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Osheaga 2016 – La programmation

logo LCAHier, c’était le dévoilement officiel de la programmation du festival Osheaga 2016. Les rumeurs incessantes sur la venue de Radiohead ont été confirmées. Ben oui, la gang à Thom Yorke va venir présenter les pièces de leur nouvel album au parc Jean-Drapeau. Gageons que cette fois, le groupe se sera négocié une clause «pas de feux d’artifice». Les deux autres têtes d’affiche sont Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers. C’est sûr que pour ces derniers, la dernière fois qu’ils ont été «hot» c’était il y a plus de dix ans. Mais bon, des gars tout nus avec des bas sur les parties génitales qui gesticulent avec dynamisme, c’est toujours divertissant.

À ceux qui seront déçus, je réponds: que nenni! Parce que les «plus petits noms» contiennent quelques pas pires perles qui te feront plaisir. On compte parmi les autres noms intéressants celui de la sympathique Grimes ainsi que Flume; deux noms qu’on est bien content de voir. Le duo Disclosure saura faire danser les foules alors que Leon Bridges va les charmer. Daughter, dont le nouvel album est acclamé par la critique, fera le trajet tout comme Todd Terje & The Olsens.

Les Montréalais fouleront aussi les scènes extérieures représentées par Kaytranada, The Barr Brothers, Half Moon Run et Elephant Stone. C’est quand même une brochette honorable pour représenter La Belle Province. Parmi les inconnus qui feront triper tout le monde, il y a la rappeuse anglaise Little Simz, l’américain Jeremy Loops, Haelos et son électro délicieux et la pop de .

Plusieurs autres noms intéressants s’immiscent dans les rangs: Vince Staples, une vedette montante du hip-hop, Foals, Kurt Vile, les ressuscités Wolf Parade, Frightened Rabbit, les fous de Le Matos et les Américains Lane 8 qui font de l’électro comme il faut. Ce n’est quand même pas si pire.

C’est un rendez-vous du 29 au 31 juillet prochain!

http://www.osheaga.com/

Lana Del Rey – Honeymoon

Lana_Del_Rey_-_Honeymoon_(Official_Album_Cover)Ce n’est pas un secret pour personne (du moins en ce qui concerne les 10-12 personnes qui font partie de mon cercle social au quotidien): je fais partie du «team Lana» depuis le début de la carrière de l’artiste pop la plus contestée de sa génération. Je ne m’étendrai pas sur le pourquoi, mais vous pouvez toujours lire ma critique de son disque précédent ici!

Au dernier épisode, la vaporeuse chanteuse nous avait livré un disque très texturé, satiné de guitares électriques bluesy et armé d’une volonté de faire les choses différemment. Ultraviolence était un album pop qui allait changer la donne ou s’écraser. Même si je l’ai moi-même beaucoup apprécié, ça n’a pas été l’album de la consécration espéré. Résultat: Lana est de retour avec son album le plus mélancolique. Ne vous fiez pas à sa photo de pochette ensoleillée, mais plutôt à ce qui se cache dans cette image: la femme-objet prisonnière du côté lugubre de sa vie de luxe et de sa lune de miel en plastique. Honeymoon est définitivement l’album le plus sombre de l’artiste jusqu’à maintenant.

Pour tout vous dire, j’ai trouvé ça un brin soporifique après une première écoute. Pourquoi? Simplement parce que presque toutes les pièces jouent dans la cour de son premier grand hit: Videogames. C’est-à-dire qu’à quelques exceptions près, elles sont toutes très peu rythmées, très longues, cinématiques et déprimées. Disons que si vous êtes fatigué et que vous écoutez l’album avec des écouteurs sur votre iTunes, vous allez vous réveiller en sursaut si l’album suivant de votre liste est le nouveau Slayer. Inutile de dire que plusieurs écoutes s’imposent avant d’accrocher, mais je le dis pareil.

Somme toute, il y a quand même des trucs très forts pendant cette virée dans la mélancolie. Music To Watch Boys To est particulièrement intéressante avec ses arrangements qui se réclament des premières compositions sixties de Lee Baxter (quelle autre artiste pop irait jaser de ça en entrevue, tsé!!). Terrence Loves You est très jazzy et fait honneur à l’ambiance qui exultait de sa reprise de The Other Woman sur Ultraviolence. On note également parmi les points forts l’extrait High By The Beach qui est également la chanson la plus «upbeat» du lot.

Parmi les moments les plus longs, on retrouve Art Deco dont les subtiles lignes de sax alto à la sauce fromagée du chef Kenny G représentent le seul «highlight» et Salvatore, où Lana s’essaie à l’italien en utilisant de gros clichés niaiseux avec un accent discutable (je déteste quand les chanteuses pop font ça… Madonna en tête de liste des plus graves offenses). Il y a aussi Religion qui ne me pose un problème que du point de vue de ses paroles vraiment quétaines qui rendent désuet l’argument selon lequel Lana Del Rey est Shakespeare si on la compare à Miley Cyrus (you’re my religion, you’re how I’m living…When I’m down on my knees you’re how I pray, tu vois le genre?).

Le tout se termine avec une autre reprise de Nina Simone. La surexposée Don’t Let Me Be Misunderstood, reprise un nombre incalculable de fois, vient fermer le chapitre le plus homogène de la carrière de Lana Del Rey. C’est un disque correct. Reste juste à savoir combien de temps elle pourra recycler son personnage de film noir sans tomber dans l’autoparodie.

Ma note: 7/10

Lana Del Rey
Honeymoon
Interscope/Polydor
66 minutes

http://lanadelrey.com