Chroniques

Le punk hardcore des années 2000

Les plus jeunes vont dire que le punk contemporain commence avec American Idiot de Green Day (lol). Les moins jeunes vont dire que, voyons, franchement, toute part en Angleterre avec The Clash. Les dandys de Rosemont vont nous dire que Lou Reed était le premier punk. Et des skateux trentenaires vont militer pour que Bad Religion et NOFX soient ajoutés au panthéon du genre comme étant des piliers du mouvement.

L’affaire c’est que tout le monde a pas mal raison (à différents degrés, mettons) là-dedans. Si vous voulez un cours sur les vagues du mouvement punk, il y a Wikipédia, mais moi ça me tente de parler du renouveau du punk (que certains nomment post-hardcore) à la fin des années 90 quand le genre musical devient perméable à de nouveaux styles musicaux : le hardcore, le slowcore, le math-rock, le emo et le grunge.

Minor Threat a inspiré beaucoup de groupes à extérioriser sa rage à la fin des années 80, mais c’est le groupe suivant de Ian McKaye qui a tracé la voie pour ce qui deviendrait le punk de demain. Fugazi était un groupe technique, rageur, mais aussi souvent contenu, doux, et surtout, intelligent et émotif.

C’est sur cette copie carbone qu’At The Drive-In et Refused ont bâti la charpente de ce qui deviendra le punk hardcore du début des années 2000. Glassjaw, Thrice, Thursday, Taking Back Sunday et Alexisonfire sont autant d’exemples de ce que le punk a pu devenir grâce à l’intégrité de Fugazi et à la radicale transformation du punk, opérée par At The Drive-In et Refused.

Les deux groupes ont amené dans le giron punk un type de vocal qui lui avait été étranger dans les années 90. Un chant crié rauque, bien éloigné du style jappé des Strung Out de ce monde, qui côtoie des lignes mélodiques encore plus accrocheuses que celles fignolées par Fat Mike ou autres Pennywise.

Autre apport de ces deux groupes : des constructions de chansons complexes, des signatures de temps qui n’ont rien du 4/4 et un son globalement plus à fleur de peau. Disons que ça changeait des pranks et des jokes de pets de NOFX ou de Gob.

Mais la consolidation d’un nouveau genre n’aurait pas été possible sans l’apport d’Epitaph Record. Maison de disque lancée par Brett Gurewitz de Bad Religion, cette étiquette a largement contribué à l’essor de la scène. D’abord associé aux contemporains de Bad Religion, comme Pennywise par exemple, Epitaph a su conserver sa pertinence et sa crédibilité auprès d’une scène en transformation à la fin des années 90 en s’ouvrant à de nouveaux genres. Ayant déjà dans son giron des groupes établis comme Millencolin et Rancid, Epitaph s’est intéressé assez tôt aux différentes manifestations du mouvement punk aux États-Unis. Cela a donné l’association à Raised Fist et à Alkaline Trio puis à Converge qui évoluait dans une scène beaucoup plus extrême que celle qui avait fait jusque là la renommée de la compagnie.

La manière Epitaph a fait des petits avec la naissance de labels comme Vagrant, Distort, New Damage, Dine Alone, etc. Ce sont ces épigones qui ont donné une scène au genre naissant.

Si on wrap up : le punk hardcore des années 2000 c’est un mouvement qui se caractérise par des structures tantôt complexes, tantôt simples, dont les mélodies sont très fortes et qui met de l’avant des paroles émotionnellement chargées.

SINCERITY OVER SIMPLE CHORDS. They make some mistakes, des fois, mais après moi le déluge, c’est ça leur genre.  

Quoi : hardcore punk, emo, artcore, post-hardcore

Groupes : Alexisonfire, Glassjaw, Thrice, Fucked Up, The Bled, Cancer Bats, Gallows, Thursday, Taking Back Sunday, Touché Amore, The Bronx

Origines : Washington DC

Influences : Fugazi, At The Drive-In, Refused

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