Tire Le Coyote Archives - Le Canal Auditif

7 spectacle à ne pas manquer sur la scène 1425 de [Co]Motion

Dans les prochains mois, la scène 1425 de [Co]Motion vous propose plusieurs spectacles excitants. En voici 7 que vous ne devriez pas manquer!

Bigflo & Oli (14 décembre)

Vous connaissez le duo de rappeur français Bigflo & Oli? Encore généralement inconnus ici, les deux frères sont en train de devenir la formation de hip-hop française au plus grand rayonnement depuis IAM. Leurs deux albums ont été certifiés platine. La vraie vie, leur plus récent, est paru en juin dernier et vaut le détour.

Pour plus d’informations.


 
 

Tire Le Coyote (18 janvier)

Benoit Pinette, alias Tire Le Coyote, a fait paraître le sublime Désherbage en septembre dernier. Pinette donne toujours des prestations chaleureuses et touchantes. Gageons que son arrêt à Laval en janvier prochain le démontrera encore une fois de plus. Avec sa voix unique et ses riffs efficaces, c’est l’un des folk-man les plus intéressants de la scène québécoise.

Pour plus d’informations.


 
 

The Barr Brothers (20 février)

En octobre dernier, The Barr Brothers lançait son troisième album, titré <em>Queens of the Breakers, qui s’est taillé une place dans plusieurs palmarès de fin d’année. La formation montréalaise fera un arrêt par la salle André-Mathieu en février 2018. On a très hâte de voir les nouvelles compositions sur scène. Plus rock, elles risquent de donner des moments hauts en couleur.

Pour plus d’informations.


 
 

Philippe Brach (12 avril)

Il ne s’en fait pas beaucoup comme Philippe Brach. Qu’est-ce que le jeune homme aura comme surprise dans sa manche? Mystère et boule de gomme. Une chose est sûre, on ne s’ennuie jamais avec Brach en spectacle et ce n’est certainement pas les pièces de l’excellent Le Silence des troupeaux qui changera la donne. C’est une valeur sûre.

Pour plus d’informations.


 
 

Pages : 1 2

Critique : Tire le coyote – Désherbage

J’ai connu tous les débordements
Ceux qui vous arrachent les nerfs
Si on les compte en évitements
J’ai contourné cent fois la Terre
Pouvoirs de glace

C’est ainsi que s’entame Désherbage, le quatrième album de Tire le coyote, alias Benoit Pinette. Le Sherbrookois devenu résident de la ville de Québec avait très bien fait avec ses deux derniers albums qui avaient été unanimement célébrés par la critique : Mitan et Panorama. Pour Désherbage, Pinette s’est entourée de ses complices habituels, Shampoing (Benoit Villeneuve) à la guitare, Cédric Martel (Mauves) à la basse et Jean-Philippe Simard aux tambours. On y retrouve aussi Vincent Gagnon aux claviers et Simon Pedneault à la guitare.

Désherbage est un autre album réussi pour Tire le coyote qui continue à creuser le sillon entamé par ses deux albums précédents. Il poursuit certes dans la même veine, mais évite de se répéter. Il faut dire que la force principale de l’album réside dans ses textes poétiques, imagés et d’une beauté assez exceptionnelle. Pinette est un auteur doué, un forgeron des mots qui sait bien taper au bon endroit au bon moment.

On peut à ce sujet parler de sa sublime traduction/reprise de la chanson Video Games de Lana Del Rey qui soudainement incorpore Camus dans le mix. Son interprétation est parfaite, son texte délicieux à tous les égards et le résultat franchement convaincant.

Les chemins sont à faire jusqu’à ton cœur
Je viendrai sous les traits du défricheur
L’amour ne veut plus de tricheur
Chérie, as-tu vu
Le monde est absurde selon Camus
Mais tes pouvoirs me prouvent qu’il ne l’est plus
Le meilleur a devancé sa venue
La méfiance est portée disparue
Jeu vidéo

Benoit Pinette n’a pas peur de mettre à vif des blessures sans non plus tomber dans un pathos surfait. Comment te dire est un bel exemple du mélange de fragilité et de retenue dont il est capable. Ce sont les relations amoureuses qui tiennent le thème central des textes de Tire le coyote, mais toujours traité de façon alternative. Il réussit à contourner les pièges et proposer des approches originales comme sur Toit cathédrale qui grosso modo est un manifeste pour un peu plus de place pour respirer. Elle suit Tes bras comme des murailles qui est exactement le contraire. Celle-ci parle plutôt de réconfort et de compréhension.

On trouve quelques accents plus rock dans la musique de Tire Le Coyote sur Désherbage. À ce titre, la chanson-titre et Fifille sont deux très bons exemples qui font belle figure. Ou encore l’entraînante Les couleurs de notre équipe.

Encore une fois, Tire le coyote nous offre un album de qualité qui regorge de textes plus réussis les uns que les autres. Benoit Pinette possède une plume délicate, poétique et intéressante qui ne se cantonne pas dans les lieux communs. Il sort de l’ordinaire pour créer des images aussi limpides que touchantes. Désherbage est l’un des incontournables de la rentrée.

Ma note: 8/10

Tire le coyote
Désherbage
La Tribu
43 minutes

Site Web

Mile Ex End 2017 : Retour en photo par Julien Gagnon

Tout au long de la fin de semaine, Julien Gagnon a fait aller son oeil de lynx et vous pouvez maintenant voir le résultat au complet. Voici la première gallerie photo du Canal. Joie.

Samedi

Tire Le Coyote

 
 

Megative

 
 

 
 

Aliocha accompagné de Charlotte Cardin

 
 

Aliocha accompagné de Charlotte Cardin

Pages : 1 2 3 4 5 6 7 8

Mile Ex End (jour 1) : il y avait le soleil…

Parmi l’abondante offre festivalière, un nouveau joueur pointait officiellement le bout de son nez ce week-end : le Mile Ex End. Présentée sous le viaduc Van Horne par le collectif Mishmash, la programmation de cette première édition met en vedette les City And Colour, Cat Power, Suzanne Vega, Patrick Watson, Godspeed You ! Black Emperor, pour ne nommer que ceux-là. En ce long week-end de la fête du Travail, j’effectuais donc un retour au jeu quant à la couverture de festivals. Comme d’habitude, il a fallu faire des choix, et peut-être aurais-je dû remettre en question certaines de mes sélections ?

J’ai donc commencé mon périple musical, Labatt 50 bien en main (seule marque de bière offerte au festival, pas grave, ça désaltère !), avec la suave Maude Audet qui cassait quelques nouvelles chansons à la scène Van Horne. Son nouvel album sera lancé le 29 septembre prochain et ça s’intitule Comme une odeur de déclin. Et c’est Ariane Moffatt qui a réalisé cette création… et les quelques pièces interprétées hier m’ont amplement rassasiée pour que j’aie envie de prêter l’oreille à ce disque à venir.

Déjà balisée par l’ascendant de feu Ève Cournoyer, la musique de Maude Audet prend de l’expansion et brasse un peu plus la cage, à la manière de PJ Harvey. Accompagnée par un excellent guitariste, arborant fièrement un chandail de Black Sabbath – et dont j’ai malheureusement oublié le nom – et d’Émilie Proulx à la basse, la formule « batterie, guitares, basse, voix » sied à merveille à l’artiste. S’agit maintenant que Maude prenne un peu plus d’assurance sur scène. Ainsi, le public pourrait bien embarquer dans l’univers aussi rock que feutré de la dame. Bon show !

Par la suite, j’ai déménagé mes pénates à la scène Mile-End, située sous le viaduc Van Horne, pour assister au concert de la formation Adam Strangler. Si le premier album du groupe, Ideas Of Order, m’avait séduit, grâce à ce mélange de new-wave, de post-punk et de rock psychédélique, sur scène, on retrouve sensiblement intact le son du groupe. Musicalement, c’est impeccable. Vraiment.

Là où le bât blesse, c’est le déficit charismatique qui habite le meneur du quatuor, Philippe Lavoie. Dans ce genre musical, il faut offrir des prestations « canon » pour captiver le public. Malheureusement, ça manquait parfois un peu de détermination… Cela dit, à la décharge du groupe, la sonorisation était quelque peu déficiente tout au long du concert. Si Adam Strangler peut réussir à resserrer ses prestations scéniques, ce petit groupe pourrait nous épater dans un avenir rapproché.

(Crédit photo : Julien Gagnon)

Petite pause rafraîchissement avant la prestation de Tire Le Coyote. Malgré ma réputation de vieux punk rockeur qui me suit depuis toujours, je suis un bon consommateur de folk et de country rock. J’allais être bien servi par Tire Le Coyote.

Eh bien, la bande menée par Benoît Pinette, n’a rien à envier sur scène aux meilleures pointures internationales de ce genre musical. Les deux guitaristes, Simon Pedneault et Shampooing, encrassent le son d’ensemble de belle façon. La recette gagnante, pour que la réussite d’un concert de folk rock soit retentissante, est respectée à la lettre : de l’authenticité mur à mur, une charge émotive sans équivoque et une interprétation juste assez « croche ». Bref, Tire Le Coyote, c’est tout bon.

À 16 h 30, je rejoins de nouveau la scène Van Horne. Et c’est le duo « grunge rock alterno à la Veruca Salt » nommé Partner qui avait l’honneur d’arpenter les planches. Malheureusement, une médiocre sonorisation m’a empêché d’apprécier à sa juste valeur le pop-rock abrasif et bon enfant de la formation. Le tandem a besoin d’une sonorisation explosive pour séduire le public, car même si l’interprétation frisait souvent l’amateurisme, les chansons, elles, tenaient solidement la route. On y entend le meilleur du rock alternatif des années 90. Un peu de Pavement par ci, du Breeders par là, du Weezer vieille époque, des mélodies pop accrocheuses, etc. La paire formée de Josée Caron et Lucy Niles, a du talent, pas de doute là-dessus. S’agit maintenant d’aligner les concerts afin de « professionnaliser » l’ensemble… mais pas trop quand même. La spontanéité est toujours le bienvenu. Un pouce bien levé à l’une des deux meneuses qui a remercié le festival pour la bière et le whisky. Rock on !

Après avoir englouti l’excellent poulet frit de Landry & Filles (oui, c’est une plogue !), je suis retourné à la scène Van Horne pour observer de plus près la formation indie-pop-rock Foreign Diplomats. Cette musique n’est pas ma tasse de thé, tant s’en faut, mais je dois admettre que le chanteur du groupe, Élie Raymond, est un excellent « amuseur public », doublé d’une voix puissante et précise. Même si je crois que le son proposé par le quintette aurait eu un plus grand impact s’il avait été conçu au milieu des années 2000, en concert, Foreign Diplomats livre définitivement la marchandise. Et c’est tout ce qui compte !

(Crédit photo : Julien Gagnon)

L’une des artistes phares du festival, Chan Marshall, alias Cat Power, se produisait à 20 h à la scène Mile-End. Est-ce que la mélancolie emblématique de Cat Power allait envoûter l’assistance ? Est-ce que Chan Marshall allait se montrer sur un jour plus lumineux qu’à l’habitude ? Malheureusement non. On a eu droit à du Cat Power minimaliste, dans son plus simple appareil. Un piano, une guitare électrique, un amplificateur, et l’artiste, somme toute, bien en voix.

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les musiciens qui s’aventurent seuls sur scène. Chan Marshall est courageuse et intègre, mais elle souffre (c’est le cas de le dire !) elle aussi, d’un déficit charismatique. Sans cet indicible talent, impossible de s’en sortir indemne, surtout dans le cadre d’une prestation en plein air destinée à un public pas mal plus enclin à festoyer qu’à écouter attentivement les complaintes d’une chanteuse troublée.

Tout semble déranger la dame. Du subtil feedback de sa guitare, au son de sa voix manifestement pas à son goût ou mal équilibrée dans ses moniteurs, Chan Marshall semblait crispée. Après quelques chansons en format guitare électrique/voix, la dame s’est installée au piano, suivant machinalement la même rythmique et la même vitesse que son jeu de guitare. Et de minute en minute, la clameur s’est élevée, irrespectueuse bien sûr, laissant Cat Power dans son monde, seule sur scène. Aussi triste que déstabilisant.

Après cette prestation assommante, j’ai quitté les lieux… puisque la musique de City And Colour et moi ne faisons vraiment pas bon ménage. J’ai préféré m’abstenir. Pour mon bien-être personnel ainsi que celui de nos lecteurs…

De retour, aujourd’hui sous la flotte, avec Kid Koala, Suzanne Vega, Andy Shauf, Basia Bulat, Patrick Watson et… Godspeed You ! Black Emperor.

Mon compte-rendu demain !

http://mileexend.com/fr

Les Francouvertes 2017 : soirée #2

Après que la pluie ait effacé ce qu’il restait de traces de l’hiver, nous étions conviés au Lion d’Or pour une deuxième soirée de Francouvertes. Au menu ce soir : Maxime Auguste, Projet Coyote et Juste Robert. Il faut rappeler qu’après la première soirée, l’ordre du palmarès allait comme suit : Shawn Jobin, Antoine Lachance et Mélanie Venditti. À quoi allions-nous avoir droit pour ce deuxième rendez-vous du lundi?

Eh ben, tout d’abord, c’était à un ex de nous chanter la pomme. Et pas n’importe lequel! Benoît Pinette, alias Tire Le Coyote, venait nous charmer à coup de Calfeuter les failles, Jolie Anne et Chainsaw. En nous lançant en bonus une nouvelle composition très réussie : Pouvoir de glace. Apparemment, cette dernière aurait été un peu influencée par l’amour de la Reine des neiges de sa fille. Cute. Il raconte aussi comment il ne s’est pas rendu loin dans le concours (et pourtant). Il a tout de même eu la chance d’y rencontrer Dany Placard qui allait réaliser son album et Shampoing, son indéfectible guitariste. Bref, c’est bon, c’est beau et c’est très réussi.

C’est Maxime Auguste qui a la tâche de prendre la scène en premier. Le jeune homme n’offre pas l’approche la plus originale, mais ses compositions ont un petit quelque chose d’attachant et d’à côté de la track. Il se tient en équilibre à la limite entre l’humour et l’émotivité. Il nous a offert une Kevin Steve dédiée à un hypothétique deuxième enfant et une Cinéma l’Amour bien exécutée. Pendant cette dernière, on a eu droit à de belles harmonies vocales tout comme à des orchestrations très efficaces sur Jouer du fusil. En fin de prestation, il nous a livré une : Il y as-tu juste moi à soir qui pense que les dimanches sont les nouveaux jeudis? Un titre long, vous me direz… et c’est un peu la faute de Tania Beaumont (tête de file de CKRL) qui semblait trouver ses titres trop courts. Mais comme Tania est très cool, nous ne lui en tiendrons pas rigueur.

Puis, c’était au tour du duo devenu trio, Projet Coyote, de venir dégourdir la salle. Ils sont bons. Ce sont des musiciens bourrés de talents qui savent composer du blues, mais quelques petits détails finissaient par déranger l’oreille. Entre le manque de basse dans la guitare et le manque de tonus dans l’articulation du chanteur, on avait parfois l’impression de passer à côté du but. Loin d’être désastreux, il y a tout de même un peu de travail à effectuer de ce côté-là. Par contre, ils nous ont offert un solide riff de blues en fermeture.

Enfin, c’est Juste Robert à qui revenait la tâche de clore la soirée. Le gars de Québec ne l’a pas fait à moitié. Rapidement, le Lion d’Or s’est retrouvé plongé dans la noirceur, illuminé par la boule disco alors que le barde y allait de poésie efficace. Il a trouvé le moyen de citer Winnie l’ourson en disant que : « aujourd’hui était son jour préféré… car il va chanter ». Le sculpteur (oui, oui, professionnellement) est entouré d’une solide équipe, dont Maxime Chiasson (Ponctuation), à la batterie. Il a terminé sa performance en lion avec l’intoxicante Golden Storm et la puissante Il tombe des cordes. Une fin émouvante et puissante.

Et quel est le résultat après cette deuxième soirée? Eh bien, aucun des trois artistes ne réussit à déloger ceux de la première semaine. Voici donc le palmarès après deux soirées :

1 – Shawn Jobin
2- Antoine Lachance
3- Mélanie Venditti
4- Juste Robert
5- Projet Coyote
6- Maxime Auguste

On se revoit la semaine prochaine pour la troisième soirée!

https://tirelecoyote.bandcamp.com/

https://maximeauguste.bandcamp.com/

https://projetcoyote.bandcamp.com/

https://justerobert.bandcamp.com/

http://francouvertes.com/