James Blake Archives - Le Canal Auditif

Critique : Mount Kimbie – Love What Survives

Le diable est dans les détails dits l’adage. On peut très bien l’appliquer à la musique de Mount Kimbie qui lance Love What Survives. Le groupe revient quatre ans après la sortie du réussi Cold Spring Fault Less Youth. Kai Campos et Dom Maker se sont donné le temps d’accoucher d’un album qui est travaillé, poli et recouvert d’un petit verni juste assez lustré.

Cold Spring Fault Less Youth démontrait déjà les qualités de compositeurs et d’arrangeurs du duo. Voici qu’avec Love What Survives, ils prouvent qu’ils sont en plein contrôle de leur démarche. Love What Survives est rempli de petits détails de composition qui font plaisir à entendre. C’est lorsqu’ils font appel à des collaborateurs que le plaisir devient encore plus évident.

On ne peut passer à côté de la trépidante Blue Train Lines sur laquelle chante King Krule. La batterie nous garde en haleine tout au long alors qu’elle se décide à embrayer pour vrai au deuxième refrain accompagné d’une basse simple et mélodieuse. Avec la voix de King Krule qui semble sur point de casser de désespoir, le résultat est réussi et poignant. Ce n’est pas la seule collaboration qui sourit à Mount Kimbie. James Blake les accompagne sur l’émotive We Go Home Together. Ses échantillons vocaux atypiques nourrissent la chanson et l’orgue de Blake nous fait entendre ses souffles qui deviennent une partie intégrale de la rythmique. Ce dernier signe une deuxième collaboration, la mélancolique How We Got By qui est typiquement Blake, mais avec un ajout non négligeable de jazz. Andrea Balency signe pour sa part les voix sur la plutôt rock You Look Certain (I’m Not So Sure) et Micachu la plus excentrique et groovy Marilyn.

Malgré le brio de ces collaborations, Mount Kimbie est aussi capable de se débrouiller par eux-mêmes, Four Years and One Day qui ouvre Love What Survives, nous attire progressivement dans la musique. Un peu à la manière d’Orion de Metallica et son fade in entouré de sons synthétiques. Balency revient sur T.A.M.E.D. où cette fois, ce sont les deux garçons de Mount Kimbie qui se mouillent. Avec une mélodie qui évoque sans détour Damon Albarn, ils nous chantent la mélancolie d’un amour à distance à coup de répétitions de paroles incessantes.

Dark cloud, that came as some surprise
Here now, so take your own advice
Eat alone and care about, we really should
But my, my, my, you made me so unkind

Think about me every day
I’m alone forever
Think about me every day
I’m alone forever
T.A.M.E.D.

Mount Kimbie faisait déjà bien les choses sur Cold Spring Fault Less Youth, mais ils se surpassent sur Love What Survives. On y retrouve de savantes compositions qui sont remplies de petits détails qui charment les oreilles. Ces compositions sont riches et après plusieurs écoutes, on se surprend à découvrir de nouveaux sons ou une nouvelle tournure.

Ma note: 8/10

Mount Kimbie
Love What Survives
Warp Records
40 minutes

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Critique : Kendrick Lamar – Damn.

Kendrick Lamar est régulier comme l’horloge. En 2015, il faisait paraître l’excellent To Pimp A Butterfly, puis en 2016, il lançait Untitled Unmastered. Ce dernier était une collection de chansons qui n’avaient pas trouvé preneur pour l’album précédent. Douze mois plus tard, Lamar revient avec DAMN. son quatrième album en carrière. Les suspicions de nouvel opus sont nées à la fin mars après la sortie du simple The Heart Part 4, qui n’est pas sur l’album, mais qui annonçait une sortie le 7 avril. Le 7, comme promis, le vidéoclip de la chanson Humble est arrivé et elle-même annonçait la sortie de DAMN.

Sur ce nouvel album, Kendrick Lamar nous sert une bonne dose de référence christique et religieuse en général. C’est thématique avec sa sortie le Vendredi saint. DAMN. est l’album le plus « pop » de Kendrick Lamar, il possède de nombreux refrains intoxicants, des chansons plus courtes qui tournent autour des quatre minutes et une approche généralement plus facile pour le néophyte. Est-ce que c’est de moins grande qualité pour autant? Absolument pas, Lamar prouve qu’il est l’un sinon le rappeur le plus pertinent de son époque, encore une fois.

Plusieurs chansons sont très accrocheuses comme Element qui a été produit en partie par <em>James Blake. On peut en dire tout autant de son duo avec Rihanna titré Loyalty avec sa trame velouté. Il nous offre même une pièce qui tire beaucoup sur le R&B avec Love, sur laquelle chante Zacari. C’est déstabilisant au premier abord. Avec les écoutes répétées, la pièce prend son sens dans l’enchaînement et ne détonne absolument pas. On est loin des pièces parfois insipides que nous envoie Drake. Malgré l’approche plus mélodieuse qui laisse de côté les moments musicaux ou les extraits de mise en contexte par rapport au concept très présent sur To Pimp A Butterfly et good kid, m.A.A.d city, Kendrick Lamar n’est pas moins impressionnant sur ce nouvel album.

« I got, I got, I got, I got
Loyalty, got royalty inside my DNA
Cocaine quarter piece, got war and peace inside my DNA
I got power, poison, pain and joy inside my DNA
I got hustle though, ambition, flow, inside my DNA
I was born like this, since one like this, immaculate conception
I transform like this, perform like this, was Yashua’s new weapon
I don’t contemplate, I meditate and off your fucking head »
— DNA.

Malgré la tangente plus facile pour les oreilles que Lamar prend sur Damn., il montre aussi l’étendue de son talent de MC avec des chansons comme DNA où les mots sortent à un rythme effréné, parfois quasi inhumain. On ne peut non plus passer sous silence l’excellent premier simple titré Humble. Ça rentre au poste et rappelle à la compétition qu’ils ne sont pas de niveau. La chanson est sans doute en réaction à Big Sean qui a lancé une pique au Californien dans les derniers mois. Une autre chanson surprenante se cache sur DAMN. : la collaboration avec U2, XXX… oui, oui U2. Il faut bien Kendrick Lamar pour rendre U2 pertinent en 2017.

Les pièces plus R&B sont toutes assez efficaces sur DAMN. La deuxième partie de XXX, Fear et la sérieusement réussie Lust. Il termine l’album sur Duckworth qui remet les pendules à zéro en nous ramenant au premier moment de Blood qui entame l’album. Avec toujours ce message : « Remember that what happens on earth stays on earth. » Il y a quelque chose d’à la fois religieux et absolument laïc à propos de DAMN.. Encore une fois, c’est le génie de Kendrick Lamar qui est le responsable pour cette habile façon de tisser un message riche et nuancé.

Vraiment, Kendrick Lamar est à son meilleur depuis deux ou trois ans. Combien de temps ça durera? Personne ne le sait, mais pour le moment, il faut en profiter, car il nous envoie avec DAMN. un autre excellent album de rap. Nous avons pourtant déjà été gâtés cette année avec Run The Jewels et Loyle Carner. Malgré tout, Kendrick Lamar ne tombe pas dans l’ombre des deux autres sorties, au contraire, il brille de mille feux.

Ma note: 8,5/10

Kendrick Lamar
DAMN.
Interscope Records
56 minutes

http://www.kendricklamar.com/

Les 3 étoiles du 7 avril 2017

Kendrick Lamar – HUMBLE.

Ça commence de plus en plus à sentir le nouvel album pour Kendrick Lamar, qui sera au Festival d’Été de Québec. HUMBLE. est une charge à fond de train contre ceux qui ose user d’arrogance devant lui. Ça lui donne des petits airs de parrain de la mafia et il faut le dire, le refrain est non seulement hyper mélodieux, il est simple et efficace. En plus de faire une attaque contre la culture du photoshop et de l’apparat… c’est pas mal intéressant.


 

Mount Kimbie – We Go HomeTogether ft. James Blake

Le duo Mount Kimbie n’avait pas fait paraître de nouveau matériel depuis un bon bout de temps. Ils reviennent en force en annonçant une tournée nord-américaine qui s’arrêtera à Montréal le 15 juin au Théâtre Fairmount en plus de faire paraître un nouveau simple qui compte sur l’apport de James Blake. La chanson est un petit peu à côté de la track et possède beaucoup de soul.


 

Public Service Broadcasting – Progress

Si vous cherchiez une belle petite chanson d’indie-rock efficace, Public Service Broadcasting vient de vous livrer quelque chose d’assez incroyable. Des échantillons entrecoupent les refrains très simples chantés par Tracyanne Campbell de Camera Obscura. C’est tout à fait magnifique et les refrains nous transportent par leur légèreté et leur mélodie intoxicante.