Lisa Leblanc Archives - Le Canal Auditif

L’autre gala de l’ADISQ 2017 : Les nominations.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L’autre gala de l’ADISQ, c’est aussi beaucoup de bons albums qui sont en nominations.

Voici les finalistes par catégorie:

Album de l’année — Alternatif :

— Antoine Corriveau — <em>Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
— Klô Pelgag — L’étoile thoracique
— Julien Sagot — Bleu Jane
— Les Hay Babies — <em>La quatrième dimension
— Samuele — Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

Album de l’année — Anglophone :

— Beyries — Landing
— Bobby Bazini — Summer is Gone
— Leonard Cohen — You Want It Darker
— Lisa Leblanc — Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
— Matt Holubowski — Solitudes

Album de l’année — Choix de la critique :

— Alaclair Ensemble — Les Frères cueilleurs
— Antoine Corriveau — Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
— Avec pas d’casque — Effets spéciaux
— Daniel Bélanger — Paloma
— Klô Pelgag — L’étoile thoracique
— Philipe B — La Grande nuit vidéo

Album de l’année — Classique : Orchestre et grand ensemble :

— Alexandre Da Costa — Stradivarius à l’opéra
— Angèle Dubeau — Silence on joue – prise 2
— Julie Boulianne — Vivaldi & Handel : Arias
— Les violons du roi — Mozart : Horn Concertos & Bassoon Concerto
— Yannick Nézet-Séguin /Orchestre métropolitain de Montréal — Bruckner: symphonie no.2, WAB 102

Album de l’année — Classique : Solite et petit ensemble :

— Charles Richard-Hamelin — Live: Beethoven – Enescu – Chopin
— Daniel Taylor — The Tree of Life
— Marina Thibeault /Janelle Fung— Toquade
— MG3 (Montreal Guitare Trio) — Danzas: Spanish Guitar
— Philippe Sly — Schubert Sessions : Lieder With Guitar

Album de l’année — Country :

— Cindy Bédard— Coeur sédentaire
— Gabrielle Goulet — Elle sait
— Mario Peluso & les Hobos Hurleurs — Vers le mur
— Sara Dufour — Dépanneur Pierrette
— Sylvain Garneau — La clé du bonheur

Album de l’année — Folk :

— Alexandre Poulin— Les temps sauvages
— Avec pas d’casque— Effets spéciaux
— Émile Bilodeau — Rites de passage
— Philippe B — La grande nuit vidéo
— Saratoga — Fleurs

Album de l’année — Instrumental :

— Alain Lefèvre— Sas Agapo
— André Gagnon— Les voix intérieures
— Artistes Variés — Doux moments pour Philou
— David Brunet — Antonio3
— Guy Bélanger — Traces & scars

Album de l’année — Jazz :

— Andrea Lindsay— Entre le jazz et la java
— Jean-Pierre Zanella — Quattro Venti
— Lorraine Desmarais — Danses danzas dances
— Rémi Bolduc — Swingin’ avec Oscar
— Simon Denizart Trio — Beautiful People

Album de l’année — Meilleur vendeur :

— 2Frères — Nous autres
— Céline Dion — Encore un soir
— Daniel Bélanger — Paloma
— Harmonium — L’Heptade XL (Remastered)
— Mario Pelchat et les prêtres — Agnus Dei

Album de l’année — Musique du monde :

— Afrikana Soul Sister — Afrikana Soul Sister
— Artistes Variés — Plante : La bibliothèque-interdite
— Briga — Femme
— Roberto Lopez — Criollo Electrik
— Samito— Samito

Album de l’année — Musique du monde :

— Afrikana Soul Sister — Afrikana Soul Sister
— Artistes Variés — Plante : La bibliothèque-interdite
— Briga — Femme
— Roberto Lopez — Criollo Electrik
— Samito— Samito

Album de l’année — Réinterprétation :

— Alexandre Désilets — Windigo
— Artistes Variés — La Voix 5
— Guylaine Tanguay — Classique Country
— Mario Pelchat et les prêtres — Agnus Dei
— Safia Nolin — Reprises, Vol.1

Album de l’année — Rock:

— Caravane — Fuego
— Chocolat — Rencontrer Looloo
— Gazoline — Brûlerensemble
— Les Dales Hawerchuk — Désavantage Numérique
— Les Taverneux — Mort de rire

Album de l’année — Traditionnel:

— Bon débarras — En panne de silence
— Galant, Tu perds ton temps — Nous irons danser
— La famille Soucy — Rouge & noir
— Maz — ID
— Yves Lambert Trio — Laissez courrir les chiens

Album ou DVD de l’année — Humour:

— François Bellefeuille — François Bellefeuille
— Jean-Marc Parent — Événement JMP Vol.2 (2011-2013)
— Les Appendices — Chanson de la saison 9, qui sont moins longues à écouter que lire le titre de l’album
— Rachid Badouri— Rechargé
— Stéphane Rousseau — Un peu princesse

Album ou DVD de l’année — Jeunesse:

— Ari Cui Cui — Le Noël d’Ari Cui Cui
— Artistes Variés — Les fleurs de pinotte
— Atlas Géocircus — Le monde est petit
— Elisabeth Cossette — Pyjama party
— Pepe & Colori — Pepe & Colori

h4>Artiste québécois de l’année s’étant le plus illustré hors Québec

— Charles Richard-Hamelin
— Coeur de Pirate
— Klô Pelgag
— Leonard Cohen
— Peter Peter

Spectacle de l’année — Anglophone:

— Bobby Bazini — Summer is Gone
— Charlotte Cardin — Big Boy
— Half Moon Run — Sun Leads Me On
— Lisa Leblanc — Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
— Matt Holubowski — Solitudes

Spectacle de l’année — Humour:

— Alexandre Barette — Imparfait
— Fabien Cloutier — Assume
— Mariana Mazza — Femme ta gueule
— Pierre Hébert — Le goût du risque
— Simon Leblanc — Tout court

Vidéo de l’année

— Alaclair Ensemble — Ça que c’tait
— Avec pas d’casque — Derviches tourneurs
— Chocolat — Ah ouin
— Fred Fortin — Oiseau
— Manu Militari — Peace & Love
— Safia Nolin — Technicolor

Festif de Baie St-Paul 2017: Jour 3

On recommence pour une autre journée de fou! Parce que oui, le premier spectacle est à midi et le dernier à deux heures du mat. Compte ça comme tu veux, ça fait au moins une quinzaine d’heures à courir d’une salle à l’autre. Récit d’un marathon imbriqué dans un marathon d’une fin de semaine imbriqué dans le marathon de l’été.
 
 
 

De la douceur pour guérir la gueule de bois

Bien des spectateurs avaient de petits yeux sur le quai en ce samedi matin, mais tous avaient aussi le sourire. Devant le paysage pittoresque offert à nos yeux indignes d’autant de beauté, Philippe B s’est installé avec Laurence Lafond-Beaulne (Milk & Bone) et Guido Del Fabbro pour nous envoyer les pièces de sa sublime Grande nuit vidéo et quelques-unes des précédents. Le duo Lafond-Beaulne et B de Rouge-gorge est tout aussi touchant en vrai qu’en enregistrement. Philippe B nous a aussi jasé ça entre les tounes. Parfois pour nous expliquer l’origine d’un texte ou encore simplement pour nous mettre en contexte. Le tout avec simplicité et juste assez de bonhommie pour remettre un sourire dans le visage de n’importe lequel des festivaliers.

Par la suite, j’ai déambulé à travers les rues de Baie St-Paul pour me rendre à la scène Hydro-Québec pour assister au spectacle de Peter Peter. Celui-ci ne badine pas, il commence sur Noir Éden qui ravit et conquit la foule. J’ai même aperçu des journalistes chanter… ça vous donne une idée. Par la suite, il prend le temps de nous souhaiter la bienvenue et nous rappeler que la dernière fois qu’il était à Baie St-Paul, c’est il y a dix ans avec son groupe métal. Parce que oui, Peter Peter n’a pas toujours fait dans les claviers aux sonorités des années 80. Il a déjà été pas mal plus méchant au micro. Pour cette après-midi ensoleillée du Festif!, il présente plutôt les chansons de son dernier album qui a été célébré unanimement par la critique. Fantôme de la nuit et No Man’s Land ont ravi les nombreux festivaliers.

Le Festif! / Caroline Perron

Puis, c’est à Leif Vollebekk que j’ai vogué. Le jeune montréalais était d’une forme resplendissante et a ravi le public sous le chapiteau. Il a principalement joué les pièces de son excellent Twin Solitude en lice pour le prix Polaris. All Night Sedans et Eulogy ont été des moments de frissons où le poil se dressait sur nos bras de plaisir à l’écoute de Vollebekk. Celui-ci est quelque chose à voir jouer. Il ne fait pas que de la musique avec sa bouche et ses doigts, c’est tout son corps qui est impliqué dans le processus. Et c’était de même pour son batteur, Evan Ty (j’espère que je ne massacre pas son nom) et son bassiste Michael Felder (même chose que pour Ty). Vollebekk a aussi montré qu’il est farceur lorsqu’un des draps servant de décor est tombé par terre. « Tout le monde en ce moment rit et il y a une personne qui est très fâchée (parce que son rideau est tombé) ». Généreux, il a même procédé à deux rappels après que la foule ne veuille rien savoir de la fin. Il s’est vu décerner des ovations bien senties, entièrement méritées. Une prestation parfaite, rien de moins.

Des nouveaux établis

On ne se contera pas d’histoires, Bernard Adamus et Lisa Leblanc sont maintenant des artistes établis dans le paysage culturel québécois. La foule nombreuse venue les voir hier le démontrait sans équivoque. Le premier nous a offert un concert un peu décousu entrecoupé de moments où il consultait son groupe pour savoir ce qu’ils allaient faire. Entre quelques paroles oubliées, des chansons pas très resserrées et ses nombreuses harangues à la foule, on avait l’impression de retrouver Bernard Adamus du temps de Brun. Il était festif certes, mais peut-être une petite affaire trop pour 18 h. On va se le dire, y avait l’air chaud ben raide… Mais bon, même chaud, Bernard est capable de t’envoyer un Cauchemar de course par la tête qui donne envie de faire la fête. Plus le spectacle avançait et plus la bande se resserrait et vers la fin, nous avions l’Adamus auquel on est habitué. Le public a aussi pu entendre Fulton Road, La Dilligence et Brun.

Lisa Leblanc était beaucoup plus en forme en mettant les pieds sur la scène à Baie St-Paul. D’ailleurs, elle s’est permis de railler Adamus : « Bernard, te souviens-tu quand c’était moi qui faisait tes premières parties? » Après deux chansons issues de Why You Wanna Leave, Runaway Queen?, elle a enchaîné des chansons de son premier album : J’pas un cowboy, Chanson d’une rouspéteuse et Cerveau ramolli. Pendant qu’elle interprétait Kraft Dinner, une fan (en tout cas, je présume) a lancé une brassière sur scène. N’en fallait pas plus pour lancer Leblanc dans un accès de rire. Et Dieu sait qu’elle aime ricaner la Lisa! Elle a peiné à finir sérieusement la chanson après l’avoir dédiée à cette fan. Un moment de gros fun sale. Comme d’habitude, Leblanc a donné tout un concert. J’ai quitté prématurément parce que dans le sous-sol de l’église, les mythiques Voivod étaient d’office.

Le Festif! / Jay Kearney

Quand l’expérience parle

Voivod c’est une machine bien huilée qui fait rougir bien des « jeunes ». Le groupe montréalais était tout sourire devant la foule venue les voir dans une petite salle. On est loin des plaines! Entre les chansons, Snake distribuait les high fives et les poignées de mains. Michel Langevin est encore aussi impressionnant derrière les tambours, frappant la mesure à une vitesse complètement folle. Ils ont terminé avec la chanson Voivod qui est rentrée au poste sans bon sens.

Un autre homme d’expérience était présent au Festif! hier soir. Daniel Bélanger était là pour chanter les pièces de son Paloma paru l’an dernier et ses succès… et des succès, il y a en un char et une barge dans la discographie de Bélanger. Accompagné du bassiste extraordinaire, JF Lemieux, il a joué presque l’entièreté de Rêver mieux! Chante encore ainsi qu’Intouchable et immortel étaient des moments de purs délices pour les oreilles. Lorsqu’il a interprété la chanson Rêver mieux, le public a chanté si fort qu’ils ont pris le dessus devant un Bélanger jubilatoire. De son dernier album, il a livré L’ère de glace, Il y a tant à faire et quelques autres. Il nous a aussi livré plusieurs chansons devenues des classiques comme Le parapluie, Opium et Cruel (Il fait froid). Il est même revenu deux fois plutôt qu’une, visiblement ému par l’accueil de la foule. Il a terminé sur La folie en quatre et c’était tout à fait parfait.

Le Festif! / Caroline Perron

Un groupe de musiciens d’expériences étaient là pour ce samedi soir de Festif! Groovy Aardvark comme toujours a rocké la casbah. Avec ses reels électriques (dont celui de la soucoupe volante), ses succès comme Boisson d’avril et son énergie débordante, le groupe a fait triper le public nombreux dans le sous-sol de l’église. Il y avait du monde à Voivod, mais c’était davantage plein pour Groovy. Vince Peake comme d’habitude a mené cette soirée avec toute la générosité, l’authenticité et la hargne (musicale) qu’on lui connaît. Trois groupes qui ont déjà du millage derrière la cravate et qui sont loin d’être dépassés.

Le Festif! / Jay Kearney

Fin de soirée qui rentre dedans

Sous l’un des chapiteaux se trouvait KNLO, Rednext Level et Alaclair Ensemble. Je suis arrivé à temps pour les deuxièmes qui lançaient à l’instant Sri Lanka. Les gens dansent, les popotins se font aller et les sourires affichent complet. Robert Nelson et Maybe Watson, en compagnie de leur DJ Tiestostérone, ont livré une solide performance où se sont enchaînés 40k, Clip avec Baz, Get Lit et Faible pour toi pour laquelle Claude Bégin s’est pointé le bout du nez. Robert Nelson, dans son habituel humour a lancé : « On est vraiment content d’avoir l’opportunité d’ouvrir pour Alaclair Ensemble. » (NDLR: Maybe Watson et Robert Nelson font partie d’Alaclair Ensemble.)

Le Festif! / Caroline Perron

Alaclair Ensemble est ensuite débarqué pour livrer un spectacle très près de ce qu’ils ont offert comme performance aux FracoFolies. C’est vraiment le fun de voir que le groupe est rendu avec une routine de scène solide comme du béton. Une routine qui n’a pas l’air de les castrer pour autant, la bande de minces semblent prendre un plaisir immense à « droper » ses rimes devant les foules de plus en plus nombreuses.

Le Festif! / Caroline Perron

Finalement, j’ai embarqué dans le bus magique pour une performance de Paupière. Le concept est simple, un autobus a été maquillé et changé en piste de danse. Le groupe nous a livré des chansons de son EP et de son album à venir en septembre. Le trio était en forme pour l’heure tardive et cela a fait danser les 40 festivaliers qui entraient dans l’autobus. Une petite pensée pour la suspension du véhicule qui doit être finie ce matin. Une performance pleine d’énergie et de rythmes contagieux. On a hâte à la sortie de l’album en septembre!

Voilà qui conclut ma troisième journée de Festif! On se reparle demain pour la prestation de Timber Timbre et un retour sur les moments forts du festival.

La courte liste du Polaris 2017 : Ce que j’en pense

Bon, on va mettre carte sur table… je suis l’un des jurés (un des 200!) du prix Polaris. J’ai donc eu mon mot à dire dans la composition de la courte liste de l’année. Si vous êtes surpris de l’absence d’album francophone dans la liste, de mon côté, je n’ai même pas sourcillé. Il faut remonter à 2011 pour la dernière nomination francophone pour l’excellent Tigre et diésel de Galaxie. Mais que se passe-t-il?

À qui la faute?

On va s’entendre tout de suite sur une chose, je ne crois pas qu’en majorité les artistes canadiens font du meilleur art que les Québécois. Si vous essayez de me faire croire que The Fate of the World Depends on this Kiss de Whitehorse était meilleur que TOUS les albums québécois en 2013, je vais vous dire qu’un petit traitement au Cerumol serait justifié.

Ce n’est certainement pas la faute de Steve Jordan et son équipe qui tente de motiver le vote francophone de tous les moyens possibles. Après, faut bien que les jurés fassent ce qu’on leur demande : voter à temps! Quand même qu’on dirait qu’un ou deux votes changeraient la donne, ça reste trop mince pour être l’une des réelles raisons pour l’exclusion systématique des albums francophones de la courte liste.

L’une des raisons est certainement le manque de cohésion parmi le vote francophone. Mais bon, la seule solution viable à cela est de voter en bloc en mettant de côté nos opinions. Ce n’est ni démocratique ni juste si vous me demandez mon avis. N’en déplaise aux bonzes du Parti Québécois. J’aime la liberté que chaque juré possède de nommer les albums qu’il considère comme les plus méritants.

Mais voilà… on arrive au cœur du problème. Cette éternelle incompréhension entre les Anglos et les Francos du pays. On va se le dire, le journaliste de Calgary n’en a rien à battre de Fred Fortin. On ne parlera même pas de la secte Drake à Toronto. Et que dire de The Weeknd qui à part nous parler de coke et de sa haine pour la femme, fait de la musique commerciale correcte sans plus. Pourtant, tous deux se retrouvent sur la longue liste à chaque occasion qui se présente. Un peu comme si l’on votait pour Sally Folk.

Les artistes québécois sont en situation minoritaire et ne profitent pas de la même sympathie que les artistes amérindiens. N’allez pas croire que je revendique la même chose, ce sont deux situations bien différentes et loin de moi l’idée d’amenuiser les victoires précieuses que des groupes comme A Tribe Called Red, Tanya Tagaq ou encore Buffy Ste-Marie ont fait dans les dernières années. Leurs voix sont pertinentes et nécessaires.

S’il y a un problème, il doit y avoir une solution

La solution existe. Et ce n’est vraiment pas Justin Trudeau. On va se le dire. La solution est de mieux communiquer ensemble. Et de mieux communiquer avec les enclaves francophones à travers le pays. De plus en plus des concours comme Les Francouvertes et des événements comme Le Coup de Cœur Francophone font leur possible pour faciliter les échanges. C’est aussi notre travail en tant que journalistes (et mélomanes) de partager notre passion pour certains albums francophones. Mais ça reste que la barrière de la langue tiendra toujours et si le Torontois moyen est incapable de comprendre les paroles d’Antoine Corriveau, il ne sera certainement pas capable d’en saisir la poésie et la beauté qui s’y cache. On va s’entendre, même certains « Québécois de souche » n’y voient pas la lumière à travers les atmosphères sombres. Le Canada restera toujours un pays bilingue en théorie, mais unilingue en pratique.

Plutôt que l’indignation ou le repli sur soi, allez donc jaser avec un canadien-anglais de musique franco. Présentez-lui Klô Pelgag, Alaclair Ensemble, Gab Paquet ou encore Chocolat! Va falloir se jaser, c’est pas mal la seule façon de partager notre passion. Et ce n’est pas bon seulement pour les journalistes, mais pour tous les mélomanes. Notre culture, elle est belle et riche, faut la vanter.

La courte liste, pas si vilaine finalement

Finalement, quand on enlève le fait franco de la courte liste, elle n’est pas si vilaine. Entre l’incroyable album d’A Tribe Called Red, le puissant Retribution de Tanya Tagaq et le jazz de Badbadnotgood, on peut se contenter. Les Québécois sont bien représentés quand même. On retrouve Leif Vollebekk qui a offert le sublime Twin Solitude, Lisa Leblanc (Acadienne, mais c’est tout comme) et son album anglo et feu Leonard Cohen avec You Want It Darker. D’ailleurs la courte liste 2017 est riche en émotion avec la nomination de Gord Downie et son album Secret Path.

Voici donc la liste complète:

A Tribe Called Red – We Are The Halluci Nation
Badbadnotgood – IV
Feist – Pleasure
Gord Downie – Secret Path
Leif Vollebekk – Twin Solitude
Leonard Cohen – You Want It Darker
Lido Pimienta – La Papessa
Lisa Leblanc – Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
Tanya Tagaq – Retribution
Weaves – Weaves

Et vous votre choix?

Les FrancoFolies 2017: du rock acadien et de l’électro-pop française

Les FrancoFolies battent leur plein. On court comme des fous pour essayer de tout couvrir ce que les programmateurs ont préparé pour nous… mais il faut se rendre à l’évidence, il y a tout simplement trop de bonnes musiques qui se jouent dans les rues de Montréal en ce moment.

Es-tu stylé?

Le premier arrêt de la soirée était en compagnie de Bengale, une troupe de Bordeaux fait son chemin sur la scène électro-pop depuis quelque temps maintenant. Ils avaient même fait un split avec les doux voyous de X-Ray Zebras. Voici que le duo était à Montréal pour présenter ses pièces qui mélangent les planchers de danse et une attitude nonchalante. Pour l’occasion, ils étaient accompagnés à la basse par Symon Marcoux de Los. Le duo transformé en trio a enchaîné les pièces qui étaient généralement intéressantes. Un sentiment d’inégalité se dégageait de la performance, mais il faut dire que ce n’était peut-être pas les conditions idéales pour les voir alors que le soleil était encore là pour nous éclairer.

Sur scène nous avions un guitariste fort doué, un chanteur avec de l’attitude à revendre et Marcoux à la basse, efficace et solide comme un chêne. Là où ça fait un peu plus mal c’est les enchaînements de percussions préenregistrées qui enlevaient de la force à leur son contagieux. Ça aurait été une expérience d’autant plus satisfaisante avec de vrais tambours qui éclatent. Manque de moyens? Sans doute… ce n’est pas facile de faire de la musique indépendante et de traverser l’océan Atlantique pour la partager. Somme toute, Bengale a prouvé que c’était un groupe à surveiller et qui possède une parole poétique intéressante. Parfois, on a l’impression qu’on beurre un peu épais pour nous convaincre qu’ils sont cools. Les gars, on vous trouve cool, ce n’est pas nécessaire de nous convaincre.

Quand l’Acadie débarque à Montréal

Depuis les premiers succès de Radio Radio, une vague d’artistes incroyablement talentueux nous proviennent chaque année de la péninsule acadienne. Et tous ces beaux garlous étaient rassemblés sur la grande scène de la Place des Festivals à l’appel de Joseph Edgar qui avait proposé aux FrancoFolies de faire un gros party. On peut dire : mission accomplie de A à Z.

C’est la talentueuse Marie-Jo Thério qui lançait les hostilités avec Café Robinson. Puis le band maison, Les Païens sont arrivés. On va s’entendre tout de suite sur quelque chose : quand ton backing band c’est Les Païens c’est comme faire une course avec une F1 quand les autres conducteurs chauffent des Ladas. Rapidement, ils ont été rejoints par les Hay Babies pour Motel 1755 de leur plus récent album La 4e dimension. Puis, Les Hôtesses d’Hilaire sont venus nous convaincre de faire faillite avec un Serge Brideau en robe. Seul bémol? On n’entendait pas du tout les trois Hay Babies restées pour agir à titre de choristes. Faut pas oublier Céleste Godin qui est moins connu ici, mais qui sait aussi se débrouiller derrière un micro. Amélie Hall et Joseph Edgar nous ont proposé une composition C’est pas donné, qui sonnait étrangement comme Tomber de Laurence Jalbert. Ça doit être le riff de guitare qui s’y apparente… mais OH MY GOD, on était sur le bord de chanter du Jalbert à tue-tête.

Que serait un party acadien sans Lisa Leblanc. Elle a mis le feu à la foule avec Ma vie c’est de la marde et Motels. Et là… tout s’est emporté dans l’ouragan acadien. Joseph Edgar qui fait Horizon, Jocobus qui drop Ma vie c’est un movie et des recrues qui font jaser : Caroline Savoie, Pierre Guitard et Menoncle Jason. Ce dernier a un petit quelque chose de Johnny Cash en version marché aux puces. Ça fonctionne à merveille. Et là… la surprise : Jean-Paul Daoust qui nous fait une Ode à Tarzan avec toute la grandiloquence dont lui seul est capable. C’était beau. C’était puissant. C’était contagieux. Il a conquis la place des festivals avec une parole forte et viscérale et rapidement la foule a entonné les « Hi Han Hi Han » en sa compagnie.

«Tous les soirs j’attends Tarzan*
Tous les soirs c’est effrayant
Tous les soirs c’est indécent
Tarzan son sexe de diamant
Han hi han hi han hi han
Han hi han hi han hi han »
– Ode à Tarzan

Le spectacle s’est clôturé sur un medley de Radio Radio, Les Hôtesses d’Hilaire avec un Serge messianique, Joseph Edgar et son Espionne russe, Lisa Leblanc qui joue du triangle sur Ti-gars et les Hay Babies et la poignante La Poule qui nous rappelle que le trio a un petit quelque chose des sœurs McGarrrigle.

Bref, l’Acadie est toujours belle, mais rassemblée comme ça sur la place des festivals, c’est beaucoup à prendre d’un coup. Ça donne envie d’aller se perdre dans la péninsule, de manger des guédilles sur le bord de la mer et de finir sa soirée dans un jam au Plan B. Espérons que la bande se sent aussi bien accueillie à Montréal qu’on l’est lorsqu’on se transporte par chez eux.

www.francofolies.com

La longue liste du prix Polaris 2017

Voilà, c’est fait, on sait maintenant qui sont en nominations dans la longue liste du prix Polaris. On dénote qu’on retrouve 7 albums francophones en nomination : Alaclair Ensemble, Philippe B, Chocolat, Antoine Corriveau, Le Couleur, Klô Plegag et Peter Peter. S’ajoutent à cela d’autres Québécois qui chantent dans la langue de Shakespeare : Leif Vollebekk, feu Leonard Cohen, Geoffroy et Lisa Leblanc (qui habite à Montréal depuis quelques années même si elle est acadienne). Et finalement, Marie Davidson qui trempe dans les deux langues, mais fait surtout de la musique instrumentale électronique très intéressante.

Pour la suite des choses, le 13 juillet prochain sera annoncée la courte liste. Puis, le 18 septembre prochain aura lieu le gala à Toronto. Voici la liste complète des sélectionnées :

A Tribe Called Red – We Are The Halluci Nation
Alaclair Ensemble – Les Frères Cueilleurs
Anciients – Voice of the Void
Arkells – Morning Report
Philippe B – La grande nuit vidéo
BADBADNOTGOOD – IV
Louise Burns – Young Mopes
Chocolat – Rencontrer Looloo
Clairmont The Second – Quest For Milk and Honey
Leonard Cohen – You Want It Darker
Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
Le Couleur – P.O.P.
Marie Davidson – Adieux Au Dancefloor
Mac Demarco – This Old Dog
Gord Downie – Secret Path
Drake – More Life
Feist – Pleasure
Figure Walking – The Big Other
Fiver – Audible Songs From Rockwood
Geoffroy – Coastline
Hannah Georgas – For Evelyn
Japandroids – Near To The Wild Heart Of Life
Carly Rae Jepsen – E.MO.TION Side B
B.A. Johnston – Gremlins III
Lisa LeBlanc – Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
The New Pornographers – Whiteout Conditions
Klô Pelgag – L’Étoile thoracique
Peter Peter – Noir Éden
Lido Pimienta – La Papessa
Jessie Reyez – Kiddo
Daniel Romano – Modern Pressure
The Sadies – Northern Passages
John K. Samson – Winter Wheat
Tanya Tagaq – Retribution
The Tragically Hip – Man Machine Poem
TUNS – TUNS
Leif Vollebekk – Twin Solitude
Weaves – Weaves
The Weeknd – Starboy
Charlotte Day Wilson – CDW

http://polarismusicprize.ca/fr/