Chroniques Archives - Page 125 sur 127 - Le Canal Auditif

Les EP de février

HEROES DON’T DIE – HEROES DON’T DIE

HDD-LOGO-WEBHeroes Don’t Die est un nouveau venu sur la scène montréalaise. Formé de Matt Dorion (guitare et voix), Tommy Marshall (voix et guitare), Colin Irvine (également de la formation The Brains à la basse) et Hugo Larouche (batterie), le quatuor fait dans un rock alternatif corrosif flirtant avec le métal, le punk et parfois le sludge. Attendez-vous à des refrains « poing en l’air » pris de tous les côtés dans un mosh pit. Bref, ce n’est pas de la musique de matante! Ils nous offrent ici un maxi de sept chansons dont le premier single Huntington’s Disease. Parmi les bons coups du mini-album, notons Worst Case Ontario qui, avec son rythme atypique, est très intéressante.

heroesdontdie.com/

PUSCIFER – DONKEY PUNCH THE NIGHT

51h7M05YrNL._SL500_AA280_Maynard James Keenan nous revient avec un EP. Faisant suite à Condition Of My Parole parut en 2011. Le voilà qui revient avec un maxi contenant deux nouvelles chansons : Breathe et Brother, ainsi que deux reprises; Bohemian Rhapsody assez fidèle à l’original de même qu’une reprise de Balls To The Wall dans une version franchement plus intense que l’original. À la manière de la reprise de Imagine qu’il a chanté avec A Perfect Circle, Keenan a complètement transformé la mélodie, jadis très « métal convenue » en quelque chose de mélancolique. Et soudainement, on se rend compte que les paroles sont porteuses de révolution… eh ben! Vous y trouverez aussi trois remises : Breathe, Brother et Balls To The Wall en version très techno.

store.puscifer.com/

http://www.youtube.com/watch?v=X3ajuwoYrak

AVEC PAS D’CASQUE – DOMMAGE QUE TU SOIS PRIS

516_abh7xg_APDC-EP_CoverAlors que la formation surfe toujours sur la popularité d’Astronomie, le trio nous envoie déjà en pleine gueule de la nouvelle musique. Alors que ce maxi exhaustif (sept chansons originales) est formé de chansons rejetées destinées à l’album Astronomie, on se demande vraiment si le génie du groupe a une limite? On les jalouse, on les écoute et surtout on se berce sur cette musique douce à l’oreille, aux textes intelligents et magnifiquement imagés. Gâtez-vous!

www.avecpasdecasque.com/

BENOIT PARADIS TRIO – LE 4 TOUNES

QSM-Les4tounesCelui qui fait du jazz déglingué revient avec un maxi tout aussi délectable que ses dernières parutions. Bien que la réelle couleur et saveur de Paradis se vit en direct, à un de ses concerts, dans un bar quelconque, entouré de verres et d’amis, ce petit EP s’inscrit dans la continuité, pour celui qui officie entre autres dans le groupe de Bernard Adamus. Faisant un jazz à la poésie bâtarde (avec tout ce que ça implique de positif), Paradis sait traduire la réalité pas toujours rose de la vie avec humour et finesse.

benoitparadis.bandcamp.com/album/le-4-tounes

Red Fang – Murder The Mountains

murder-the-mountains-red-fangJ’ai toujours pensé que du bon stoner rock-metal se devait de sentir la drogue qui fait rire ou l’huile à moteur. Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un album intitulé Murder The Mountains d’un groupe nommé Red Fang. Ce quatuor est originaire de Portland en Oregon. Cette offrande sent carrément l’huile à moteur souillée! C’est si odorant et crasseux que même l’odeur d’huile à transmission et d’huile à freins s’y mélange! Cette galette, parue en 2011, est probablement jouissive pour tous les mécaniciens de ce monde qui aiment le rock massif. Pour les autres, elle nous donne presque envie de suivre un cours de mécanique!

L’album s’ouvre sur la puissante pièce intitulée Malverde. Une pièce lourde qui nous rappelle que notre changement d’huile sur la voiture est sûrement dû. Le morceau suivant est Wires, une pièce accrocheuse et superbement construite. Solide comme une voiture à quatre roues motrices dans une tempête de neige. Ensuite c’est Hank Is Dead qui suinte dans nos oreilles. C’est sale pis ça me ramène à la mémoire que je dois vraiment changer mes essuie-glaces au plus vite. La quatrième chanson à paraitre est baptisée Dirt Wizard, une pièce crottée qui nous fait apprécier au plus haut point nos feux anti-brouillards. La prochaine est l’excellente Throw Up. Elle s’apparente à un monstrueux moteur dix cylindres qui consomme beaucoup d’essence mais qui nous procure tant de sensations. C’est la rapide Painted Parade qui se pointe aussitôt et qui met en évidence l’utilité d’avoir des freins efficaces. Survient ensuite la presque boueuse Number Thirteen qui nous rappelle l’importance d’avoir de bons pneus. La très pesante Into The Eye nous fait sentir comme dans un gigantesque camion lourd. Celle qui suit est la plus tranquille du disque et s’intitule The Undertow. Elle nous remémore l’importance capitale d’avoir des sièges confortables pour faire de longues distances. L’album se termine avec Human Herd, une chanson simple qui nous donne envie de nettoyer sa voiture par une belle journée d’été.

Sur cette galette, les guitares sont massives et savamment exécutées. La basse sonne comme une éructation sonore très puissante et complète à la perfection les deux guitares. Pendant ce temps, le batteur est très inspiré et s’en donne à cœur joie sur ses tambours.
Un truc qui distingue ce groupe de la plupart des bands stoner-metal c’est qu’il y a deux chanteurs aux voix très distinctes. L’une est plus caverneuse, plus enrouée et aurait vraiment besoin d’une pastille pour la gorge mais c’est comme ça qu’on aime! L’autre voix proposée est plus conventionnelle et mélodique. C’est très efficace et ça diversifie beaucoup l’approche d’une chanson à l’autre.

David Sullivan, John Sherman, Maurice Bryan Giles et Aaron Beam livrent ici un album puissant, lourd, précis et sans prétention. Leur plaisir de jouer est palpable et ça devient vite contagieux à l’écoute. Les riffs accrocheurs se succèdent à un rythme effréné et font user nos semelles prématurément à force de taper du pied.

Au final, on pourrait dire que c’est un disque pour lâcher son fou. Idéal pour faire jouer très fort dans une open house ou pour faire un road trip les fenêtres baissées et les cheveux au vent avec le grand sourire au visage.

Bon, c’est ici que je vous quitte, je m’en vais l’écouter à tue-tête dans ma voiture. Voulez-vous embarquer avec moi pour un road trip?

Red Fang
Murder The Mountains
Relapse Records
42 minutes
Paru en 2011

01. Malverde
02. Wires
03. Hank is Dead
04. Dirt Wizard
05. Throw Up
06. Painted Parade
07. Number Thirteen
08. Into the Eye
09. The Undertow
10. Human Herd

www.redfang.net

L’oeuvre brutale de Converge

converge300Un certain groupe originaire de Salem, au nord-est de Boston, peut faire mal. Je dirais même très mal. Le genre de douleur que l’on ressent dans tous les os du corps et jusqu’aux organes vitaux. Et ce, peu importe l’âge ou le taux d’humidité à l’extérieur. Son nom? Converge.

Avec son mur de son inexplicable et sa force de frappe plus puissante qu’une pluie de météorites, on peut facilement avancer, sans trop se tromper, que Converge fait peur et cause de la douleur à bien des gens. Ce n’est pas trop exagéré de croire qu’à la première écoute, 99% des auditeurs sont sévèrement ébranlés! Les rares imperturbables sont soit sourds ou bien alors, plongés dans un sévère coma éthylique!

Je ne cherche pas à m’en vanter mais je sais que j’ai l’oreille assez tolérante et dégourdie face à la musique abrasive. Pourtant, je me souviens encore de cette soirée où, un copain à moi, m’a «garroché» ça à plein volume dans les oreilles pour la première fois. Tout cela sournoisement et sans le moindre petit avertissement! Mes pauvres petites oreilles (pleinement fonctionnelles à l’époque) furent charcutées. Au bout de dix minutes de sauvageries sonores, le marteau, l’étrier et l’enclume de chacune de mes oreilles cherchaient à fuir tellement les dommages auditifs semblaient se créer aussi vite que le batteur s’exécutait. Après une demi-heure, j’avais les oreilles en choux-fleurs et le cerveau en compote! Je me souviens d’avoir noter le nom du groupe sur un bout de papier après seulement deux ou trois morceaux; non pas pour me procurer le disque en question mais bien pour m’assurer de ne jamais me l’acheter.

Heureusement, j’ai la tête dure et j’ai cherché à découvrir davantage ce quatuor de punk-hardcore extrême. Je dis heureusement, car aujourd’hui, Converge, fait partie des groupes que je respecte le plus. À n’en point douter, derrière cette muraille de son et cette agressivité certaine, se cache une intelligence, une inventivité et une dextérité de haut niveau. Je pourrais rajouter à cela une finesse peu commune.

Maintenant, parlons un peu de ces musiciens qui peuvent paraître pour plusieurs comme étant des hommes de Cro-Magnon. Pour certains par contre, ils sont ce qui se fait de plus près de Dieu. Je fais clairement partie du deuxième groupe!

Commençons d’abord avec l’unique Kurt Ballou. Cet homme de moins de quarante ans est le seul guitariste du groupe. Comme si ce n’était pas assez, il réalise aussi plusieurs albums de la troupe. Son jeu et sa qualité de composition sont carrément phénoménaux. Lorsque l’on décortique son arsenal sonore, on s’aperçoit qu’il y a une recherche et un travail incroyable. J’admets qu’à la première écoute cela ne saute pas aux oreilles, mais lorsque l’on se donne la peine d’écouter très attentivement, on remarque les nombreuses variations dans ses sonorités choisies. Un travail d’une grande minutie. On peut dire la même chose à propos de la réalisation des albums. Cette fois, on peut dire que c’est un vrai travail de neurochirurgien! Dans ses temps libres, il est aussi derrière la console en studio pour de nombreux groupes. Ceux-ci gravitent principalement autour du métal et du punk. Un vrai génie …

Pour ce qui est de Ben Koller, il utilise ses jambes et ses bras de façon quasi inexplicable afin de battre la mesure. Quelle machine parfaitement huilée! J’imagine que pour pouvoir marteler autant, il se nourrit de grizzly pour déjeuner et de grand requin blanc pour souper… Quant au bassiste Nate Newton, son jeu s’apparente assurément à un violent tremblement de terre. C’est-à-dire, destructeur, ravageur et dérangeant. Sa voix est aussi utilisée à l’occasion. Pour sa part, le chanteur Jacob Bannon nous crache son venin en pleine face en s’époumonant éternellement. Disons que l’imbuvable Mario Pelchat ne s’en inspire assurément pas…

Croyez-moi, l’auditeur curieux qui ne connait pas Converge sera fortement récompensé pour ses efforts à découvrir ce groupe. Faites-moi confiance, plusieurs albums valent la peine d’être explorés. Je vous quitte donc en vous suggérant ces trois disques qui, pour ma part, sont parmi les meilleurs de leur discographie déjà bien remplie.

You Fail Me (2004)
Axe To Fall (2009)
All We Love We Leave Behind (2012)

Ps : Est-ce que je vous ai dit que ce groupe sert à se dessuinter les oreilles et qu’il ne fait pas dans la dentelle? Allez, faites un petit effort, un jour vous saurez m’en remercier.

Les EP de janvier

MOGWAI – LES REVENANTS EP

Mogwai-Les-Revenants-EPMogwai groupe post-rock d’Écosse est déjà très connu et adoré. Voilà que le groupe donne un premier aperçu de l’album Les Revenants, censé paraître un peu plus tard cette année. Il faut préciser que ces musiques ont été composées pour une série télévisuelle française, et donc, ces titres sont entièrement instrumentaux. Ceci étant dit, on a affaire un mini-album aux ambiances sombres et à la rythmique lourde et lente qui plaira sans doute à certains fans de Nine Inch Nails.

mogwai.sandbag.uk.com/awrenchedvirilelore

http://www.youtube.com/watch?v=3c4M31mWImQ

JESSIE WARE – IF YOUR NEVER GONNA MOVE EP

230713_452771664778096_1275848593_nJessie Ware est une jeune auteure-compositrice-interprète anglaise qui fait des vagues depuis la sortie de son album Devotion, paru l’année dernière en Europe. Celle-ci fait une première saucette en Amérique avec cet EP. On y retrouve quatre chansons tirées de son opus précédent. Voilà une pop intelligente et sensuelle qui tire ses sources du soul. Parmi les pièces intéressantes, Sweet Talk et If Your Never Gonna Move et son électro-pop accessible fera plaisir à un large public. La jeune dame a collaboré avec SBTRKT et possède une voix puissante et touchante, et elle en fait la démonstration sur ce mini-album.

//jessieware.com

A-TRAK – TUNA-MELT EP

artworks-000034521766-i9vvxt-cropPour ceux qui ne connaissent pas A-Trak (de son vrai nom Alain Macklovitch), il est un DJ originaire de Montréal, maintenant basé à New York. En plus d’avoir fondé sa propre maison de disque (Fool’s Gold), d’avoir inventé un système de notation pour le scratching, il a été engagé à titre de DJ de tournée pour Kanye West et travaille avec lui depuis. Ce petit génie des tables tournantes a fait paraître Tuna-Melt Ep à la fin de 2012. Celui que l’on classe désormais dans la même catégorie que Skrillex et Diplo offre ici un mini-album fait pour les planchers de danses!

//djatrak.com

Sepultura – A -Lex

mod_article1083134_13Pow! Kaboum! Klak! Ping! Toc! Bang! Non, vous n’êtes pas en train de regarder une scène d’un vieil épisode de Batman. Ce sont plutôt les bruits qui se font entendre dans mon cerveau quand j’écoute A-Lex du groupe brésilien Sepultura. Croyez-moi, si vous aimez les albums matraques, vous allez aimer celui là. C’est clair!

A-Lex est le onzième album studio du groupe. La formation en compte maintenant douze. Ce qui rend intéressante cette galette, c’est qu’elle constitue un concept qui rend hommage au film Orange Mécanique de Stanley Kubrick paru en 1971. Ce film, pour les rares qui ne l’ont pas vu, est d’une violence physique et psychologique tout à fait actuelle, encore aujourd’hui. Il est rempli de scènes tordues, dépravées et dérangeantes. C’est exactement ce climat que Sepultura cherche à imposer sur ce disque.

La troupe brésilienne compose une trame sonore très trash qui touche principalement au death, au speed metal, au hardcore-punk et même à la musique classique. En effet, vers la fin de l’album, ils interprètent leur version de la neuvième symphonie de Beethoven. Chanson qui a une place importante dans le film. Ça aurait pu être une catastrophe mais c’est très bien réussi.

L’ordre des morceaux sur l’album est assez fidèle à l’évolution de l’histoire dans le film. La réalisation est, quant à elle, encore une fois, très solide. Rien de bien nouveau ici pour le quatuor d’Amérique du Sud, qui se spécialise dans l’art de promouvoir les guitares corrosives, une batterie qui martèle démesurément et une basse bien nourrie.

On pourrait dire de Sepultura qu’ils ont deux vies. La première, qui comprenait le chanteur-guitariste baptisé Max Cavalera (1984-1996) et celle composée du chanteur Derrick Green (1997 à aujourd’hui)
Quant au batteur principal de la formation, Igor Cavalera (frère de Max), il a fait partie du groupe jusqu’en 2006. Je dois admettre que je doutais fortement que le groupe puisse se remettre du départ d’Igor à la batterie. Un batteur aussi puissant, rapide, technique, précis et tribal que lui ne se remplace pas aussi facilement… si on veut comparer avec l’obtention d’une faveur provenant d’un politicien en échange d’une enveloppe brune ! Ceci dit, je dois admettre que sans égaler Igor Cavalera, le batteur Jean Dolabella se débrouille pas mal bien !

Pour plusieurs fans, la période la plus significative du groupe est celle avec le chanteur-guitariste Max Cavalera. Principalement les albums Arise (1991), Chaos A.D (1993) de même que l’album Roots (1996) qui est perçu par bien des gens comme étant le plus solide de leur carrière. Personnellement, je les considère comme les plus importants, mais pas nécessairement les meilleurs.

Je trouve que Roorback (2003), Dante XXI (2006) et bien sûr, A-Lex dont je vous parle aujourd’hui, comme étant les plus achevés de leur carrière. Le chanteur Derrick Green fait un boulot remarquable et la cohésion entre les membres est plus évidente que jamais.

Bon, je vous laisse donc sur ces sages recommandations:

A-Lex n’est pas un bon disque pour un mariage.
A-Lex n’est pas un bon disque pour un baptême.
A-Lex n’est pas un bon disque pour un souper romantique.
A-Lex est un excellent disque point!

Vous pouvez visionner à la fin de ce texte le beau video clip rendant hommage à l’excellent Orange Mécanique intitulé We’ve Lost You.

Sepultura
A-Lex
SPV Records
53 minutes

01. A-Lex I
02. Moloko Mesto
03. Filthy Rot
04. We’ve Lost You!
05. What I Do!
06. A-Lex II
07. The Treatment
08. Metamorphosis
09. Sadistic Values
10. Forceful Behavior
11. Conform
12. A-Lex III
13. The Experiment
14. Strike
15. Enough Said
16. Ludwig Van
17. A-Lex IV
18. Paradox

//www.sepultura.com/