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David Bazan – Blanco

David BazanPour différentes raisons, certains artistes sont largement sous-estimés. Parmi ceux-ci, David Bazan est l’une des perles que trop peu de gens connaissent. Et pourtant le sympathique et mélancolique américain trouve le moyen de remplir les salles de spectacles un peu partout, incluant ici même à Montréal. Cependant, il y passe si rarement… c’est d’une tristesse infinie. Son dernier album date de 2011 alors qu’il avait fait paraître le tout à fait réussi Strange Negociations. Depuis, il a fait de nombreuses tournées de salons (oui, oui, il vient jouer dans ton salon pour 50 de tes amis!), il a commémoré les 10 ans du plus qu’excellent Control, conçu sous l’appellation Pedro The Lion, il a fait paraître un album avec Overseas et un album live en compagnie d’un quatuor à corde.

Pour Blanco, Bazan explore les mêmes sentiers que son projet Headphones. C’est le retour des synthétiseurs et des «drum machines». Si vous avez écouté l’album d’Her Magic Wand un peu plus tôt cette année, vous ne serez pas dépaysé. Amoureux de Jason Lytle, vous y trouverez le genre de mélodie qui vous fend le cœur en quatre. Blanco est un album tout à fait réussi de la part de Bazan. Avec cet habillage un peu plus dynamique, sa voix prend encore plus de puissance.

Both Hands qui ouvre le bal nous met en appétit avec son utilisation non conventionnelle des synthétiseurs, sa mélodie mélancolique et sa batterie synthétique, mais nuancée. Un effort que peu de programmeurs font. Cette chanson de déni nous rassure sur la plume de Bazan qui n’a rien perdu de son efficacité. Trouble With Boys, un émouvant plaidoyer dirigé à une femme ayant subi des abus dans son passé, est typique du chanteur américain. Celui-ci n’a pas de gêne à plonger les deux mains dans la misère humaine, la révéler et tenter de la traiter de la façon la plus honnête possible.

Son arme de prédilection, la guitare, fait quelques apparitions sur Blanco. Kept Secrets en est un excellent exemple bien que tous les instruments synthétiques s’y trouvent aussi. Bazan plonge parfois loin dans les sonorités marginales comme le démontre Little Motor. Pour rattraper l’auditeur, il se farcit une mélodie accrocheuse et le tour est joué. C’est réussi encore une fois.

David Bazan nous démontre qu’il n’a rien perdu de son talent unique de composition. Ce n’est pas pour rien que plusieurs artistes de renom ont déjà traîné avec lui de Father John Misty (qui a joué de la batterie avec lui) à Damien Jurado qui est un ami depuis le secondaire. Vraiment, si vous ne le connaissez pas encore, Blanco est une bonne porte d’entrée.

Ma note: 8/10

David Bazan
Blanco
Barsuk Records
40 minutes

http://www.davidbazan.com/