Chroniques Archives - Page 116 sur 138 - Le Canal Auditif

Coup de coeur francophone: deuxième partie

logo0Ma deuxième moitié de Coup de cœur francophone commençait par un arrêt au Cabaret du Mile-End, question de revisiter les lieux une dernière fois avant que le verrou soit mis dans la porte. La première partie était assurée par Martin Lizotte qui est venu présenter les pièces de son album Pianolitudes paru en janvier dernier. Son jeu émouvant a vite fait de ravir les spectateurs présents. Le jeu d’éclairage était sobre et contribuait à plonger le public dans un état de contemplation et d’ouverture. Seul petit écueil, un effet de machine à fumée un peu douteux au début d’une chanson… plus loufoque qu’autre chose.

Stéphanie Lapointe a ensuite pris la scène pour présenter les pièces de son album Les amours parallèles. Chose particulière, Lapointe a louangé les auteurs qui lui ont prêté des mots pour cet album de Philémon Cimon à Stéphane Lafleur. Rares sont les interprètes qui montrent tant de reconnaissance. Le premier l’a d’ailleurs accompagné sur scène pour deux pièces dont Je veux de la lumière tirée de L’été. Elle a aussi invité sur scène Albin de la Simone qui est venu jouer À quoi tiré de son album précédent. Bref, la jeune femme était encore une fois attachante et possède une belle présence sur scène.

Pendant ce temps, Stéphane assistait au doublé Sylvie Paquette/Antoine Corriveau: «La première était accompagnée de Rick Haworth aux guitares et de l’excellent Benoît Rocheleau (percussions, claviers, xylophone). L’auteure-compositrice-interprète a pigé dans plusieurs de ses albums. Pas de doute, la dame a du kilométrage et son assurance sur scène était aveuglante; se permettant même quelques boutades sur son propre travail qu’elle qualifiait elle-même d’anonyme et sombre… sourire aux lèvres, bien entendu! Ces remarques ont eu un effet délassant sur le public.»

«De son côté, Antoine Corriveau venait nous présenter en format live les chansons de ce superbe album, Les Ombres Longues. Sept musiciens sur scène incluant violoncelle, claviers, percussions et surtout une relecture absolument exquise de ces pièces douces-amères. Sur scène, les versions de Un par un, Le temps des coupes à blanc (un trio de voix totalement émouvant), le folk rock quasi abrasif de Printemps, printemps ont soulevé cette prestation à un niveau artistique inégalé. Antoine Corriveau commence à jouer dans la cour des grands de la chanson québécoise. Si Les Ombres Longues est un grand disque, la performance offerte était tout simplement un grand cru.»

Pendant que Stéphane se rassasiait au concert de Corriveau, je me suis dirigé vers Simon Kingsbury et Navet Confit qui prenaient le contrôle de l’Esco. Le premier est venu présenter quelques nouvelles pièces ainsi que celles parues sur son maxi homonyme paru il y a trois ans déjà. Kingsbury a toujours un petit côté folk, mais le rock semble avoir fait son chemin dans ses compositions. C’était une performance colorée de distorsion et franchement, ça va très bien avec sa barbe. Sonner Faux était particulièrement réussie et a charmé la foule présente dans le bar de la rue St-Denis.

Puis Navet Confit est venu nous planter la chanson Mannequin de magasin dans la tête. Encore, aujourd’hui alors que j’écris, je suis assailli par la ritournelle qu’il a répétée pas moins de cinq fois… sacré Navet! Le grand jeune homme était accompagné du solide Carl-Éric Hudon et de la puissante piocheuse Lydia Champagne. Il a gracié le public de plusieurs de ses succès dont: Une Boîte dans une boîte, Louis-José Houde, Ça n’existe pas, mais surtout cet incroyable fa dièse tenu pendant plusieurs minutes au début de Ça n’existe pas en tout début de spectacle. Franchement, si vous ne connaissez pas Navet Confit, il est bien temps de s’y attarder.

Mercredi soir,Philippe Brach était à l’honneur et foulait la scène du Lion d’Or qu’il a prise plusieurs fois cette année dans le cadre des Francouvertes. Sa première partie était assurée par BATpoinG, accordéoniste français qui fait dans l’excentrique. Situé entre le rap et la chanson, celui-ci s’amuse avec les mots avec une habileté hors du commun. D’ailleurs son spectacle coule d’un bout à l’autre et il a tôt fait de conquérir le coeur du public qui l’a remercié d’une ovation à la fin de sa partie. Accompagné par Monsieur Jack, il a livré les pièces de Juste une note, disque paru en avril 2013.

Puis, Philippe Brach est entré en manteau de léopard pour interpréter Changer…Et le pire dans tout ça? Brach chante bien (dans le sens conventionnel et star académicien)… aussi bien que Jean-François Brault à tout le moins. Le préféré de Pierre Harel a livré les pièces de La Foire et L’Ordre dans un décor tout spécialement concocté pour sa «rentrée montréalaise». Il y avait donc… deux plantes et une patère sur la scène. Rien de trop beau. Faut bien être au Coup de coeur francophone pour que Brach insère plus d’anglais que jamais dans son spectacle dont une décoiffante reprise de No One Knows de Queens Of The Stone Age. Une autre super soirée signée Brach!

Jeudi, les femmes étaient à l’honneur au Club Soda. Certaines personnes dans le public rencontraient certainement Safia Nolin pour la première fois alors qu’elle ouvrait pour Salomé Leclerc. La jeune auteure-compositrice-interprète avait des airs de Dallas Green (en féminin, il va sans dire) au tout début de City & Colour (avant qu’il devienne plate). Accompagnée de Rick Haworth à la guitare, elle a livré ses textes franchement touchants. D’ailleurs la foule semblait elle aussi tomber sous le charme la jeune femme. Elle a d’ailleurs fait un beau petit discours sur Noël avant de lancer la belle Noël partout. Est-ce qu’on a hâte à son premier album? OUI!!!

Puis Salomé Leclerc a pris la scène avec l’assurance d’une lionne. Les pièces de 27 fois l’aurore ont pris une tournure plus rock sur scène tout comme la voix légèrement enrouée de la jeune femme. Avec des petits airs de PJ Harvey, elle a livré Arlon, Vers le sud, Ne reviens pas et même une reprise très réussie de Vingt Ans de Léo Ferré. Sans compter une «vieille nouvelle» chanson, Sur moi la glace qu’elle a bien fait de ne pas jeter. Espérons que l’excellente pièce se retrouvera sur le prochain album. Bref, la jeune femme était envoûtante.

Pendant que je tombais en amour avec Salomé Leclerc, Stéphane était au concert de Philippe B et Ludovic Alarie: «C’est ce dernier qui officiait en première partie et le jeune musicien, âgé de vingt ans seulement, s’en est admirablement bien sorti. En format trio, convoyé par les forts compétents Adèle Trottier-Rivard (percussions, voix) et Warren C. Spicer, guitariste et membre de Plants And Animals, le compositeur nous présentait l’essentiel de son premier solo en français. Ce qui a frappé, aux premières notes de cette prestation, est sans aucun doute la dextérité et la cohésion parfaite du trio; une exécution irréprochable de ce folk duveteux/aérien. En contrepartie, Alarie est un interlocuteur timide et l’interaction avec le public était légèrement déficiente. Qu’à cela ne tienne, à un si jeune âge, bien des musiciens rêveraient d’avoir le talent de Ludovic Alarie

«Par la suite, le pince sans rire Philippe B faisait son apparition avec ses cinq accompagnateurs: deux choristes féminines et trois messieurs aux cuivres et aux vents. Le songwriter a pigé dans le répertoire de ses deux parutions, Variations Fantômes et Ornithologie, la nuit. Pour ceux qui connaissent bien Mark Oliver Everett, alias Eels, (surtout l’album Live At Town Hall), Philippe B nous a offert une prestation magnifiquement arrangée, somptueuse et conviviale à la fois. Un silence respectueux balayait le public présent littéralement scotché aux chansons de l’artiste. Bonus? Philippe B nous a gratifiés en rappel d’une chanson de Gainsbourg titré Les feuilles mortes. Bref, un spectacle aussi émouvant que désopilant de la part de Philippe B

De mon côté, j’étais de retour au Divan Orange pour attraper les prestations de Cou Coupé et Les Hôtesses d’Hilaire. Le premier est un groupe réuni autour de Jacques Bertrand Jr et comptant Marc Leduc, Navet Confit et Lydia Champagne, entre autres, parmi ses membres. La formation a joué longuement envoyant les pièces de Chansons d’ascenseur, d’escalier et de chute libre ainsi que quelques pièces de Jacques Bertrand Jr en solo. Un spectacle haut en couleur!

Puis, Les Hôtesses d’Hilaire comptaient sur la moitié de l’Acadie entassée entre les murs du Divan Orange. Les rockeurs au cœur tendre nous ont envoyé avec une fougue incroyable les pièces de Party de ruisseau paru un peu plus tôt cette année. Ajoutant au mix une ou deux chansons de The Doors, la bande à Serge Brideau a mis le feu au Divan Orange. Au point, où le SPVM a visité les lieux… parce que vous savez sur Le Plateau, il y a une loi «pas de bruit» après 23h00. Ce qui est complètement absurde, particulièrement sur l’artère St-Laurent. Espérons que le maire Luc Ferrandez verra la lumière au bout du tunnel et changera cette législation absolument ridicule et que le «légendaire» SPVM commencera à faire usage de cette chose qu’on appelle simplement le discernement. Ça n’a certainement pas empêché le groupe de donner une généreuse prestation et de chanter pendant plus d’une heure.

Samedi soir, c’était Les Soeurs Boulay, récemment décorées d’un disque d’or qui venaient mettre fin à la tournée Le poids des confettis sur la scène qui les a couronnées gagnantes des Francouvertes en 2012. D’ailleurs les deux jeunes femmes ont mentionné l’importance de se retrouver au Lion d’Or pour terminer ce périple rocambolesque. Elles ont ouvert avec Cul-de-sac et instantanément, la foule chantait en chœur et cela jusqu’aux toutes dernières notes. Même les enfants sur place semblaient connaître toutes les paroles! Celles-ci étaient accompagnées par Gabriel Graton et Laurence Lafond-Beaulne (Milk & Bone). Elles rayonnaient sur scène. Mélanie Boulay avec un sourire permanent collé dans le visage alors que sa soeur Stéphanie avait des airs de Phoebe Buffay avec sa robe fleurie et ses boucles dorées… quoiqu’elle joue franchement mieux de la guitare. Le duo a offert aussi deux reprises: Les chats sauvages de Marjo en version touchante à mort et Our House de Crosby Stills & Nash.

Puis, c’était la dernière soirée rock à l’Esco. Les Incendiaires ouvraient le bal avec leur pop-rock ressemblant à Indochine. La formation a envoyé les pièces d’Unica paru en décembre dernier. Puis, ce fut PONI qui prit la scène pour livrer les lourdes pièces de leur album paru un peu plus tôt cette année. À coup de gros riffs, de basses lourdes et de cymbales qui éclatent dans tous les sens, le quatuor nous a donné un show énergique. Parmi les bons moments: La marée, L’aiguille et Zénith. D’ailleurs l’assemblage des voix de Nicolas Gosselin et Nicolas Beaudoin est particulièrement réussi.

Et voilà pour cette édition nouvelle édition du Coup de coeur francophone. Encore une fois, la programmation était de haut niveau, mettant de l’avant autant des gros noms que des artistes de la relève. On a eu ben du fun. À l’année prochaine!

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Eddy Current Suppression Ring: L’autre bout du monde, ce n’est pas si loin.

Gik02Ur2R5PUS2mIl est plutôt rare que je parle d’un groupe qui provient de l’autre bout du monde, en l’occurrence l’Australie. À vrai dire, je ne me souviens pas de vous avoir déjà parlé d’un groupe de l’autre bout du monde. J’aime bien utiliser l’expression «l’autre bout du monde», car ça fait exotique et cool en même temps. Puis moi, je suis très cool. Du moins, c’est ce que l’itinérant que j’ai croisé l’autre soir en sortant d’un resto pas recommandable pour deux cennes m’a dit en lui donnant deux piastres. Bref, tout ça pour dire que pour une toute première fois, je vais vous entretenir au sujet d’une excellente formation australienne. Cette formation se nomme Eddy Current Suppression Ring.

Ce quatuor en provenance de l’autre bout du monde, Melbourne pour être plus précis, donne dans la musique garage-rock, punk et indie. Leur musique rythmée, mais très minimaliste est à la fois enthousiaste et dynamique (je vous mets au défi de ne pas taper du pied en l’écoutant) tout en étant simple et suffisamment accrocheuse. Difficile de résister à leur musique sans monter le volume et sourire à pleines dents.

Là, je vous entends me demander: «à qui s’adresse leur musique?» Si vous me permettez, je trouve que votre question arrive au bon moment et qu’elle est fort pertinente. C’est pourquoi, sans trop réfléchir, je vous nomme les groupes suivants: Black Lips, The Hives, Ty Segall, The Intelligence, The Brian Jonestown Massacre ainsi que la très vieille, mais importante formation The Sonics.

C’est ici que je vous entends me poser une deuxième excellente question: «Combien d’albums cette formation de l’autre bout du monde a-t-elle en carrière?» C’est avec ma voix la plus tendre et mielleuse que je vous réponds délicatement ceci: «Trois».

En effet, ils ont pour le moment trois albums et j’espère bien qu’ils en sortiront un nouveau dans un avenir rapproché. Leur premier disque est paru en 2006 et s’intitule simplement Eddy Current Suppression Ring. Le deuxième, mon préféré, s’appelle Primary Colours et il a été lancé en 2008. Pour ce qui est de leur troisième, souvent cité comme leur meilleur album en carrière, il se nomme Rush To Relax. Cette offrande qui a vu le jour en 2010 apparaît régulièrement sur des listes du type «les meilleurs albums provenant de l’autre bout du monde».

Ce qui me plaît fortement de leur musique c’est qu’il n’y a aucun superflu, rien d’extravagant, aucun ajout inutile et que c’est joué sans prétention avec un plaisir évident. Ici on a assurément affaire a de l’authenticité et de la véracité puis c’est assez rare dans un monde où presque tout sonne faux, dénaturé ou exagéré.

Il m’arrive de penser que l’autre bout du monde c’est vraiment loin, mais quand j’écoute Eddy Current Suppression Ring, j’ai l’impression que l’autre bout du monde ce n’est vraiment pas si loin.

Les 3 Étoiles: semaine 28

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PHILIPPE BRACH – C’EST TOUT OUBLIÉ

Le préféré de Pierre Harel est de retour avec un nouvel extrait de son excellent La foire et l’ordre. Vous aurez droit dans ce vidéo au retour sur pellicule (en tout cas sur vidéo) de Tony Conte, Philippe Brach en livreur de Black Label, à Catherine Chabot qui pète des bouteilles de bière avec une force effrayante (elle n’est pas à contrarier) et à la voluptueuse Tatiana Zinga Botao; le tout dans une réalisation mauditement réussie d’Akim Gagnon.


 

GABRIEL CONTI – TOMORROW

De Buenos Aires nous arrive Gabriel Conti. Sur Tomorrow, le jeune producteur est parti de la pièce Stepping Into Tomorrow de Donald Byrd et l’a découpée/rapiécée/injectée avec une bonne dose de «footwork». On y entend les influences de DJ Rashad et de Flying Lotus. L’Argentin offre une première pièce convaincante. Il sera à surveiller à l’avenir.


 

DAMA DAMA – FIXE

Dans un autre registre, la formation Dama Dama arrive avec un premier extrait intitulé Fixe. La jeune bande s’inspire du psychédélisme et du shoegaze et le transforme en quelque chose de plus aérien et doux. Le tout avec la voix feutrée de Julie-Christine Parent qui est aussi animatrice de l’émission Créateurs de son sur les ondes de CISM 89,3. C’est le premier pas du groupe, mais ça semble prometteur. Les premiers moments de Fixe rappelle Pink Floyd.


 

Festival Akousma XI

4ce713cf4f546e559c3bbb286d0601751411569005_slides_slideLa onzième édition du festival Akousma vient de se terminer que l’on a déjà hâte à l’an prochain. Premièrement parce qu’Akousma fait parti de ces événements purement artistiques durant lequel les maîtres et disciples des musiques numériques expérimentales, ou électroacoustiques selon le point de vue, viennent partager leurs créations avec le public. Deuxièmement, parce que la disposition des haut-parleurs n’a rien à voir avec celle d’un concert en stéréo. La salle est munie d’un acousmonium (voir François Bayle), un orchestre de haut-parleurs qui, simplement dit, vous fait passer de la deuxième à la troisième dimension. L’expérience ne se limite donc pas à la consommation de fréquences dans le temps, elle se déplace également dans l’espace, et permet à l’auditoire de voyager sans bouger.

La soirée d’ouverture proposait un programme «éclaté» avec six compositeurs et neuf œuvres. James O’Callaghan a débuté le festival avec Objects-Interiors (2013) et Bodies-Soundings (2014), deux merveilles de morphologie sonore qui revisite la résonance d’instruments acoustiques de façon surréaliste. Christian Bouchard nous a offert Conséquence (2014), plus mathématique, avec sa référence à la suite de Fibonacci et le nombre d’or. Laurie Radford a présenté Vagus II (2014), une pièce au souffle démonté basée sur le Tu-Yo, instrument inventé par Jean-François Laporte. Julian Hoff nous a surpris avec Denis, Agnus & Paula (2014), un hommage à Jay Miner avec séquences numériques enrichies de guitare électrique expérimentale et de projections en temps réel. David Berezan a particulièrement fait plaisir avec ses œuvres Buoy (2011), Thumbs (2011) et Lightvessels (2014), trois magnifiques explorations spatiales naviguant entre le granulé et le lissé. Myriam Bleau a terminé la soirée en beauté avec Soft Revolvers (2014), œuvre interprétée sur scène avec quatre contrôleurs en forme de toupie luminescente. Coup de cœur pour tous.

www.jamesocallaghan.com/

www.electrocd.com/fr/bio/bouchard_ch/

www.electrocd.com/fr/bio/radford_la/

www.jflaporte.com/

jullianhoff.wordpress.com

fr.wikipedia.org/wiki/Jay_Miner

davidberezan.com

myriambleau.com

Jeudi, la soirée a commencé en grand avec Gilles Gobeil et Des temps oubliés (2012), hommage au compositeur Franz Liszt sur une ponctuation sonore enthousiasmante. Robert Normandeau nous a présenté Eden (2003), dont la version adaptée à l’acousmonium nous a amené au sommet de la spatialisation. Hanna Hartman a interprété Att fälla grova träd är förknippat med risker (2004), Black Bat (2014) ainsi que Mezcal No.9 (2014), pièces solidement ancrées dans la musique concrète. Adam Basanta nous a offert Three Myths of Libreralism (2012) et instant gris (2014), deux œuvres opposées par leur façon de faire interagir les échantillons. Olivia Block a également terminé la soirée en beauté avec sa pièce Dissolution (2014), dont le traitement en direct rendait la matière première méconnaissable.

www.electrocd.com/fr/bio/gobeil_gi/

www.electrocd.com/fr/bio/normandeau_ro/

www.hannahartman.de/

adambasanta.com/

www.oliviablock.net/

Vendredi était une soirée résolument plus immersive, avec trois œuvres de plus longue durée. Seth Nehil a interprété Collide (2014), rassemblement monumental d’événements sonores menant à une fin sublime. Jana Winderen nous a embarqué sur Nightfall (2014), navire fait de strates de vent polaire et de vagues glaciales. Mark Fell a clôt la soirée avec One dimensional music without context and meaning (2013), un autre grand voyage, cette fois-ci à travers une multitude de sons de synthèse.

www.sethnehil.artdocuments.org/indexhibit/

www.janawinderen.com/

www.markfell.com/

La dernière du festival a débuté avec trois lauréats du concours de composition du CEC; soit Line Katcho, avec sa vidéomusique Shapeshifter (2014) et sa pièce Aiguillage [Switches & Crossings] (2014), Pierre-Luc Lecours et Impacts discrets (2014) ainsi que Guillaume Cliche et Métal Miette (2014). Jean Piché nous a ébloui avec sa vidéomusique Horizons – Fractured, Folded, Revealed (2014), d’une grâce et d’une beauté, doublée de sa prestation de la trame sonore. Sylvain Pohu est également monté sur scène pour interpréter sa pièce Feedback (2013), combinaison de manipulations électroniques et de guitare électrique. Rene Hell a terminé le festival avec Bifurcating a Resounding No! (2014), une œuvre à la densité impressionnante.

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Le Coup de coeur francophone 2014 – Première partie

logo0La 28e édition du Coup de cœur francophone se mettait en branle jeudi dernier au Club Soda. Le festival qui s’étend sur onze jours permet de mettre de l’avant la crème de la crème de la musique francophone. Succédant aux Soeurs Boulay, c’est la révélation de l’année de l’ADISQ, Klô Pelgag qui venait donner le coup d’envoi. Pendant la journée, un erratum de la part de Pelletier-Gagnon paraissait sur les médias sociaux: «Nous voulons ici démentir la rumeur qui dit que la mise en scène du spectacle porterait sur «les sens».» La mise en scène de ce spectacle sera fortement inspirée par le film Le Cabinet du Docteur Caligari. Un film muet allemand issu de la période expressionniste de Robert Weine (1920). On pouvait lire sur le programme de la soirée que «ce spectacle aimera les surprises…» Encore une fois, Klô avait bien l’intention de présenter un spectacle haut en couleur et dès la première partie assurée par le duo Glenda Gould (Mathieu Pelgag et Sylvain Deschamps), le public a compris que la soirée ne serait pas très formelle. Le tandem était accompagné dans la performance par Serge Brideau (Les Hôtesses d’Hilaire) qui mangeait un bon vieux «spagatt».

Le Club Soda était donc prêt à recevoir Klô Pelgag qui a fait son entrée sur le thème de Salut, Bonjour! en version orchestrale et qui nous envoya les pièces de L’Alchimie des monstres. Le décor était tout en oblique, en étage et en couleur ce qui rappelait l’expressionnisme allemand avec ce qu’il a de sinistre. On remarque que bien des pièces ont évolué depuis les premières représentations il y a un an. C’était particulièrement vrai pour Le Dermatologue, tout comme le remix électro qu’elle a livré de Taxidermie. Mais ce qui laissa une trace indélébile sur ceux présents est le rappel. Lorsque les musiciens sont revenus, ils étaient accompagnés par un Serge Brideau tout en jeans et le duo entama Les Yeux du Coeur. Tels Gerry et Marjo, Brideau/Pelgag a chanté le classique québécois devant un Club Soda qui avait peine à croire à ce qu’il voyait. Une excellente manière d’amorcer le CCF.

Vendredi soir, je me dirigeai au Divan Orange pour attraper Les Guerres d’l’Amour, groupe hautement funky. La première partie était assurée par Das Mörtal… étonnant choix que de mettre le DJ en première partie. La foule ne semblait pas être sûr que le spectacle était commencé, mais quelques lumières éteintes et une boule disco plus tard, quelques personnes se dandinaient le popotin sur le plancher de danse. Celui qui fait dans le «geek-électro» y alla même d’une pièce inspirée du thème de Zelda qui fît particulièrement son effet. Puis, Les Guerres d’l’Amour monopolisa le plancher avec leur formation imposante complétée par deux danseuses. Le groupe n’avait pas joué huit mesures que le public dansait. Tous sont sortis en nage après avoir dansé sur Palace pardu, Les grands coups d’l’amour, Sabine et Les crocs din veines. On a même eu droit à une nouvelle pièce alors que les corps se laissaient aller au son généreux des cuivres.

Le samedi s’annonçait tout aussi rocambolesque. Au Club Soda, le Rap Queb Money Tour faisait son arrêt montréalais. Regroupant trois gros noms de la scène hip-hop, les billets se sont envolés comme des petits pains chauds. Revenait à Eman X Vlooper de partir le bal pour présenter les pièces de XXL. Avec trois mois de tournée derrière eux, le spectacle est tissé serrée et Eman contrôle son «flow» avec une aisance impressionnante. À peine deux pièces terminées que de jeunes gens autour de moi buvaient du vin à la bouteille et une franche odeur de tabac qui fait rire avait envahi la salle: «What’s up, Hochelag est dans place!». Modlee est venu accompagner le duo le temps de Sans les mains, Back To Me et C.R.È.M.E. (Alaclair Ensemble).

Puis c’est le trio Loud Lary Ajust qui a entamé avec Rien ne va plus. Visiblement tout va pour le trio puisque le public connaissait par cœur les paroles des pièces de Blue Volvo paru il y a à peine trois semaines. Accompagné par un batteur, le groupe a continué avec l’intoxicante Hôtel Hell alors que le groupe a laissé le public prendre d’assaut la scène pour No Fucking Way. Une bonne vingtaine de fans étaient sur les planches pendant que le duo envoyait ses rimes à la vitesse d’un TGV et avec l’énergie d’un rouleau compresseur. LLA sait mettre le feu aux poudres et samedi soir, le Club Soda en a été témoin.

À mon grand désarroi, j’ai dû partir plus tôt, avant Koriass, pour me rendre au Divan Orange. Arrivé au bar de la rue St-Laurent pour le lancement de Tambours et temps morts de Deux Pouilles en Cavale, je fus rapidement frappé par le grésillement d’un pistolet à tatouer. Oktoplut offrait un tatou du groupe gratuit. Eh oui, quinze personnes ont maintenant le symbole du groupe étampé sur le corps. Pour en revenir aux Deux Pouilles, le trio nous a envoyé les pièces du nouvel album avec une justesse et une énergie comme eux seuls savent le faire. Parmi les bons coups, Le braconnier, la groovy Crame au soleil, Ouais mais là! et la toujours aussi marquante Clinique.

Puis, c’était au tour d’Oktoplut de faire sa rentrée montréalaise pour l’album Pansements paru un peu plus tôt cette année. Franchement rock, la formation a ravi les gens présents avec son énergie contagieuse. La version spectacle de Points Punk, dans le registre moins lourd du groupe, était franchement réussie. Un groupe qui mérite d’être vu en version live!

Finalement, dimanche, toujours au Divan Orange, Câltar-Bateau ouvrait pour Mehdi Cayenne Club. L’accoutrement d’Étienne Dupré valait à lui seul le détour, le jeune bassiste ayant opté pour un style «semi-yogi». Ils ont joué plusieurs pièces de Verbal Boisson #7 se lançant parfois dans des moments musicaux particulièrement délicieux. Que dire de la voix puissante d’Alex Guimond qui a recueilli de chaleureux applaudissements et que dire d’Alexandre Beauregard qui ne fait jamais les choses à moitié sur scène. Puis, Mehdi a pris la scène pour venir jouer ses pièces catégorisées de «couscous punk» paru en 2013 sur son album Na Na Boo Boo. Le jeune homme possède un charisme contagieux et ce fut une belle découverte.

Enfin, ces quatre furent journées réussies et divertissantes. On se retrouve dans quelques jours pour le compte-rendu de la deuxième moitié du Coup de cœur francophone.

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