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Critique : Converge – The Dusk in Us

D’une certaine façon, Converge est le Black Flag de sa génération : un groupe qui se distingue par l’originalité et l’agressivité de ses propositions, un groupe qui en a influencé des milliers d’autres qui ne sont jamais arrivés à la cheville de leur influence principale. Actifs depuis leur plus jeune âge, Jacob Bannon, Nate Newton et Kurt Ballou sont à eux seuls le point d’origine de la scène métalcore du début des années 2000. C’est lorsqu’ils ont recruté Ben Koller à titre de batteur pour leur album Jane Doe que leur son s’est défini et que les imitateurs ont commencé à envahir le marché sans jamais servir leur propos avec la même urgence et la même honnêteté que leurs idoles, mêmes si certains d’entre eux ont atteint des sommets de succès populaire encore inédit pour Converge. C’est une mode qui est devenue un brin ringarde avec le temps, sauf pour la troupe du Massachusetts. Depuis Jane Doe, je suis incapable de leur trouver une seule petite erreur de parcours.

Le 9e album du groupe est paru 5 ans après le déchirant All We Love We Leave Behind qui a vu la plume de Jake Bannon devenir beaucoup plus introspective et nostalgique. Au département des textes, on navigue certainement dans les mêmes eaux en atteignant des profondeurs encore plus noires. Jacob hurle moins, mais il n’a jamais paru être tant en détresse. Il trouve que le temps lui manque (When the Luster is gone and life loses sight, nothing will escape the slipping of time), il en a contre les barrières émotionelles entre amoureux (Your disfunction rips the roots from my heart, I swear that I’m trying but you don’t know what my pain feels like), le manque d’empathie et d’entraide entre les êtres humains (We are just cannibals if there is nothing left to love) et il explore la noirceur qui habite en chacun de nous sur la bien nommée chanson titre. Bref, vous l’aurez deviné, nous n’avons pas affaire au dernier album de Beck et le chemin sera parsemé de moments très durs émotionnellement.

Heureusement, on peut encore compter sur la même équipe de prodigieux crinqués pour ponctuer adéquatement les textes lourds de Bannon. Nate et Ben sont au sommet de leur forme depuis 2001 et ça ne semble pas vouloir s’arrêter. De son côté, Kurt remplit toujours l’espace de trois guitaristes bien pesants. Le tout au service de chansons impeccables qui osent comme d’habitude s’aventurer en dehors de la zone de confort des principaux intéressés. Un amalgame de punk, de métal, de post-hardcore et même de post-rock qu’ils sont les seuls à maîtriser aussi bien.

Je pourrais perdre beaucoup de temps à disséquer chaque morceau de ce fleuve pas tranquille, mais je me contenterai de dire que vous manquez le bateau complètement si l’agressivité de Converge vous rebute assez pour ne pas les écouter. Leur musique est loin d’être simplement une enfilade de riffs et de hurlements. Sous l’abrasif, il y a plus de substance que dans n’importe quel band qui chante ses émotions et c’est une erreur totale que de balancer Converge dans le même panier que les franges génériques du grindcore, du métal ou du hardcore. Le groupe est entré en mode génie en 2001 et n’a jamais cessé de nous étonner depuis. Voilà un groupe unique qui n’a aucun équivalent dans n’importe quelle sphère de la musique heavy. Voici le disque de l’année.

En ce qui me concerne, du moins!

Ma note: 9/10

Converge
The Dusk in Us
Deathwish
43 minutes

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