Emerik St-Cyr Labbé Archives - Le Canal Auditif

Critique : Mon Doux Saigneur – Mon Doux Saigneur

Mon Doux Saigneur lance son premier album qui était très attendu dans l’industrie musicale. Depuis ses premières sorties indépendantes sur Bandcamp, Emerik St-Cyr Labbé séduit les mélomanes qui évoluent pour les médias, les autres artistes et ceux qui gravitent autour du Quai des Brumes. Il faut dire que le jeune homme est un parolier et un compositeur doué. Est-ce que ça se transmet sur son premier album en bonne et due forme?

Oui, totalement. Mon Doux Saigneur arrive avec un folk légèrement crasse qui compte à la fois sur des structures de chansons intelligentes et différentes de ce qui se fait ainsi que des textes qui capturent la poésie des situations quotidiennes. Avec ce premier album, le finaliste des Francouvertes en 2016 prouve que la foi qui avait été placée en lui en valait le coup. Le buzz n’est pas artificiel.

« J’ai jamais dit que j’étais lucide
J’ai jamais dit que j’étais sauvage
J’ai jamais dit que j’étais sénile
J’ai jamais dit que j’étais un mirage
J’ai jamais dit que j’allais sauver le monde
J’ai jamais dit que j’allais pas sauver le monde
J’ai jamais dit que j’allais sauver le monde
J’ai jamais dit que j’allais pas sauver ton monde»
Le Courant

Le Courant ouvre l’album homonyme et nous percute par sa progression qui chante du tout au tout en plein milieu. Oubliez les refrains faciles, Mon Doux Saigneur tisse des toiles poétiques avec ses mots qui évite les terrains convenus. Déjà, Primitif nous indiquait qu’on pouvait s’attendre à des chansons de qualités et ça ne se dément pas sur ce premier album. Ne pensez pas pour autant qu’il reste emprisonné dans ses sonorités folk, Poff poff rentre au poste avec un rock contagieux et entraînant.

Pour la plupart, les chansons qui se retrouvent sur l’album sont des compositions qu’on a peu entendues avant. Il y a cependant une exception, Ici-bas, une chanson qu’il traîne avec lui depuis un bon bout de temps. Par contre, sa version ici est délicieuse, ralentie et rendue plus lourde. Une chanson qui parle de la grève de 2012 (des étudiants québécois) qui a marqué une génération au fer rouge. Une génération qui a compris que l’établissement n’était pas là pour lui faciliter la vie ou encore se pencher sur ses préoccupations.

« Envoyez la boucane
Envoyez les bombes
On trouvera ben une façon de se rendre
Envoyez les gros pits
Avec les répercussions
On s’agitera dans la ville jusqu’au dernier son»
Ici-bas

Musicalement, on reconnaît une filiation avec ce que propose Bernard Adamus, mais aussi un Philippe B pour les pièces plus tranquilles. Dans les textes, ça donne parfois l’impression de la folie des textes des chansons de Robert Charlebois souvent signé par Mouffe. Bref, c’est du gros stock.

C’est un premier album tout à fait réussi pour Émerik St-Cyr Labbé qui est entourée de solides musiciens: David Marchand (Eliza, Zouz), Étienne Dupré (Caltâr-Bateau, Jesse Mac Cormack), Mandela Coupal-Dalgleish, Eliott Durocher (Caltâr-Bateau) et les deux réalisateurs Tonio Morin Vargas (Bernard Adamus) et JB Pinard (Pandacide, Fire/Works). Une sortie attendue qui ne décevra pas les mélomanes.

Ma note: 8/10

Mon Doux Saigneur
Mon Doux Saigneur
Grosse Boîte
39 minutes

Site web

FME 2017 : Jour 3

De retour pour une troisième journée du périple musical qui clôt la saison des festivals. Encore une fois, le FME m’a surpris en me faisant découvrir un artiste coup de cœur. Merci.

Du soleil et des tounes

C’est vrai qu’il était tôt pour un concert de Canailles, qui sont plus habituées à la semi-pénombre des soirées arrosées. Cela n’a pas empêché la bande de se faire aller l’accordéon et de gâter les nombreux festivaliers qui étaient présents au rendez-vous gratuit et extérieur. Le groupe a fait un habile mélange de chansons issues de ses trois albums dont le dernier, Backflips, est paru au printemps. Du début à la fin ça souriait dans la foule et ça dansait sur scène. C’était une bonne façon d’oublier le lendemain de veille bien présent de tous.

FME / Christian Leduc

Par la suite, nous nous sommes rendus chez Gibb à Évain en banlieue de Rouyn-Noranda pour une prestation de Laura Sauvage. Vivianne Roy est sur le point de lancer le deuxième album de son projet solo intitulé The Beautiful. Elle nous a livré les chansons de son nouvel album entrecoupé de chansons d’Extraordinormal. Entourée de ses fidèles compagnons : Jonathan Bigras (PONI, Les Guenilles) à la batterie, Dany Placard à la basse et Nicolas Beaudoin (PONI) à la guitare, elle nous a donné un peu plus hâte à la sortie de l’album vendredi prochain!

FME / Thomas Dufresne

Un autre artiste lancera son album vendredi prochain et il s’agit de Mon Doux Saigneur qui a fait un lancement en 5 à 7 à la salle des Chevaliers de Colombs. Emerik St-Cyr Labbé nous a livré ses premières compositions avec beaucoup de candeur et un sourire au visage. C’était touchant et surprenant, car les chansons ne sont pas exactement comme sur l’album. Sur scène la bande de musiciens dynamise certains titres, dont Ici-bas. Il nous a aussi livré le premier simple Primitif, qui a été rapidement bien accueilli et Barbara.

Du rock? Oui messieurs, dames

Les Dales Hawerchuk étaient visiblement contents d’être au FME. Les frères Séguin avaient même de la misère à contenir leur joie entre les chansons, nous envoyant des chaudières d’amour verbales. Le reste du temps, c’est avec leurs guitares rutilantes qu’ils nous caressaient. C’était tout un spectacle qui a filé à la vitesse de l’éclair. Avant qu’on s’aperçoive l’heure qui avait avancé, ils nous ont lancé une Mais où est donc Carnior? inspirée par la tête. Ils ont évidemment joué leur immense succès Dale Hawerchuk. Pierre Fortin tenait évidemment la cadence comme un chef pendant qu’ils enfilaient Mon amour pour les machines et Lemmy. Un spectacle très réussi.

FME / Thomas Dufresne

Tout ceci à ce jour était des terrains connu. Plaisant et réussis, mais connus. Puis, je suis arrivé au Cabaret de la dernière chance pour It It Anita. Attention, c’est de la bombe! La formation belge a beaucoup écouté de Fugazi et crée des chansons aussi délicieuses qu’impressionnantes. C’est ma découverte et mon coup de cœur du festival à date. En plus de briser une guitare (eux aussi), ils ont terminé la dernière chanson en bougeant la batterie à trois occasions à travers la foule. C’était totalement réussi.

FME / Christian Leduc

On se rejase mardi matin de la suite des choses. Bon lundi de congé les mélomanes!

10 albums à surveiller en septembre 2017

Jason Bajada – Loveshit II (Blondie & The Backstabberz) (1er septembre)

Jason Bajada a sorti deux albums en français dans les dernières années, mais voici qu’il retourne à la langue de Shakespeare pour Loveshit II. Le grand montréalais a plus d’un tour dans son sac et les quelques extraits parus dans les dernières semaines nous prouvent qu’il garde une place spéciale dans son cœur pour Ryan Adams et les Beatles. On a très hâte d’entendre l’album au complet, parce qu’à date, c’est concluant. (pssst, notre critique.)


 
 

LCD Soundsystem – American Dream (1er septembre)

C’est l’un des retours les plus attendus de l’année. Finalement, la pause de LCD Soundsystem aura duré beaucoup moins longtemps que bien des mélomanes appréhendaient. Après leur retour sur scène en 2016, c’est maintenant un album complet que James Murphy et ses acolytes nous servent. Les premiers simples semblent pointer vers un nouveau succès total. (psst : Voici la critique de LP Labrèche)


 
 

Laura Sauvage – The Beautiful (8 septembre)

Vivianne Roy des Hay Babies mène son projet solo depuis environ deux ans et à date, elle est remplie de surprise. La chanson Alien (Anything Like It, Have You?) nous rappelle qu’on ne peut rien prendre pour acquis. Les sonorités eighties et les synthés habilement utilisés s’ajoutent à sa mélodie vocale surprenant qui tire ses influences dans les sixties. Ça peut sembler bizarre, mais ça marche à fond. On s’incline en attendant le reste de l’album.
 
 

Pierre Kwenders – Makanda at the End of Space, the Beggining of Time ( 8 septembre)

Pierre Kwenders nous ramène aussi dans le passé avec Makanda, son deuxième album. Si on se fie au premier simple, ça va être sexy mes amis. La pièce fait appel à des saxophones langoureux pendant que Kwenders se fait plus aguicheur que sur Le Dernier Empereur Bantou. Peut-être qu’il cherche à augmenter la population locale… en invitant les rapprochements. Bref, réserve ça pour ta prochaine soirée en amoureux.


 
 

Mon Doux Saigneur – Mon Doux Saigneur (8 septembre)

Emerik St-Cyr Labbé est un poète doué qui s’amuse avec les mots d’une manière déconcertante. Celui qui était de la finale des Francouvertes en 2016 présente son premier album très attendu. Pour vous donner une idée de sa facilité à tisser des images avec des mots peu usuels :

« Que faites-vous primitifs dans le sens le plus sapien ?
Presque sens d’un nouveau mode de pensée
La plus belle avenue du monde n’est pas faite de pavée
La plus belle avenue du monde, c’est la main drag de ton esprit de callé »

Bref, on a bien hâte de pouvoir se gaver de l’album en entier.

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Les 3 étoiles du 16 juin 2017

Mon Doux Saigneur – Primitif

Allo le nouveau simple de Mon Doux Saigneur. C’est bon en torpinouche. Emerik St-Cyr Labbé arrive avec un son pas mal plus travaillé alors que sa poésie elle est toujours intacte et aussi douce aux oreilles. En plus, l’excellente Primitif arrive pour annoncer un premier album pour le jeune homme. L’album homonyme atterrira sur terre le 8 septembre prochain. On a déjà hâte!

Pierre Lapointe – La science du coeur

Pierre Lapointe joue ces jours-ci son spectacle Amours, délices et orgues et en conséquence, il a fait paraître vendredi dernier La science du cœur. Celle-ci nous ramène dans les meilleures années du chanteur grandiloquent. Ça rappelle la Forêt des mal-aimées et Sentiments Humains musicalement parlant et par sa parole directe et poétique.

« Les magiciens des temps modernes savent bien comment mentir en fabriquant le beau en tuant quelques souvenirs. »

Il faut aussi noter la magnifique direction artistique du vidéoclip fait de contraste de couleurs saturées. C’est bon pour les oreilles, beau pour les yeux et prometteurs pour le prochain album.

BEAK – Sex Music

Pendant qu’on est dans les bonnes nouvelles, le groupe de Geoff Barrow (Portishead) BEAK faisait paraître un nouveau simple vendredi dernier. C’est groovy à souhait et la chanson tient quand même bien son nom bien que ce soit un univers d’intimité légèrement marginale et quasi dangereuse que le groupe nous présente. Le vidéoclip qui l’accompagne est tout à fait magnifique avec ses images dynamiques et sa belette qui danse.