Chroniques Archives - Page 116 sur 146 - Le Canal Auditif

Les grandes artères: une entrevue avec Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier s’apprête à lancer son deuxième album solo la semaine prochaine. Il nous a rencontré au restaurant La Salle à Manger pour discuter des Grandes Artères.

LP: Salut Louis-Jean.

LJC: Salut.

LP: Pis Marc Dupré? (Gros rire parce que c’est une blague).

LJC: Tsé, on a le droit d’aimer ou ne pas aimer ce qu’il fait, mais le gars, je l’aime. Il serait ici avec nous, on prendrait un verre pis on se claquerait les cuisses du début à la fin. Pis c’est un gars humble, des fois trop, mais il est convaincu qu’il fait ce qu’il doit faire. C’est vraiment un bon gars.

LP: Revenons aux choses sérieuses. J’écoutais le nouvel album pis j’ai trouvé ça plus mélancolique que Le treizième étage. Est-ce que tu savais que c’était le résultat que ça allait donner avant de rentrer en studio?

LJC: Non. Je n’avais pas d’idée préconçue quant au résultat, mais je savais qu’avec les mots ça s’en allait vers ça. Ça s’est imposé assez tôt que ce serait un disque de mots, un disque de coeur, d’amour déchiré, de retour, de départ, de querelle. J’ai vécu un drôle d’automne. Beaucoup de couples dans mon entourage se sont laissés. C’est pas tellement un disque autobiographique plutôt qu’un album teinté de ce qui s’est passé autour de moi. Tu pourrais en parler à Marie-Pierre Arthur ou à Ariane Moffatt, on a tous été inspirés par cet automne de tribulations. De là, Les Grandes Artères. Mais pour la mélancolie, ou le drame, parce que je trouve que c’est un album qui contient sa dose de drames, je le voyais venir par les mots, mais je me disais que la musique dissiperait tout ça. C’est sûr qu’avec des titres comme Le jour où elle m’a dit je pars, tu ne peux pas te tromper.

LP: C’est assez clair…

LJC: Mais j’ai pas poussé, les chansons m’ont naturellement amenée vers ça. Je n’ai pas vu venir le côté pop orchestral du tout. Avec les cuivres et la chorale des jeunes, c’est spécial. On avait 80 jeunes dans le studio Piccolo, pis en le faisant, j’étais très reconnaissant de pouvoir me taper ce trip-là. Prendre le temps de juste faire mes tounes à moi. D’habitude, j’ai toujours trois, quatre projets en même temps, mais là j’ai pu prendre le temps de faire que ce disque-là. Des fois, on a pu tester quatre ou cinq arrangements différents pour chaque pièce.

LP: Normalement, t’as toujours cinq ou six projets que tu mènes de front. Est-ce que c’était volontaire de simplement te concentrer sur Les Grandes Artères?

LJC: C’est volontaire oui et non. Je me suis forcé à arrêter, mais surtout mon entourage m’a conseillé de me calmer. À la fin de l’été, j’étais complètement crevé après la tournée des festivals, étourdis, un peu à côté de mes souliers. Physiquement, j’étais épuisé. J’ai remis en question l’échéancier qu’on avait pour l’album. Mais finalement, c’est faire le disque qui a été ma thérapie, mon repos. Ça et pas prendre d’autres projets. Quand t’écris une toune comme Faire semblant, ça te permet aussi de sortir le méchant.

LP: Et puis c’est pas juste le travail… ta célébrité a aussi augmenté depuis ta participation à La Voix.

LJC: Ça a été un apprentissage.

LP: Surtout avec les enfants, j’imagine…

LJC: Oui, les répercussions sur les gens autour, c’est tout le temps un peu bizarre. Mais en même temps, y a vraiment plus de positif que de négatif. C’est juste que j’ai fait un apprentissage accéléré. Mais j’en retire beaucoup de réflexions, sur le monde de la musique au Québec. Avec Karkwa, on se disait souvent qu’en tournant en Europe ou aux États-Unis, ça nous permettait de faire un zoom out et de voir le milieu de la musique sous un autre angle. Mais avec La Voix, j’ai pu voir le monde de la musique au Québec, mais par le restant des Québécois. Je me suis rendu compte que des fois, on fait des choix qu’on pense être les bons, mais qui finalement ont très peu d’impact. De boycotter Star Académie ou La Voix, y’a peut-être un noyau de monde qui va s’en rendre compte, mais au bout du compte le message ne passe pas. C’est cliché, mais j’ai préféré changer par en dedans. Puisque je suis un peu souvent inconscient, ce qui fait que j’ai été surpris de l’immensité de la chose.

LP: C’est peut-être une bonne chose, sinon t’aurais peut-être été sur le frein dès le début.

LJC: Oui. En même temps, j’ai toujours eu la philosophie que si tu trouves tes tounes bonnes, pourquoi tu te priverais d’une tribune? Si elle est bonne, joue là, à n’importe qui. Quand je regarde La Voix, je le sais que j’ai pris la bonne décision de ne pas revenir, sinon ça aurait été le burn-out, mais j’ai quand même des petites pointes de nostalgie.

LP: T’as eu du fun?

LJC: Je ne sais pas pour les candidats, et c’est sûr que non, mais pour les coachs, c’est un jeu. C’est comme Fais-moi un dessin, mais avec des chansons.

LP: Pis contrairement à Star Académie, La Voix a au moins le mérite de mettre de l’avant des chansons qu’on n’entend plus. J’ai lu sur Pierre Lapointe qui fait chanter aux participants de la chanson française… quand au Québec tu vas entendre Brel à la radio?

LJC: Exactement. Ça permet de les remettre au goût du jour.

LP: Et puis, ta gang de musiciens qui t’a accompagné est la même que pour la tournée?

LJC: Oui avec une section de cuivre formée de musiciens classiques et puis mon frère qui vient toujours mettre un peu de violon dans le mix. J’essaie toujours de le ploguer quand je fais de quoi. Mais oui, c’est la même gang. Je suis un gars de long terme. J’aime ça travailler avec des gens qui me connaissent, ils sont moins gênés de te le dire quand c’est mauvais. Tu joues un bout que tu n’es pas sûr pis là Adèle (Trottier-Rivard) te regarde pis elle te fait signe que non. Tu le sais tout de suite que tu peux lui faire confiance. Mais j’aime quand même travailler avec des nouveaux musiciens, mais je suis un «bandmate», je pense. J’ai aussi des collaborateurs vraiment le fun, Marie-Pierre et Olivier Langevin sont venus faire leur tour. Martin Léon m’a aidé à dénouer les mots sur une toune et Daniel Beaumont a continué d’écrire avec moi. Saint-Michel et Deux saisons trois quarts, c’est parti de lui, pis j’ai intégré des trucs.

LP: J’ai aussi trouvé la réalisation différente.

LJC: C’est surtout que tout le monde s’est mêlé des arrangements et puis Pierre Girard a mixé. Pierre joue beaucoup sur le son de l’album. Je ne veux rien enlever à Ghislain-Luc Lavigne qui a fait Le treizième étage, même qu’on s’est basé deux, trois fois sur son travail pour aller chercher du large et du gros. On s’est pas mal promené pour enregistrer, on est allé dans un chalet à Saint-Zénon, chez Pierre, au Piccolo. Mais la direction artistique n’était pas fixée au début de l’enregistrement, elle s’est imposée d’elle-même dans le travail. Je n’ai pas vu venir le banjo pis les cuivres, mais il y en a sur onze des treize tounes. C’est une surabondance pour répondre à l’austérité !

LP: Parlons-en d’austérité, t’as quand même deux ou trois pièces dépouillées.

LJC: C’est surtout les gens autour qui me disaient que c’était meilleur en format minimaliste. On ajoutait des trucs pis c’était moins efficace.

LP: Finalement, qu’est-ce que tu écoutes de ces temps-ci?

LJC: Le nouveau Elvis Perkins m’est vraiment rentré dedans. J’ai acheté le dernier of Montreal, mais je ne suis pas rentré dedans encore. J’ai surtout un petit faible pour Antoine Corriveau, je l’aime bien. J’ai aussi racheté des vieilles affaires telles que Exile On Main Street des Stones, Rumours de Fleetwood Mac pis Electric Warrior de T.Rex. Le dernier de Jean Leloup aussi, je l’ai trouvé bon, mais le dernier de Perkins me fascine.

LP: Merci Louis-Jean.

LJC: Merci.

http://louisjeancormier.com

Raconte-moi ton disque: Lisa LeBlanc

lisa1Bon. Réglons tout de suite une chose. C’est avec un enthousiasme de groupie prépubère que nous avons placé à l’horaire une entrevue/séance d’écoute avec l’un des chouchous du Canal Auditif: l’inattaquable Lisa LeBlanc! En fin d’année 2014, Lisa LeBlanc nous présentait un premier maxi en anglais titré Highways, Heartaches And Time Well Wasted. Un disque de route, abrasif, touchant, auréolé d’un jeu de banjo d’une virtuosité absolue et de cette voix «vieille âme» pourvoyeuse de frisson! Ce EP est d’une authenticité et d’une véridicité qui fait quasiment peur tant que ce que propose l’Acadienne est d’une pertinence sans équivoque, et ce, malgré le traditionalisme de sa musique. Vous dire à quel point, on respecte Lisa LeBlanc est un euphémisme.

Donc, c’est par un mercredi ensoleillé qu’on a reçu au Lab Mastering la musicienne afin de réentendre avec elle son excellent maxi. Compte tenu des quelques guitares salopées qui font irruption, çà et là, au cours de l’album, on avait particulièrement hâte d’entendre cette conception sonore dans le système de son de feu du Lab Mastering. Était présent, en plus de Lisa et votre vieux schnock préféré, l’incontournable LP Labrèche. Fidèle à notre habitude, on vous propose l’exploration piste par piste d’un des meilleurs EP de l’année 2014.

You Look Like Trouble (But I Guess I Do To)

Que de dire du crescendo guitare, banjo, batterie propulsée par le cri primal de LeBlanc en conclusion de ce morceau? Une grande chanson rock! Lisa nous avouait qu’elle s’est inspirée de la «vibe» vocale du chanteur blues/soul Charles Bradley. On a également jasé de l’importance de l’interprétation en chanson. Nous étions en parfait accord pour dire que la présence et le charisme d’un musicien sont mille fois plus importants que la dextérité musicale. Ceux qui ont vu LeBlanc en concert peuvent témoigner aisément de l’immense talent d’interprète dont elle sait faire preuve. De plus, elle nous confiait être conseillé par l’actrice et metteure en scène Brigitte Poupart afin de peaufiner sa présence scénique.

Katie Cruel

Grâce à Lisa LeBlanc, on a pu faire la découverte de la chanteuse folk à la voix singulière nommée Karen Dalton. La relecture de cette pièce a donné du fil à retordre à Lisa. Après avoir créé de nombreux arrangements afin de donner du lustre à cette chanson, le réalisateur Emmanuel Éthier et Lisa elle-même ont convenu de revenir à une version plus épurée, plus simple, qui correspond plus à l’énergie de Lisa. Elle nous mentionnait qu’il existait un remake de ce titre par nul autre que Joe Dassin! Actuellement, Lisa explore les sales contrées du punk rock vintage et elle nous a jasé de Hot Snakes (ça aurait fait grandement plaisir à notre Brute du Rock). LP lui a suggéré de faire la découverte de la formation Fugazi. Un échange agréable sur la musique punk fait toujours plaisir à votre vétéran scribe.

The Waiting List

Ce morceau folk dépouillé met en vedette au piano une amie de Lisa, Émilie Bernard, ainsi que Brad Barr à la guitare lap-steel. Barr enregistrait au même studio que Lisa et puisqu’un et un font deux, l’Acadienne lui a demandé de venir jouer sur cette chanson. The Waiting List n’a pas nécessité beaucoup de pistes supplémentaires. On a aussi bavardé «songwriting» et la musicienne nous confiait qu’elle tient un journal où elle collige sans cesse idées, impressions et flashes de toutes sortes. Pour Lisa, écrire des chansons est un mode de vie et ça paraît!

Highways, Heartaches And Time Well Wasted

Morceau instrumental portant fortement le sceau Ennio Morricone et c’est totalement voulu et désiré. Lisa est partie l’an dernier faire un «roadtrip» dans le sud états-unien et en route en direction de la Louisiane, il y avait, semble-t-il, certains paysages texans d’une laideur indéniable. En observant les foreuses de pétrole, les terres souillées et desséchées, cet instrumental est revenu dans le cortex cérébral de l’artiste et encore aujourd’hui, lorsqu’elle joue cette pièce en concert, ces images font leur apparition. Voilà un exemple probant de la puissance évocatrice de la musique.

Gold Diggin’ Hoedown

Pendant cette chanson aux allures punk/thrash, on a discuté de l’emblématique banjo de Lisa. Elle nous confessait qu’elle s’exécute sur le même banjo (celui que l’on entend sur le EP) depuis l’âge de 19 ans. On a bifurqué vers sa formation musicale un peu atypique. C’est le concierge de son école secondaire, M. Normand Arsenault (que Lisa salue avec émotion!) qui lui a enseigné les rudiments de la guitare. Par la suite, l’autodidacte Lisa LeBlanc a poursuivi sa route jusqu’à l’École nationale de la chanson de Granby où elle a pu polir son talent d’auteur-compositeur-interprète avec les éloquents résultats que l’on connaît aujourd’hui.

Race Track

Sur cette dernière chanson, Lisa LeBlanc joue sur une Rickenbacker et nous chuchote à l’oreille cette superbe phrase: «Your mind is a race track with too many tracks». Que dire de l’explosion décapante en fin de parcours? Lisa nous mentionnait que ce moment est très libérateur en concert. Une chose est sûre (et elle nous l’a confirmé clairement), Lisa LeBlanc égale tout simplement musique. Cette fille vit pour être sur la route avec son band, préfère les concerts au studio et adore faire du kilométrage «on the road». Elle admettait qu’elle est une créatrice chansonnière qui ne tient pas en place et qui adore débarquer à l’improviste afin de «jammer» avec des musiciens. C’est ce qu’elle a accompli entre autres lors de son périple qui l’a mené en Louisiane. On s’est alors mis à jaser de musique cajun. On est reparti avec une suggestion musicale de Lisa: The Balfa Brothers. On va s’y mettre sous peu, promis!

On a terminé l’entretien en jasant des artistes et des genres musicaux qui l’allume ces temps-ci: Thee Oh Sees, Solids, du bluegrass, du banjo hillbilly, de la musique cajun et du vieux punk à la Hot Snakes. Lisa LeBlanc est une vraie musicienne et une mélomane avide de découvertes.

Tout bien considéré, il y a de ces rencontres qui demeurent gravées dans nos mémoires et cet entretien avec cette grande artiste en devenir est venu combler nos attentes au plus haut point. Généreuse, passionnée par son métier, par la musique en tant que telle, d’une limpide authenticité (dont plusieurs créateurs devraient sérieusement s’inpsirer), Lisa LeBlanc est une âme évocatrice.

Malgré le penchant un peu abusif de ce texte que vous venez de lire, chacun des mots rédigés est réfléchi et senti. Ceux qui pourraient nous accuser de racolage peuvent aller se rhabiller, car cette rencontre avec Lisa LeBlanc fut tout simplement un grand privilège. Donc, prenez le temps d’observer attentivement la trajectoire artistique de Lisa LeBlanc, car si tout se déroule comme prévu, elle deviendra pas mal plus «big» qu’on le pense!

http://lecanalauditif.ca/changer-la-marde-en-pepite-dor-2/

http://lecanalauditif.ca/les-ep-doctobre/

http://www.lisaleblanc.ca/fr

http://www.lelabmastering.com/fr/

SXSW 2015: jour 1 et 2

sxsw-20153h50. mon réveil sonne et les deux heures de sommeil que j’ai pu arracher à mon excitation me font regretter de ne pas être plus zen. 4h50. On me réveille: «T’étais pas censé être parti depuis une heure?». Je me lève d’un bond, ramasse mes bagages préparés la veille, enfile mes vêtements et me dirige à l’aéroport pour prendre l’avion qui m’amènera en terre texane. Après un café d’aéroport, une légère sieste de vingt minutes (dormir dans l’avion… c’est donc pas possible!) et un taco acheté à l’aéroport de Houston pendant l’escale, je me retrouve à Austin, ville par excellence du festival de musique SXSW!

Après avoir posé bagage et pris une douche, je me dirige vers la Maison du Canada où The OBGM’s se donnait en spectacle. Et quel spectacle! Le jeune quatuor a de l’énergie à revendre et a conquis la foule présente. Le chanteur Denz aime bouger, il passe dans la foule distribuant chandails au passage, sort dehors chanter devant les passants et embarque à quatre pattes sur le bar jusqu’à ce que le portier se fâche et lui intime de rentrer sur scène. De son côté, le bassiste Joe change une corde de basse à la vitesse de la lumière. Une performance solide du quatuor de Toronto.

Puis à l’Hôtel Vegas, c’était au groupe danois Iceage de prendre la scène. Le groupe a démontré pourquoi il fait parler de lui. Enchaînant les pièces de leur dernier album, ils ont charmé les nombreux mélomanes présents sur place et tout cela à coup de larsen bien senti. Puis, c’est le groupe irlandais Protex (pas le protecteur à chaussure) qui est venu livrer leurs plus grands succès. Oscillant entre power-pop et punk, le groupe a ravi bien des fans venus expressément pour les voir.

Je me suis ensuite dirigé vers le Hype Hôtel où j’ai pu observer Odesza faire ce qu’ils font de mieux: partir le party! Ils ont généreusement gâté les mélomanes présents à coup d’électro qui flirte avec l’électro-pop. Puis, le band maison Spoon a pris la scène entamant leur performance avec The Rent I Pay tiré de leur dernier album. Entre les pièces de They Want My Soul, ils ont envoyé un Don’t Make Me A Target qui a ravi la foule, mais surtout un I Turn My Camera On particulièrement groovy. Plusieurs vodkas-soda plus tard, j’ai abdiqué et je suis allé me vautrer dans les bras de Morphée.

Mercredi, j’ai commencé là où j’avais laissé la veille. De retour au Hype Hôtel, entre deux tacos, j’ai assisté à la prestation de Hundred Waters. Le groupe floridien n’a pas déçu la foule. De Murmurs, avec une basse effrayante, à une Down In The Rafters qui, pour l’occasion, prenait une tournure très «dance». J’ai ensuite déménagé me pénates au Fader Fort pour attraper le groupe The Cribs. Les Anglais ont offert une performance honorable, mais au bout de compte, c’est au niveau des chansons que ça laisse à désirer. Malheureusement, le trio de frères fait du déjà vu qui peine à se démarquer… mais quand on se compare on se console. On a eu droit par la suite à la star du country Sam Hunt. On a l’impression que «star du country» rime plus dans ce cas-ci avec mauvaise pop. Le jeune homme est ultra-conventionnel… bref, je suis allé me chercher une bière.

Finalement c’était Chance The Rapper accompagné du Social Experiment qui a pris la scène. Des difficultés techniques ont alourdi le début du spectacle, mais Chance est un animateur de foule doué et a rapidement regagné le public en leur balançant les pièces d’Acid Rap et quelques nouveaux rejetons. Cocoa Butter Kisses a été le moment fort de la performance. Je me suis ensuite dirigé vers le Mohawk pour attraper plusieurs groupes intéressants. La ligne était longue, mais je peux vous dire que de l’extérieur, Alvvays semblait donner tout un spectacle!

J’ai tout de même pu me faufiler à l’intérieur à temps pour attraper les Torontois de Metz qui sont venus présenter les pièces de leur album à paraître le 5 mai prochain ainsi que quelques-unes du dernier. Encore une fois le trio a été tout feu tout flamme. Parmi les nouvelles à surveiller, Wait In Line (qui m’a rappelé la merveilleuse attente de l’heure précédente), mais ils ont terminé avec Wet Blanket alors tout était pardonné. C’est ensuite le groupe anglais The Damned qui a pris la scène. Ceux-ci ont commencé en vrai Stéphane Deslauriers. Leur première phrase? On est vieux… mais là vous, vous êtes jeunes… (ha! Ha! Ha!) sacré Délo, il inspire même des bands de punk anglais. Blague à part, après un imbroglio d’une quinzaine de minutes alors que le chanteur était introuvable, le groupe punk mythique a explosé et la foule chantait et dansait allègrement en leur compagnie.

Après un bref hommage et une minute de silence en mémoire des gens morts lors de l’accident de voiture de l’année dernière, Thee Oh Sees a pris la scène… et l’a pris pas à peu près. À coup de deux batteries, le groupe du charismatique John Dwyer a offert une des performances les plus inspirées jusqu’à maintenant du festival. Après une performance haute en couleur peuplée de nouvelles pièces, ils ont terminé avec une longue pièce progressive. Du bonbon! On se revoit lundi pour le résumé de mes péripéties texanes de jeudi et vendredi.

http://sxsw.com

Les Francouvertes 2015: soirée 5

anatoleEt ça se poursuivait une fois de plus pour la cinquième soirée des préliminaires des Francouvertes qui se déroulaient hier soir au Lion d’Or. À tout seigneur tout honneur, c’était au tour de Mathieu Bérubé, Anatole et Eugène et le cheval de venir «illuminer» musicalement le public présent à cette séance.

C’est Mathieu Bérubé qui a ouvert la soirée de bien belle façon avec son folk rock karkwaïen, un peu Antoine Corriveau, détenant quelques accents psychédéliques. L’artiste originaire de St-Eustache était pour l’occasion accompagné d’un band de feu. Batterie, claviers, guitares, thérémine, violon, célestes harmonies vocales, l’enrobage sonore était foisonnant et l’ensemble était particulièrement soudé. Si Bérubé était en mesure de bonifier quelque peu ses inflexions mélodiques, on pourrait assister à l’émergence d’un créateur chansonnier fort intéressant. À suivre attentivement!

Ensuite, il fallait faire place au dandy/extra-terrestre déjanté nommé Anatole (en provenance de L.A.!?!), un être admirablement provocateur. Après l’entrée des musiciens vêtus en ouvriers, Anatole a fait son apparition cagoulé et l’électro-pop-rock vitaminé du bonhomme était lancé. Au programme? Déhanchements sarcastiquement lascifs, caresses suggestives, on a assisté à l’émergence d’un véritable «frontman» (chose que l’on voit rarement dans ce bon pays de plus en plus pépère) doublé d’un excellent chanteur. La musique? C’est efficace et bien exécuté, même si ce n’est pas le genre de la maison, on a somme toute apprécié cette musique adéquatement interprétée. Et ça s’est terminé comme il se doit avec un Anatole, alias Alexandre Martel, crachant avec élégance sa bière dans la foule. On a souri.

Finalement, il revenait à la formation rock Eugène et le cheval et son indie rock alliant un new-wave à la Joy Division/Interpol à un rock alterno évoquant Radiohead, période The Bends/Ok Computer, de conclure cette soirée. Et vous savez quoi? Les gars ont tout bon. Malgré cette soirée fort relevée, Eugène et le cheval nous a impressionnés par ses qualités techniques (la section rythmique la plus solide vu au concours avec Yokofeu, bon deuxième), par ses chansons virevoltantes et cet inventif jeu de guitares. Le groupe a du kilométrage au compteur (prestations à Musique Plus, aux Francofolies, etc.) et ça paraît énormément. Évidemment, lorsqu’un groupe nous plaît, il est bien rare qu’il se faufile parmi les meneurs…

Et bien entendu, Anatole et Mathieu Bérubé se hissent parmi les neufs premières positions menant accès aux demi-finales et Eugène et le cheval est malheureusement évincé du classement. Pas grave, beau travail messieurs et génuflexion à Mathieu Bérubé et Anatole. La semaine prochaine? Émile Bilodeau, Dylan Perron et Élixir de Gumbo de même que Chandail de loup seront de la partie.

Voilà le classement officiel après cinq semaines:

1. The Urban Indians
2. Samuele
3. Rosie Valland
4. Anatole
5. Yokofeu
6. C-Antoine Gosselin
7. Mathieu Bérubé
8. Les Guerres d’l’Amour
9. Oli Laroche

http://francouvertes.com

http://anatolequebec.bandcamp.com

http://mthbrb.bandcamp.com/album/du-printemps-plein-la-bouche-ep

http://eugeneetlecheval.com

Les 3 Étoiles: semaine 40

LCA_Les3etoiles
 

RADIO RADIO ET JOSEPH EDGAR – OISEAU MAN

Marc Chouinard était l’un des piliers de la culture acadienne. C’est grâce à des gens comme lui qu’une culture rayonne, te permet de «bouncer» sur du Radio Radio, de chanter du Lisa LeBlanc en chœur ou encore de boire trop de verres dans un spectacle des Hôtesses d’Hilaire. Une culture, c’est plus qu’un individu ou un artiste, c’est une communauté et les Acadiens sont en deuil, mais ce sont aussi de joyeux lurons et Chouinard serait fier de voir qu’il y a maintenant un fonds Marc Chouinard pour la culture acadienne. Tu peux faire un don de 15,00$ en échange d’un album de musique acadienne. Tu auras là-dessus le duo complètement intoxicant de Radio Radio et Joseph Edgar. Oiseau Man te donne envie de faire la fête même si c’est dream-pop et relaxe; c’est doux et festif en même temps. Grosse toune.

https://soundcloud.com/jacg/radio-radio-et-joseph-edgar-oiseau-man
 

L’AMALGAME – ÉVIDENCE

L’Amalgame lance son premier vidéoclip titré Évidence. Ayant foulé quelques scènes montréalaises dans les trois dernières années, et avec un premier album l’année dernière, le quatuor arrive avec un deuxième album prévu au printemps 2015. En attendant, Évidence vous donne un avant-goût de ce qui nous attend sur Pogné sur l’île. Les fans de Dead Obies risquent de se trouver de nouveaux amis. C’est en franglais couché sur une trame bien tournée, bien que minimaliste. La simplicité volontaire parfois ça paye… surtout quand tu rappes comme ça.


 

GIRLPOOL – IDEAL WORLD

Le duo tout féminin Girlpool avait fait paraître un maxi bien intéressant l’année dernière. Voici que les deux punks minimalistes (qui aiment bien les harmonies vocales) se révèlent avec leur premier album: Before The World Was Big. Celui-ci paraîtra le premier juin prochain, juste à temps pour l’été. En attendant, tu peux te régaler de la mélancolique Ideal World, qui en plus de rester fidèle à la recette des deux «girls», nous envoie aussi un peu de distorsion bruyante à la fin. De la grosse joie!