Critiques Archives - Page 2 sur 485 - Le Canal Auditif

Critique : The Barr Brothers – Queens of the Breakers

The Barr Brothers jouit d’une bonne réputation, et ce, depuis leur album homonyme paru en 2011. Le trio de Brad et Andrew Barr complété par Sarah Pagé à la harpe, avait fait paraître un Sleeping Operator bien réussi en 2014. Depuis, plusieurs choses se sont passées : les frères Barr ont notamment joué sur l’excellent Ultramarr de Fred Fortin alors que Sarah Pagé a fait paraître Dose Curves en septembre dernier.

La formation arrive avec un Queens of the Breakers surprenant. On peut dire que c’est sans doute leur meilleur en carrière. Le principal point faible des deux sorties précédentes était le manque de vagues dans l’ensemble. Les pièces avaient un ton toujours assez doux qui manquait de moments d’excitations, lorsque collé les unes aux autres. Sur Queens of the Breakers, les vagues sont présentes tout comme de l’instrumentation de grande qualité, des mélodies poignantes, des moments musicaux magnifiques et une audace qui va bien au trio.

You Would Have to Lose Your Mind a été le premier simple que The Barr Brothers a fait paraître. En soi, c’est déjà un geste assez osé. La chanson est pleine d’une harpe aussi belle que répétitive qui nous pousse vers la transe. La guitare possède un son blues juste assez crotté pour faire plaisir, Brad chante une mélodie poignante avec une justesse qui frappe direct dans le mile. La formation invite aussi Lucius, un groupe de Brooklyn, à les rejoindre sur la superbe Defibrilation qui ouvre Queen of the Breakers. Les voix s’alternent et se complètent avec un naturel désarmant. La montée est aussi progressive que bien dessinée avant que le duo de Jess Wolfe et Holly Laessig nous percute avec la beauté dont elles seules sont les maîtresses et les gardiennes.

Les petites douceurs qui ont fait la réputation des Barr Brothers ne sont certainement pas non plus évacuées au complet. Song That I Heard câline les oreilles avec gentillesse et nuance. Mais ce n’est pas ce qui frappe sur Queens of the Breakers. Le trio nous surprend avec une chanson-titre rythmée, enjouée qui fait un peu penser à du R.E.M et autres grands de la chanson américaine. Tout ça en gardant entièrement leur personnalité. On doit lever notre chapeau. Tout ça avant que le gros blues crasse de It Came to Me fasse taper du pied avec entrain. On est aussi surpris par la direction que prend Kompromat et encore une fois, sa mélodie hyper efficace.

C’est un Queens of the Breakers totalement réussit pour The Barr Brothers. Le trio se réinvente sans gêne et les compositions qui en ressortent sont certaines de leurs plus réussies à date. Nous savions déjà que la bande était bourrée de talent, on constate maintenant qu’ils savent l’utiliser avec audace et intelligence. Ce n’est pas anodin de s’aventurer hors des sillons qu’on a déjà creusés derrière soi. Et le trio a osé.

Ma note: 8/10

The Barr Brothers
Queens of the Breakers
Secret City
51 minutes

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Critique : Chad VanGaalen – Light Information

Les fans de Chad VanGaalen ne reculent devant aucune hyperbole pour parler de ce musicien de Calgary, allant même jusqu’à utiliser le mot « génie ». Une critique digne de ce nom doit éviter ce genre de lourd dithyrambe, mais on peut tout de même rester flatteur tout en le décrivant assez fidèlement. VanGaalen tend vers ce que bien des mélomanes considèrent comme un idéal : indépendant, prolifique, immédiatement reconnaissable, intemporel. Un peu comme un Neil Young de sa génération – et pas simplement parce qu’il joue de la guitare en chantant d’une voix chevrotante.

Depuis ses premiers enregistrements, regroupés sur son premier album Infiniheart en 2005, la méthode de VanGaalen n’a guère changé. Ses chansons sont enregistrées de façon artisanale, principalement seul mais parfois avec des collaborateurs, et peuvent généralement être interprétées dans une formule homme-orchestre guitare-harmonica-grosse caisse-voix. L’homme crée ses propres pochettes d’albums, réalise ses vidéoclips, lance ses albums sur sa propre maison de disque et a touché de près ou de loin à la musique de collègues pas piqués de vers (enregistrement de groupes comme Women, Preoccupations et Alvvays, réalisation de plusieurs clips, dont mon préféré de Metz).

Les habitués n’ont aucune raison de s’attendre à une réinvention avec Light Information, mais ce n’est pas forcément une faiblesse. On a droit au bon vieux VanGaalen mélodique bric-à-brac, avec la même maîtrise pour l’image parfois repoussante (la pièce Host Body, dans laquelle il parle d’une infestation de parasites qui pondent leurs œufs dans son corps et prennent le contrôle de la population), parfois bouleversante (la sublime Pine and Clover, au sujet d’une femme incapable de s’arrêter à une seule identité).

J’avais adoré Shrink Dust, son album précédent en 2014, pour l’intense émotion qui y était exprimée et surtout pour les nouveaux sommets que VanGaalen atteignait dans ses arrangements et ses harmonies. J’ai donc brièvement résisté à ce Light Information un peu plus énergique, plus près du pop-rock et du rock de garage, moins émouvant. La résistance n’a pas duré. Le refrain d’une pièce comme Old Heads, par exemple, est carrément irrésistible, et procure un point de ralliement entre diverses bizarreries, de l’instrumentale ambiante Prep Piano and 770 au noise garage de Golden Oceans en passant par le folk-synthé très efficace de You Fool.

Le monde de Chad VanGaalen change tout le temps un peu, mais reste reconnaissable entre tous, un monde fabriqué à la main où chaque élément est déformé juste comme il faut.

Ma note: 7,5/10

Chad VanGaalen
Light Information
Sub Pop
39 minutes

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Critique : The Rural Alberta Advantage – The Wild

Originaire de Toronto, The Rural Alberta Advantage a, à mon avis, été dans les dernières années un assez bon ambassadeur du son indie rock canadien sur plusieurs plans. Depuis le lancement de leur premier EP en 2006 à leur nomination aux Polaris en 2011 pour l’album Departing, le trio a su conserver une personnalité qui lui est propre et en même temps assez universelle, comme bien des artistes de chez Paper Bag Records. Le départ d’Amy Cole en 2016 et son remplacement par Robin Hatch aura toutefois laissé planer des doutes sur l’adaptation du band et la direction que sa signature sonore si caractéristique allait prendre.

Ce qui a toujours principalement marqué chez le Rural Alberta Advantage, c’est l’intimité et l’émotion brute qui ressort de chacune des chansons. Si The Wild se démarque par un effort d’arrangements et d’enrobage plus important que ses prédécesseurs, ce constat n’en reste pas moins vrai. On ressent un peu le même sentiment de sublime à l’écoute des chansons du groupe qu’en se retrouvant seul devant certains miracles de la nature. Le tout demande une certaine introspection face à une émotion qui ne se partage que difficilement même si elle nous enrobe totalement.

Mais ce n’est pas tout d’être beau. Si le cœur est gagné facilement par la parution, qu’en est-il de la tête? Objectivement, ce n’est pas le meilleur album de la formation canadienne. Le son de l’indie-rock s’est fortement modifié et réactualisé dans les dernières années, après un virage très pop vers 2010. Malheureusement, The Rural Alberta Advantage n’a pas vraiment réussi à surfer sur la vague et on sent encore des relents un peu vieillots sur certaines chansons. Si les Lumineers et les Mumford & Sons de ce monde ont connu des beaux jours, il faut avouer qu’ils sont aujourd’hui loin de leurs popularités des dernières années. Et on sent pourtant le son « folk » popifié et rassembleur de ces groupes dans la nouvelle parution des Canadiens. C’est particulièrement frappant sur Brother. On le constate au fur et à mesure que le côté alternatif qui buchait, qu’on retrouvait sur l’excellent Mended With Gold, s’éloigne, au cœur de la sortie. Ici, quelques pièces restent tapageuses, dont la très forte Beacon Hill, qui ouvre l’album, ou Wild Grin, mais on laisse maintenant une plus grande place à des sonorités un peu plus country en milieu d’album. Est-ce une mauvaise chose? Pas nécessairement. Mais le côté plus aérien fait peut-être ressortir un peu plus les défauts de l’opus. Après un départ rapide, tout en puissance, on se surprend à chercher un peu de substance entre deux ballades. Un hit qui ressortirait du lot pour réellement nous accrocher, sans toutefois en trouver à tout coup.

Reste que l’album est ponctué de bons moments. Pensons ici aux chansons Selfish Dream ou Letting Go, à la force des harmonies vocales de Nils Edeloff et Robin Hatch ou à la réalisation aérée et subtile. Mais au final, avec un album qui se veut aussi fort que The Wild, il faut avouer que l’on parle plus au cœur qu’à la tête. Sans doute que cette parution réussira quand même à élargir la base de fans du groupe et que les chansons ressortiront très bien en concert, je n’ai aucun doute de ce côté-là. Mais je reste tout de même un peu sur ma faim après quelques écoutes.

Ma note: 6,5/10

The Rural Alberta Advantage
The Wild
Paper Bag Records
33 minutes

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Le problème de l’affichage sauvage : une lettre ouverte à une ville culturelle

Il faut qu’on se parle. La ville de Montréal aime se positionner comme La Mecque culturelle. Elle finance des évènements énorme qui sont déjà très rentables, dépense des milliards en rénovant de grands espaces touristiques et paye des millions de dollars pour éclairer un pont. Tout cela a une valeur économique et je comprends l’importance d’un tel investissement, mais le tourisme et la culture sont deux choses différentes. La communauté des arts underground est là où chaque superstar a coupé ses coups et où la réelle évolution culturelle a lieu avant qu’elle ne tombe dans les filets des médias de masse. Par inadvertance, cela fait depuis plusieurs années que les politiques mise en place par la ville ont un impact néfaste sur la scène culturelle Montréalaise, qu’il s’agisse des complications relatives aux plaintes de bruit, zonage ou des questions de permis, tout le monde dans notre communauté a vécu des histoires alarmantes.

Mon histoire a commencé il y a 8 ans. Avant que Facebook ne devienne omniprésent, les artistes et les producteurs indépendants avaient une façon abordable de promouvoir leurs évènements à travers l’affichage. La ville ne mettait peu, voir pas, d’espaces d’affichages libres à disposition et donc artistes, producteurs et promoteurs se voyaient obliger d’utiliser les lampadaires afin de diffuser leurs activités. Le problème est que ce moyen d’expression était qualifié d’illégal. Un groupe de producteur indépendant incluant Pop Montréal et le Festival FRINGE Montréal était tellement exaspéré par les amendes répétées de la ville qu’ils ont formé C.O.L.L.E en 2010. Cette association a permis de réunir des acteurs culturels autour d’un même engagement, et d’ainsi solliciter les pouvoirs publics afin de trouver une solution. Cela a permis de soulever une question qui touche des créateurs indépendants, car ils n’ont pas les fonds nécessaires à l’achat d’espaces publicitaires dispendieux – peut-on créer un système pour que légalement l’affichage libre puisse voir le jour ?

La même année la Cour Supérieure du Québec a condamné la loi anti-affichage à être illégale et inapplicable. La décision, décrétée par la Cour, fût que si la ville ne fournissait pas d’espaces permettant l’affichage libre pour ses résidents, alors tout règlement limitant l’affichage sur le mobilier urbain serait une atteinte à la liberté d’expression de ses citoyens. Après cette décision, la ville a temporairement cessé de distribuer des amendes laissant la question en suspens.

La Cour avait laissé six mois à la ville pour réviser la loi relative à l’affichage. Sept ans plus tard, nous en sommes toujours au même point. Les espaces d’affichage n’ont pas été installés en nombre suffisant pour répondre aux demandes introduites par la Cour, et cela en dépit de nombreuses propositions et projets pilotes présentés à la ville par les acteurs culturels. La ville a de nouveau qualifié cette activité d’illégale, harcelant des membres de la communauté culturelle tout en freinant le développement de l’offre culturelle. Je dirige une entreprise culturelle avec différents départements dont l’un est une agence de street marketing. Nous distribuons des matériaux imprimés et numériques pour espaces extérieurs ou intérieurs à Montréal pour promouvoir des activités culturelles. Nous avons certains clients qui sont de grandes institutions culturelles, mais la grande majorité d’entre eux sont des festivals, labels, salles et artistes indépendants, disposant de peu de moyens. L’affichage représente donc une part importante dans leur plan de communication, or souvent notre travail se retrouve injustement impacté.

La ville a délaissé ce précédent juridique et l’impératif moral qu’il convoque. Les employés municipaux semblent croire que l’activité est illégale, ce qui provoque l’harcèlement systématique des agents d’entretiens des espaces urbains et de la police envers les afficheurs. La ville a aussi imprimé et installé des panneaux de signalisations sur les poteaux avertissant que l’affichage est illégal, en citant une règlementation qui n’existe plus selon mes recherches – et si cela l’était, la ville serait dans l’impossibilité de l’appliquer. Chaque année la mairie dépense des centaines de milliers (et possiblement des millions) de dollars au recrutement d’une équipe affectée uniquement à l’arrachage des posters sur les poteaux. De plus, cette absence de législation représente un manque à gagner car les contraventions pour ce motif sont illégales.

En bref, le problème soulevé en 2010 revoit le jour sous un contexte légèrement différent. Montréal est, à ma connaissance, la seule grande ville au Canada qui ne fournit pas d’espace public dédié à l’affichage pour ses citoyens. Il y a eu des propositions de la communauté culturelle Montréalaise, dont moi-même. Ma proposition, que je serais prêt à vous présenter, non seulement, c’est à noter, éliminerait des coûts, mais également génèrerait des revenus pour la ville. Or, la ville n’a jamais réglé ce problème en dépit des efforts de la classe créative à le résoudre.

Vous vous demandez peut-être : en quoi cela nous regarde-t-il ? Il y a trois raisons. Premièrement, c’est votre argent qui est utilisé. La ville dépense vos impôts comme bon leur semble et a une responsabilité fiscale. Il y a tellement de personnels de la ville qui s’occupent de nettoyer les poteaux dans les artères majeures des quartiers centraux que les affiches sont arrachées en l’espace d’un jour voir même de quelques heures. Deuxièmement, c’est un risque financier pour la ville et c’est votre argent qui en souffrirait si un groupe de citoyens décidait de poursuivre la ville en justice pour avoir bafoué leurs droits à la liberté d’expression. Dernièrement – et cette raison est peut-être la plus importante – il est primordial de reconnaitre que le public ne peut être informé de l’ensemble de l’offre culturelle présente sur le territoire Montréalais, et sa valeur se retrouve réduite. En effet, des musiciens, humoristes, danseurs et artistes visuels émergents n’ont pas les moyens d’acheter des publicités à la télé, radio, dans le métro ou sur les autobus de la STM. L’affichage agit comme une piste promotionnelle analogue dans un océan de médias numériques qui est accessible pour les créateurs et artistes de notre ville. Il est abordable, démocratique et honnête. J’espère que vous comprendrez mon désarroi et sachez que je reste ouvert pour poursuivre la discussion. Je suis confiant que le gouvernement municipal n’est pas indifférent au sujet, considérant que notre créativité occupe une place essentielle dans l’identité de la ville. J’aimerais trouver des solutions qui renforcent notre communauté artistique et j’invite la ville et ses citoyens à se joindre à la conversation.

Sincèrement,

Jon Weisz
Directeur Fondateur
Indie Montréal
* Écrit avec la contribution de l’équipe d’Indie Montréal

Critique : King Krule – The OOZ

C’est une sortie qui était très attendue. King Krule avait fait sa marque avec 6 Feet Beneath the Moon paru en août 2013. Celui-ci proposait un son nouveau et surprenant bien que pas totalement à point encore. Depuis Archy Marshall n’a pas été complètement inactif. S’il a rangé le nom King Krule pendant quelque temps, il a fait paraître A New Place 2 Drown sous son nom de naissance en décembre 2015. C’est à la fin du mois d’août qu’on a appris la bonne nouvelle du retour de King Krule avec la sortie de l’excellente Czech One. Est-ce que le reste de The OOZ tient aussi la route?

C’est un retour en finesse de la part de King Krule. Pour un si jeune homme, il n’a que 23 ans, il démontre une grande maturité dans ses compositions. Autant Marshall ose aller dans des endroits plus marginaux musicalement en mélangeant jazz, trip-hop et parfois même du punk, autant il se débrouille avec une plume a la main. Tout ça à 23 ans! The OOZ n’est pas non plus innocemment nommé. Il s’agit d’une inversion de son premier pseudonyme de création (Zoo Kid).

Il est difficile de ne pas avoir un sourire qui nous effleure les lèvres dès les premières notes simples, mais jouées avec nuance de Biscuit Town. Puis, la voix de Marshall se joint au mix suivi de près par la batterie au rythme répétitif, mais non anodin. C’est parti! Archy Marshall prouve encore une fois qu’il ne prend pas la création à la légère. Tout est travaillé et forgé avec une idée de la perfection en tête et ça s’entend. On croyait connaître le son de King Krule et pourtant il ose aller dans une nouvelle direction sur Emergency Blimp qui emprunte beaucoup à l’indie-rock du milieu des années 2000. Soudainement, sa guitare fait penser à celle de Bloc Party. Et pourtant, rien n’est laissé au hasard et un ensemble de nuances sonores et de bruits surprenants peuplent la trame. The Locomotive s’aventure aussi dans une avenue où la distorsion est présente, mais avec une lenteur, une lourdeur et une mélancolie plus près du son habituel de l’Anglais.

Sur Dum Surfer, King Krule se fait plus groovy et mélodieux. Il utilise un air accrocheur qui rappelle la brit pop à son apogée. On retrouve aussi une bonne dose de cuivres sur The OOZ. Half Man Half Shark est l’une des pièces qui les incorporent à une trame déjà bien chargée sans que ça jure. La pièce qui clôt l’album, titrée La Lune, termine les choses en beauté avec une petite touche de jazz. Au niveau des paroles, Archy Marshall nous invite dans un univers qui semble délabré, enfumé, rythmé aux échecs amoureux qui brûlent le cœur. D’un certain sens, sa musique se collerait facilement à film noir. Slush Puppy est un exemple particulièrement éloquent de ça.

C’est vraiment une suite à 6 Feet Beneath the Moon réussi pour King Krule. Il évolue toujours et ses compositions se font plus complexes. Ce n’est pas facile d’avoir son propre son dans l’offre musicale gargantuesque des années 2000. Pourtant Archy Marshall a réussi en réunissant des éléments qui de prime abord ne sont pas souvent associés. Mais avec sa plume, son identité et sa signature sonore, ça fonctionne. Même plus, c’est inspirant et rafraîchissant.

Ma note: 8 / 10

King Krule
The OOZ
XL Recordings / True Panther Sound
67 minutes

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