Chroniques

Pascal Germain-Berardi | Entrevue : le chemin atypique d’un chef d’orchestre pas comme les autres

Dans quelques jours, Pascal Germain-Berardi va présenter son œuvre la plus audacieuse : Basileus. Entrevue avec un chef d’orchestre qui a fait ses classes dans le métal après avoir été petit chanteur du Mont-Royal.

Dire que le chant a marqué la trajectoire de Pascal Germain-Berardi est un euphémisme. S’il s’apprête à présenter Basileus, un oratorio joué par une cinquantaine d’artistes au Festival Musique Actuelle de Victoriaville en ouverture le 16 mai, sa trajectoire n’a pas été une ligne droite. Je me suis entretenu avec le compositeur et chef d’orchestre qui m’a parlé se son projet grandiose, du processus créatif qui a mené à tout ça et de ses débuts très modestes.

Think big

« Durant la saison artistique 2018-2019, j’avais fait un show avec l’ensemble de Cuivre Horizon, c’est un groupe de dix cuivres. J’avais fait un show avec mon chœur (Temps fort), Chœur et Cuivres, puis on avait eu beaucoup de fun durant ce show-là. » Puis, Pascal Berardi-Germain a aussi fait ses premiers concerts avec le Chœur des Growlers dans ces mêmes années. Et il a aussi fait un concert avec l’ensemble Forestare qui compte 12 guitares. Et comme un enfant incapable de se décider devant toutes les sortes de crèmes glacées, il a plongé :

« Attends une minute… Chœur de Growlers. Guitares. Oh! Il y aurait de quoi à faire avec ça! Et puis là, après, j’ai approché Sixthrum, qui est le groupe de percussion. Et tout le monde est comme : wow! Ce serait vraiment fou. C’était comme l’idée de mettre tout ce beau monde-là ensemble, puis d’essayer de faire quelque chose de tonitruant.  »

Avançons à la scène suivante où Pascal Germain-Berardi lâche un coup de fil à son ami Sébastien Johnson pour qu’il lui ponde des textes. Se sont ajoutés des solistes qu’il aime beaucoup Sarah Albu, Charlotte Gagnon, Dominic Lorange, Anthony Ormby et voilà, on se retrouve avec un oratorio avec bien des musiciens sur scène. Marie-Ève Groulx est venu compléter l’équipe à la mise en scène et Charlotte Cartel aux costumes.

Une pas pire épopée

Après la mort d’Alexandre Le Grand, les terres se sont séparées et plusieurs personnages importants se disputaient les territoires. Basileus reprend ce concept et l’adapte. « L’histoire, c’est qu’il y a une chef d’État qui est une matriarche. Puis, elle déclare la guerre au monde connu, parce qu’elle veut essayer de conquérir le territoire. Ça engendre une guerre qui dure comme des décennies, de sorte que ses deux enfants sont pris dans cette guerre-là. Et même son petit-fils, il naît au milieu de la guerre. »

À travers l’oratorio, on suit le regard que pose chacun des belligérants sur cette situation terrible. Bref, vous comprendrez que le passé métal de Pascal Germain-Berardi a un peu coloré de la manière qu’il aborde des œuvres aussi imposantes. Parce qu’il faut le dire, outre l’histoire qui est épique, le simple fait de rêver à réunir autant de musiciens sur une scène pour créer une œuvre titanesque dans un contexte comme un festival de musique actuelle est un réel tour de force. Et pour avoir le cran de faire ça, il faut avoir vécu un parcours particulier. Ça donne bien, c’est exactement ce qui est arrivé à Pascal.

Un chemin atypique

« C’est un peu les Petits Chanteurs (NDLR du Mont Royal) qui m’ont un peu comme sorti de la pauvreté, on peut dire… » Il m’explique qu’il vient d’une famille modeste et d’une mère monoparentale qui a dû jongler avec les défis d’être… une mère monoparentale. À cette époque, les Petits Chanteurs du Mont-Royal faisaient du recrutement parmi les élèves qui avaient les meilleures notes étant donné que la charge qui s’ajoutait en chantant pour eux était non négligeable.

D’avoir été pris dès le primaire dans le groupe lui a permis d’aller à l’école privée au collège Notre-Dame pour son secondaire. « Moi, c’est vraiment ça qui m’a permis d’être le premier de ma famille qui finissait l’école secondaire. Après ça, j’ai étudié un peu en psychologie et sociologie à l’université parce que j’avais comme besoin de comprendre ce qui s’était passé dans ma vie. Puis, besoin de comprendre les classes sociales aussi, parce que tu sais, il y a eu des clashs de cultures, ou disons des… clashs socio-économiques que j’avais vécus en étant au collège Notre-Dame puis un peu au cégep aussi. » 

Une fois ses études terminées, l’appel de la musique s’est fait sentir à nouveau. Il commence par s’intéresser au métal et forme un groupe : Archɇtype. Voulant terminer chef d’orchestre, il a fait un bac en chant classique, une maîtrise en composition et un doctorat en direction d’orchestre. En parallèle, il s’est fait une bonne réputation en tant que choriste pour l’OSM, l’Opéra de Montréal et la Basilique Notre-Dame.

Ce chemin peu habituel semble lui donner aussi la liberté de penser son travail de manière peu habituelle. Et cela donnera un oratorio avec beaucoup de musiciens sur scène!

Basileus sera présenté le 16 mai au Carré 150 dans le cadre du Festival Musique Actuelle de Victoriaville dès 20h.

Crédit photo: Temps fort

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