre, dans l’ensemble, ce n’est pas ce qui frappe le plus. C’est le plaisir incroyable qui se dégage de l’album. Voyage Massage est le genre d’album qui donne envie de se dandiner tout seul dans son salon ou encore d’aller prendre une grande marche au soleil avec un sourire étampé en permanence dans le visage.

Ma Note: 7/10

Barry Paquin Roberge
Voyage Massage
Costumes Records
28 minutes

https://barrypaquinroberge.bandcamp.com/

Critique : Robyn Hitchcock – Robyn Hitchcock

Assez anonyme de ce côté-ci de la grande flaque, l’auteur-compositeur-interprète britannique âgé de 64 ans, Robyn Hitchcock, faisait paraître la semaine dernière un énième album en carrière : l’homonyme Robyn Hitchcock. Le multi-instrumentiste influencé par les mythiques John Lennon et Syd Barrett est connu en Amérique pour son mini succès, Madonna of the Wasps, sur lequel l’excellent Peter Buck (guitariste de R.E.M) y va de ses meilleures accroches arpégées. Autant à la fin des années 70 avec The Soft Boys qu’avec ses acolytes The Egyptians, Hitchcock a toujours proposé des disques aux accents pop psychédéliques de qualité. Le bonhomme est un maître mélodiste, pas de doute là-dessus.

Trois années se sont écoulées depuis la parution de The Man Upstairs et durant ce laps de temps, Hitchcock s’est installé à Nashville afin de s’immerger dans « l’American Songbook ». Bien entendu, cette immersion vient quelque peu influencer le son d’ensemble de ce nouvel album, mais ceux qui connaissent Hitchcock ne seront pas dépaysés. On retrouve intact tout le talent mélodique de l’artiste qui est ici bonifié par un pop-rock assez abrasif. Pour tout dire, c’est un excellent disque de la part du vétéran.

Et l’excellence de cette création n’est pas étrangère à la réalisation de Brendan Benson, la tendre moitié de Jack White au sein des Raconteurs. De plus, le père Hitchcock est appuyé par les voix de Gillian Welch (grande « country girl » devant l’éternel) et de Grant Lee-Phillips (ex-meneur de Grant Lee Buffalo). Le guitariste Pat Sansone (Wilco) vient également prêter main-forte au Britannique sur quelques pièces. Entouré d’autant de talent, Hitchcock ne pouvait rater son coup.

À cet âge, on ne peut exiger d’Hitchcock de se réinventer complètement, mais le côté « droit au but », la qualité des chansons et la voix limpide du chanteur font de cette production une réussite. Parmi les joyaux ? La très Johnny Cash intitulée I Pray When I’m Drunk, les guitares, à la The Byrds, évoquées dans Mad Shelley’s Letterbox, le petit penchant « Gram Parsons » et les superbes harmonies célestes dans 1970 in Aspics ainsi que la néo-psychédélique aux accents beatlesques titrée Autumn Sunglasses… et c’est bon du début à la fin.

Le doyen a atteint les 64 ans bien sonnés. Je vous mets donc au défi de dénicher des vétérans compositeurs capables d’autant de pertinence qui ne s’égarent pas dans des sentiers faussement créatifs. Hitchcock est totalement intègre et a eu la grande intelligence de bien s’entourer, de faire pleinement confiance à ses fréquentations professionnelles. Allez, les jeunots ! Ne serait-ce que pour parfaire vos connaissances musicales, je vous invite à visiter l’univers musical de Robyn Hitchcock. Un artiste qui n’est manifestement pas apprécié à sa juste valeur… du moins ici même en Amérique.

Ma note: 7/10

Robyn Hitchcock
Robyn Hitchcock
Yep Roc Records
35 minutes

http://www.robynhitchcock.com/

Les spectacles en salle du Festival International de Jazz de Montréal

L’édition 2017 du FIJM offrira de nombreux spectacles en salle. Parmi ceux-ci, on compte de nombreux concepts intéressants et quelques artistes surprenants. Faisons un survol salle par salle de ce qui nous attend cet été.

Salle Wilfrid-Pelletier

L’orchestre métropolitain qui accompagne une projection du film La La Land est déjà un événement qui risque d’être grandiose. Mais la grande salle de la Place-des-Arts a plus à nous offrir. Parmi les événements à retenir, Feist, qui s’apprête à lancer Pleasure, sera en concert en compagnie de Charlotte Day Wilson le 4 juillet. Puis, le 8, c’est Pink Martini qui sera d’office.

À la maison symphonique

On retrouvera dans cette salle récemment construite un plateau double de Tigran Hamasyan qui vient tout juste de faire paraître l’excellent An Ancient Observer. Celui-ci est jumelé à un autre musicien d’exception : Colin Stetson. Celui-ci s’apprête à lancer un nouvel album vendredi prochain. On pourra aussi y voir le virtuose de l’orgue Jean-Willy Kunz le 5 juillet.

Centre Bell

BOB DYLAN. C’est un prix Nobel. Je crois que tout est dit.

Métropolis

Le Métropolis est la salle qui propose la meilleure programmation dans son ensemble. Ça commence avec Caravan Palace le 29 juin, avant que Charlotte Cardin prenne le contrôle pour trois soirs. Oui, trois soirs! Puis c’est le DJ français Wax Tailor qui viendra faire son tour. Charles Bradley avec The Brooks en première partie, sera d’office le 4 juillet. Une soirée à ne pas manquer. Joey Bada$$ prendra la relève le 5 pour présenter les pièces de son plus récent opus. Puis The Strumbellas et Whitehorse se partageront la scène en plateau double le 6 juillet. Finalement, Groenland et San Fermin sont à ne pas manquer le 7. Deux groupes de qualités réunis dans une soirée qui sera assurément plaisante pour les oreilles. Au Savoy du Métropolis, la relève sera à l’honneur avec Aliocha, Puma Blue, Harfang et Gabrielle Shonk qui se succéderont à coups de deux soirs chaque.

Club Soda

La salle de la « main » aura deux rondes de spectacles tous les soirs. La première sera à 18 h, qui nous propose des artistes qui viennent d’un peu partout à travers le monde. Puis, à 22 h, ce sont des artistes qui sortent des cercles restreints du jazz. Comme Men Without Hats qui vous feront danser en toute sécurité. Le 6 juillet, Kroy et Geoffroy se partageront la scène et feront aller leurs synthétiseurs. Le lendemain, Tanya Tagaq présentera les pièces de ses deux excellents derniers albums alors que BROS fermera la série de concerts le 8 juillet.

5e salle de la Place-des-arts

Le Festival nous propose une série de spectacles d’hommage, de réinterprétations et de répertoires croisés. Des concerts de grande qualité avec des concepts ultra-intéressants. Comme Jean-Michel Blais entouré de CFCF, Foxtrott et Bufflo pour s’amuser dans le répertoire de Philip Glass, Steve Reich et John Cage. Maxence Cyrin rendra pour sa part hommage à Aphex Twin, Misc revisitera James Blake et Jessy Mac Cormack sera Muddy Waters le temps d’une soirée.

L’Astral

Du côté de L’Astral, maison officielle du festival, c’est Hichem Khalfa Quartet qui retient l’attention le 3 juillet. On pourra aussi y voir les swingeux de chez Misses Satchmo!

http://www.montrealjazzfest.com/

Critique : Coco Méliès – The Riddle

The Riddle est le deuxième album de la formation Coco Méliès. Le précédent opus, Lighthouse avait ravi bien des mélomanes. Il faut dire qu’en faisant appel à Robbie Kuster (Patrick Watson) à la réalisation, François Lafontaine (Karkwa, Marie-Pierre Arthur) et Mathieu Pontbriand (Pawa Up First), le duo se dotait d’une équipe d’étoiles pour les soutenir dans leur démarche. Bien des choses ont changé pour le couple depuis la sortie du dernier opus. En 2016, ils ont signé avec la maison de disque Audiogram et The Riddle est un album attendu par ceux qui ont été charmés par le premier opus.

Francesca Como et David Méliès nous offrent un deuxième album à l’image du premier. Ce sont des chansons d’indie-pop qui font penser à Of Monster and Men, The Lumineers et dans leurs moments plus éclatés, Andrew Bird. The Riddle est un album bien réalisé qui offre de la pop bien exécutée, mais qui manque un brin d’originalité. Certes, Francesca Como possède une très belle voix, mais les compositions ne se démarquent pas de ce qui se fait à la radio depuis dix ans. De plus, l’absence des cordes du précédent album n’aide pas la cause des pièces.

Il y a quand même quelques bons coups sur The Riddle. La nuancée et mélodieuse Yellow Bird, fait dans la simplicité. Ça rappelle un peu Joni Mitchell avec une verve moins engagée. Wasted Years où les voix de Méliès et Como se mélangent en toute simplicité est l’un des beaux moments de ce deuxième album. Même le refrain qui est fédérateur est porté par Como qui nous l’envoie en utilisant ce qui tapisse le plus profond de ses tripes.

L’orchestration de Letter nous offre aussi de bons moments bien que la pièce nous envoie les terribles « Oh oh oh oh oh » à la Lumineers. C’est un peu ce qui fatigue à l’écoute de The Riddle. Les compositions sentent un peu le réchauffé. Ça peine à se démarquer parmi un courant musical qui est essoufflé et qui a fait le tour du jardin. Scarce Parade a beau mettre de l’avant la magnifique et fragile voix de Como, la mélodie est remplie de lieux communs. Oh Brother qui ouvre The Riddle est un autre exemple de chanson qui manque de panache.

The Riddle est un album qui laisse mi-figue, mi-raisin. D’un côté David Méliès et Francesca Como sont très talentueux, mais de l’autre, ça manque d’audace dans les compositions. C’est le genre d’album qui coule tout seul, mais qui ne réussit pas à accrocher efficacement l’oreille.

Ma note: 6/10

Coco Méliès
The Riddle
Audiogram
46 minutes

http://www.coco-melies.com/