The Black Angels Archives - Le Canal Auditif

Critique : The Black Angels – Death Song

En 2013, la formation rock psyché/space rock, The Black Angels, faisait paraître Indigo Meadows; un disque réalisé à l’époque par John Congleton, celui-là même qui fut derrière une multitude d’albums provenant de l’univers foisonnant de l’indie rock états-unien. Cette création, un peu décevante, proposait un virage consensuel prétendument plus accessible. Alors, bien sûr, j’attendais avec une brique et un fanal l’arrivée de ce Death Song, titre qui fait par ailleurs référence à un classique du Velvet Underground : The Black Angel’s Death Song.

Cette fois-ci, le groupe a remis les manettes de la console de son à Phil Ek (Father John Misty, The Walkmen, etc.). L’extrait Currency laissait poindre les plus beaux espoirs quant à ce nouveau-né des Black Angels. Eh bien, mes chers amis poteux, je vous invite à prêter l’oreille subito presto à ce Death Song, car il se hissera parmi les meilleurs albums du genre à avoir paru cette année.

Menaçant, ténébreux, salopé, à d’autres moments, carrément céleste, ce Death Song retrouve le même mordant qui prévalait sur l’album Passover (un classique de la bande à Alex Maas), mais avec l’aplomb d’un groupe mûr, en parfaite maîtrise. La formation mise sur des arrangements plus recherchés qu’à l’accoutumée et qui demanderont à l’auditeur quelques écoutes avant d’en saisir toute la portée.

Et comme toute bonne production qui se respecte, les chansons sont au rendez-vous. Composé pendant la légendaire campagne électorale américaine mettant aux prises le Donald et la Hillary, le groupe, sans verser dans une revendication politique acerbe, y va de quelques incursions en territoire « social ». Je pense ici à l’excellente Comanche Moon qui, dans son enrobage évoquant à la fois Spiritualized et 13th Floor Elevators (merci Roky Erickson), constitue une allusion franche aux manifestations amérindiennes qui ont eu lieu à Standing Rock dans le Dakota du Nord.

Parmi les réussites qui ont fait vibrer la fibre « narcotique » en moi, je pense à la grandiose et mélancolique Half Believing. Une grande chanson. Point. J’ai aussi adoré la ligne de basse hypnotique qui anime Grab As Much (As You Can), le folk rock martial titré Estimate (qui se termine en toute solennité avec un orgue clérical) ainsi que la conclusive Life Song, une sorte de space-rock beatlesque. Je souligne également le « pacing » totalement réussi de ce Death Song. Trop souvent, on a affaire à des débuts d’albums prometteurs… qui se transmutent en coït interrompu. Pas de ça ici. Finalement, je salue bien bas la réalisation tonitruante qui n’amenuise en rien le penchant décapant de certaines pièces. De la très bonne job !

Death Song est un très très bon album. Une véritable leçon de musique pour tous ces apprentis « psychédéleux » qui nous confectionnent, bon an mal an, une orgie d’albums bourrés d’effets hallucinogènes, mais qui manquent sérieusement de bonnes chansons. Le quintette arrive à combiner les deux avec une maturité qui n’enlève rien à la pertinence.

Ma note: 8/10

The Black Angels
Death Song
Partisan Records
48 minutes

http://theblackangels.com/

7 raisons d’aimer Tinariwen : De Kurt Vile à Tindersticks

Je le sais, vous vous dites : c’est qui ça Tinariwen? Eh bien, Tinariwen, c’est une bande de nomades du désert qui font de la musique assez surprenante, merci! Ces Touaregs se sont déplacés dans un autre désert que celui du Sahara, celui de la Californie, pour enregistrer leur plus récent album intitulé Elwan. Ce dernier a été enregistré à Rancho de la Luna, le fameux studio près du Joshua Tree. On a décidé de vous faire une liste d’artistes similaires et qui sait, peut-être allez-vous découvrir que sans le savoir, vous aviez déjà un « kick » sur Tinariwen!

Kurt Vile

Le barde américain apparaît à deux reprises sur le dernier album… rien de moins. Vile en solo, manque un peu de rythmes orientaux, mais l’on remarque le même genre de grooves. Ce n’est pas surprenant que les artistes aient collaboré ensemble.


 

Mark Lanegan

Autre collaborateur de la formation, Mark Lanegan, l’homme à la voix grave se rapproche par leur amour commun de la réverbération.


 

Ali Farka Touré

On ne peut taire le style atypique d’Ali Farka Touré qui a complètement revampé la musique dite orientale. Son affection pour le blues est partagée par Tinariwen, même si ceux-ci sont un peu plus axés sur le rock.


 

The Black Angels

Pour tout le côté stoner rock psychédélique, The Black Angels et la musique de Tinariwen se rejoignent à merveille. Leurs grooves intoxicants sont difficiles à ignorer.


 

Tindersticks

L’amalgame de rock aux sonorités uniques, les instrumentations audacieuses, les mélodies de voix somptueuses sont toutes des qualités que partagent Tinariwen et Tindersticks.


 

Goat

L’énigmatique formation Goat originaire de Suède adore incorporer des sonorités moyen-orientales dans ses compositions. Leur mélange de ces mélodies accrocheuses et de rock se ressemble à plusieurs points de vue.


 

-M-

Plus récemment, c’est -M- qui a présenté un nouveau projet en compagnie Toumani Diabate, Sidiki Diabaté et Fatoumata Diawara. Les liens se tissent naturellement entre les deux projets.
 


 

Et pour tomber vous aussi en amour avec Tinariwen, voici l’excellente Tiwàyyen. On se voit le 13 avril prochain à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts.

Pour vous procurer des billets, c’est par ici: http://placedesarts.com/spectacles/19069/tinariwen