R&B Archives - Le Canal Auditif

Critique : SZA – Ctrl

L’histoire de SZA en est très intéressante. Élevée en tant que musulmane assez orthodoxe, elle a fini par abandonner le voile après les attaques du 11 septembre 2001. Suite aux malheureux événements, elle a été ridiculisée par ses collègues de classe et ne supportant plus la moquerie, elle a préféré révéler sa chevelure. Elle a enregistré une première chanson un peu par accident avec son voisin et un ami. Cette chanson a fini dans les mains du président de Top Dawg Entertainment, la maison de disque de Kendrick Lamar. Puis, elle a lancée deux mixtapes et un EP. Voici qu’elle lançait récemment son premier album en bonne et due forme : Ctrl.

SZA nous présente un R&B alternatif qui se rapproche beaucoup de la néo-soul sur ce premier album. On pense parfois un peu à Frank Ocean, mais aussi à Jamiroquai et Erykah Badu. Elle mélange habilement des éléments hip-hop, soul et d’indie rock. C’est tout à fait réussi et l’on y découvre une jeune femme avec une voix magnifique et un don pour les mélodies efficaces qui évitent le cliché. C’est aussi très rafraîchissant d’avoir une voix féminine qui nous chante des problèmes avec un angle frais et moins exploité.

« I get so lonely, I forget what I’m worth
We get so lonely, we pretend that this works
I’m so ashamed of myself think I need therapy-y-y-y
I’m sorry I’m not more attractive
I’m sorry I’m not more ladylike
I’m sorry I don’t shave my legs at night
I’m sorry I’m not your baby mama
I’m sorry you got karma comin’ to you
Collect your soul, get it right »
Drew Barrymore

SZA nous ouvre la porte à sa vulnérabilité à plusieurs occasions sur Ctrl. Drew Barrymore est un bon exemple. Tout comme la Frank Ocean-esque Supermodel qui ouvre l’album. Avec une guitare légèrement bruyante, elle fait aller sa voix qui est parfois rejointe par des chœurs. Avant que doucement une basse rejoigne l’ensemble. Puis la batterie lance la chanson dans une nouvelle direction plus dynamique. C’est tout à fait réussi.

Elle se frotte aussi à des sujets plus délicats qu’elle aborde avec une approche de prise de pouvoir. Elle reprend le terme « pussy » et en fait une chanson, Doves In the Wind, qui met en garde les hommes frivoles qui parlent du sexe féminin sans respect. Elle compte sur Kendrick Lamar qui vient faire un tour sur l’excellente chanson avec une trame plus cool que cool. Go Gina tire plus vers le hip-hop avec une verve assez dégourdie de la part de la jeune femme. Anything fait aussi belle figure et SZA en profite pour nous envoyer des rimes bien tournées avec un débit non anodin.

C’est vraiment un premier album totalement réussi pour la jeune femme. SZA prouve qu’elle a une voix unique et différente du reste du monde R&B. C’est doux, bien écrit, bien composé et juste assez émotif sans tomber dans un pathos à n’en plus finir.

Ma note: 8,5/10

SZA
Ctrl
RCA Records
50 minutes

https://szactrl.com/

Critique : Homeshake – Fresh Air

Vous connaissez Homeshake? C’est le projet de Peter Sagar, un Edmontonien qui s’est installé à Montréal en 2011. Depuis sa décision de quitter sa ville natale, il a été guitariste de Mac DeMarco avant que sa propre carrière décolle sous le nom qu’on lui connaît maintenant. Et ça sonne comment Homeshake? C’est du R&B lo-fi, enregistré en toute intimité. Il compte déjà deux albums à son actif : In the Shower paru en 2014 et Midnight Snack lancé l’année suivante. Un an et demi plus tard, il revient avec son troisième opus : Fresh Air.

Disons tout d’abord que l’album porte merveilleusement son nom. Tout comme une brise matinale en plein été, Fresh Air est aussi cool qu’il en est humainement possible. C’est posé et détendu sans être relâché. C’est le type d’album à faire jouer pour sa « date », pour mettre tout le monde en confiance et dans une atmosphère charnelle. C’est réconfortant, mélodieux et groovy à souhait.

Hello Welcome qui ouvre la galette possède le velours de Barry White sans la grosse voix de l’Américain. Des guitares subtiles, claires et douces nous prennent par la main pour nous entraîner dans l’univers du Montréalais. Puis, il nous envoie l’intoxicante Call Me Up par la gueule. Sa voix aiguë, toujours sur le bord d’un fragile trémolo colle à perfection aux trames dépouillées et efficaces qu’il compose. On a l’impression d’être dans la chambre de Sagar pendant qu’il nous chante la pomme. Every Single Thing est sculptée des mêmes matériaux, mais en plus dynamique. Elle est accrocheuse et efficace. Les claviers sont nuancés et bien dosés. Vous pouvez classer Serious dans la même catégorie avec ses sirènes, ses sonorités funky.

Cependant, c’est les chansons un peu bizarres, aux rythmes dichotomiques inspirés du hip-hop qui évitent que l’album sonne comme une longue traversée calme. Not U est l’un des meilleurs exemples avec son rythme appuyé, toujours tissé de quelques sonorités et de la voix de Sagar. C’est simple, efficace et absolument non conventionnel. On reconnaît certaines similarités avec les sonorités de Mac DeMarco. Les deux étaient un match naturel et il n’est pas surprenant qu’ils aient collaboré en début de carrière. On reconnaît aussi le même genre d’approche vocal qui verse dans la nonchalance et plus-que-relax. Mais attention, ce n’est pas mou pour autant.

Homeshake offre un troisième album très réussi avec Fresh Air. Si vous aimez la musique posée, qui ne vous fera pas battre la patate à 120 battements/minutes, vous allez adorer. C’est velouté comme un chocolat chaud d’après-ski, réconfortant comme une soirée chaude de juillet lorsque le soleil se couche. Ça vaut le détour.

Ma note: 7,5/10

Homeshake
Fresh Air
Sinderlyn Records
44 minutes

https://homeshake.bandcamp.com/

Critique : Childish Gambino – Awaken, My Love!

En début décembre, Childish Gambino a lancé son troisième album. Si vous ne vous êtes pas familiarisé avec sa musique, peut-être l’avez-vous déjà regardé au petit écran puisqu’il incarnait le rôle de Troy Barnes dans la série Community. Donald Glover est un artiste multidisciplinaire qui roule sa bosse depuis le milieu des années 2000. Cette fois-ci, l’Américain s’amuse à créer des trames néo-soul avec un gros penchant funk, jazz et pop. On est loin du hip-hop prédominant de ses deux premiers albums.

Awaken, My Love! est le meilleur album de la discographie du jeune homme. On y retrouve une fois de plus son complice Ludwig Göransson et la paire nous envoie des trames qui sont aussi accrocheuses qu’éclectiques. Cet opus passe de chansons assez calmes et posées à des trames dynamiques et intenses. Prises individuellement, les chansons sont percutantes, mais l’unité à travers la galette en prend son rhume. N’allez pas croire que ça donne un mauvais album pour autant.

Les influences néo-soul de D’Angelo sont claires dans Awaken, My Love! La chanson Redbone avec ses claviers intelligents, sa basse séduisante et ses rythmes lascifs est l’un des moments forts du nouvel album. Avec son penchant plus pop, Zombies vient jouer dans les mêmes eaux. Si l’on fait abstraction de ces quelques moments où l’Auto-Tune transparaît dans la voix, c’est bien réussi. The Night Me and Your Mama Met est un bel exemple de ce qu’il sait faire lorsqu’il garde les choses simples. Le chœur qui chante accompagne magnifiquement la guitare qui bat la mesure.

Gambino nous offre aussi des chansons plus excitées et entraînantes. La funk Boogieman est tout à fait réussie tout comme la sublime Me And Your Mama qui ouvre la galette. Elle commence doucement et progresse vers une explosion de chœur, de guitares et de Glover qui se fait aller les cordes vocales avec passion et authenticité.

On sent qu’Awaken, My Love!, qui semble être un message à son fils né en automne, est un nouvel essai pour l’Américain. Il quitte le genre qui a dominé ses deux précédents pour s’aventurer en terrain inconnu. C’est très loin d’être un désastre et on doit dire que le genre funk/jazz/néo-soul lui colle très bien à la peau, mais surtout à la voix. Childish Gambino est en mutation et ça s’annonce très intéressant.

Ma note: 7,5/10

Childish Gambino
Awaken, My Love!
Glassnote Records
49 minutes

https://awakenmylove.com/

Les 25 meilleures chansons de 2016 selon LCA

25. Mitski – Your Best American Girl

24. Holy Fuck – Tom Tom

23. Rob Crow’s Gloomy Place – Oh, The Sadmakers

22. Whores – I See You Are Also Wearing A Black T-Shirt.

21. Chocolat – Ah Ouin

20. DJ Shadow Feat. Run The Jewels – Nobody Speak

19. Fuudge – Ju

18. Elysian Fields – Shadow Of The Living Light

17. La Bronze – Rois de nous

16. King Gizzard & The Lizard Wizard – Gamma Knife

15. Klô Pelgag – Les Ferrofluides-fleurs

14. Andy Shauf – The Magician

13. Antoine Corriveau – Rendez-vous

12. Solange – Don’t Touch My Hair

11. Alaclair Ensemble – Ça que c’tait

10. Avec pas d’casque – Derviches tourneurs

09. Louis-Philippe Gingras – Parc à chiens (avec La Bronze)

08. The Drones – To Think That I Once Loved You

07. Danny Brown Ft. Kendrick Lamar, Ab-Soul & Earl Sweatshirt – Really Doe

06. David Bowie – Blackstar

05. A Tribe Called Red – R.E.D.

04. Car Seat Headrest – Drunk Drivers / Killer Whales

03. Radiohead – Ful Stop

02. Fred Fortin – Oiseau

01. Nick Cave & The Bad Seeds – I Need You

Les 75 meilleurs albums de 2016 selon LCA (de 25 à 1)

25. James Blake – The Colour In Anything

«C’est un généreux 76 minutes de musique qu’il nous envoie par la gueule. Ça fait beaucoup à prendre d’un seul coup. C’est beaucoup de rythmes atypiques, de mélodies inhabituelles et de mélancolie à absorber. C’est le genre d’album qui nécessite bien des écoutes. Mais au fur et à mesure, on découvre tellement de subtilités, tellement de beauté, tant de fragilité et d’humanité qu’il est très difficile de rester de marbre.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/james-blake-the-colour-in-anything/
 

24. Holy Fuck – Congrats

«Holy Fuck a toujours su concocter des brûlots entraînants, et c’est encore le cas avec Congrats, mais ce qui arrive à captiver pendant tout l’album, c’est la variété des compositions et des nuances. On passe par des rythmes soutenus et tout en retenue dans une pièce, par des arpèges mélancoliques et poignants dans une autre, et par des apothéoses énergiques judicieusement placées ailleurs.» (MR)

http://lecanalauditif.ca/holy-fuck-congrats/
 

23. A Tribe Called Red – We Are The Halluci Nation

«L’électro d’A Tribe Called Red a toujours été très accessible et ça le reste avec ce troisième opus. Ils réussissent à métisser les cultures en mélangeant l’électro et les chants amérindiens. On sent aussi qu’ils sont de plus en plus à l’aise dans cette démarche et qu’à chaque album leur parole se définit un peu plus.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/a-tribe-called-red-we-are-the-halluci-nation/
 

22. Frank Ocean – Blond

«En fait, il n’y a tout simplement pas de faiblesses sur l’album tout comme Channel OrangeBlond est vraiment un digne successeur. On parlera encore longtemps d’Ocean qui apporte une nouvelle voix au R&B et au soul.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/frank-ocean-blond/
 

21. Xiu Xiu – Plays The Music Of Twin Peaks

«Cette nouvelle mouture de la trame sonore de Twin Peaks est un disque aussi magnifique qu’inusité, aussi lugubre que lumineux, aussi terrifiant que consolateur. Cette production est un tour de force, rien de moins! Vous serez conviés à un voyage sonore irréel qui vous retrempera tout de go dans la série et qui réussira même à séduire les néophytes de Twin Peaks tant ce qui est proposé est habilement modernisé.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/xiu-xiu-plays-the-music-of-twin-peaks/
 

20. Oathbreaker – Rheia

«Oathbreaker se détache toutefois de ces groupes associés généralement à la vague du USBM avec sa grande habileté à jongler avec les genres. Avoir une voix féminine aide certainement à varier les procédés d’attaques, les ambiances et les transitions. Ça, Caro Tanghe le fait à merveille.» (JSF)

http://lecanalauditif.ca/oathbreaker-rheia/
 

19. Kaytranada – 99.9%

«Dans l’ensemble, 99.9 % est un album bien réussi et particulièrement cohérent pour un premier album studio. Il faut dire que Kaytranada produit frénétiquement depuis quelques années et que ça semble toujours bouillir entre ses deux oreilles. Tant mieux! Le producteur nous offre des pièces de qualités qui méritent une grande visibilité.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/kaytranada-99-9/
 

18. Andy Shauf – The Party

«Avec une plume fine et une voix mielleuse unique, l’artiste possède d’énormes atouts en tant qu’auteur-compositeur-interprète. The Party mérite qu’on tende l’oreille afin d’accéder à un univers sensible, touchant et à fleur de peau. Un véritable coffre aux trésors signé Andy Shauf.» (RTV)

http://lecanalauditif.ca/andy-shauf-the-party/
 

17. Whores. – Gold

https://whores.bandcamp.com/
 
 
 
 
 
 
 

16. Avec pas d’casque – Effets spéciaux

«Depuis les 5 dernières années, je m’évertue à répéter, le plus délicatement possible, que c’est en étant parfaitement authentique et parfaitement local qu’un artiste parvient à toucher à l’universel. Et Avec pas d’casque réussit cet exploit avec une délicatesse et une humilité bouleversante. Un disque folk introspectif et contemplatif parfait.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/dcasque-effets-speciaux/
 

15. Nothing – Tired Of Tomorrow

«Tired Of Tomorrow est un disque plus direct, plus à vif et plus urgent que Guilty Of Everything duquel se dégage une tristesse magnifique et une honnêteté qu’on ne croise plus très souvent dans la musique d’aujourd’hui.» (CL)

http://lecanalauditif.ca/nothing-tired-of-tomorrow/
 

14. Greys – Outer Heaven

«Greys s’amuse aussi avec les habituels codes du grunge en utilisant à bon escient la légendaire formule «loud quiet loud», mais avec une inventivité et une conviction qui feraient rougir beaucoup de vieilles moppes issues de cette époque. C’est ce qu’on appelle faire évoluer un genre musical de belle façon. On assiste donc à l’avènement d’un groupe qui, à sa deuxième production, refuse obstinément le surplace, ce qui augure très bien pour la suite des choses.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/greys-outer-heaven/
 

13. Anderson.Paak – Malibu

«Sorti à la mi-janvier, ce Malibu réchauffe les sens, nous entraînant sous les chauds rayons du soleil californien à coup de beat mêlant rap «smooth» (style côte ouest), R&B, gospel, soul, pop (intelligente) et house (si peu, mais si bien exploité).» (PB)

http://lecanalauditif.ca/anderson-paak-malibu/
 

12. Chocolat – Rencontrer Looloo

«Rencontrer Looloo est plus travaillé, mieux réalisé et mise beaucoup plus sur le «musicianship» que le précédent effort. Moins accrocheur, du moins lors des premières écoutes, il n’en demeure pas moins qu’on a affaire encore une fois à un excellent disque. Même si Hunt est mélodiquement moins présent qu’en mode solo, l’exécution est plus précise, plus fluide et met parfaitement en relief l’immense talent musical de Chocolat.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/chocolat-rencontrer-looloo/
 

11. Beyoncé – Lemonade

«Lemonade est un album qui vaut toute votre attention. De la pop grand public de cette qualité, il s’en fait très peu. Beyoncé ne reste pas sur place, mais elle ose, elle travaille, elle essaie et elle réussit.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/beyonce-lemonade/
 
 

10. Swans – The Glowing Man

«Michael Gira est âgé de 62 ans. À son âge, on n’en a plus rien à cirer de ce que les autres pensent. La plupart de ces vénérables musiciens préfèrent s’asseoir sur leurs lauriers et se contentent de promouvoir sans grand enthousiasme leur patrimoine musical. Gira ne fait pas partie de ceux-là. Il ne fait qu’à sa tête, repousse ses propres limites et nous escorte dans des sentiers qu’il a lui-même balisés.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/swans-the-glowing-man/
 

09. The Drones – Feelin’ Kinda Free

«C’est de la musique angoissante, par et pour des angoissés. Comme Liddiard le chante en début d’album, “les meilleures chansons sont comme des mauvais rêves”. Si c’est là que ça vous démange, The Drones grattent bien et fort. Il se peut même que ça saigne un peu.» (MR)
 
http://lecanalauditif.ca/the-drones-fellin-kinda-free/
 
 

08. Danny Brown – Atrocity Exhibition

«Vous avez aimé Old? Vous allez sans doute aimer tout autant Atrocity Exhibition. Si vous avez les oreilles frileuses aux mots injurieux, Brown est une mauvaise destination. C’est rempli de mots offensants qui pourraient sans doute faire pleurer cette pauvre jeune femme qui a découvert le rap américain dans son Amérique blanche où les gens de couleurs se limitent à arpenter les ghettos.» (LPL) 

http://lecanalauditif.ca/danny-brown-atrocity-exhibition/
 

07. Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter

«Dans notre univers hyperactif dans lequel le positivisme de pacotille et le sourire «Colgate» sont la norme, l’œuvre de Corriveau peut faire office de casse-pied dépressif. Et pourtant, la tristesse et la morosité font partie de la vaste gamme des émotions humaines. De classer Corriveau dans un registre «noir» est à mon avis totalement réducteur… car c’est en plongeant sans compromis dans nos abîmes personnels que l’on est plus à même de découvrir ce qui nous fait vibrer ou pas.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/antoine-corriveau-cette-chose-cognait-creux-de-poitrine-vouloir-sarreter/
 

06. Nick Cave And The Bad Seeds – Skeleton Tree

«Ceux qui sont fanatiques de Cave en format plus grinçant seront quelque peu déstabilisés à la première écoute, mais ça se replace rapidement dès les auditions subséquentes. Et c’est grâce à cette fusion quasi parfaite entre les atmosphères sonores, aussi glauques que rayonnantes, et l’interprétation magistrale de Cave. Oui, c’est un immense disque qui me hantera pendant encore longtemps. Essentiel.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/nick-cave-the-bad-seeds-skeleton-tree/
 

05. Radiohead – A Moon Shaped Pool

«Pour un deuxième album de suite, les arrangements et les ambiances ont décisivement le dessus sur les mélodies qui s’incrusteraient dans le cœur et dans les neurones. Peut-être que le Radiohead qui fait chanter les foules en chœur ne peut plus exister. Si on l’accepte, A Moon Shaped Pool est un autre très bon album, à défaut d’être un autre classique contemporain.» (MR)

http://lecanalauditif.ca/radiohead-a-moon-shaped-pool/
 

04. Klô Pelgag – L’étoile thoracique

«Est-ce que je vous ai dit que c’était réussi pour Klô Pelgag? La jeune femme offre l’un, sinon le meilleur album de pop québécoise de 2016. Elle le fait avec intelligence, profondeur, créativité et assurance. L’Alchimie des monstres était excellent et L’étoile thoracique réussit à repousser de nouvelles limites. Il n’y a vraiment aucune raison à part la surdité pour bouder ton plaisir.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/klo-pelgag-letoile-thoracique/
 

03. Fred Fortin – Ultramarr

«C’est aussi salopé que beau, aussi atténué que chambranlant et ça évoque le calme après une furieuse tempête de neige. Avec UltramarrFred Fortin s’impose une fois pour toutes comme l’un des grands de la chanson québécoise. Après sa disparition, lorsqu’on revisitera son œuvre en entier, on prendra alors conscience qu’il aurait fallu lui dire merci d’avoir décloisonné la chanson bien de chez nous en lui insufflant des ascendants folk rock états-uniens de luxe.» (SD)
 
http://lecanalauditif.ca/fred-fortin-ultramarr/
 

02. Car Seat Headrest – Teens Of Denial

«Pour accompagner cette plume acérée, une musique rock bien graissée, électrifiée (excellente guitare mise à l’avant-scène), trempée, comme nous l’écrivions plus haut, dans un grunge rock actualisé. Mais pas seulement. On écoute et on pense à Franz Ferdinand, à Dinosaur Jr., à Sebadoh, à Weezer, à Green Day, à Bright Eyes, aux Pixies même (excellente intro à la Frank Black sur Not What I Needed), à Pearl Jam, à…. Bon, vous voyez le genre.» (PB)

http://lecanalauditif.ca/seat-headrest-teens-of-denials/
 

01. David Bowie – Blackstar

«Que ce soit bon ou mauvais importe peu désormais. Pensez-y. De mon vivant, je n’ai jamais vu une mort d’artiste aussi digne, aussi théâtrale et aussi belle, finalement. David Bowie est mort comme il a vécu. Comme dans un film. Mes respects, monsieur!» (CL)

http://lecanalauditif.ca/david-bowie-blackstar/