The Dears Archives - Le Canal Auditif

Critique : The Dears – Times Infinity Volume 2

En 2015, quatre années après le potable Degeneration Street, la formation montréalaise The Dears revenait à la vie avec Times Infinity Volume 1; un disque contrastant par rapport aux parutions précédentes, une production peu plus lumineuse… et dans le cas des Dears, ce n’est certainement pas une naïve joie de vivre qui caractérise l’œuvre du groupe, tant s’en faut. Menée de main de maître par Murray Lightburn et bien appuyée par Natalie Yanchak, la formation a dû vivre avec d’incessants mouvements de personnel à la suite de la parution de Degeneration Street.

La semaine dernière, les Dears faisaient paraître la deuxième partie de ce Times Infinity. Les deux chapitres ont tous été enregistrés à la fois au Revolution Recording de Toronto ainsi qu’au Hotel2Tango de Montréal entre 2013 et 2015. Si le premier tome explorait les sempiternels thèmes du désir malsain et des amours troubles, celui-ci poursuit dans la même veine, mais avec un je-ne-sais-quoi de plus ténébreux et mélancolique… ce qui réjouira assurément les fans de la première heure.

Ceux qui connaissent bien The Dears se souviennent de l’explosivité rock de certaines de leurs chansons; Lost In The Plot (morceau de bravoure paru sur No Cities Left) en tête de liste. La version modernisée des Dears est beaucoup plus posée, mais toujours intéressante. Les textes tourmentés de Lightburn et ses mélodies à fleur de peau sont aujourd’hui bonifiés par l’apport de cordes somptueuses, de claviers « années 80 », de clavecin et, même si le rock est confiné en arrière-plan, les orchestrations « romantico-baroques » proposées viennent admirablement étayer le propos.

Musicalement, on se retrouve positionné entre l’éternel ascendant des Smiths (la voix de Lightburn et celle de Morrissey… même combat !), et une certaine influence de Radiohead. Nothing Is In It For Me, Nothing Is In It For You et All The Hail Marys évoquent parfaitement le son de la bande à Thom Yorke à la fin des années 90 avec, bien sûr, une optimisation orchestrale. Et ce qui différencie ce segment du précédent, c’est aussi l’apport vocal plus important de Natalie Yanchak qui agit comme principale chanteuse sur deux pièces : Taking It To The Grave et I’m Sorry That I Wished You Dead. Elle accompagne aussi Lightburn de manière plus accentuée sur quelques chansons.

Parmi les autres faits saillants de l’album, j’ai adoré la conclusive End Of Tour sur laquelle Lightburn exprime sa dépendance affective avec une sincérité désarmante : « Please don’t go / I can’t face this world without you ». Of Fisticuffs fait aussi office d’électrochoc dans un album parfaitement spleenétique.

Je conseille donc aux jovialistes hyperactifs de fuir cet album à toute jambe. Vous allez vous emmerder royalement, mais pour celui ou celle qui a envie d’une bonne dose de rock romantique et poignant, le volume deux de ce Times Infinity est réussi. Si les Dears avaient voulu colliger les meilleurs moments de ces deux disques, on aurait probablement eu droit à une oeuvre plus bourrative. Réparti sur deux albums, le résultat est quelque peu édulcoré. Les Dears font partie de ces artistes qui ne connaîtront jamais un rayonnement plus accentué pour toutes sortes de raisons inexplicables. Au risque de me répéter, voilà un groupe nettement sous-estimé par rapport à certains de leurs semblables montréalais…

Ma note: 7/10

The Dears
Times Infinity Volume 2
Paper Bag Records
41 minutes

https://thedears.org/

10 albums à surveiller en juillet 2017

Broken Social Scene – Hug of Thunder (7 juillet)

Broken Social Scene, ce super-groupe de la scène indé canadienne, est de retour en action collective. Hug of Thunder est le premier album depuis Forgiveness Rock Record en 2010. Pas moins de 17 musiciens différents ont joué sur le nouvel opus. Parmi ceux-ci, on compte Emily Haines et Jimmy Shaw de Metric, Amy Millan et Evan Cranley de Stars, Charles Spearin et Ohad Benchetrit de Do Make Say Think ainsi que Leslie Feist.


 

Melvins – A Walk With Love & Death (7 juillet)

Les Melvins sont réguliers comme l’horloge. L’an dernier, le trio nous avait gracié de Basses Loaded. Voici que Buzz Osborne, Dale Crover et Steve McDonald sont de retour avec un album double. On y retrouve des pièces chantées par Osborne et McDonald. On peut s’attendre certainement à une épopée rock peu ordinaire comme à d’habitude.


 

Public Service Broadcasting – Every Valley (7 juillet)

Le duo anglais de J. Willgoose Esq. et Wrigglesworth revient après le succès de The Race for Space avec Every Valley. Celui-ci est un album-concept qui se penche sur l’histoire contemporaine et l’on y aborde le thème de l’automatisation, de la robotisation, de l’idée de progrès et des changements que cela implique pour les relations interpersonnelles. Pour l’enregistrement, le groupe s’est enfermé dans une ancienne usine d’acier et a travaillé avec des musiciens celtiques : James Dean Bradfield, Lisa Jen Brown et Tracyanne Campbell ainsi que le groupe anglais Haiku Salut.


 

Dasher – Sodium (14 juillet)

Dasher est un groupe dans lequel c’est le batteur qui chante. Oui, et ça ne l’empêche absolument pas de piocher sur un moyen temps. Kylee Kimbrough amène une approche intéressante avec des compositions qui partent d’abord des tambours et de la mélodie vocale. On y retrouve des influences de hardcore telles que The Blood Brothers. C’est criard, bruyant et tout de même assez mélodieux pour retenir l’oreille. Sodium est le premier album du groupe et on croit qu’ils seront à surveiller.


 

Laibach – Also Sprach Zarathustra (14 juillet)

Le groupe slovène d’électro-industriel Laibach lancera à la mi-juillet son 9e album. On peut s’attendre encore une fois à de la qualité et de la musique avec une bonne dose de marginalité et de sonorités riches. Les chansons ont été composées pour une production théâtrale parisienne inspirée du roman philosophique de Friedrich Nietzsche qui porte le même nom. Attendez-vous à une œuvre colossale et dérangeante.


 

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Des premiers noms pour POP Montréal 2017

POP Montréal fêtera son #sweet16 cette année. Ben oui, le festival est rendu à cet âge ingrat où tu fais un party maison, que tu bois trop de bière pour la première fois et que tes parents te trouvent trop saoul. On s’attend donc à toute une fête en septembre. Pour le moment, l’organisation commence tranquillement à nous livrer quelques noms qui seront parmi nous septembre.

I said a hip hop the hippie the hippie to the hip hip hop and you don’t stop

Quelques bons noms de la scène hip-hop sont déjà annoncés. Tout d’abord, nul autre que RZA du mythique Wu-Tang Clan sera à Montréal pour jouer en direct la trame sonore du film The 36th Chamber of Shaolin. Le film mythique va donc rencontrer le rappeur qui voue une passion bien assumée envers les arts martiaux. Les Swet Shop Boys qui comptent parmi ses rangs Heems (Das Racist) seront aussi de la fête. Finalement, c’est les Dead Obies qui sont la cerise sur le sundae de rimes qui se déversera sur l’édition 2017 de POP Montréal.

Des bons produits locaux

The Besnard Lakes sera de la partie tout comme Beyries qui avait été précédemment annoncé. Un groupe qui a fait les beaux et les moins beaux jours de l’indie-rock : The Dears, jouera son album No Cities Left en intégral. De plus, Think About Life sera de retour sur scène au grand plaisir de leurs fans! Ce ne sera pas le seul groupe légendaire qui sera présent. Jean-Guy « Arthur » Cossette membre de Les Jaguars sera en spectacle extérieur à la place Émilie-Gamelin.


 

Et pleins d’autres noms intéressants!

Hurray for the Riff Raff viendra faire un tour à Montréal. On aura droit aussi à une visite d’Austra qui présentera les pièces de son plus récent opus titré Future Politics. En provenance de la Ville-Reine, Jessy Lanza et The Acorn. Le groupe de John Dwyer, les vénérables de Thee Oh Sees seront en ville pour rocker la casbah alors que Vagabon va nous chanter des chansons plus tristes. POP Montréal peut aussi revendiquer quelques grosses prises. Royal Trux fera le voyage des États-Unis tout comme Lady Miss Kier, la fameuse chanteuse de Groove Is In the Heart de Deee Lite. Les amateurs de lourdeur ne seront pas laissés pour compte. King Woman viendra présenter les pièces de son excellent album paru un peu plus tôt cette année. Jay Som sera aussi de la partie. Et que dire de la sublime Weyes Blood? On est bien content. Finalement, pour ceux qui ont les nerfs d’acier, Mount Eerie sera à la Fédération Ukrainienne pour vous faire vivre de grosses émotions tirées d’A Crow Looked At Me.

Une autre édition qui s’annonce bien pour POP Montréal! On a déjà hâte au mois de septembre… mais on va quand même prendre les rayons de soleil de l’été au passage.

https://popmontreal.com/fr/