safia nolin Archives - Le Canal Auditif

L’autre gala de l’ADISQ 2017 : Les nominations.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L’autre gala de l’ADISQ, c’est aussi beaucoup de bons albums qui sont en nominations.

Voici les finalistes par catégorie:

Album de l’année — Alternatif :

— Antoine Corriveau — <em>Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
— Klô Pelgag — L’étoile thoracique
— Julien Sagot — Bleu Jane
— Les Hay Babies — <em>La quatrième dimension
— Samuele — Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

Album de l’année — Anglophone :

— Beyries — Landing
— Bobby Bazini — Summer is Gone
— Leonard Cohen — You Want It Darker
— Lisa Leblanc — Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
— Matt Holubowski — Solitudes

Album de l’année — Choix de la critique :

— Alaclair Ensemble — Les Frères cueilleurs
— Antoine Corriveau — Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
— Avec pas d’casque — Effets spéciaux
— Daniel Bélanger — Paloma
— Klô Pelgag — L’étoile thoracique
— Philipe B — La Grande nuit vidéo

Album de l’année — Classique : Orchestre et grand ensemble :

— Alexandre Da Costa — Stradivarius à l’opéra
— Angèle Dubeau — Silence on joue – prise 2
— Julie Boulianne — Vivaldi & Handel : Arias
— Les violons du roi — Mozart : Horn Concertos & Bassoon Concerto
— Yannick Nézet-Séguin /Orchestre métropolitain de Montréal — Bruckner: symphonie no.2, WAB 102

Album de l’année — Classique : Solite et petit ensemble :

— Charles Richard-Hamelin — Live: Beethoven – Enescu – Chopin
— Daniel Taylor — The Tree of Life
— Marina Thibeault /Janelle Fung— Toquade
— MG3 (Montreal Guitare Trio) — Danzas: Spanish Guitar
— Philippe Sly — Schubert Sessions : Lieder With Guitar

Album de l’année — Country :

— Cindy Bédard— Coeur sédentaire
— Gabrielle Goulet — Elle sait
— Mario Peluso & les Hobos Hurleurs — Vers le mur
— Sara Dufour — Dépanneur Pierrette
— Sylvain Garneau — La clé du bonheur

Album de l’année — Folk :

— Alexandre Poulin— Les temps sauvages
— Avec pas d’casque— Effets spéciaux
— Émile Bilodeau — Rites de passage
— Philippe B — La grande nuit vidéo
— Saratoga — Fleurs

Album de l’année — Instrumental :

— Alain Lefèvre— Sas Agapo
— André Gagnon— Les voix intérieures
— Artistes Variés — Doux moments pour Philou
— David Brunet — Antonio3
— Guy Bélanger — Traces & scars

Album de l’année — Jazz :

— Andrea Lindsay— Entre le jazz et la java
— Jean-Pierre Zanella — Quattro Venti
— Lorraine Desmarais — Danses danzas dances
— Rémi Bolduc — Swingin’ avec Oscar
— Simon Denizart Trio — Beautiful People

Album de l’année — Meilleur vendeur :

— 2Frères — Nous autres
— Céline Dion — Encore un soir
— Daniel Bélanger — Paloma
— Harmonium — L’Heptade XL (Remastered)
— Mario Pelchat et les prêtres — Agnus Dei

Album de l’année — Musique du monde :

— Afrikana Soul Sister — Afrikana Soul Sister
— Artistes Variés — Plante : La bibliothèque-interdite
— Briga — Femme
— Roberto Lopez — Criollo Electrik
— Samito— Samito

Album de l’année — Musique du monde :

— Afrikana Soul Sister — Afrikana Soul Sister
— Artistes Variés — Plante : La bibliothèque-interdite
— Briga — Femme
— Roberto Lopez — Criollo Electrik
— Samito— Samito

Album de l’année — Réinterprétation :

— Alexandre Désilets — Windigo
— Artistes Variés — La Voix 5
— Guylaine Tanguay — Classique Country
— Mario Pelchat et les prêtres — Agnus Dei
— Safia Nolin — Reprises, Vol.1

Album de l’année — Rock:

— Caravane — Fuego
— Chocolat — Rencontrer Looloo
— Gazoline — Brûlerensemble
— Les Dales Hawerchuk — Désavantage Numérique
— Les Taverneux — Mort de rire

Album de l’année — Traditionnel:

— Bon débarras — En panne de silence
— Galant, Tu perds ton temps — Nous irons danser
— La famille Soucy — Rouge & noir
— Maz — ID
— Yves Lambert Trio — Laissez courrir les chiens

Album ou DVD de l’année — Humour:

— François Bellefeuille — François Bellefeuille
— Jean-Marc Parent — Événement JMP Vol.2 (2011-2013)
— Les Appendices — Chanson de la saison 9, qui sont moins longues à écouter que lire le titre de l’album
— Rachid Badouri— Rechargé
— Stéphane Rousseau — Un peu princesse

Album ou DVD de l’année — Jeunesse:

— Ari Cui Cui — Le Noël d’Ari Cui Cui
— Artistes Variés — Les fleurs de pinotte
— Atlas Géocircus — Le monde est petit
— Elisabeth Cossette — Pyjama party
— Pepe & Colori — Pepe & Colori

h4>Artiste québécois de l’année s’étant le plus illustré hors Québec

— Charles Richard-Hamelin
— Coeur de Pirate
— Klô Pelgag
— Leonard Cohen
— Peter Peter

Spectacle de l’année — Anglophone:

— Bobby Bazini — Summer is Gone
— Charlotte Cardin — Big Boy
— Half Moon Run — Sun Leads Me On
— Lisa Leblanc — Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
— Matt Holubowski — Solitudes

Spectacle de l’année — Humour:

— Alexandre Barette — Imparfait
— Fabien Cloutier — Assume
— Mariana Mazza — Femme ta gueule
— Pierre Hébert — Le goût du risque
— Simon Leblanc — Tout court

Vidéo de l’année

— Alaclair Ensemble — Ça que c’tait
— Avec pas d’casque — Derviches tourneurs
— Chocolat — Ah ouin
— Fred Fortin — Oiseau
— Manu Militari — Peace & Love
— Safia Nolin — Technicolor

Gala de l’ADISQ 2017 : Les nominations


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

C’est aujourd’hui qu’on apprenait les nominations au Gala de l’Adisq 2017. Plusieurs questions nous assaillent comme :

— Est-ce que Safia Nolin est plus nerveuse à cause des gens pas fins ou d’être en nomination contre CÉLINE!?
— Roch Voisine a sorti de quoi depuis Hélène?
— ET WOW la catégorie Auteur ou compositeur de l’année, c’est du solide.

Toutes les nominations par catégorie :

Album de l’année — Adulte contemporain :

— Catherine Durand — La pluie entre nous
— Céline Dion — Encore un soir
— Damien Robitaille — Univers Parallèles
— Luc De Larochellière — Autre Monde
— Valérie Carpentier — Pour Rosie

Album de l’année — Hip-hop :

— Alaclair Ensemble — Les Frère cueilleurs
— Jacques Jacobus — Le Retour de Jacobus
— KNLO — Long jeu
— La Carabine — Chasser ses démons
— Rymz — Petit prince

Album de l’année — Pop :

— Alex Nevksy — Nos Eldorados
— Daniel Bélanger — Paloma
— Patrice Michaud — Almanach
— Peter Peter — Noir Éden
— Vincent Vallières — Le Temps des vivants

Auteur ou compositeur de l’année :

— Alaclair Ensemble
— Avec pas d’casque
— Daniel Bélanger
— Klô Pelgag
— Peter Peter

Chanson de l’année :

— Alex Nevksy — Polaroid
— Céline Dion — Encore un soir
— Charlotte Cardin — Les échardes
— Daniel Bélanger — Il y tant à faire
— Fred Fortin — Oiseau
— Les Cowboys Fringants — Marine marchande
— Les Sœurs Boulay — Fais-moi un show de boucane
— Ludovick Bourgeois — Tu ne sauras jamais
— Patrice Michaud — Kamikaze
— Roch Voisine — Tout me ramène à toi

Groupe ou duo de l’année :

— Deux frères
— Les Cowboys Fringants
— Les Sœurs Boulay
— Les Trois Accords
— Marie-Ève Janvier/Jean-François Breault

Interprète féminine de l’année :

— Ariane Moffatt
— Céline Dion
— Klô Pelgag
— Safia Nolin
— Valérie Carpentier

Interprète masculin de l’année :

— Alex Nevksy
— Daniel Bélanger
— Koriass
— Patrice Michaud
— Vincent Vallières

Révélation de l’année :

— Alexe Gaudreault
— Émile Bilodeau
— KNLO
— Samuele
— Saratoga

Spectacle de l’année — Auteur-compositeur-interprète :

— Daniel Bélanger — Paloma
— Koriass, Alaclair Ensemble, Brown — L’osstidtour
— Les Sœurs Boulay — 4488 de l’Amour
— Patrice Michaud — Almanach
— Richard Séguin — Les Horizons

Spectacle de l’année — Interprète :

— 2frère — 2frères
— Artistes Variés — Marie Poppins — La comédie musicale
— Michel Louvain — 60 ans de bonheur avec vous
— Renée Martel et Patrick Normand — Nous
— Tocadéo — Quatre

On se voit le 29 octobre pour le gala.

FME 2017 : en route vers une première fois !

FME / Louis Jalbert

C’est avec la naïveté de la première fois (pour ma part) que nous avons traversé les kilomètres séparant Montréal de Rouyn-Norada, en route vers le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue. La table était mise pour un rallye de musique et de nombreuses rencontres. Au menu, des artistes « coup de cœur » qu’on ne veut absolument pas rater et des découvertes que l’on espère faire lors de ces quatre jours intensifs de concerts. Pour tous fans de musique, le FME marque le pèlerinage de transition entre l’été et l’automne, un rite de passage!

Un festival décomplexé

Ce qui frappe d’emblée avec le FME, c’est le travail investi dans l’organisation et la logistique d’un tel événement. Pas facile de convaincre les Montréalais de traverser le parc et faire 8 heures de voiture. Et pourtant, la formule fonctionne et bon nombre d’artistes, professionnels et journalistes se déplacent grâce à l’accueil chaleureux des organisateurs. Célébrant sa 15e édition cette année, le Festival se démarque par sa qualité et sa programmation variée. Ce qui me frappe d’autant plus, pour ma première fois, c’est l’ambiance relaxe qui règne chez le public et les artistes. On sent que le festival offre l’occasion idéale aux artistes pour essayer des formules moins conventionnelles et c’est ce qui nous plaît et marque la bonne réputation de l’événement, qui perdure depuis les dernières années.

Douceur, émotion, subtilité et sublime

En route vers l’Agora des arts pour attraper quelques chansons de l’excellent duo Thus Owl. Pour les accompagner, 3 guitaristes se retrouvaient positionnés en demi-cercle dans la foule devant la scène, ce qui ajoutait de la définition et du dynamisme à la prestation. J’étais plutôt intriguée d’entendre ce que le groupe avait de nouveau à offrir puisque leur dernière offrande Black Matter, un ep de deux chansons parut en 2015, m’avait laissé sur ma faim. Le groupe nous offre cette fois-ci de nouvelles compositions plutôt prometteuses pour la suite à venir.

Au tour de Philippe B de monter sur la scène de l’ancienne église pour le public qui est visiblement déjà conquis. Balançant entre sa guitare et le piano, l’auteur-compositeur-interprète nous a proposé un heureux mélange de pièces tirées de ses 3 derniers albums. Accompagné par la sublime voix de Laurence Lafond-Beaulne, il interprète les pièces de son plus récent album La grande nuit vidéo. Rouge-gorge et Anywhere sont d’une beauté à couper le souffle. Il en profite pour nous faire la classique Petite leçon des ténèbres puisqu’il aime faire cette chanson lorsqu’il est en spectacle dans une église, c’est concept.

FME / Louis Jalbert

Ce n’est pas le premier festival en sol québécois pour le canadien Andy Shauf puisqu’il était au Festival d’été de Québec, à Grosse Lanterne et Osheaga plus tôt cet été. Shauf arrive sur scène, fidèle à son habitude avec son allure timide sympathique. Une entrée de jeu relativement sobre qui charme le public dès les premières notes. Plutôt que de commencer son spectacle avec des pièces de l’excellent The Party (en nomination au prix Polaris de l’an dernier), il amorce avec la pièce Jenny come home. Shauf est accompagné de deux clarinettistes en plus de ses musiciens. Un ajout qui aide à enrichir les arrangements des pièces. Malgré tout, le Canadien ne réussit pas à nous réveiller (après les 8 heures de route de la journée) et n’arrive pas à nous toucher à la manière de Philippe B qui le précédait sur scène.

Rythme envoûtant et rock déroutant

Le choix est déchirant pour le 5 à 7 du vendredi (pour tous les 5 à 7 du festival à vrai dire) et j’opte donc pour Sarah Toussaint-Léveillée car je n’avais pas encore eu la chance de la voir en spectacle depuis la sortie de son album La mort est un jardin sauvage. Je ne suis pas déçue! Accompagnée par Jérémy Roy à la contrebasse, Julie Boivin au violon et Élisabeth Giroux au violoncelle, l’artiste nous interprète ses pièces poétiques et le timbre feutré de sa voix se déploie en subtilité dans les chansons.

Le petit théâtre du Vieux-Noranda se remplissait graduellement dans l’attente d’Elephant Stone qui montait sur les planches tout juste après Zen Bamboo. Le groupe psychédélique montréalais, avec 4 albums à son actif, s’inscrit dans une tendance à l’éclectisme et enchaînait les pièces avec une belle énergie contagieuse, ce qui allait dicter le reste de la soirée. On aime particulièrement les pièces dans lesquelles Rishi Dhir ajoute des notes de sitar.

FME / Thomas Dufresne

La foule s’accumulait dans la cour arrière du Cabaret de la dernière chance, espérant avoir la chance d’assister au spectacle de Chocolat. Ce qu’on remarque, c’est que la réputation du groupe est bien installée et méritée depuis la sortie de l’album Rencontrer Looloo, il y a maintenant près d’un an. Le groupe a fait le tour des festivals cette année. Ils nous offrent un set assez solide et bien rodé, toutefois sans surprises. On aime tout de même la désinvolture du groupe alors que les notes de « Ah ouin » résonnent et que la foule s’emporte.

Dernier arrêt avant de retourner à l’hôtel, le groupe de Brooklyn Sun Watchers. La description disait punk et jazz instrumental ce qui semblait être une formule gagnante pour la finale de la soirée. Les notes de saxophones bien distortionnées et les rythmes jazz s’accordent parfaitement. Une belle découverte qu’on espère avoir la chance de voir de nouveau en spectacle au Québec.

Le calme avant la tempête

Pour le 5 à 7 du samedi, c’est autour de Catherine Leduc de faire résonner les planches du Café l’Abstracto. Une vague de chaleur humaine émane de sa musique langoureuse. Elle nous confie que c’est son troisième spectacle depuis la sortie de son album en solo Un bras de distance avec le soleil. On se laisse doucement bercer par ses chansons.

Un triplé parfait à l’agora de la danse pour le vendredi soir. On découvre d’abord Le bleu. Le duo composé de Nicolas Basque et de Adèle Trottier-Rivard se dévoile enfin sur scène. Ils n’ont aucun matériel de disponible en ligne. Les compositions sont texturées et rappellent parfois Daugther et Beach House. Ils invitent Safia Nolin pour le temps d’une pièce et les deux voix féminines se marient à merveille. On a envie de se plonger davantage dans cet univers onirique.

FME / Louis Jalbert

Antoine Corriveau monte sur scène en solo pour la première chanson et entame avec la pièce Rendez-vous. Moment de silence dans la salle qui est saisie. Une succession de pièces de son dernier album Cette chose qui cognait au fond de sa poitrine sans jamais vouloir s’arrêter (cœur) fait grimper l’intensité. On le sent fougueux. Le musicien nous propose une mouture de son spectacle avec deux drums, permettant ainsi de se laisser aller dans des envolées plus violentes, contrairement à sa performance plus tranquille au parc botanique à Fleur d’eau le dimanche après-midi. C’est ce qu’on aime d’Antoine Corriveau, sa polyvalence.

Betty Bonifassi a mis le feu aux braises allumées par Corriveau. Elle entame avec une sublime interprétation voix et guitare de la pièce Black WomanBetty utilise des chaînes qu’elle fait cogner sur une caisse de bois comme instrument de musique. On est happé par l’ampleur de la voix de l’artiste. Petit bémol, lorsque l’intensité grimpe dans les chansons plus rythmées, on perd légèrement la puissance de sa voix au profit des deux guitares électriques. N’empêche que Betty réussit à faire lever et danser la foule et le party est pogné.

À l’extérieur, nous retrouvons à nouveau une ambiance festive alors que Barry Paquin Roberge est sur scène. Tout vêtu de blanc, le groupe, composé d’anciens membres des Buddy McNeils et du groupe Les Deuxluxes anime la foule dansante. J’y reste le temps de quelques chansons avant de filer en vitesse pour voir Blood and Glass. Le tandem de Lisa et Morgan Moore nous propose une pop bien groovy aux envolées lyriques doublées de violon. Une autre belle découverte pour ma part.

Voguer vers la fin

Le dimanche gris nous annonce la fin du FME. De nouveau à l’Abstracto, Mat Vézio charme la foule. Il est accompagné par Antoine Corriveau et deux choristes, dont Sabrina Halde de Groendland. Une mouture relativement sobre qui sert à merveille les pièces Fukushima, L’automne de Buffalo, Adèle et la pièce de son plus récent clip La mort est comédienne qui vous ignore. Une formule parfaite pour ce dernier 5 à 7.

Le pèlerinage prend fin sur la berge du Lac Kiwanis ou une grosse soirée nous attend. J’arrive à temps pour attraper quelques chansons de Klô Pelgag. L’artiste revient tout juste du Japon et on sent déjà l’influence de ce voyage dans son interprétation. C’est peut-être à cause du contexte ou de la foule impatiente de voir le show hommage à Richard Desjardins, mais les chansons de l’artiste nous semblent moins accrocheuses.

Drôle de choix de la programmation de mettre Matt Holubowski entre Klô Pelgag et le show hommage. Il débute avec des pièces plutôt tranquilles, ce qui ne nous aide pas vraiment à chasser le froid. Fort heureusement, il nous offre quelques pièces plus rythmées, mais on sent que la foule est vraiment présente pour Desjardins.

FME / Christian Leduc

Avec un peu de retard, le show hommage débute et Stéphane Lafleur, Bernard Adamus, Philippe B, Safia Nolin, Les Sœurs Boulay et Klo Pelgag, pour ne nommer que ceux-là, défilent un à la suite de l’autre sur scène pour nous interpréter les grandes et magnifiques chansons de Desjardins. Une formule qui semble un peu longue, alors que le froid et l’humidité ont raison de ma patience. Cela dit, la patience est récompensée par l’arrivée sur scène du grand Richard Desjardins lui-même et on sent que c’est un pur plaisir pour le public qui lui rend hommage. Une belle façon de clore le festival.

Bilan de la fin de semaine : une panoplie de belles découvertes et un gros gros coup de cœur pour le FME. Je fais maintenant partie des initiés et je dis moi aussi à l’an prochain!

Les Francofolies de Montréal 2017

Le beau temps se montre le bout du nez. Le mercure grimpe de quelques degrés. Le soleil nous grille l’épiderme. On arbore nos verres fumés. Ça y est. La table est mise pour cette 29ième édition des Francofolies de Montréal. Je vous livre ici mon parcours de cette première fin du semaine de festivités.

Victor Diaz-Lamic / Les FrancoFolies

Mon aventure débute vendredi soir dernier avec Paul Piché qui célébrait ses 40 ans de carrière sur la scène Bell en compagnie de Vincent Vallières (en remplacement de Koriass), Safia Nolin et Laurence Jalbert. Grosse soirée rassembleuse qui ralliait un public de tout âge. Après avoir interprété les succès comme Sur ma peau, Château de sable ou même Ne fais pas ça, Piché s’est montré généreux avec son public. Il s’estimait heureux et comblé de faire ce métier de chansonnier pour un public toujours aussi à l’écoute et qui possède un esprit de fête sans limites. Dans la foule, plusieurs personnes enchainaient les mouvements dansés. L’effet de masse? L’effet Paul, tout simplement. Bien sûr, l’artiste s’est réservé quelques propos engagés lancés à la foule avant d’interpréter Arrêtez. Quelques riffs de guitare plus loin, on le sentait, la pièce n’aura jamais été aussi de circonstances avec un message militantiste. Un excellent début de soirée. Une Saint-Jean, avant le temps, quoi.


 

On poursuit vers la scène Sirius XM avec la bande de Mon Doux Saigneur, finaliste aux Francouvertes 2016. La formation rock s’est révélée assez efficace que ce soir-là avec un son beaucoup plus travaillé. Le meneur de jeu Emerik Saint-Cyr a pris beaucoup d’assurance depuis sa participation au concours l’an dernier. En accumulant les performances, le groupe était rodé sur la scène des Francos. Les guitares aux emmotifs électrisants et les batteries rythmiques nous auront prouvé que la musique de Mon Doux Saigneur aura pris un gros coup de maturité. Excellent.

On finit ce premier soir avec Les Dales Hawerchuk sur la scène Ford. Les garçons ont défendu leurs plus récents titres de leur album Désavantage Numérique paru en 2016. Dans une énergie musicale caverneuse et rocailleuse, le groupe rock aura été bien ancré sur scène avec leurs binettes de grands sympathiques. Cependant, les arrangements ne donnaient pas exactement la même chose sur scène que sur disque. On avait l’impression d’entendre uniquement du bruit…beaucoup trop fort. Partie remise pour une prochaine fois.

Samedi, annonçait une soirée découverte d’artistes que je ne connaissais pas du tout. Je me suis dirigée vers la scène Zone Coors Light vers 19hrs pour y rejoindre le Français Tim Dup en session acoustique. Accompagné uniquement d’un piano et d’un micro, en plus d’avoir du matériel supplémentaire qui servait à donner un aspect électronique à ses mélodies, le chanteur a livré la marchandise avec simplicité et douceur. Pour une première fois en sol québécois (et canadien, même), Dup aura été touchant avec ses textes mélancoliques et ses arrangements qui donnaient un côté planant à l’ensemble de sa musique. Dans l’attente de la parution d’un disque prévu pour l’automne, le Français nous aura proposé quelques titres issus de son dernier EP avec une reprise de La Vie ne vaut rien d’Alain Souchon. Aussi, on a craqué pour la ténébreuse TER Centre, pièce introspective qui nous amène dans les confins du transport en commun parisien au fil des touches jouées au clavier. Quant à la fragile Moïra Gynt, l’artiste français nous confronte à un univers un peu plus pop maitrisé par des bidules électroniques. Tim Dup, un artiste aux multiples talents qui aura gagné un public curieux et attentif durant l’heure de l’apéro.

Frédérique Ménard-Aubin / Les FrancoFolies

Par la suite, je suis allée rejoindre Témé Tan à la scène Sirius XM. D’origine belgo-congolaise, le musicien nous aura fait voyagé avec ses rythmes dansants et rafraichissants. Même si le ciel commençait à se gâter, Tan a proposé des mélodies envoûtantes qui puisaient essentiellement dans ses voyages (Brésil, Congo, Guinée, Japon). En plus d’avoir quelques anecdotes à nous raconter, le Belgo-congolais a su réchauffer la foule avec une authenticité et un plaisir fou d’être là. Nous prenions part à la fête assez rapidement puisque Témé Tan nous aura si gentiment invité.


 

C’est ce qui termine cette première fin de semaine des Francofolies de Montréal, suivez mes retours tout au long de la semaine avec encore plus de musique!

http://www.francofolies.com/

Critique : Desjardins (album)

Richard Desjardins est l’un des artistes les plus pertinents, poétiques et forts que le Québec ait connu dans les derniers 50 ans. Un auteur-compositeur-interprète qu’on place dans une catégorie sélecte qui compte de très rares membres dont on pourrait nommer André « Dédé » Fortin. S’attaquer aux chansons de Desjardins, c’est s’attaquer à un monument. Et pour se frotter à des monuments, il faut avoir la couenne solide et surtout, il faut avoir de quoi à dire artistiquement avec les chansons.

Desjardins propose onze nouvelles versions de chansons interprétées par une belle brochette d’artiste. Certains nous offrent des relectures qui méritent de faire le détour. À l’opposé, on se rend compte aussi que du Desjardins, ça ne se chante pas n’importe comment. La charge émotive que l’homme engagé sait injecter à un texte n’est pas anodine ni facile à réinterpréter.

Commençons par les bons coups, parce qu’il y en a des très réussis. L’album s’ouvre sur Avec pas d’casque qui reprend Au pays des calottes avec une bonne dose de joual, de mélancolie et de beauté. L’esthétique country-folk de la formation se colle à merveille au texte qui traduit le mal d’être d’un homme qui ne sent pas qu’il appartient à un milieu. On peut en dire autant de Bernard Adamus qui harnachent Les mammifères. La voix rêche et crue du grand Montréalais qui en a vu d’autres est un véhicule parfait pour la poésie pas polie de Desjardins. Mais de toutes les nouvelles interprétations qu’on nous propose, c’est celle de Klô Pelgag et Philippe Brach qui ressort du lot. Le duo rend Les Yankees avec tout ce qu’il faut de sensibilité et d’intelligence pour traduire la réalité des envahis. Qu’ils soient Mexicains, Troyens, Nigériens ou Québécois. Une version alternative avec une instrumentation intelligente qui prend de plus en plus d’ampleur. Le duo Brach et Pelgag est magnifique, tout simplement.

«Et tout ce monde sous la toile
qui dort dans la profondeur:
« Réveillez-vous!
V’là les Yankees, v’là les Yankees
Easy come, Wisigoths,
V’là les Gringos!»
– Les Yankees

Keith Kouna se débrouille aussi avec Jenny tout comme Koriass qui offre une version rappé de M’as mettre un homme là-dessus. Le problème, c’est que certaines pièces passent carrément à côté de la track. En tête de file, Va-t’en pas interprétée par Safia Nolin. Ce n’est pas un manque de travail de la jeune femme, mais son style languissant et mélancolique fait perdre toute puissance à ce texte. C’est une déchirure interne, un appel à l’aide, un ultime essai pour garder un être cher près de soi alors qu’il cherche à se sauver. La charge émotionnelle n’est pas calme ou nostalgique. Elle est dynamique, nerveuse et perdue dans l’urgence. Après tout, le protagoniste trouve tout ce qu’il peut pour garder son interlocuteur à la maison :

«Va-t’en pas
Dehors y a des orgies d’ennui
Jusqu’au fond des batteries
Va-t’en pas
Dehors j’ai vu un ciel si dur
Que tombaient les oiseaux»
– Va-t’en pas

Malgré leurs bonnes intentions, c’est idem pour Philippe B, Les Sœurs Boulay et Émile Bilodeau qui manquent tous d’un peu de charges émotives. C’est trop gentil, poli et mélodieux pour bien faire entendre ce qui se cache dans les textes de Desjardins. Au moins, Saratoga se débrouille vraiment très bien avec la douce Quand j’aime une fois j’aime pour toujours. Heureusement, personne n’a osé se frotter à …et j’ai couché dans mon char.

Ce n’est vraiment pas facile de s’attaquer à la poésie de Desjardins. Cet album hommage fait parfois mouche, mais passe aussi à côté de la charge émotionnelle qui habite l’œuvre de ce monument. Pis Desjardins, serait sûrement en sacrament qu’on parle de lui en tant que monument, parce que les statues, c’est bon pour les morts pis lui est encore bien vivant.

Ma note: 6/10

Artistes variés
Desjardins
117 Records
51 minutes

http://www.117records.ca/