chicago Archives - Le Canal Auditif

Pitchfork Music Festival : une fin de semaine magique

Une toute nouvelle édition du Pitchfork Music Festival débutait vendredi dernier. Si vous saviez à quel point j’étais excitée de couvrir cet événement organisé par les gens derrière le célèbre blog américain de critique musicale!

Vendredi Jour 1

Je commence ma journée avec la formation de Washington, Priests, qui était de passage à la Scène Verte dès 13 h 45. Après avoir englouti une couple de frites (on se gâte en voyage), je me dirige vers la foule. Le groupe a commencé sa performance avec de multiples titres engagés et personnels qui se sont avérés excellents pour la foule du Pitchfork. La voix rocailleuse de la meneuse de jeu Katie Alice Greer a su donner le ton au concert. En plus de dynamiser l’espace, la bande s’est démontrée drôlement efficace. On note aussi le maquillage et le costume de la chanteuse. Ombre à paupières bleue avec une chevelure blonde dorée. En plus d’une redingote longue et fleurie, elle arborait une robe jaune. En tout cas, mon début de vendredi commence ben flyé! On aime ça.

Pitchfork Music Festival

On continue cette aventure avec Hiss Golden Messenger. Le folk rock du groupe nous garde en haleine du début jusqu’à la fin. On aurait juré, voir la foule danser sur des airs de Achy Breaky Heart. En tout cas, sous le soleil américain, on peut l’affirmer, c’est quand même très cool de se déhancher sur du country tout relax.

On poursuit avec l’énorme coup de la journée. Le prince Vince Staples qui était de passage sur la Scène Verte au coup des 16:00. Sous des effets de fumées, le rappeur californien se montre le bout du nez pour interpréter Party people. Son public se met à sauter. Il enchaîne avec BagBak et Ascension (reprise de Gorillaz). L’énergie est tout simplement électrisante. Vince Staples possède une présence magnétique sur scène. Il ne s’arrête jamais, il est là pour faire le show. Honnêtement, on ne peut qu’être conquis. Mettez les titres de son nouvel album The Big Fish Theory : Yeah Right et 745, rajoutez quelques images de projection oranges puissantes et vous avez un fichu de bon spectacle. Ma-la-de.

Pitchfork Music Festival

À 17 h 15, je me dirige vers la Scène Bleue. Un mot pour décrire mon passage : aventureux. Il y avait foule foule foule foule pour voir la pop indie dodelinante de Frankie Cosmos. Plutôt chouette à voir en performance, le groupe nous présente quelques chansons de son dernier album paru en 2016, Next Thing. Très bien rodée, la performance s’est avérée sans anicroche. On aime bien le charisme sur scène de la meneuse de jeu Greta Kline. Sympathique, elle nous a bien accueillis dans la zone bleutée du festival comme si tout le monde était invité à jammer dans un party de sous-sol. Bien cool, tout ça.

Au tour de Danny Brown de monter sur la Scène Verte vers 18:00. Après l’énorme succès de son disque Atrocity Exhibition, il était évident de le retrouver au Pitchfork. Ramenant un bon nombre d’admirateurs, le rappeur originaire de Détroit, nous convie dans son univers très engagé où il utilise la scène comme un véritable terrain de jeu. D’un bout à l’autre, l’artiste se promène sans trop ne jamais s’arrêter. Après les Kool Aid, 25 Bucks et When it Rain, Brown ne se laisse pas faire. Il fait défiler les mots à la puissance de l’éclair. Tout est rapide. Tout est excellent. Grosse figure de hip-hop à (re) découvrir dès maintenant. Hey, ça rime. Deviendrai-je une rappeuse?

On termine cette première journée avec LCD Soundsystem vers 20 h 10. La soirée se fait un peu plus frisquette. On s’en fout, je ne suis pas fait en chocolat. Je le mange moi le chocolat. Voilà. Alors, pour en revenir à LCD, j’oriente mes flûtes pour aller vers la Scène Verte. J’ai passé une soirée magique. Toujours en très grande forme, LCD défend les Yr City’s a Sucker, I Can Change, Daft Punk is playing at my house, Dance Yrself Clean… pour faire danser la foule. On a eu droit à des sons sulfureux, des projections groovys où l’on pouvait même voir la ville de New York en arrière-plan (sur New York I Love You, But You’re Bringing Me Down). Gigantesque soirée pour lâcher son fou.

Pitchfork Music Festival

Jour 2

Samedi, je suis allée voir la formation Weyes Blood sur la Scène Verte vers 2:30. Le groupe menée par la talentueuse Natalie Mering. Le spectacle était d’une excellente sonorisation qui rendait gloire à l’album Front Row Seat to Earth. Avec un synthétiseur, des claviers, une guitare et une batterie, la disposition scénique était intéressante. Mering nous proposait un set assez floral qui regroupait les 7 words, Generation Why, Used to Be et Diary. J’étais bien satisfaite du rendu musical, règle générale. La musique de Weyes Blood m’a fait balancer la tête tranquillement sous la brise Chicagoise.

Par la suite, je me rends à 2 h 45 vers la Scène Bleu pour rejoindre la bande de Cherry Glazerr, originaire de Los Angeles. Belle découverte en ce qui me concerne! Le trio qui œuvre principalement dans le gros rock fuzzé a su conquérir mes oreilles. On aime aussi la capacité vocale de la chanteuse. Elle était capable d’utiliser divers niveaux de voix en restant dans des tonalités très graves. Ça frôlait presque le métal. Fou raide!

Après, je me rends vers la performance du groupe mythique George Clinton and Parliament Funkadelic. Supra-festif. Avec des sections de cuivres, des choristes et même des danseurs, la musique de Clinton est toujours d’actualité. La foule prenait plaisir à danser et avec raison. Il fallait absolument que je voie ce groupe légendaire. Je n’ai pas été déçue.

L’aventure se poursuit avec Angel Olsen vers les six heures. Devant un soleil couchant, l’artiste a dévoilé les titres de son plus récent album My Woman. Shut Up and Kiss Me, Sister, Never Be Mine passent. La voix écorchée d’Olsen se fait entendre sur scène. Elle est venue me chercher, directement. Étant une grande fan de la chanteuse, j’étais très contente de la voir pour une première fois ici, à Chicago. Frissons après frissons, on écoute et on se laisse guider par ses riffs de guitare et sa présence scénique. Un moment bien charmant.

Pitchfork Music Festival / Alexa Viscius

Les gars de S U R V I V E embarquent sur la Scène Bleue. Équipée d’une couple de synthétiseurs et de bidules électroniques, la formation nous a présenté quelques-unes de leurs chansons, dont certaines parvenaient directement de la bande sonore de la série Stranger Things. Super performance qui nous a ramenés instantanément dans les années 80. En spectacle, l’ambiance était très bonne. Sous des éclairages verdâtres étincelants, le DJ set était bien structuré. Chouette.

Le hip-hop du légendaire groupe A Tribe Called Quest clôt cette deuxième journée sous les étoiles. Énorme fiesta qui a rassemblé une multitude d’admirateurs venus spécialement entendre les chansons du groupe. On a retrouvé The Space Program, Oh my God et même une reprise de Busta Rhymes Who! Ah! Got you all in check, par,exemple. Ça swinguait fort, samedi soir.

Jour 3

On commence cette troisième journée du Pitchfork avec l’Américain (basé à Montréal) Colin Stetson. Armé de trois saxophones, le musicien en a soufflé plus d’un dans la foule. D’une certaine façon, ces instruments se sont mélangés avec le corps de Stetson. On aurait cru voir une (belle) créature qui nous a interprété les chansons de son plus récent disque All This I Do For Glory. Doté d’une forte concentration et d’une incroyable respiration, Colin Stetson a été impressionnant dans la manipulation de son objet de prédilection. Noté surtout sur les pièces Judges et Beetween Water and Wind. Le concert de l’artiste a été un moment unique dans ma journée.

Peu après, on croise la saveur locale NE-HI pour une ribambelle de chansons rock garage issues de leur nouvelle galette Offers. On suit les mouvements dansés du chanteur à la coupe de cheveux bien en vogue. Les guitares se déchaînent, les pieds de micro partent dans les airs. La musique de NE-HI ne fait que prolonger l’été en arborant nos plus beaux coats de jeans. Rock and roll!

Par la suite, on rencontre la soul de Jamila Woods sur la Scène Verte. Après avoir sorti le très ensoleillé HEAVN, il y a de ça un an, l’artiste nous chantait plusieurs titres optimistes empreints d’une profonde solidarité. Heureuse d’être parmi nous, Woods est clairement une vocaliste talentueuse qui prend plaisir à jouer avec les mots.

Au tour de Nicolas Jaar de prendre place à la Scène Rouge. Je vous dirais que le spectacle a vraiment décollé vers le mi-chemin avec des mélodies teintées de house, de techno et de dubstep. En plus de rallier un bon nombre de personnes à danser, Jaar était inarrêtable derrière ses ordinateurs. Très pétillant.

C’est Solange Knowles (la sœur de l’autre) qui ferme la marche à la Scène Verte. Défendant les titres de son disque pop A Seat At The Table, la chanteuse possède de grands talents de « showgirl ». Derrière un décor coloré, Solange était accompagnée d’un groupe et de quelques choristes qui suivaient des mouvements chorégraphiés. Tout se suivait à la lettre, de manière très artistique. Il y aurait de quoi analyser niveau art contemporain et symbolisme, je vous dirais. Ce fut tellement magnifique de constater l’ensemble au clair de lune. Le concert prenait tout son sens. Envoûtant.

Le Festival tire à sa fin. Merci, Pitchfork, pour la fabuleuse expérience. Merci, Pitchfork, pour le support d’une culture musicale indépendante originale et de qualité. Merci pour les découvertes. Merci, Pitchfork, de rassembler tous mélomanes avides de nouveautés. Merci, Pitchfork, d’être ce que tu es… une référence extrêmement importante pour chacun d’entre nous.

À l’an prochain!

http://pitchfork.com/festival/chicago/

Pitchfork Music Festival : 10 artistes qui nous allument

J’ai l’honneur d’aller représenter Le Canal Auditif à Chicago pour le prestigieux Pitchfork Music Festival qui se tiendra du 14 au 16 juillet prochain dans le grand Union Park. La programmation a dévoilé une belle brochette de musiciens. Notons les têtes d’affiche Solange, A Tribe Called Quest et LCD Soundsystem qui seront, sans aucun doute, des spectacles à ne pas manquer.

Pour l’occasion, je vous ai concocté une sélection d’artistes à (re)découvrir dans le cadre du festival. C’est parti!

Angel Olsen

Un des incontournables du festival. L’auteure-compositrice-interprète, originaire du Missouri, m’avait conquit les oreilles avec son deuxième album Burn Your Fire For No Witness, paru en 2014. Un disque folk/rock grungy convaincant et assez réussi. Depuis, en 2016, la consécration s’est poursuivie avec My Woman, album qui regroupait des chansons rock empreintes d’une profonde nostalgie. Samedi à 18h15 sur la Scène Verte, elle y sera. Moi aussi. Oreilles comprises.


 

NE-HI

Les rockeurs de NE-HI, originaires de Chicago, nous avait offert Offers en février dernier. Une galette aux sonorités garages, brutes et nerveuses. Les Américains donneront sûrement tout en performance. Ils ont cette énergie musicale qui ne peut que durer. En concert dimanche à 14h30 à la Scène Verte.


 

Vagabon

Une de mes plus belles découvertes musicales que j’ai fais cette année. Laetitia Tamko, qui est derrière le nom de Vagabon, a suscité l’attention de plusieurs avec son Infinite Worlds, sorti l’hiver dernier. La jeune brooklynoise, originaire du Cameroun, oeuvre dans un rock crû, tantôt shoegaze, tantôt garage. Rajoutez quelques éléments pop et le tour est joué. L’ascension est là. Le nom de Vagabon sera bientôt sur toutes les lèvres. Êtes-vous prêts? En concert à 13h00, samedi à la Scène Verte.


 

Colin Stetson

C’était clair. Il ne fallait pas passer à côté de l’Américain, dorénavant basé maintenant à Montréal, Colin Stetson. Après la sortie de l’excellent All this I Do For Glory, chose certaine, le petit prodige du saxophone en fera vibrer plus d’un avec son instrument de prédilection. En spectacle à 13h45, dimanche, sur la Scène Rouge.


 

Weyes Blood

Natalie Mering, ayant le pseudonyme Weyes Blood, montera sur les planches du Pitchfork pour nous présenter ses superbes mélodies pop/rock de son troisième long-jeu Front Row Seat to Earth. Parions qu’en pleine nature, la performance sera magnifique. En prestation à 14h30, samedi, sur la Scène Verte.


 

Pages : 1 2

Critique : Meat Wave – The Incessant

Au mois d’août dernier, la Brute du Rock, entre une multitude de gin-tonics et de nombreuses séances de sadomasochisme, nous jasait de l’album Delusion Moon de la formation chicagoaine Meat Wave; un excellent disque. Menée par l’intense guitariste-chanteur Chris Sutter (aucun lien de parenté avec la légendaire famille de hockeyeurs professionnels), la bande revenait récemment à la charge avec une nouvelle création intitulée The Incessant. Et qui de plus compétent que Steve Albini pour réaliser le disque d’une jeune formation punk ?

Même si aujourd’hui, l’appellation « punk » est surutilisée pour qualifier des groupes qui ne le sont pas réellement, Meat Wave mérite parfaitement la dénomination. Pourquoi ? Parce que Meat Wave interprète leurs chansons comme si leur vie en dépendait et, plus que jamais, sur The Incessant, le trio fait preuve d’une intensité qui fait peur.

Après moult tournées aux quatre coins de l’Amérique, Chris Sutter a mis fin à une longue relation qui a duré près de douze ans. S’ensuivit une période tumultueuse où l’homme a sombré dans les troubles anxieux et épisodes d’auto-destruction qui ont failli le tuer… Rien de bien jojo. Revenant difficilement à la vie, Sutter a rameuté ses potes, Joe Gac (basse) et Ryan Wizniak (batterie), et s’est attelé à la tâche afin d’écrire 12 brûlots punk. Le titre de l’album, The Incessant, est une référence directe à ces crises anxiogènes répétitives et constamment anticipées par celui ou celle qui les vivent.

Si sur Delusion Moon on percevait le talent mélodique de Sutter, sur The Incessant, on est happé par les mélodies inspirées du bonhomme. Musicalement, la pédale est dans le fond, les chansons sont mieux fignolées et la réalisation rêche d’Albini confère à l’ensemble de l’œuvre une authentique violence, une parfaite intensité. Sutter nous garroche littéralement toute son anxiété, sa rage et son nihilisme avec une véracité qui trouble. Bizarrement, j’ai tout de suite pensé à la fureur vitriolique de… Fiona Apple ! On retrouve la même honnêteté que la dame, mais avec un son magnifiquement décapant.

Le jeu de guitare de Sutter est inventif et la section rythmique n’a qu’à suivre le leader dans ses méandres psychologiques. On pense immédiatement à des vétérans comme Drive Like Jehu, Trail Of Dead, Hot Snakes et Fugazi, mais avec un je-ne-sais-quoi de mélodiquement accrocheur qui donne envie d’y revenir. C’est brut, direct, sans compromis musicalement et littérairement parlant. Parmi mes coups cœurs : la très Hot Snakes titrée To Be Swayed, le frémissant refrain dans Tomosaki, la plus posée The Light, la sublime pièce-titre ainsi que la conclusive Killing The Incessant.

Honnêtement, Meat Wave redore le blason un peu flétri du punk mélodique et juste pour cette raison, je vous exhorte dès maintenant à prêter l’oreille à The Incessant. Un dangereux « grower » qui assaillera autant vos oreilles que vos tripes.

Ma note: 8,5/10

Meat Wave
The Incessant
Side One Dummy Records
36 minutes

https://meatwavechicago.bandcamp.com/

Whitney – Light Upon The Lake

WhitneyVous vous souvenez de la formation Smith Westerns? En 2014, après trois albums que bon nombre de hipsters ont adorés, la formation prenait le bord. La cause? Le départ de Max Kakacek, l’un des meneurs du groupe. Celui-ci n’a pas perdu trop de temps, car lors de la même année, il s’est adjoint les services du batteur Julien Ehrlich (Unknown Mortal Orchestra) afin de former Whitney… et c’est Ehrlich qui est le principal chanteur de ce nouveau groupe. Début 2015, le duo rameute un paquet de musiciens, donne une trentaine de concerts dans la région de Chicago et fait appel aux services de Jonathan Rado (Foxygen) afin de réaliser leur premier album.

Et le résultat fut révélé au tout début de juin dernier avec Light Upon The Lake. Et ça sonne comment Whitney? Exactement comme tous les artistes mentionnés dans le premier paragraphe: une mixture parfaite de Smith Westerns, Foxygen et un je-ne-sais-quoi de l’ex-formation Girls menée à l’époque par Christopher Owens. Pour vous donner une petite idée, Whitney propose un soft-folk rock duveteux aux influences seventies manifestes. Une basse ronde, de subtils arrangements de cordes et de cuivres, une voix haute perchée et un petit penchant «soul» font de ce Light Upon The Lake un disque estival parfait.

Un bon nombre de journalistes musicaux branchés ont flippé littéralement sur cette production. Malheureusement, même si j’ai somme toute apprécié le travail de ces jeunots, je ne fais pas partie des inconditionnels de la formation. Les chansons coulent de source, instaurant une atmosphère de «coolitude» insouciante assez captivante, mais à la fin de l’été, on aura tous oublié ce Light Upon The Lake.

En ce début de ce chaud été à venir, je dois admettre que la sortie de cette production survient au bon moment et devrait séduire le minuscule hipster qui sommeille chez certains d’entre vous. C’est enjoué, insouciant, ensoleillé et cette création a du «soul» à revendre grâce à ces moments «cuivrés» qui se révèlent subtilement tout au long de l’album. Whitney garde un pied dans le passé et l’autre dans une certaine modernité. Pas de doute, c’est un bon premier jet, mais de là à s’extasier démesurément, il y a un pas que je n’ai pas envie de franchir.

Les moments intéressants? Les cordes/cuivres dans No Woman, le petit côté country rock de Dave’s Song, le folk dépouillé Light Upon The Lake, le penchant rock sudiste évoqué dans No Matter Where We Go ainsi que la pianistique/jazzistique Red Moon.

Mais je me dois d’être honnête avec vous chers lecteurs. À moins d’une énorme surprise, dans quelques années, Whitney devrait aller rejoindre ses nombreux semblables qui font salle comble dans la catégorie «trois petits tours et puis s’en vont». Il n’y a aucune raison actuellement de bouder son plaisir, mais disons que Whitney pourrait ne durer que le temps d’une chanson. Mémorable? Non. Ben correct? Oui.

Ma note: 7/10

Whitney
Light Upon The Lake
Secretly Canadian
30 minutes

https://www.facebook.com/whitneychicago/

Andrew Bird – Are You Serious?

andrew-bird-album-rockL’homme-orchestre Andrew Bird propose un cinquième album solo de nouveau matériel nommé Are You Serious?. Côté mélodie, on ne réinvente pas la roue ni ne crée de vers d’oreille incroyable. Du simple et efficace, beau sans générer des frissons. Là où Bird réussit cette fois, c’est du côté des paroles.

L’album s’ouvre sur Capsized, avec ce qu’on croit être un duo entraînant de guitare électrique-violon. Mais si on connaît un tantinet Andrew Bird, on sait sa propension à tout jouer lui-même, et ce, avec un seul violon. Le multi-instrumentiste de Chicago joue de son violon comme d’une guitare électrique.

Festif, un brin rock comme Simon & Garfunkel peuvent l’être, Capsized tranche déjà des albums précédents d’Andrew Bird. Même les paroles versent dans l’humour. À propos d’une rupture amoureuse, il chante: «Sky is falling/No one is on your side/Spoon dirty laundry/Darling you’re all alone».

Roma Fade commence en douceur de violons et sifflements, mais la guitare ne tarde pas de bien rythmer la pièce, agrémentée d’une batterie enjouée. S’en dégage un sentiment d’urgence.

Épurée, Chemical Switches raconte le désarroi d’un homme devant sa compagne malade: «Chemical switches/Thrown in the dark/All it takes/Is a spark to begin».

Mention au duo avec la rugissante Fiona Apple sur Left Handed Kisses, qui, en trois minutes trente-six, trouve le moyen de nous amener dans trois univers différents et nous donne envie de trouver l’amour qui, comme le chante Bird: «[…] got me writing love song/with a common refrain like this one here, baby».

La chanson titre Are You Serious? aurait très bien pu se retrouver sur Armchair Apocrypha, paru en 2007. Folk avec violon électrique, intrigant et sautillant en même temps, dramatique et légère dans l’interprétation.

Saint Previous et ses sifflements, sonnant presque comme de la flûte de pan, épatent. On y entend le bruit des baguettes de la batterie s’entrechoquer, pendant un passage de violon en pizzicato.

Valleys Of The Youth oblige l’auditeur à vérifier s’il écoute encore du Bird. La balade rock de cinq minutes raconte l’envie d’avoir un enfant, la naissance, la vie qui s’éloigne des amis, le nouveau rythme, puis le moment où le fils tente de se suicider: «Driving down 65, to the hospital/To see if your adult son will survive or not/After taking those pills in the parking lot/You know the one behind the Marriott/This is a dream you won’t be waking/Still our hearts are constantly breaking».

Andrew Bird se réinvente sur Are You Serious? Si ce n’est pas mon préféré de sa discographie, l’opus se défend par sa qualité et son ingéniosité, son entrain. Le violon, toujours au premier plan, répond à la voix – chantée et sifflée – de Bird de bien belle manière.

Ma note: 7,5/10

Andrew Bird
Are You Serious
Indépendant
43 minutes

http://www.andrewbird.net/