Chroniques Archives - Page 116 sur 127 - Le Canal Auditif

Windhand – Soma

Windhand-Soma-ArtworkFormée en 2009 dans la ville de Richmond, Virginie aux États-Unis, la formation Windhand nous martèle les tympans d’une musique très pesante depuis sa naissance. Leur deuxième album en carrière est paru en septembre 2013. Il se nomme Soma et il a paru sur l’importante étiquette Relapse Records. Cette offrande confirme hors de tout doute que le groupe est à prendre très au sérieux dans le domaine du doom metal/stoner rock lourd. Je dirais même très lourd.

Mais qu’est-ce que le doom metal exactement? Alors pour ceux et celles qui ne le savent pas, le doom metal c’est ce genre de musique sombre et ténébreuse qui est souvent bâti autour d’un seul, mais très puissant riff. Il faut ajouter à cela que le riff en question doit être ultra salopé par une pédale de fuzz et être aussi musclé qu’un haltérophile de compétition internationale; idéalement sans les stéroïdes… À vrai dire, même si leur musique semble «boostée» aux hormones de croissance, eux semblent plutôt préférer le cannabis et les champignons magiques, mais ça, ce n’est pas de mes affaires!

Autre point important: pour que le doom metal soit vraiment réussi, il se doit d’être fortement hypnotique, tout en donnant l’impression à son auditeur d’avoir à supporter le poids de sa propre tombe sur ses épaules (ainsi que de sa propre pierre tombale) en plein désert suffocant et sans la moindre goutte d’eau en vue, tant la musique y est lourde et écrasante.

C’est là que je vous entends me demandez de votre charmante voix si l’album Soma frappe dans le mille? Et c’est également là que je vous réponds sèchement d’un «oui» avec un léger excès de décibels. Je suis une brute après tout, ne l’oubliez pas.

Lorsque vous écoutez le disque, le premier riff résume parfaitement les prochaines minutes que vous passerez. Les premières mesures sont constituées d’une musique lente, lourde et qui donne quasiment l’impression d’être hyper calorique; un peu comme le dernier pop-corn que j’ai mangé au cinéma. Vous savez ces maïs soufflés qui vous rendent les joues ratatinées après deux bouchées ainsi que les lèvres ultras graisseuses tant l’excès de beurre y est ridicule. Pourtant, je suis incapable de m’arrêter sans arriver au fond d’un sac de trois kilos. Sachez que leur écrasante musique me fait le même effet! Même si l’album est long, je me rends jusqu’au bout sans trop de peine.

Les chansons lentes, sans fin et pesantes sont monnaie courante sur le disque, mais il ne faut pas croire que Windhand se contente d’y aller seulement de massivité. En effet, le groupe a eu l’intelligence de donner un brin de répit en milieu d’album avec une pièce doom-folk magistrale. Elle est baptisée Evergreen. Cette perle nous prouve que ces musiciens savent créer de superbes morceaux aux mélodies touchantes.

Petite note à moi-même: «Arrange-toi donc pour que ta guitare acoustique sonne aussi bien que celle-ci!». Voilà, c’est noté.

Pour terminer l’album, le groupe y va d’un morceau de trente minutes. Oui vous avez bien lu: une demi-heure! L’introduction de la longue Boleskine débute aussi avec une atmosphère doom-folk pour se transformer en monstre de lourdeur. Une pure merveille.

Les musiciens exploitent leur instrument respectif de façon très adéquate et la chimie entre eux est indéniable. Pour ce qui est de la voix, elle n’est jamais criarde. Un brin étouffé par un effet de réverbération et autres trucs du genre pour lui donner une saveur psychédélique; encore une fois du bon travail.

Donc, chers amateurs de musique massive, bien grasse, psychédélique et brillamment construite, je vous conseille fortement ce Soma du groupe Windhand.

Windhand
Soma
Relapse Records
75 minutes
Paru en 2013

Liste des chansons:

1. Orchard
2. Woodbine
3. Feral Bones
4. Evergreen
5. Cassock
6. Boleskine

windhandva.bandcamp.com/album/soma

Les 3 étoiles: semaine 2

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FIRE/WORKS – ELEPHANTS

Le duo Jonathan Peters et David Lagacé avait fait un tabac en première partie de Yann Perreau cet été au FME. Voici que le tandem prépare le successeur à Grand Voyageur paru en 2012. Elephants est le premier extrait qui annonce un album haut en couleur, mais toujours coulé dans un folk sensible. Ça met l’eau à la bouche pour la suite des choses.

BRAIDS – DEEP RUNNING

Deep Running est une pièce qui avait été laissée de côté par Braids, lors de l’enregistrement de Flourish//Perish. Heureusement, la formation a décidé de nous gratifier de cette nouvelle pièce qui donne l’impression de faire du jogging dans la stratosphère. Si jamais tout ça vous donne envie de courir les voir en spectacle, ils seront au Il Motore en compagnie de Wye Oak, ce samedi 10 mai!


 

FUCKED UP – LED BY HAND

Le groupe punk/hardcore canadien s’apprête à lancer Glass Boys le 3 juin prochain, mais pour faire patienter la horde de fans qui n’attendent que de se lancer dans un mosh pit, Fucked Up nous gratifie d’un nouveau simple issue de la galette. C’est bruyant, c’est agressif et y a J. Mascis à la guitare. Joie!

Les 3 étoiles: semaine 1

a0797878509_10Je recevais des tonnes et des tonnes de chansons par courriel chaque semaine et je me disais que c’est quand même un peu égoïste de ma part de ne pas vous partager tout ça. À partir d’aujourd’hui, et cela TOUTES les semaines (sauf à Noël… parce que moi aussi je mange de la tourtière) on va vous présenter les trois chansons de la semaine qui nous ont titillé les oreilles. Pour cette première édition, j’avais à faire du rattrapage. Voici donc trois pièces qui sont sorties dans les derniers mois et qui méritent vos tympans ou que vos tympans méritent, c’est selon.

TAMBOURS DE GUERRE – GÉRALDINE

Si vous saviez les heures et les heures que j’ai passées à écouter Tambours de guerre depuis sa sortie, sans doute que vous recommanderiez à cette chanson d’avoir une ordonnance de la cour pour me garder à distance. Oui, j’en suis amoureux fou. En plus, la fille d’un couple d’amis la chante déjà par cœur et ça vous donne une idée à quel point elle est accrocheuse. Encore mieux, tu peux l’acheter et aider Géraldine à payer son nouvel album.

L’ÉCHELLE DE FUJITA – LE NIL

Mat Véziau et Sébastien Véziau sont des habitués de la scène montréalaise. Le premier est ou a été batteur pour Ludo Pin, Marcie, Julie Blanche, Gabriella Hook et bien d’autres. Le deuxième est l’homme de confiance, point de vue son, pour un paquet d’artistes d’ici dont Bernard Adamus. Les deux musiciens lançaient dernièrement une nouvelle composition du Nil. De l’ambiance feutrée et de l’expérimentation sonore pour vos oreilles.

A LITTLE GOD IN MY HANDS – SWANS

On n’attendait pas Swans de retour si vite après l’excellent The Seer, mais voici que la formation va lancer To Be Kind dans deux semaines environ. Moins sombre que l’album précédent, le premier extrait est tout simplement excellent. Ça nous donne envie de dire des «Oh Yeah!» exactement comme Michael Gira.

Top 10 Beastie Boys

The Beastie Boys are photographed at the 2006 Sundance film festival in Park CityAdam Yauch, alias MCA, est décédé des suites d’un cancer des glandes salivaires, le 4 mai 2012, laissant dans le deuil des milliers de fans de l’importante formation new-yorkaise nommée Beastie Boys. Deux ans plus tard, on ne peut que constater le trou béant laissé par le départ forcé du groupe de rap dit «old-school». Les Beastie Boys ont permis à un bon nombre de jeunes blancs d’Amérique de mettre un pied dans l’univers du rap; chasse gardée à l’époque (et c’était fort compréhensible!) de la jeune communauté afro-américaine.

Cette brèche crée par les Beastie Boys a permis un sublime métissage musical réunissant sous un même toit, des Blacks, des Blancs, des métalleux, des punks, des poètes, des anarchisites, afin de créer, ce que je considère aujourd’hui comme étant la forme musicale la plus inventive du moment: le hip-hop.

Les collaborateurs du Canal Auditif présentent humblement leurs dix meilleures chansons des Beastie Boys. Nous offrons une déférence sentie à Mike D, Ad Rock et MCA! De plus, on vous invite à faire votre choix parmi les cinq chansons proposées dans le cadre de notre question du mois mensuelle.

Bon visionnement!

1. So What’cha Want

 

2. Sabotage

 

3. Fight For Your Right

 

4. Pass The Mic

 

5. Intergalactic

 

6. Sure Shot

 

7. Egg Man

 

8. Gratitude

 

9. Get It Together

 

10. An Open Letter To NYC

Les EP d’avril

ABOUT – MARGA

a1415424812_10On vous a déjà parlé d’About quelques fois au cours la dernière année. Voici que le duo féminin présente le dernier chapitre de sa tétralogie: Marga. Barbara Finck-Beccafico et Michèle Bernier-Martin ont parcouru tout un chemin à travers ces quatre maxis qui se termine sur une note franchement positive. Plus lumineux, Marga voit le duo s’aventurer sur de nouveaux sentiers aux sonorités plus urbaines. Les voix aussi sont à l’honneur sur ce dernier maxi, Build It en étant un bon exemple. Même lorsqu’elles reviennent à une esthétique plus expérimentale lors de la pièce Control, on est tout de même dans quelque chose qui est plus accessible, ou à tout le moins plus mélodieux de prime abord. Un EP qui captive plus rapidement, et qui honnêtement, n’est pas piqué des vers! À écouter.

www.aboutband.com/

WHITEHORSE – ÉPHÉMÈRE SANS REPÈRE

WH_ESP_EPWhitehorse s’est forgé une solide réputation au Canada anglais au cours des trois dernières années. Le duo formé de Luke Doucet et Melissa McClelland, arrive avec un premier maxi en français composé de reprises de pièces de leurs albums précédents, une nouvelle pièce rock (Le cadeau) ainsi qu’une version d’Un canadien errant. Cette dernière, directement dans les cordes de Doucet, offre un beau moment de la part du couple. Gageons que les tourtereaux, résidents d’Hamilton, sauront charmer encore plus les adeptes francophones.

whitehorsemusic.ca/

 

CHANTAL ARCHAMBAULT – L’AMOUR OU LA SOIF

a1081113490_10Chantal Archambault, artiste folk de Montréal, a fait paraître Les Élans l’année dernière. Avant de partir pour la Chine en mars, elle a fait paraître un maxi de cinq pièces qui s’inscrit dans la continuité de l’album précédent. Les relents de country sont bien présents sur L’Amour ou la soif; pièce qui a été enregistrée dans un chalet à l’automne passé. D’ailleurs, le maxi goûte le mois d’octobre avec sa légère mélancolie. Amour asphalte se présente comme la pièce la plus entraînante sur la galette alors qu’Archambault chante «de payer les bills du mois passé». Si vous avez le tympan qui affectionne le country, la demoiselle est taillée sur mesure pour vous.

chantalarchambault.com/

THE HIGH DIALS – YESTERGRAVES

a1978911576_10Depuis plus de dix ans, la formation The High Dials est active sur la scène montréalaise. Après avoir vu quelques membres partir et de nouveau joindre la formation, dont l’ancien batteur de The Dears, Georges Donoso III, le groupe se prépare à enregistrer un nouvel album. Pour ce faire, ils ont lancé une campagne de financement et prévoient faire paraître un deuxième maxi au courant de l’année 2014 (www.pledgemusic.com/projects/thehighdials). Pour leur nouvelle galette, le groupe travaille avec Marc Bell (Bran Van 3000, Lauryn Hill). Fidèle à son habitude The High Dials livre une pop qui incorpore des éléments psychédéliques, électros et folks. La pièce-titre offre de beaux moments alors que Trevor Anderson s’implique un peu plus vocalement parlant.

thehighdials.net/

 

DEAR CRIMINALS – CRAVE

a1600944220_10L’automne dernier, on vous avait déjà parlé de la formation composée de Frannie Holder et Vincent Legault de Random Recipe avec Charles Lavoie de B.e.t.a.l.o.v.e.r.s. Dear Criminals rapplique avec un deuxième maxi concocté pendant l’hiver. On voit de nouvelles influences poindre le bout du nez sur Crave. On peut entre autres penser à la pièce-titre qui goûte le James Blake et Storm qui suinte le The XX. Dear Criminals commence à affûter le son qui sera le sien, mais on sent que la formation est toujours dans l’expérimentation et dans la recherche. Est-ce que c’est une raison pour bouder notre plaisir? Absolument pas, puisque Crave offre six titres qui flattent les oreilles et offrent de beaux moments musicaux.

www.dearcriminals.com/

MYËLLE – CHÉRIE

timthumbAprès avoir accompagné Chantal Archambault, Galaxie, Mark Bérubé et Amylie, Myëlle en est maintenant à s’affirmer avec ses propres compositions. Aidé par Francis Faubert aux textes et Antoine Gratton à la réalisation, la multi-instrumentiste y va de quatre titres résolument pop. Sa voix est mise à l’avant-plan et son interprétation se fait particulièrement juste sur La robe noire où l’on reconnaît dans son timbre un petit quelque chose de France D’Amour. Le violoncelle est omniprésent sur cette galette qui détient une facture qui saura rejoindre un grand public.

www.myelle.ca/

ARNOLD FISH – FUZZY BEATS & CHEEZY TUNES

a0002589074_10Arnold Fish est un auteur-compositeur-interprète français, qui à lui seul, a su accoucher d’un premier maxi intitulé Fuzzy Beats & Cheezy Tunes. D’ailleurs, ce nom colle à merveille aux six pièces qui sont d’une excentricité très appréciable. Il y a une absence de prétention et une joie de vivre contagieuse sur l’album de Fish. C’est entraînant, ensoleillé et franchement plaisant à l’oreille. Éclectique, le maxi offre parfois une version plus beatlesque de sa musique (The Amazing Chemical Man) et parfois plus rock (Boogie With Mister Fish). Lady Harrington qui ouvre la marche est franchement accrocheuse. Honnêtement, c’est sans prétention, captivant, et ça vous redonnera une certaine joie de vivre.

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