Pantoum Archives - Le Canal Auditif

CCF 2017: Anatole à l’Esco

On a découvert Anatole lors de son passage remarqué aux Francouvertes 2015. Le projet d’Alex Martel, aussi chanteur de Mauves, compte dans ses rangs des grosses pointures de la scène souterraine de Québec. On y trouve, entre autres, Cédric Martel (Mauves et Tire le Coyote), Simon Paradis (Alexandra Lost) et Jean-Étienne Collin-Marcoux (De la Reine). Bref, Anatole est l’une des choses qui bouillent sur la réputée scène du Pantoum.

Showman, vous avez dit?

Les lumières se tamisent à l’Esco, celles sur scène prennent des couleurs mauves et roses… on sent l’impatience fébrile de la foule alors qu’un enregistrement est lancé. De la musique pour accueillir le groupe qui se présente affublée d’un nouveau costume. Le visage maquillé blême, à la manière des vampires, chacun des musiciens porte un tablier et une cape. Puis, le maître de la cérémonie arrive. Habillé tout de noir, il prend des poses alors qu’il chante une première chanson. La mise en scène est nickel. On sait qu’on aura du plaisir en compagnie d’Anatole.

Et il ne nous a pas déçus. Multipliant les sorties dans le public, chantant à quelques pouces du visage des spectateurs (c’est correct, il avait bonne haleine), il se livre avec énergie et intensité. Les pieds se mettent à taper, les hanches à grouiller et tout le monde sont embarqués dans le vaisseau Anatole qui ressemble à un mélange du Rocky Horror Picture Show et de Dracula. Martel pousse même l’audace à se mettre à quatre pattes sur le bar de l’Esco pour se rendre à l’autre bout de la salle et se commander un verre de whiskey pendant qu’il chante une chanson plus intime.

Pendant la soirée, il nous a graciés de Boulevard des crépuscules, L.A./Tu es des nôtres et quelques nouvelles chansons. Par moment, on se retrouve dans un funk contagieux, alors que la finale de Le Grand sommeil est lourde et donne l’opportunité au public de se headbanger le tout avec un plaisir évident.

On a très hâte de pouvoir se mettre de la nouvelle musique d’Anatole dans les oreilles. En attendant, ce concert à L’Esco était tout à fait satisfaisant. Voilà pour une première soirée de Coup de cœur francophone. On se retrouve demain pour la suite.

Critique : Harfang – Laugh Away the Sun

Depuis un bon moment, la scène musicale de Québec déverse de nombreux artistes intéressants dans le paysage culturel. Chose certaine, quelque chose se passe dans la Vieille Capitale. Des bubos scandiacus font vibrer les réverbères de la rue Saint-Joseph, ou Dorchester, en passant par le Cercle et le bar l’Anti. Je parle ici de la formation Harfang, quintette indie folk rock qui nous propose Laugh Away the Sun, un premier disque complet.

Très bien réalisé, ce projet regorge de pièces éclectiques mettant de l’avant un travail musical de haut niveau. Prenons, par exemple, la première chanson intitulée Kneel. La pièce est plutôt longue, elle s’étire et nous fait planer à l’aide de nombreuses distorsions dans la voix. On augmente un peu plus rapidement la cadence avec Stockholm. Possédant des envolées de guitares mélodiques, des lignes de basses dynamiques et des percussions précises, elle s’inscrit comme une pièce phare de l’album. Sans blague, on l’écoute en boucle. On poursuit avec Wandering qui est un peu plus atmosphérique. Ça nous rend assez introspectifs (avec les yeux pleins d’eau). Portée par la magnifique voix de Samuel Wagner, ce titre brille par son unicité et l’équité dans les instrumentations exécutées avec brio par le reste de la bande : Alexis Taillon-Pellerin, Antoine Angers, David Boutet Tremblay et Mathieu Rompré. On demeure béat sur Pleasure, où les percussions possèdent une place dans choix dans la composition riche de la pièce.

Possédant des influences comme Half Moon Run ou Bon Iver, les petits oiseaux d’Harfang ne tombent pas dans le copier/coller. Alors que c’est plutôt facile de tomber dans le piège de nos jours, on s’entend là-dessus… Le quintette de Québec s’éloigne justement de ce qui a déjà été fait pour nous offrir un produit concocté à leur façon.

Comme quoi, Harfang n’a pas besoin de passer par quatre chemins pour nous dire quelque chose. On y va droit au but. Et on s’affirme. Et c’est ça qui est beau en musique, honnêtement. Des projets authentiques, sincères et qui font du bien. Si ce n’est pas déjà fait, allez découvrir Laugh Away the Sun des sympathiques garçons d’Harfang. Vous ne serez pas déçus.

Ma note: 7/10

Harfang
Laugh Away the Sun
Boîte Béluga
34 minutes

https://harfangmusic.bandcamp.com/album/laugh-away-the-sun