entrevue Archives - Le Canal Auditif

Entrevue : Aliocha, des débuts fulgurants

Aliocha accompagné de Charlotte Cardin / crédit : Julien Gagnon

J’ai attrapé Aliocha pendant un passage à Paris à son retour de Hambourg, avant qu’il ne quitte à nouveau pour Vienne, avant de finalement revenir au Québec et atterrir au Théâtre du Vieux-Terrebonne. On a pris le temps de parler de sa carrière naissante et de la réception du public à son premier album.

Des deux côtés de l’Atlantique

On peut dire que c’est impressionnant de voir un jeune artiste qui en est à ses premiers pas dans le monde musical se promener autant. Il faut préciser cependant qu’Aliocha est né en France, son frère habite Paris et il passe déjà beaucoup de temps dans la Ville lumière. « J’y ai beaucoup d’amis, c’est sûr que je ne suis pas dépaysé quand j’arrive en Europe. J’ai aussi une belle équipe, j’ai un label qui s’occupe bien de moi, PIAS et je suis bien entouré. » Depuis la sortie de l’album, Aliocha n’a pas beaucoup arrêté. Ce n’est pas nécessairement ce qu’il avait en tête et il se réjouit de la tournure des événements. Il espérait que ça marche, évidemment, mais la réception est au-delà de ses espérances. « Au moment où on lance l’album, on a envie que ça marche, de jouer live. Je suis content d’avoir un album qui a été respecté des critiques. De mon point de vue, la musique m’habite depuis toujours, mais je sais qu’au Québec, aux yeux des gens j’étais un comédien et l’image qu’on a des comédiens qui font le saut en musique n’est pas terrible. » C’était une barrière qui devait être franchie et Aliocha a réussi à surpasser les préjugés qui existent sur Eleven Songs. Aliocha est aussi comédien. On a pu le voir à l’écran dans Tactik, Yamaska, Les jeunes loups et Les parents. La sortie du disque ne lui a pas laissé beaucoup le temps de se consacrer à cette autre passion. Mais il ne veut absolument pas laisser le comédien de côté.

Aujourd’hui, il a la chance d’enchaîner les spectacles ce qui permet à son band et lui de resserrer leur performance scénique. C’est un luxe qui n’est pas toujours à la portée de tous et Aliocha est conscient qu’il est privilégié en ce moment. « Ça permet de jouer devant des publics différents en voyageant pas mal. C’est vraiment enrichissant. Ça fait quelques fois qu’on va en Europe et ça permet de voir des visages familiers qui reviennent. »

Partir sur des bases solides

C’est Jean Leloup qui a été un des premiers mentors d’Aliocha. « J’ai rencontré Jean à 17 ans. J’avais écrit huit tounes et pas que je n’avais pas confiance en moi, mais j’avais 17 ans. J’ai rencontré Jean Leloup et je lui ai dit que je voulais être chanteur. Il a été super fin, il m’a dit de passer le soir même au studio avec The Last Assassins, pis là je capotais. Il m’a fait enregistrer des maquettes avec ses musiciens. Il m’a fait revenir le lendemain pour retravailler. Ça m’a vraiment donné confiance, d’avoir un artiste comme Jean Leloup qui s’intéresse à ce que je fais. Jean c’est I Lost My Baby, comme tout le monde qui joue de la guitare au Québec, c’est une des premières tounes que j’ai apprise. D’avoir quelqu’un comme ça, aussi connu, qui me dit que mes chansons sont bonnes, c’est ça qui m’a donné la force de me lancer. »

Revenir au Québec

Au début de mois d’octobre, Aliocha reviendra au Québec pour une série de spectacles qui commence le 5 à Sainte-Thérèse et se poursuit le 6 au Théâtre du Vieux-Terrebonne. D’ailleurs, il n’en est pas à sa première visite chez celui-ci. « L’an dernier, j’ai ouvert pour Charlotte Cardin avec qui j’ai fait plusieurs spectacles et j’étais au Moulinet pour le lancement de la saison, il y a pas très longtemps. J’ai fait quelques chansons acoustiques. Ça va être différent cette fois-ci, parce que la dernière fois, c’était le public de Charlotte qui me découvrait. Ça va être différent de jouer pour des gens qui à priori connaissent l’album. »

Vous pourrez voir Aliocha sur scène au Théâtre du Vieux-Terrebonne le 6 octobre prochain. En attendant, vous pouvez aussi vous pencher Eleven Songs, son premier album en carrière

Entrevue avec Hugo Mudie pour Cordoba

Hugo Mudie vous connaissez? Lunettes fumées, barbe fournie, beaucoup d’encre sur le corps, stretchers dans les oreilles, look street soigné et une dégaine décomplexée ça vous évoque quelque chose? Dernièrement vous avez pu le lire sur Urbania ou l’entendre à ICI Radio-Canada Première à Medium Large ou à On dira ce qu’on voudra, mais c’est pour sa musique qu’il est connu.

Le chanteur et musicien fait paraître ces jours-ci Cordoba, son premier album solo après une longue et prolifique carrière au sein des Saint-Catherines et Yesterday’s Ring. Un album éclaté et lumineux sur lequel Mudie s’affranchit de ses racines punk.

En attendant la critique en bonne et due forme de l’album, Le Canal l’a rencontré à Québec de passage en tournée promo.

LCA : Hugo, avec Cordoba, on te découvre sans complexes, au plus près de toi-même. C’est comme un nouveau départ pour toi avec un nouveau public?

HM : Oui c’est comme recommencer à zéro, parce que je peux le faire. C’est mon nom et ce n’est pas la même musique que j’ai toujours faite, fak je pense qu’il y a de la place pour moi pour explorer et faire plein de trucs. Là je trouve que ma job est faite parce que j’ai livré un album qui me satisfait et qui est à la hauteur de mes attentes. J’ai essayé de faire les meilleures tounes possible. Y’a pas de génie derrière ça, j’ai fait un album que j’voudrais écouter. Je trouve que je me suis assez forcé pour être satisfait.

Cet album-là c’est Cordoba, un album pour lequel le musicien a composé près d’une quarantaine de chansons avec plusieurs collaborateurs sur une période d’un an et demi environ. Avant d’entrer en studio, lui et Alex Ortiz (We Are Wolves) ont fait une sélection qui représentait la diversité du processus de création et ce sont ces pièces qui ont été enregistrées.

HM : C’était assez simple et faut pas voir ça comme un gros procédé réfléchi. Ça s’est fait de même. La musique est variée et même visuellement c’est plus weirdo aussi et c’est ce que je suis, mais que je ne faisais parce que j’étais dans un band. Là j’ai cette liberté-là. Mon prochain album, je peux faire n’importe quoi. Il y a personne qui va s’attendre à quoi que ce soit. Je peux faire un album de défonce, un album électro… et ça je trouve ça vraiment le fun.

LCA : Mais avant de penser à un nouvel album, tu vas laisser vivre celui-ci un brin?

HM : (rires) Oui, mais rendu ici, Cordoba m’appartient pu, tsé je l’ai lancé dans l’univers comme. Maintenant, j’espère que les gens vont aimer ça et tsé, faut revenir à la base : la musique, le but c’est juste de faire passer un bon moment à du monde pendant une toune, un album ou un show. Quand je sais que j’ai fait ça, je sais que mon travail est fait et même si c’est 50 personnes. Tu sais, c’est difficile dans la vie de toucher 50 personnes.

LCA : Tu parlais de la variété de sonorités que l’on retrouve sur l’album. C’est quelque chose qui ne se discutait pas dans les Saint-Catherines par exemple, d’amener des nouveaux éléments à la recette?

HM : Il y a toujours eu une retenue dans ma carrière en groupe sur l’éclectisme. Tsé, y’a d’autres gars d’impliqués et tu peux pas te crisser de ton image comme ton image affecte celle des autres. Et y’a les fans aussi qu’il faut que tu respectes. Tu peux d’un disque à l’autre tout virer à l’envers.

Au moment de le rencontrer, les braises d’un débat lancé par Mudie sont encore bien rouges. Dans ce texte, publié sur Urbania, le musicien à la plume bien aiguisée en appelle à la mort de la critique musicale. Comme c’est l’ADN de ce que l’on fait au Canal j’avais quelques questions en ce sens. C’est de bonne guerre, Hugo m’attendait de pied ferme.

HM : Bin oui, justement, y’a un de tes chums du Canal qui vient de me traiter de gringalet sur Facebook en lien avec ce texte.

Bon timing comme on dit.

LCA : J’ai senti une pointe d’humour dans ton texte, mais tu ne penses pas qu’il y a moyen que le travail de critique se fasse en respectant des critères rigoureux?

HM : Tout ce que je disais c’est qu’à l’époque, ça avait une utilité la critique parce que c’était la seule façon d’être renseigné sur ce qui sortait. Aujourd’hui j’ai pas besoin de l’opinion d’autres mondes pour me faire une opinion moi sur un disque. Pis tu sais, je ne parle pas d’articles ou d’entrevues là, c’est encore important le journalisme musical. Un texte qui va en profondeur, qui est étoffé, ça m’intéresse. Mais le classique : « le nouvel album des Foo Fighters… réalisé par tel dude… sur lequel on peut sentir les guitares très féroces… 4 étoiles », ça pour moi, ça pas de valeur.

LCA : Pour tes commentaires sur la critique, tu ne penses pas que c’est l’industrie qui a réagi le plus fortement, qui s’est braquée sur sa position?

HM : Je sais pas man. Pour vrai, j’ai relu le texte quand j’ai vu que ça choquait et je ne peux pas dire que je comprends pourquoi ça insulte du monde. Ça m’a frappé avec la première réponse des Méconnus, mais après je me suis dit, « who gives a fuck about Hugo Mudie anyway?, j’suis pas une sommité dans rien ».

Et c’est là qu’Hugo va rendre sa position plus claire.

HM : Tu sais, j’ai rien contre les comptes-rendus, parce que c’est clair avec un compte-rendu qu’on a affaire à un texte personnel. Je pense que c’est juste le mot critique qui me bogue. Parce que ça implique que quelqu’un est au-dessus des autres et qu’il nous éduque sur la musique.

Je le savais qu’on trouverait un terrain d’entente. Puis il enchaîne.

HM : Pis tsé l’autre affaire, c’est que pendant qu’on parle de mon article sur Urbania, on n’est pas en train de parler d’autres affaires comme de fascisme, de sexisme ou de La Meute, je veux dire les critiques de disque, c’est pas une priorité. Si ça t’insulte, trouve-toi quelque chose d’autre à faire. Tsé c’est comme si ça t’insultait que je trippe sur les Bruins de Boston…

LCA : Est-ce que c’est le cas?

HM : (rires) Pas pantoute!

Une autre bonne chose de réglée. Merci Hugo.

*La tournée pour Cordoba en régions commencera en février 2018. Hugo Mudie lorgne aussi les festivals estivaux. À suivre.

Entrevue à poil avec Fishbach

Flora Fishbach fait en ce moment un tabac en France grâce au succès de son album À ta merci paru en début d’année en France. Ici de l’autre côté de l’Atlantique, il faudra attendre encore jusqu’à l’hiver 2018 pour plonger dans le premier album de la jeune femme. En attendant, il sera possible de se frotter à ses compositions vendredi soir sur la scène Sirius XM des FrancoFolies et samedi soir en première partie de Bernhari à l’Astral. Rencontre avec une artiste sensible, créative, franche, les deux pieds bien ancrés dans la terre et… un peu geek.

Ne pas se laisser marcher sur les pieds

Avec son ascension publique en France, Fishbach doit maintenant composer avec de nouvelles réalités. Je me souviens d’avoir sauté sur ma chaise d’ordi lorsque j’avais entendu certains extraits qui font grincer des dents par leur machisme.


 

« Ce n’était pas les pires. Le pire ce sont les deux chroniqueuses qui me coupaient sans cesse la parole. J’avais envie de leur dire : tu veux répondre à ma place? C’était une exposition à la télé française et les gens l’écoutent alors j’étais contente de l’invitation. Mais voilà, les gens essaient de prendre le plus de temps de parole possible pour qu’on parle d’eux. » Fishbach n’est pas le genre à détourner le regard et si elle peut paraître froide lors de l’entrevue au Grand Journal, la jeune femme qui était devant moi était tout le contraire : souriante, ouverte et bavarde.

Un premier album qui frappe dans le mile

Elle me raconte qu’entre la fin de l’enregistrement, puis les Trans musicales de Rennes en décembre et la sortie de l’album, tout s’est passé très vite. « L’accueil de la presse était super cool, mais l’accueil qui est le plus important pour moi est celui du public. C’est eux qui viennent aux concerts, c’est eux qui font vivre ta musique. Je sais que je fais de la musique particulière. J’aurais été moins surprise que ce soit un four. » Cependant, elle explique aussi qu’elle observe que la réception est soit glacée, soit très chaleureuse. « Il n’y a pas de gens tièdes. Il y a des gens qui détestent. Il y a des gens qui adorent. Au bout du compte, je me dis que c’est ceux qui aiment qui ont raison. Par exemple, je n’aime pas David Guetta, mais les gens qui aiment David Guetta ont mille fois plus raison de l’aimer que moi, de ne pas l’aimer. »


 

Elle est consciente aussi de l’importance de son entourage qui a participé à la réussite de ce premier album. « Tous les gens qui ont travaillé sur le disque, j’ai un label et on regarde tous dans la même direction. C’est beau le travail d’équipe. » Elle a aussi fait appel à deux réalisateurs pour l’album. « Xavier Thierry vient de la musique de jeux vidéos et je suis une grosse gameuse. On s’est rencontré et on a échangé des références que personne ne comprenait et voilà. Il m’a aidé à défricher et à trouver la petite chose qui manquait dans les maquettes. Puis, Antoine Gaillet mix extrêmement bien, il m’a mis en confiance et on a passé des nuits à faire des prises de voix. Ça fait plaisir aussi à la maison de disque qui veut que les chansons soient bien sonores. Ils aiment quand ça fit boum-boum-patate. » Pour le reste, Flora Fishbach fait les arrangements elle-même et cela lui permet de garder le contrôle entier sur la direction artistique. « Quand je ne savais pas jouer quelque chose, je le chantais à Xavier et il les reproduisait. Je ne suis pas une très bonne musicienne. » Bon, j’ai argumenté quelque peu… disons que la barre que Fishbach met pour être bon musicien est quand même assez haute.

La genèse

Après 4 ans à faire partie d’un groupe de synth-punk, Fishbach a donné un concert ennuyant. Ce fut assez pour que le duo décide de terminer l’aventure. Par la suite, elle s’est retrouvée seule dans sa chambre à se demander ce qui allait arriver. « Quand ça s’est arrêté, j’ai senti un grand vide. La première fois qu’on a fait un concert avec le groupe, je me suis rendu compte que c’est sur scène que je voulais être. Tu es à poil devant les gens et pourtant, je me suis senti super à l’aise. Enfin, je pouvais être moi-même. Je compare souvent la musique et le sexe, parce que pour moi, ce sont les deux libertés qui me restent. » Elle s’est retrouvée seule et avec un iPad elle a commencé à composer ses chansons.

Elle a commencé jeune à 17 ans, bien qu’elle considère que ce n’est pas si jeune. « Regarde The Lemon Twigs, ils sont jeunes et ça défonce. 17 ans c’est vieux pour commencer à faire de la musique. » Elle fait aussi miroiter que pour une femme, la date de péremption arrive plus vite. « Je ne vois pas de femmes de 40 ans émergés, mais je vois des groupes du même âge faire leur place. Heureusement, c’est en train de changer. Déjà, il y a de plus en plus de femmes et j’espère que ça va continuer comme ça. »

Parlons des vraies affaires

Fishbach en a surpris quelques-uns lorsqu’elle a cité GTA Vice City comme une inspiration pour son projet. Il était donc normal de prendre quelques minutes pour parler jeux vidéos. « En ce moment je joue à The Witcher 3. »


 

« Je suis très jalouse d’un de mes musiciens qui vient de s’acheter la Nintendo Switch et donc il joue à Zelda. J’ai peur de la Switch, parce que je dois aussi composer de la musique parfois. J’ai beaucoup aimé les deux premiers Fable aussi. C’est une façon de me détendre et de prendre du temps pour moi. »

Parlant de composition et d’écriture, Fishbach parle d’autofiction lorsqu’il s’agit de ses chansons. « Nous sommes tous dans l’autofiction lorsqu’on écrit des chansons. Déjà, il y a un format à tenir, il y a un refrain alors forcément on insiste sur quelque chose. J’ai dit autofiction parce que je m’inspire de ma vie pour en faire une histoire qui est transposable à chacun. Ce sont des histoires personnelles que je tente de rendre universelles. J’essaie de me dédouaner de ces histoires. Déjà, on se met à poil devant les gens (je parle beaucoup de nudité hein?) quand on livre des moments aussi intimes, les mots créent une sorte de barrière. Il y a des chansons qui sont aussi ce que j’aurais aimé vivre si j’avais fait des choix différents. C’est un peu l’effet papillon. Je pense que les musiciens sont tous des gens sensibles qui ont vécu des événements qui les ont marqués. Comme disait David Lynch, c’est à travers son art qu’il déverse ses démons et ça lui permet d’être beaucoup plus équilibré dans la vie. Il y a qui font du sport et moi je fais ça. »

Fishbach sera en spectacle vendredi le 16 juin 2017 sur la scène Sirius XM des FranoFolies de Montréal et samedi soir, le 17, en première partie de Bernhari à l’Astral.

http://ffishbach.tumblr.com/

Les finalistes des Francouvertes 2017 : Laurence-Anne

Jean-François LeBlanc

C’est dans le cadre de la finale de la 21e édition des Francouvertes que nous avons eu en entrevue les trois finalistes du concours. On termine cette série de rencontres avec Laurence-Anne qui nous aura offert Si La Lune en novembre 2015, ainsi que Session Live, en janvier 2017. C’est avec grand plaisir que je l’ai rejoint par téléphone afin de revenir sur son expérience des Francouvertes.

En rétrospective

D’entrée de jeu, Laurence-Anne se dit satisfaite de la tournure des préliminaires. « C’est une belle surprise que je me suis rendue jusqu’en finale parce qu’au fait, je me suis inscrite et on dirait que je n’avais pas d’objectifs précis. T’sais, mon but, ce n’était pas de me rendre en finale, je suis comme très contente d’être rendue là », me dit-elle. L’artiste s’est dévoilée sereine en revenant sur chacune des étapes des Francouvertes. Elle a même trouvé le processus très formateur. Selon les commentaires reçus après chaque soirée, Laurence-Anne me confit qu’elle a obtenu un mélange de commentaires positifs et négatifs. « C’était vraiment deux extrêmes », selon elle. Recevoir ce genre d’avis du public l’a incité à se concentrer uniquement sur le set du spectacle. « On a juste regardé les chansons qu’on avait, on s’est dit : on va essayer de faire un autre set, on va mettre des chansons qui bougent plus, on va modifier l’ordre des chansons », me raconte-t-elle. C’est à la demi-finale qu’elle a reçu de bons retours suite à ces modifications. « Le but, ce n’est pas de prendre et de tout changer pour plaire à tout le monde, c’est vraiment juste de cerner qu’est-ce qui fait du sens à nos yeux. On était d’accord avec ça et on s’est dit : on va essayer autre chose ». Finalement, la bande de la jeune Kamouraskoise a su retourner les commentaires du public à leur avantage. Ce qui les aura menés très loin.


 

La bibitte

C’est avec l’image de la belle « bibitte » sympathique que Laurence-Anne a su se démarquer auprès du public et du jury au fil des semaines du concours. Et vous savez quoi? Cette comparaison plaît beaucoup à l’artiste. « Je n’ai pas l’impression que ce que je fais est 100 % accessible, que ça va chercher un public large, mais des retours que j’ai eus, je sais que ça pique la curiosité, c’est des gens qui sont intéressés à découvrir quelque chose qui sort un peu des cadres musicaux, de ce qu’on entend à la radio, de ce qu’on entend partout. C’est ce genre de public là que je recherche donc je trouve ça intéressant qu’on me définit comme ça parce que c’est justement les gens qui cherchent à découvrir des projets un peu plus hors norme. Ils vont lire cette description-là et ils vont être comme ah oui, c’est ça que j’ai envie de découvrir. J’ai l’impression que c’est la bonne description pour attirer le public pour qui j’ai envie de jouer ». Même si certaines personnes trouvaient le projet un peu bizarre dans les commentaires que l’artiste recevait, elle s’est rendue tout de même en final. Pas mal, pour une bibitte.

La soirée du 8 mai

Laurence-Anne m’a parlé (en avant-première) de petites primeurs de la soirée du 8 mai. C’est dans un climat de camaraderie que la jeune fille montera sur scène au Club Soda avec deux de ses amis en concurrence. Elle m’avoue qu’elle ne pense pas qu’il y aura une compétition malsaine entre ses deux comparses puisqu’elle connait bien ses adversaires. « Pour vrai, ça tombe vraiment bien parce que Lydia et moi, on se connait depuis deux-trois ans. On a fait ma Première Place des Arts ensemble, la même année, on est comme amies depuis ce temps-là. Vincent de Les Louanges, je ne le connais pas vraiment depuis très longtemps, mais on a eu la chance d’être dans le même milieu, on a les mêmes amis. On a eu la chance d’avoir des soirées ensemble, de se côtoyer, on a eu des entrevues ensemble, on a passé des après-midi ensemble dans un café pour jaser. Ce n’est vraiment pas une ambiance compétitive, on est juste là, on s’entend bien, on a du fun et on est vraiment content de partager la scène de cette soirée-là ».

Quant à la performance de Laurence-Anne… que nous réservera-t-elle lors de la soirée du 8 mai prochain? Des étoiles et beaucoup de magie. Parole de bibitte! On ne se pose pas plus de questions. Rendez-vous lundi prochain au Club Soda pour la grande finale des Francouvertes!

https://laurence-anne.bandcamp.com/

http://francouvertes.com/

Les finalistes des Francouvertes : Les Louanges

Crédti: Jean-François LeBlanc

Toujours dans le cadre de la finale de la 21e édition des Francouvertes, nous avons eu en entrevue les trois finalistes du concours. J’ai donc rejoint le meneur de la formation Les Louanges, Vincent Roberge au téléphone. Il avait fait paraître son EP vitaminé Le Mercure, en mars 2016.

Surnommé Les Louanges après une grosse soirée en fin de secondaire, Roberge a eu quelques groupes musicaux entretemps. Après un passage au Festival International de la chanson de Granby, Vincent a eu l’idée d’adopter ce nouveau surnom. Depuis, il m’avoue avoir attiré une délégation de fans venant du Congo. Un bon signe.

Le concours

J’ai rencontré un jeune homme de 21 ans prêt et groundé pour le grand spectacle du 8 mai prochain. D’abord, Roberge revient sur l’énorme processus que sont les Francouvertes. L’ayant vécu avec beaucoup de plaisir, le chanteur affirme : « C’est une période très intense, mais ponctuée d’évènements forts… mais de beaucoup d’attentes. C’est comme des émotions fortes en gestation, tout le temps ». Pour lui, ce concours l’aura incité à donner tout ce qu’il avait, et ce, jusqu’au bout. Avant de s’embarquer dans l’aventure, Roberge démontrait une tendance à changer de style musical aux quinze jours et les Francouvertes lui auront permis de garder le focus tout en restant fidèle à lui-même, et ce, le plus possible : « À chaque fois, c’est de travailler les détails, tout le temps t’sais, moi je crois que ça m’a forcé à me donner une petite coche ». Et le voilà en finale. Rendu là, l’artiste se dit très heureux.

La critique

Qui dit Francouvertes, dit commentaires du public et des médias. Roberge se considère très chanceux de la réception. Il me confit qu’il n’avait pas encore reçu les commentaires de l’auditoire issu des demi-finales. Cependant, aux préliminaires, le chanteur de Les Louanges a reçu un accueil chaleureux face à son projet musical. Lorsque les commentaires sont écrits de manière pertinente, Roberge voit ça comme une façon de travailler sur des aspects de sa démarche artistique. Toujours dans un but de s’améliorer. Il trouve ça bien glorifiant tant et aussi longtemps qu’on reste dans le constructif. Comme le souligne Vincent Roberge, Sylvain Cormier n’a pas été tendre  dans Le Devoir. « C’est sûr que Sylvain Cormier a pas trouvé ça cool. Il trouve qu’on a l’air trop pro. Ça ne me dérange pas que Sylvain Cormier ça y tente moins pis que les juges me placent en première place. […] J’ai pas de trouble à ce qu’on me dise qu’on aime moins ce que je fais, mais tant qu’à le faire, je préfère qu’on le dise franchement plutôt que de dire que je suis un petit gars. »

La compétition

Selon Roberge, la soirée du 8 mai prochain sera une « méchante belle soirée ». Pas question de vivre un spectacle avec une concurrence vive. « J’pense que ça va être une compétition saine, on aimerait tous ça gagner, on veut tous être bien bons. C’est drôle parce qu’avec Lydia, on se niaisait un peu. Elle m’avait dépassé aux préliminaires et c’est moi qui l’a dépassé pendant les demi-finales, fak en même temps, s’il y aura de la compétition, je crois que ça sera sain et amical. Ça va être un bon show, rendu là être en finale, c’est déjà un bel accomplissement ». Ce qu’il est serein ce jeune homme!

L’Après-Francouvertes

Peu importe le résultat du 8 mai prochain, Vincent aimerait beaucoup faire de la recherche et du développement pour son projet musical. Et multiplier les occasions de spectacles. Par la suite, il pense enregistrer soit un EP ou un album en automne. « J’ai des tounes en gestation, j’ai des trucs que personne n’a jamais entendus qui vont être peut-être autre chose de ce que j’ai présenté déjà aux Francouvertes », affirme-t-il. Ça attise la curiosité tout ça.

Le suspense est là! Rendez-vous le 8 mai prochain au Club Soda pour découvrir ou redécouvrir Les Louanges en prestation!

http://francouvertes.com/

https://leslouanges.bandcamp.com/