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10 raisons d’aller visiter Sainte-Thérèse pour Santa-Teresa.

Si tu vis dans la grande région métropolitaine, tu devrais te garder les 27,28, 29 et 30 avril (pour te remettre) de libre. Le festival Santa-Teresa frappe fort pour sa première édition. Si comme beaucoup de citadins, tu te dis : « mais j’ai pas de char! » Ben l’organisation a pensé à toi. Un service de navettes gratuites partira de la station Montmorency sur présentation d’un billet pour l’événement. Et si tu te dis que c’est trop loin tout ce trajet de métro, pour 10$ tu pourras quitter du Palais des Congrès de Montréal grâce à ShareTheBus. En attendant, voici 10 excellentes raisons d’aller faire un tour sur la couronne nord de la métropole.

1. Patrick Watson

Patrick Watson ne donne jamais de mauvais spectacles. Alors les deux représentations risquent d’être tout à fait plaisantes pour les oreilles. Sans compter que le 28 c’est Safia Nolin et Louis-Jean Cormier qui font les premières parties alors que le 29 c’est les excellents de chez Wilsen. Joie.


 

2. A Tribe Called Red

La formation A Tribe Called Red a frappé un coup de circuit avec son nouvel album The Halluci Nation. Celui-ci est un sérieux aspirant au prix Polaris et le groupe a le vent dans les voiles. Ça risque d’être tout un pow-wow (t’as pognes -tu?).


 

3. Alaclair Ensemble

La bande de minces viendra faire bouncer les babouins et babouines qui seront présents à la scène extérieure le 29 avril. Il y a tellement de bonnes raisons de faire la route, mais disons qu’on va commencer par : Tu pensais que c’est ça que c’tait, mais c’est pas ça que c’tait.


 

4. Suuns

Suuns donne toujours un bon spectacle. Ce sera la chance de te plonger dans un état second en t’abandonnant aux rythmes transcendants de la formation montréalaise. En plus, ils seront dans la même soirée qu’HOAN et nos prochains, Duchess Says.


 

5. Duchess Says

À elle seule, Annie-Claude Deschênes vaut le déplacement. Véritable bête de scène, elle est très bien entourée dans Duchess Says. Philippe Clément et Simon Besré sont deux plus que capables musiciens qui s’assureront que ton popotin bouge en masse.

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La programmation du festival Santa Teresa

Le festival Santa Teresa lance aujourd’hui la programmation pour sa première édition. Ce nouvel événement avait précédemment annoncé la venue de Patrick Watson et City and Colour sur la Rive Nord. Est-ce que les programmateurs allaient s’arrêter à ces deux noms d’envergure? Oh que non. Santa Teresa compte sur des artistes très intéressants qui valent le détour.

Dès le jeudi 27 avril, les spectateurs pourront se frotter à de la relève de qualité. Au Saint-Graal, le plateau double Les Louanges et Lydia Képinski vous donnera l’occasion de faire votre rattrapage sur l’édition 2017 des Francouvertes. We Are Wolves sera au Montecristo alors que Xavier Caféïne fêtera les 10 ans de Gisèle au Cha Cha.

Le vendredi 28, Mon Doux Saigneur et Philemon Cimon seront au Saint-Graal alors qu’HOAN, Suuns et Duchess Says joueront au Montecristo. Une solide soirée de rock attend les festivaliers. Au Cha Cha, c’est Ralph et Geoffroy qui feront plaisir aux amateurs d’électro-pop de qualité. Et Beyries sera en prestation à La Protestante dans un spectacle présenté par Culture Cible!

Finalement, samedi le 29, la scène extérieure s’animera avec Rymz, Alaclair Ensemble, The Franklin Electric, July Talk et A Tribe Called Red! Oui, oui, ça va swinger sur un temps à Sainte-Thérèse. À l’Église Sainte-Thérèse-d’Avila, ce sera la jeune sensation Wilsen qui sera d’office en première partie de Patrick Watson. Au Saint-Graal, c’est Mathieu Bérubé et Laurence Castera qui prendront la scène alors que Stevenson, Helena Deland et Dilly Dally seront au Montecristo. Du côté du Cha Cha, on aura droit à Aliocha. Finalement, la fin de soirée se passera au HB Bar avec Husser (The Posterz) et Lou Phelps.

Une solide programmation pour cette première édition du festival Santa Teresa. On a bien hâte d’aller virer sur la Rive Nord à la fin avril!

http://www.santateresa.ca/

Les artistes de la cinquième soirée des Francouvertes

Je ne sais pas pour vous, mais chaque fois que j’ai une date, l’une des premières questions que je pose est : « t’écoutes quoi comme musique? » Non que les goûts musicaux d’une personne sont garants dans l’infini de sa valeur ou de sa personnalité. N’empêche que ça donne de bons indices. Je ne vous raconterai pas comment on a déjà fait fondre mon cœur avec du Father John Misty ou encore comment on m’a surpris avec A Tribe Called Red. Bref, la musique, ça nous donne une petite idée d’où vient la personne et souvent où elle s’en va. On a donc demandé à nos trois prochains participants de nous envoyer trois chansons qui les font triper. Voyage dans les goûts musicaux surprenants et variés des trois interprètes de lundi prochain.

MCC

Originaire de Salaberry-De-Valleyfield, Marie-Claudel Chénard possède un projet musical intéressant sur lequel ont joué les frères Levac (Pandaléon). Lundi prochain, nous découvrirons son folk, mais en attendant, la jeune femme a fait des choix pour le moins surprenants. Corcoran, Leloup et Blue Oyster Cult : Jim Corcoran dans son époque hippie (a-t-elle un jour vraiment fini?), une des plus touchantes chansons de Leloup et de la musique psychédélique américaine.

Lydia Képinski

Lydia Képinski fait jaser d’elle depuis un bon bout de temps pour ses chansons poétiques et ses univers particuliers. La jeune femme a bien fait à Granby et s’amène aux Francouvertes pour présenter les pièces de son EP. Du côté des choix musicaux, Képinski nous surprend en choisissant un des participants de l’édition actuelle, Les Louanges, des participants de l’an dernier, Fuudge et les rockeurs groovy de Suuns.

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Entrevue avec Suuns

SUUNS est de passage à Québec et Montréal cette semaine pour clore le cycle de tournée de son troisième album, Hold/Still paru à l’hiver dernier. Un an de concerts en condensé qui ramène déjà le groupe en studio. Le Canal Auditif a discuté avec Joseph Yarmush, guitariste et occasionnellement bassiste du quatuor montréalais.

LCA — Hold/Still est paru il y a tout près d’un an. Comment se sont passés les onze derniers mois pour SUUNS?

JY — Ça s’est super bien passé, mais ç’a été une année complètement folle. On a fait au moins quatre tournées en Europe et plusieurs autres en Amérique du Nord, alors on est maintenant vraiment bien avec notre matériel. On est plus « tight » et on commence à explorer davantage lorsqu’on joue les chansons. Sans dire qu’on part sur de longues improvisations, disons qu’on sort du cadre un peu plus.

Vous avez sorti vos trois albums à trois ans d’intervalle, j’imagine qu’au moment de lancer Hold/Still vous étiez un peu stressé par la pression du succès d’Images du Futur?

Le stress, on l’a ressenti pas mal plus en studio. On a procédé complètement différemment des deux autres. On est allé trois semaines en studio à Dallas avec du matériel incomplet et à la fin des trois semaines on devait avoir l’album prêt, mixage inclus. Beaucoup de morceaux sont sortis complètement transformés du processus et par l’approche de notre réalisateur (John Congleton), donc c’était stimulant aussi en quelque sorte, mais on stressait avec la pression du troisième album pis avec l’argent aussi… on finit toujours par penser à l’argent.

Avez-vous toujours enregistré en vous imposant cette rigueur?

Non, Images du Futur est issu de quelques séances studio qu’on a faites à Montréal. Ça n’a rien à voir avec la manière dont on l’a fait la dernière fois. Je ne suis même pas convaincu que c’était la meilleure chose à faire. Je ne pense pas qu’on va recommencer ça!

Est-ce que c’est ce contexte plus difficile qui fait de Hold/Still un album plus noir que ses prédécesseurs?

Tout le monde, parle d’un album plus noir. Je ne sais pas trop ce qu’il y a de noir là dedans à part la pochette (rires).

T’as raison, noir n’est peut-être pas le meilleur mot… Je dirais plutôt plus exigeant aux premières écoutes et plus chargé. Qu’en penses-tu?

Ouais, OK, je comprends. En fait, on ne met pas sur l’album plus que ce qu’on est capable de jouer sur scène. On se fie pas mal sur notre dynamique pour écrire. Mais, oui, je suis conscient qu’on ne laisse pas beaucoup de place à l’auditeur pour traverser l’album.

C’est drôle que tu évoques ce peu (et même pas) d’espace vide dans votre musique, parce qu’en même temps, j’ai l’impression que votre côté minimaliste et répétitif devient comme hypnotique et incite à la projection et à l’imagination.

On aime beaucoup la musique électronique et c’est un peu ce qu’on essaie d’importer de ce style à notre démarche. On aime quand chaque élément est placé à sa place et qu’il n’y a pas deux instruments qui font la même chose, quand chacun a son rôle. Donc, quand on compose, on essaie de placer le rythme à l’avant-plan, parce qu’on adore la grosse basse électronique, mais ça fait que des fois, j’ai vraiment de la misère à trouver de l’espace pour ma guitare, surtout qu’on fait rarement des accords, alors ça rend la tâche plus difficile encore.

Voilà une explication technique à ce drôle de sentiment qu’on a en écoutant SUUNS. La musique du groupe est à la fois « pleine », ou finie, mais « ouverte ».

Tu vois, c’est aussi pour ça que je joue de moins en moins de basse : il n’y a pas de place pour cet instrument dans ce que l’on fait. Et pour cette raison, je me rends compte que Hold/Still est notre album le plus cohérent, où il règne la plus grande cohésion, parce qu’on a utilisé un équipement limité pour le faire en peu de temps.

Donc, j’en comprends que tu n’as pas amené ta basse à Dallas?

(rires) Non, elle est restée chez nous. J’ai amené quelques pédales, mais, j’ai fini par juste utiliser le reverb naturel de mon ampli et ma pédale de délai.

Donc, cette semaine, à Montréal et Québec, on doit s’attendre à quoi de votre prestation? Des projections, des nouveautés?

Rien de tout ça. Mais on a fait faire pour cette tournée des grosses lettres gonflables S. U. U. N. S. On trouvait que c’était intéressant de s’afficher sur scène avec ça. Pour montrer notre côté plus léger. Pour faire un « statement » aussi que oui, notre musique est sérieuse, mais que c’est justement que notre musique. Nous, on est là pour faire passer une bonne soirée aux gens qui se déplacent. Mais à part ces lettres, c’est notre seule forme de préparation. On pense à une « setlist » cinq à dix minutes avant de monter sur scène et pour le reste, on se laisse aller avec l’esprit et l’ambiance du concert.

À Montréal et à Québec, vous serez précédé sur scène par Sarah Davachi. Comment l’avez-vous choisi?

Sarah est une pianiste de formation classique, mais qui joue ces derniers temps pas mal plus du drone… en fait ça dépend vraiment de quand tu la vois. Je l’ai vu en concert l’an dernier et elle était accompagnée d’un gars sur scène et ils jouaient sur des vieux synthés modulaires et c’était vraiment pété. Là pour jouer avec nous, elle sera en solo et reviendra à un son plus minimaliste, mais comme on dit en anglais, elle « set the tone » pour notre concert.

Sur votre page Facebook, il n’y a pas de dates inscrites au-delà de vendredi avant le 20 mai en Europe. Qu’est-ce qui vous attend?

Les concerts à Québec et Montréal, c’est notre célébration de notre dernière année. On fête chez nous la fin de la tournée. Les dates en Europe, c’est autre chose.

Planifiez-vous déjà un nouvel album et des séances studio?

On a déjà commencé le studio. Le but c’est de passer de quatre à cinq jours en studio par mois durant toute l’année pour accumuler entre dix et vingt chansons. On fait ça ici, à Montréal tout seul. On ne sait pas encore par qui on le fait mixer ou si on le fait par nous-mêmes, mais le but c’est de prendre ça plus relax.

Et c’est amplement mérité.

SUUNS en spectacle :
9 mars : Le Cercle (Québec)
10 mars : Club Soda (Montréal)

http://www.suuns.net/

Suuns – Hold/Still

SuunsDepuis ses débuts il y a sept ans, le groupe montréalais Suuns se définit beaucoup par ce qu’il n’est pas, par la retenue dans les arrangements, par le manque d’enthousiasme affecté dans la voix de Ben Shemie. Plus le groupe s’approche de la frontière entre la retenue et le manque de contenu, plus sa musique est excitante. Avec son troisième album, Hold/Still, Suuns saute allégrement d’un côté à l’autre de cette frontière.

Le groupe n’est pas sans talent et savoir-faire; c’était clair avec les deux premiers albums, et c’était clair dans la collaboration récente avec Jerusalem In My Heart. Ça l’est encore, notamment dans le soin qu’accorde Suuns aux choix de ses sonorités. Les grosses basses de synthés analogiques (ou d’émulation numérique de synthés analogiques, c’est maintenant pas mal kif-kif) sont granuleuses et texturées, et mettent parfaitement en valeur les guitares et basses qu’elles accompagnent.

On dirait bien cependant que Suuns voulait se faire plus subtil avec cet album. Ou exprimer quelque chose de moins enjoué, de plus abattu. Exit donc les moments rythmiques les plus forts, des albums précédents, et la batterie elle-même est enregistrée de façon plus étouffée. Suuns a l’air de compter faire de l’effet en dégarnissant ses chansons. Quand ça fonctionne, c’est-à-dire quand des moments monotones culminent en un effet d’apothéose, on ne peut qu’être impressionné. Ça arrive surtout dans la première moitié de l’album avec des pièces fortes comme Un-No, Resistance et la sublime Translate.

Il y a cependant des pièces où la retenue va trop loin (s’il est logiquement possible de le formuler comme ça) et où on attend en vain que le petit groove morne devienne quelque chose de plus. Parfois il ne débouche sur rien de satisfaisant, parfois il débouche sur un cliché paresseux ou sur le solo de guitare le plus botché de tous les temps. (Je parle ici de l’avant-dernière pièce, Nobody Can Save Me Now, qui est absolument exécrable, quelle qu’ait été l’intention ironique qui se cachait derrière.)

Au final, tout de même, il y a plus de réussites que de bévues sur Hold/Still, mais on sent que le cynisme pèse sur les épaules de ces musiciens. On le sent dans la musique, mais aussi dans certains textes de Shemie. Je comprends et partage ce sentiment, mais il est moins lourd quand la musique le transcende. Suuns n’y arrive pas constamment, mais quand c’est le cas, c’est de toute beauté.

Ma note: 7/10

Suuns
Hold/Still
Secretly Canadian
47 minutes

http://www.suuns.net/