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JEFF the Brotherhood – Zone

JEFF The BrotherhoodSortie des griffes d’une maison de disques mastodonte et contrôlante, la formation JEFF the Brotherhood, menée par les frères Orall, nous avait gratifiés l’an dernier d’un sublime Global Chakra Rhythms. Ce disque faisait changement de toutes les inutilités Weezer-esques qui précédaient la parution de cette réjouissante création. Moins d’un an après la surprise rock de l’année (du moins en ce qui me concerne), JEFF the Brotherhood revenait à la charge avec Zone.

Cette fois-ci, l’approche est plus directe et moins dans les vapes que sur Global Chakra Ryhthms. Le groupe conserve donc sa fougue et sa propension pour les guitares crottées et lourdes. En termes clairs, Zone, c’est le côté givré du tandem. Ces petites pépites pop-rock-punk-psyché m’ont de nouveau conquis. Mais attention, c’est un disque qui est assez différent du précédent effort. Toutes les chansons, à peu de choses près, détiennent leurs moments dissonants, sales et pesants, ce qui fait qu’on passe aisément par-dessus les mélodies accrocheuses proférées par les frangins.

Si la réalisation de Global Chakra Rhythms était quelque peu approximative (et c’était juste parfait!) pour cette fois, JEFF the Brotherhood a misé sur un son d’ensemble plus limpide ce qui met à l’avant-plan ces magnifiques guitares fuzzées à l’os. Sans blague, ce groupe connaît une renaissance improbable. Voilà la preuve irréfutable que le contrôle et la censure sont les ennemis incontestés de la créativité.

Et quels sont les moments sur lesquels votre humble scribe s’est fait aller frénétiquement la caboche? Les guitares délirantes dans Punishment, la pop punk Juice, la bruyante Toasted, le stoner rock crotté You (qui se termine dans un fracas sonore évoquant un tantinet Swans) ainsi que le petit côté hard rock à la Weezer entendu dans Idiot sont tous des brûlots qui sont venus écorcher agréablement mes oreilles.

Zone est le genre de disque où il y a tout et peu à dire en même temps. Je pourrais disserter pendant de nombreuses lignes afin de vous «vendre» le bien-fondé de ce genre de création rock. Simple, droit au but, sans inutiles fioritures faussement «arty», sans prétention, ce type de production est aux antipodes de notre époque boursouflée et narcissique. Du même souffle, le grand mérite de ce nouvel album de JEFF the Brotherhood, c’est qu’on a simplement qu’à s’ouvrir une «frette», monter le volume aux max et le tour est joué… ce qui devrait être l’essence même du rock.

Oui, JEFF the Brotherhood est bel et bien libre!

Ma note: 8/10

JEFF The Brotherhood
Zone
Dine Alone Records
40 minutes

http://www.jeffthebrotherhood.com/

Jeff The Brotherhood – Global Chakra Rhythms

Jeff The BrotherhoodAu début des années 2000, les frères Jake et Jamin Orall étaient des membres clés du groupe Be Your Own Pet. À cette époque, ils faisaient déjà de la musique en duo, ça s’appelait déjà JEFF The Brotherhood et personne ne le savait sauf leurs amis et une petite croûte de fans locaux de Nashville. Ils opéraient déjà leur label Infinity Cat Records aussi. C’est avec l’album The Boys R Back In Town que j’ai vraiment découvert leur projet et que je me suis mis à triper fort. Mon buzz personnel allait cependant culminer avec leur cinquième album, Heavy Days. Par la suite, je me désintéressais de plus en plus à chaque album, alors que les gars s’enfonçaient de plus en plus dans une bouette pop-rock rappelant fortement un groupe que je n’ai jamais pu tolérer: Weezer.

Je pourrais expliquer longtemps ce que je déteste de la bande à Rivers Cuomo, mais ce n’est pas le sujet qui nous préoccupe pour le moment (oui, oui, je le sais que les deux premiers sont intouchables). Il vous suffit de savoir que les gars de JEFF ont «clairé» la grande majorité de leur côté psychédélique au profit de mélodies faciles en signant chez Warner pour sortir Hypnotic Nights et le point culminant de leur médiocrité: Wasted On The Dream. Rendu là, je les avais complètement rayés de ma carte. Ce n’était pas comme si c’était le premier band que j’aime qui se faisait ruiner par un «major label» (oui, c’est vous que je regarde Mastodon).

Enfin bref, j’ai été très surpris d’apprendre la sortie de cette neuvième galette, d’autant plus que Wasted On The Dream est sorti en mars dernier. Le plus intéressant, c’est que la surprise ne s’est pas arrêtée là!

Les frères Orall ont eux aussi visiblement détesté leur dernier album. Assez pour claquer la porte de chez Warner (ou se faire sacrer à la porte, je n’ai pas trop poussé la recherche) et reprendre le contrôle d’Infinity Cat. C’est donc le retour des longues pièces de huit minutes, des arrangements buzzés ben raides et de l’absence totale de contraintes. Il faut absolument entendre l’excellente reprise de Mary Of Silence (Mazzy Star) qui se pointe en plein milieu de parcours. De quoi vous renouveler la foi au concept de reprise.

C’est assez difficile de parler de l’album en détail après quelques écoutes puisque c’est un peu comme une hallucination de 70 minutes qui a l’air d’en durer 25. On y entend des saxophones, de la cithare, des synthés et des riffs planants hyper solides. La présence motivée de plusieurs autres musiciens chevronnés, dont Jack Lawrence (Greenhornes, Raconteurs) à la basse est une véritable valeur ajoutée pour la musique des frangins. Bref, ce disque-là réaligne les chakras de pas mal tout le monde, incluant les créateurs de l’album, qui n’ont pas chômé pour nous rappeler qu’ils ont encore pas mal de jus dans leur tank à gaz. La morale là-dedans, c’est qu’il ne faut jamais laisser une grosse maison de disques nous faire oublier qui on est fondamentalement. Espérons que les gars de Mastodon sont en train de prendre des notes! (émoticône de clin d’oeil)

Ma note: 8,5/10

JEFF The Brotherhood
Global Chakra Rythms
Infinity Cat/Dine Alone
69 minutes

http://www.jeffthebrotherhood.com