Jean-Sébastien Audet Archives - Le Canal Auditif

Critique : Un Blonde – Good Will Come to You

Le montréalais Jean-Sébastien Audet (Un Blonde) nous livre une réédition de son disque Good Will Come to You, paru sous l’étiquette Flemish Eye le 22 septembre dernier. Jusqu’à maintenant, notons que le disque n’avait pas été encore accessible au grand public.

À travers ce disque lumineux (c’est le cas de le dire avec la pochette jaune), Un Blonde réexplore ses (21!) chansons selon une diversité musicale assez enrichie. Les environnements créés par Audet plongent l’auditeur dans une introspection profonde et hautement à fleur de peau. En passant par le RnB, la pop, le folk, le gospel ou le blues, Good Will Come to You regorge de pépites d’or auditives qui nous incitent à les écouter en boucle. Ce n’est pas compliqué. De sa voix chaude, Un Blonde fascine. Avec des arrangements musicaux transcendants, nous avons résolument droit à un produit de qualité.

Sur A Level Playing Field, les harmonies vocales sont d’une douceur à faire bercer tous les maux de l’âme. Tandis que sur On My Grind, courte chanson, où l’on met l’accent sur la couleur de différents timbres de voix. Sur I’m Free, le piano guide la voix. On se concentre sur chaque touche qui permet de balancer la présence vocale. Un travail complexe… mais qui prend tout son sens après écoute. Cette même situation se retrouve sur Rain Will Not Change, où on a cette impression d’entendre quelques gouttelettes. La guitare occupe une belle place aussi sur I Felt the Evening Come Through the Window. Plutôt agréable à entendre. En plus d’être orné par un naturel étonnant, il va sans dire que la production musicale y est pour beaucoup et demeure impeccable en terme de minimaliste.

Good Will Come to You est un travail intime. Vous savez, écouter Un Blonde… c’est s’éloigner des titres de la pop trop commerciale grand public. C’est de nous faire remettre les idées en place pour justement se faire rappeler qu’il y a autre chose qui se fait. Un Blonde fait partie de cette catégorie. Suivez la lueur douce et calme… la musique de Jean-Sébastien Audet vous trouvera. À découvrir dès maintenant, si ce n’est pas déjà fait.

Ma note: 7,5/10

Un Blonde
Good will come to you
Flemish Eye
47 mins

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Résonner à la Un Blonde

De retour à l’église St.John the Evangelist pour assister à la soirée d’Un Blonde. Peu après la parution du fascinant Good Will Come to You, Jean-Sébastien Audet (dit Un Blonde) s’est présenté dans un lieu quasi rempli par des curieux et des admirateurs. Sur scène, il était accompagné de Rafferty McMahan à la basse, d’Alex Lavoie à la batterie, de Brad Loughead à la guitare, de trois choristes et du quatuor à cordes Warhol Dervish. Beaucoup de monde dans un petit lieu religieux, je vous dirais! Mais honnêtement, le décor a renforcé énormément la musique d’Un Blonde. Les airs gospels, les improvisations jazz ou même le blues a fait résonner les murs de l’église. C’est surtout la voix de Jean-Sébastien Audet qui nous a impressionnés, et ce, dès les premières notes. Un timbre vocal mielleux et planant qui a su charmer tout au long de la prestation. Enchainant les différentes pièces du disque Good Will Come To You, le meneur de jeu s’est démontré peut-être un peu discret quant à ses interventions avec le public. Oui, le spectacle était rodé. Tout était visiblement planifié et réfléchi. Ceci dit, il aurait été intéressant de piquer des petites jasettes par-ci, par-là. Histoire de comprendre encore plus l’essence des chansons de l’album. Le manque de discussion au micro donnait cette impression de concert un tantinet linéaire. Ce qui était un peu décevant, à mon avis. Par contre, l’exécution musicale nous fait rapidement oublier ce bémol. La section de cordes donnait beaucoup de clarté aux pièces. Les choristes accompagnaient Audet avec précision. Chaque musicien avait un rôle spécifique à jouer sur scène. On le sentait bien. Audet guidait chacun d’entre eux. Les différentes tonalités se mariaient assez rapidement à la voix du chanteur. Le lieu de l’Église St-John jouait beaucoup sur les mélodies d’Un Blonde… Le fait de pouvoir entendre le tout dans un tel lieu a permis de confirmer que Jean-Sébastien Audet est un artiste à suivre de très près.

Best Fern en ouverture

Le duo Best Fern a eu pour mission d’ouvrir pour Un Blonde. Avec leurs arrangements musicaux assez minimalistes, les deux membres, composés d’Alexia Avina et de Nick Schofield, nous ont proposé des ballades en électro ambiant (assez downtempo) qui ont su tamiser l’ambiance de l’Église St.John. Avec deux petites galettes à leur actif (un EP et un démo de reprises), les Montréalais de Best Fern ont proposé un univers aérien au public assis en face d’eux. La voix gracieuse d’Avina colorait les instrumentations électroniques de Nick. Les artistes se complétaient sur scène. Leur musique ne faisait qu’un. Très jolie.

Pelada

Pop, c’est aussi ses barbecues gratuits où on peut siroter quelques verres sous le soleil chaud. Mercredi dernier, au lancement, je suis allée à la rencontre du groupe Pelada qui assurait l’ambiance de la soirée d’ouverture du festival dans les quartiers généraux Pop. Qui est Pelada? Un duo composé de Chris Vargas et de Tobias Rochman œuvrant dans la techno acide très convulsive, frôlant un peu le punk à quelques reprises. En plus de chanter uniquement en espagnol, Pelada s’est démarqué pendant cette prestation. Déjà là, on peut dire que c’est une « belle bibitte ». Les membres sont de véritables bêtes de scène qui ont fait hocher la tête de plusieurs personnes dans le public. L’énergie qui les possédait était palpable. Les synthétiseurs se déferlaient et effectuaient des rythmes dynamiques. Il va sans dire, c’était une belle découverte musicale. Allez voir leur EP de deux chansons titrées No Hay et Ten Cuidado… vous allez voir. C’est très particulier, mais c’est un beau particulier.

Bonjay

Samedi soir, la météo annonçait que du bon pour la formation Torontoise Bonjay qui grimpait sur la scène du BBQ Pop. Avec des mélodies RnB/Soul/Reggae, le groupe a fait danser la foule. Ce n’était pas compliqué. Avec deux projets à leur actif (Broughtupsy et Gimmee Gimmee EP), j’ai trouvé que le groupe s’en donnait à cœur joie. Enchainant les différents titres de leurs propositions, la musique s’est rendue assez rapidement à un auditoire curieux et attendri. Notons aussi la présence scénique de la chanteuse Alanna Stuart qui s’est démontrée polyvalente, charismatique et sympathique sur scène. Bougeant de chaque côté de l’espace, la meneuse de jeu habitait très bien les planches du BBQ Pop. En plus d’être accessible, Bonjay a rejoint plusieurs oreilles pendant cette performance.

Lunice

Autour de Lunice de prendre part à la fête. Originaire de Montréal, Lunice était très présent à la console sur scène. Avec des sons qui rappellent Flying Lotus, Gaslamp Killer et Hudson Mohawke avec qui il fait partie du duo TNGHT, la musique de Lunice s’est avérée efficace et pétillante. Par contre, à certains moments, j’avais peut-être l’impression que le DJ en mettait un peu trop pour plaire au public. Ça devenait un tantinet lourd. Mis à part ce petit point, Lunice reste un DJ assez intéressant à voir en spectacle. Ses mélodies vivifiantes inspirées principalement par le trap et le hip-hop ont donné un gros coup de poing. Elles incitent même à faire quelques grouillades…

Le Vaudeville de Kid Koala

Vers les 18 h, Kid Koala s’est présenté dans un décor assez spécial… une sorte de théâtre vivant composé à partir de tissus éclatants. D’entrée de jeu, Kid Koala nous avise que ça sera un spectacle qui progressera de plus en plus vers le bizarre. On a eu droit à beaucoup de choses étranges, mais qui faisaient bien le travail. Au début, Kid Koala présente des pièces avec ses sons d’oiseaux en arrière-plan. Accompagné d’une troupe de comédiens, l’artiste était bien entouré. Ceux-ci se promenaient avec une série de marionnettes pour faire concept aux pièces jouées. La performance était très esthétique. Elle est venue en étonner plus d’un. Plus le concert avançait, plus c’était original. Kid Koala est un excellent musicien doté d’un très grand sens du rythme. Tout était bien précis… et son vaudeville… eh bien on y croyait. Du début jusqu’à la fin.

Merci à toute l’équipe du Pop! À l’an prochain!