Chroniques Archives - Le Canal Auditif

Les 3 étoiles du 17 novembre 2017

Louize – Premonitions

Vous vous souvenez de Fire/Works? Eh bien le duo de David Lagacé et Jonathan Peters s’étaient acoquinés avec Étienne Dupré (Mon Doux Saigneur, Câltar-Bateau) et Francis Ledoux (Jesse Mac Cormack, Helena Deland) pour la dernière tournée. La chimie semble s’être bien installée. Au point où le groupe est maintenant constitué des quatre gaillards et qu’ils changent de nom pour Louize. Il présente du même coup le premier extrait d’Imitation Gold, à paraître en début 2018. On aime résolument le nouveau son du quatuor qu’ils nous présentent sur Premonitions.


 

Loïc April – Mes ruines sur tes décombres

Loïc April avait fait paraître l’EP DIV/SION l’an dernier et ça avait accroché notre oreille. Voici qu’il présente un premier extrait d’un album à venir au printemps 2018. Mes ruines sur tes décombres est mélodieuse à souhait. En matière musicale, ça mélange un punk bruyant et du grunge bien juteux. Bref, la recette fonctionne!


 
 

Penny Diving – Stella

Vous vous souvenez des Muscadettes? C’était le duo des sœurs Chantal et Kathleen Ambridge qui étaient complétées entre autres par Thomas Augustin (Malajube). Voilà que tout ce beau monde réapparaît avec Jonathan Lafrance dans le projet Penny Diving. Stella est le premier extrait d’un album à venir en 2018. C’est beaucoup plus sombre que les Muscadettes, mais pas moins intéressant!

Expander – Endless Computer

Expander est une formation originaire de la ville d’Austin située dans l’état du Texas et qui vient de lancer en octobre dernier leur tout premier album : Endless Computer.

Enregistré par le talentueux et toujours très convaincant Kurt Ballou (Converge), Endless Computer retentit comme un train qui vous frappe dans le dos à pleine vitesse. Ça fait mal. Avec leur musique punk-hardcore brutale, dans lequel s’intègrent ici et là des relents de thrash métal et de death métal, Expander peut rapidement causer de violents maux de tête et/ou d’interminables acouphènes. Quoique dans leur cas, on devrait plutôt affirmer qu’elle peut causer des virus informatiques et/ou des bris mécaniques, étant donné leur fascination pour la technologie et la mécanisation.

Effectivement, les thèmes abordés sur l’album sont plutôt atypiques et portent principalement sur la science-fiction, la déshumanisation, les robots, l’intelligence artificielle et l’espace.

Dès les premières notes d’Endless Computer, le quatuor nous catapulte en pleine gueule leur vision de l’avenir avec l’agressive et très réussie Biochron Space Suit. Puis, il nous laisse rapidement comprendre que selon eux le futur sera sans âme, sombre et pas très joli. Sur la très punk War Terminal (The True Front Line), on retrouve des guitares électriques qui sonnent comme des scies mécaniques qui manquent d’huile, ainsi qu’un niveau de rage que l’on peut qualifier d’assez élevée, merci. Le tout se terminant dans un vacarme de guitares noyées dans une panoplie d’effets qui arrivent à nous faire croire qu’on est perdu dans une galaxie bien lointaine. Ou bien qu’on a pris de l’acide. Ça dépend de vous. Dans mon cas, j’ai l’impression que c’est un peu des deux…

C’est en écoutant les chansons Authority Spire, Opulent Tesseract Ascension, Mechanized Deathcanal et Timezapped qu’on s’aperçoit que leur force n’est pas de composer de douces et sirupeuses ballades. Vraiment pas.

C’est après un intense voyage de trente-six minutes que la galette se termine avec la bizarroïde chanson intitulée Cold Orbit II : Facing Worlds. Le genre de toune qui nous donne l’impression que notre vaisseau spatial n’a pas de GPS puis qu’on est perdu pas rien qu’un peu. Ça ou l’impression d’être dans un trip d’acide. Encore une fois, ça dépend de vous. Dans mon cas, c’est un peu des deux…

Ici, il n’y a pas de doute à y avoir, le quatuor texan vient de lancer un album furieux et sans aucun compromis, de la première à la dernière note. Le genre de disque que je ne recommande pas aux enfants ni à votre belle-famille. Clairement pas aux cardiaques. Assurément pas aux schizophrènes. Même les robots devraient l’éviter. Par contre, je le recommande sans hésiter aux brutes qui raffolent des groupes tels : Nails, Trap Them, All Pigs Must Die et Trash Talk.

Expander
Endless Computer
Nuclear War Now! Productions
36 minutes
Paru en octobre 2017

LISTE DES CHANSONS :

1. Biochron Space Suit
2. R-Type 2 Civilization
3. War Terminal: The True Front Line
4. Endless Computer
5. Authority Spire
6. Opulent Tesseract Ascension
7. Mechanized Deathcanal
8. Timezapped
9. Cold Orbit
10. Cold Orbit II: Facing Worlds

Site Web

Les 3 étoiles du 10 novembre 2017

Kelly Lee Owens – More Than A Woman

Kelly Lee Owens fait paraître une reprise de More Than A Woman d’Aaliyah. La nouvelle version est beaucoup plus champ gauche que l’original bien que la jeune femme conserve la mélodie originale. Ce penchant sensuel est une facette d’Owens que nous n’avions pas entendu sur l’excellent album homonyme paru un peu plus tôt cette année. En attendant, on peut se laisser aller sur le groove aussi contagieux qu’intéressant.

 

Dave Chose – Chez Françoise

Dave Chose a laissé sa marque aux dernières Francouvertes. Voici que le chanteur de Faudrait Faire la Vaiselle met en branle sa carrière en solo officiellement sur les rails. Le premier extrait qu’il offre est Chez Françoise, une chanson empreinte d’un certain blues qui parle de lendemains de veilles. On risque fort d’entendre parler de Dave Chose dans les prochains mois.

 
 

Rhye – Taste

Rhye fait paraître des nouveaux tubes avec une certaine cadence. Est-ce que ce serait le signal qu’un album s’en vient? Peut-être. Espérons-le du moins. En attendant, Taste est une pièce de R&B qui incorpore des éléments de funk et de pop. Cela fonctionne à merveille avec la voix délicate de Mike Milosh.

eMotive d’A Perfect Circle – 13 ans plus tard, un album toujours pertinent?

From dehumanization to arms production,
To hasten the nation towards its destruction
Power, power, the law of the land,
Those living for death will die by their own hand,

Life’s no ordeal if you come to terms,
Reject the system dictating the norms
Annihilation

 
 
 

C’est sur ces dures paroles que s’entamait le troisième album d’A Perfect Circle, eMOTIVe. Voilà bien 14 ans que l’album a atteint les tablettes (parce qu’à l’époque, on achetait encore beaucoup de cds). Cette charge politique acerbe et cette remise en question du mode de vie occidentale sont-elles toujours pertinentes? Avons-nous collectivement fait un bout de chemin dans la bonne direction?

Il faut se remettre dans le contexte politique américain de l’époque. Georges W. Bush terminait son premier tour en tant que président. Les États-Unis avaient été foudroyées par les attaques du 11 septembre 2001 qui ont fait 2 977 victimes. Pendant que le symbole de l’empire financier américain s’écroulait sur lui-même, les droits des citoyens en prenaient pour leur rhume. Le groupe A Perfect Circle n’avait pas du tout envie de retrouver Georges W. Bush et son Patriot Act pour un deuxième mandat. C’est pourquoi la formation s’est hâtée de terminer la production de l’album avant l’élection présidentielle. Une élection qui allait de toute façon se terminer sur l’élection, non sans controverses, de Bush.

Pour faire passer son message, APC a préféré s’en remettre aux mots d’autres artistes et de deux reprises de leur propre répertoire. Cette collection de reprises prend un biais quasi apocalyptique comme le démontre éloquemment leur version noire d’Imagine de John Lennon. En changeant les accords de piano pour des accords mineurs, rajoutant une batterie très présente, des cordes stridentes et le chant las de Maynard James Keenan, on se retrouve devant une version beaucoup plus pessimiste. Comme si la promesse d’un futur lumineux était maintenant loin, bloquée par les nuages d’un hiver nucléaire (allo, Kim Jung-Un!).


 
 

Le groupe trafique parfois les paroles pour servir son message. En reprenant People Are People de Depeche Mode, modifie légèrement le refrain pour donner :

People are people so why should it be?
You and I shouldn’t get along
People are people so why should it be?
You should hate me
People are People

Parmi les chansons qui se voient sensiblement modifiées par l’approche d’APC, When the Levee Breaks de Led Zeppelin détient une place de choix. La version éthérée, quasi fantomatique de la chanson jure avec la version originale, mais d’une manière hautement délicieuse. Le groupe reprend aussi Freedom of Choice de Devo qui incarne l’idéologie et les raisons derrière eMOTIVe. Maynard James Keenan s’est souvent prononcé sur l’importance de réfléchir pour soi-même, croyant que cela amènerait un changement de garde à la maison blanche.


 
 

Le groupe reprend aussi deux chansons de leur propre répertoire. Counting Bodies Like Sheep to the Rythm of the War Drums est un remix de la chanson Pet sur Thirteenth Step, leur précédent opus. L’autre est une reprise de Vacant du projet Tapeworm qui comptait parmi ses rangs des membres de Nine Inch Nails, dont Trent Reznor et Maynard James Keenan.

“Dead as dead can be,” my doctor tells me
But I just can’t believe him, never the optimistic one
I’m sure of your ability to become my perfect enemy
Wake up and face me, don’t play dead cause maybe
Someday I will walk away and say, “You disappoint me,”
Maybe you’re better off this way
Passive


 
 

Alors qu’A Perfect Circle s’apprête à jouer à la Place Bell de Laval, le 14 novembre prochain, c’est curieux de repasser sur eMOTIVe et se rendre compte du peu de changements dans la situation politique. À l’époque le groupe dénonçait Georges W. Bush, aujourd’hui c’est Donald Trump, le champion des tweets qui est à la tête de l’empire américain. Tourné résolument vers la guerre et l’affrontement, le président des É.-U. met de l’avant des politiques très critiquées. On peut penser aussi à l’état français qui a imbriqué dans son droit commun des mesures d’urgence qui peuvent servir à suspendre les droits des citoyens. Censée être utilisée dans des situations extraordinaires, cette banalisation du pouvoir pourrait s’avérer très dangereuse entre les mauvaises mains. Au Québec, alors que des pas ont été pris dans la bonne direction par le gouvernement canadien face à la légalisation de la marijuana, le gouvernement Libéral refuse au citoyen le droit de faire pousser leur plant à la maison. À qui cela profitera-t-il? C’est une question intéressante. N’est-ce pas le crime organisé qui pourra rapidement légitimer ses opérations, qui pourra prendre le relais et blanchir son argent à travers des dispensaires?

Le constat est gris lorsqu’on regarde l’avancée du droit commun un peu partout sur la planète. Voilà pourquoi, même après 13 ans, eMOTIVe n’a pas pris une ride. Heureusement, il restera toujours cette reprise d’Elvis Costello :

As I walk on through this wicked world,
Searching for light in the darkness of insanity,
I ask myself, Is all hope lost?
Is there only pain, and hatred, and misery?

And each time I feel like this inside,
There’s one thing I wanna know,
What’s so funny ’bout peace, love, and understanding?,
What’s so funny ’bout peace, love, and understanding?
(What’s So Funny ‘Bout) Peace Love and Understanding

Les 3 étoiles du 03 novembre 2017

Valery Vaughn – Pablo Picard

Le duo Valery Vaughn composé de Victor Tremblay-Desrosiers et Vincent Huard-Tremblay lance un premier extrait d’un album qui paraîtra au printemps prochain. Le groupe a aussi repêché Olivier Langevin (Galaxie, Gros Mené) à la guitare et c’est un match parfait. La formation qu’on avait découverte dans le cadre des Francouvertes l’an dernier semble sur la bonne voie!


 
 

Boskorgï – Acid Nightmare w/ Jei Bandit

On change de registre pour se diriger du côté de Boskorgï, un duo piloté par Antoine Bordeleau et Thomas B. Martin. Le premier est aussi journaliste au Voir, le second, illustrateur de pochettes maintes fois primées. Bref, c’est atypique, mais ça fonctionne. Le duo avait fait paraître un EP, un peu plus tôt cette année. Voici qu’il lance un extrait avec Jei Bandit derrière le micro. Ça fait énormément penser aux débuts de Gorillaz.


 

Ought – These 3 Things

Le groupe montréalais Ought lance un premier extrait d’un album à paraître le 16 février prochain. Ils prennent un virage pour le moins surprenant. En tout cas, sur These 3 Things, les guitares discordantes sont entièrement évacuées pour un post-punk assez froid qui se rapproche beaucoup plus du new wave. Est-ce que vous achetez la nouvelle proposition?