Bernard Adamus Archives - Le Canal Auditif

Les francofolies 2017: soirée du 13 juin

Bon, ma soirée n’a pas vraiment commencé en soirée. Elle a débuté en début de journée alors que Tôt ou tard, une maison de disque qui représente Lisa Leblanc en France et qui est aussi responsable pour Albin de la Simone et Vianney, lançait officiellement ses bureaux de Montréal. Ça peut sembler anodin pour la personne qui ne gravite pas en musique, mais pour les artistes québécois comme Salomé Leclerc, ce genre d’association fait toute la différence. Non seulement Tôt ou tard ont du goût, mais ils le font par passion. C’est louable. On leur souhaite tout le succès qu’il mérite dans cette nouvelle aventure.

Louis-Philippe c’est un prénom gage de qualité

On partage un prénom. Mais bon, si Louis-Philippe Gingras ne faisait pas des bonnes tounes, je n’aurai aucun capital de sympathie pour lui. Le barde qui affectionne le folk, vire parfois country et maintenant rock faisait en quelque sorte le lancement de son EP La rangée des popsicles qui fait suite à son album bien réussi intitulé Troisième rangée. Il s’est présenté sur scène en pleine forme et en a sué une bonne quantité en chantant les chansons issues de son nouveau bébé. Sutton était touchante à souhait alors que Parc à chien était d’un réconfort parfait. On oublie souvent que Louis-Philippe Gingras tire de la guitare sans bon sens et il nous l’a prouvé encore une fois.

Bernard… il est rendu gros… mais son poid se maintient

Bernard Adamus occupait la grosse scène des FrancoFolies. Il y a quelque chose de surréel pour quiconque couvre la scène depuis des années. On se souvient d’Adamus dans l’intimité du Quai des Brumes pendant des soirées qui ne finissaient plus de finir. Aujourd’hui, il remplit la place des festivals. En entendant la masse chanter Rue Ontario, on a des frissons. Accompagné de son band, dont Tonio Morin-Vargas à la batterie et l’incroyable Alexis Dumais au piano, il a livré un mélange des trois albums avec une fougue magnifique. Il nous raconte que son spectacle se nomme excellente soirée parce qu’un ami travaillait dans un groupe qui jouait à Sagard (les Desmarais) et qu’une soirée en rentrant à la salle de bain, il a entendu des sons qui présageaient des senteurs nauséabondes. Lorsque Brian Mulroney est sorti de l’isoloir, il aurait clamé : « C’est une excellente soirée. » Tout cela avant d’entamer un Brun fait avec un peu plus de groove qu’à l’habitude.

Le grand musicien (il fait 6 pieds quelque…) a aussi offert une reprise de Faire des enfants de Jean Leloup tout à fait réussie et un 2176 intime. La question à 100 piasses a fait chanter la foule alors que Sorel Soviet So What était bien convaincante. Un spectacle qui confirme que Bernard Adamus est en quelque sorte le Plume Latraverse d’une génération. On s’incline bien bas.

Dans la nuit tu ?

Boucane. Les Indiens, groupe de stoner rock de Québec a achevé les festivaliers avec son savant mélange de lourdeur. Entre Tomahawk, Boucane et sa reprise de Kashtin, la formation a ensorcellé les festivaliers qui avaient décidé de pousser jusqu’au bout l’expérience des FrancoFolies. Fidèle à leur habitude, ils étaient d’une forme grandiose et je me demande souvent comment ça se fait qu’ils ne sont pas plus connus sur la scène rock québécoise.

Une autre grosse soirée de FrancoFolies. On se rejase demain pour la suite des choses.

http://www.francofolies.com/

La programmation du festival Diapason 2017

Le festival Diapason en sera à sa 9e édition du 6 au 9 juillet prochains. Cet événement lavallois fait belle figure depuis deux ou trois ans alors qu’ils attirent un mélange intéressant d’artistes de la relève et d’artistes marginaux établis. Encore cette année, ils nous proposent une programmation bien intéressante qui, on le rappelle, est entièrement gratuite!

Des grands noms de la scène underground québécoise

Vendredi le 7 juillet aura lieu un spectacle tout aussi éclectique que délicieux pour les tympans. Peter Peter, Chocolat et SUUNS s’enchaîneront sur la grande scène. De l’électro-pop de qualité, au rock garage bruyants, aux rythmes hypnotiques et dansants, ce sera un enchaînement audacieux, mais qui n’est pas sans charme. Le 8 juillet, c’est The Great Novel qui présentera les chansons de son plus récent album Skins, suivi de Fred Fortin qui sera excellent, comme d’habitude et finalement le grand Bernard Adamus et son folk percutant qui clôturera en beauté. C’est Avec pas d’casque qui vont offrir le dernier spectacle de la grande scène le dimanche après-midi. Ils seront précédés de Mon Doux Saigneur et Pang Attack.

Des découvertes en veux-tu, en v’la!

Dès le jeudi, les festivaliers pourront faire la connaissance de la formation The Sadies. Par la suite, ils pourront se frotter au groupe Fire/Works qui fait dans le folk et qui travaille sur son 3e album qui fait suite à Shenanigans. On y verra aussi le jeune Émile Bilodeau, qui était finaliste aux Francouvertes en 2015, Blood and Glass, le projet de Lisa et Morgan Moore, le groupe Eliza qui vient de lancer un EP homonyme, San James, le projet mélodieux de Marylise Senécal et finalement Stevenson, un groupe local qui fait dans le rock emo.

Parmi les autres artistes qui feront leur tour sur l’île Jésus, notons deux artistes qu’on aime bien. Louis-Philippe Gingras et son country-folk humoristique et centré sur les problèmes du quotidien ainsi que Mat Vezio qui a fait paraître le magnifique Avant la mort de fleurs cueillies. Le vendredi 7 juillet, les électriques de Lesbo Vrouven seront en spectacle en compagnie d’Organ Mood. Finalement, ceux qui n’ont pas encore fait connaissance de la récipiendaire des dernières Francouvertes pourront découvrir ses chansons le samedi 8 juillet.

Une programmation bien intéressante pour cette 9e édition du festival Diapason. On fait un petit tour à Laval?

http://www.festivaldiapason.com/

La programmation extérieure des FrancoFolies

Comme chaque année, une imposante programmation attend les mélomanes sur la place des festivals. Riche et variée, elle offre de la bonne musique pour tous les âges. Ce sera encore une fois, la fête au centre-ville de Montréal dans le cadre des FrancoFolies. Et tout cela, gratuitement!

Une grosse scène avec des gros noms

Le coup d’envoi sera donné par Les Trois Accords, Dumas, Pierre Kwenders et Lydia Képinski (récemment lauréate des Francouvertes) qui fouleront la scène lors d’un spectacle qui s’annonce haut en couleur. Yann Perreau aura aussi son soir pendant lequel Pierre Kwenders, Laurence Nerbonne et Philippe Brach viendront fêter son album : Le fantastique des astres. Bernard Adamus, Tryo, Karim Ouellet et Koriass auront tous aussi leur soir de gloire. Tout comme la mouture de l’album hommage à Desjardins qui fera un grand spectacle le 11 juin. Dans le cadre des célébrations du 375e, un spectacle en l’honneur de la ville sera présenté en clôture le 18 juin. On y retrouvera Les Cowboys Fringants, IAM (oui, ils roulent toujours leur bosse), le collectif Louve comprenant Ariane Moffatt, Marie-Pierre Arthur, Amylie, Laurence Lafond-Beaulne, Salomé Leclerc et plus, Tiken Jah Fakoly, Philippe Brach et K.O.K.A.. Vous pensez que c’est tout? Une soirée entièrement acadienne vous attend le 14 juin avec Lisa Leblanc, Les Païens, Les Hôtesses d’Hilaire, Joseph Edgar, Radio Radio et bien plus!

Des découvertes d’ici et d’ailleurs

Chaque année, on peut se frotter à de nouveaux artistes lors des FrancoFolies. Cette année, vous pourrez découvrir Vianney qui ne cesse de récolter les éloges en France. Samuele, gagnante du festival en chanson de Granby en 2016 et qui vient de lancer Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent, sera aussi de la fête! Zen Bamboo va débarquer aux Francos avec son rock pas piqué des vers le 10 juin tout comme Barbagallo, batteur de Tame Impala, qui possède aussi son projet solo. Le 16 juin ce sera au tour des finalistes de l’Étoile montante Ford de briller sur scène. Les Louanges, Lydia Képinski, Paupière, Joey Robin Haché, Gustafson et plusieurs autres seront aussi de la partie.

Des invités attendus

Il y a certains artistes qu’on apprécie beaucoup au Canal et qui seront sur scène à différent moment pendant le festival. Commençons avec la puissante et charmante Fishbach qui s’apprête à lancer son deuxième EP. La jeune femme fera rapidement sensation, on vous l’assure. On peut aussi parler de Mat Vezio et Antoine Corriveau qui à tour de rôle vont nous gâter avec leur folk poétique. Vous aimez le rap? Nous aussi. Brown sera sur scène le 14 juin alors Loud du défunt Loud Lary Ajust présentera New Phone. Et surtout n’oublions pas KNLO qui va nous rimer son excellent Long Jeu le 14 juin avant de rejoindre le reste de la bande de minces d’Alaclair Ensemble le 17 juin.

Les FrancoFolies, ça demande d’avoir au moins 4 clones. Parce qu’il y a aussi Les Indiens, La conversion des sauvages, les Dales Hawerchuk, Chocolat, Violett Pi en solo, Philémon Cimon, Les Hay Babies, Laurence Nerbonne et le barde Louis-Philippe Gingras qui seront de la partie. C’est un peu fou. On conseille donc aux mélomanes de dormir beaucoup pendant les deux semaines précédant les Francos, de bien s’alimenter, de faire son jogging et de s’hydrater au maximum parce que ce sera une année bien plaisante aux FrancoFolies. Nous y serons. Et vous?

http://www.francofolies.com/

Critique : Desjardins (album)

Richard Desjardins est l’un des artistes les plus pertinents, poétiques et forts que le Québec ait connu dans les derniers 50 ans. Un auteur-compositeur-interprète qu’on place dans une catégorie sélecte qui compte de très rares membres dont on pourrait nommer André « Dédé » Fortin. S’attaquer aux chansons de Desjardins, c’est s’attaquer à un monument. Et pour se frotter à des monuments, il faut avoir la couenne solide et surtout, il faut avoir de quoi à dire artistiquement avec les chansons.

Desjardins propose onze nouvelles versions de chansons interprétées par une belle brochette d’artiste. Certains nous offrent des relectures qui méritent de faire le détour. À l’opposé, on se rend compte aussi que du Desjardins, ça ne se chante pas n’importe comment. La charge émotive que l’homme engagé sait injecter à un texte n’est pas anodine ni facile à réinterpréter.

Commençons par les bons coups, parce qu’il y en a des très réussis. L’album s’ouvre sur Avec pas d’casque qui reprend Au pays des calottes avec une bonne dose de joual, de mélancolie et de beauté. L’esthétique country-folk de la formation se colle à merveille au texte qui traduit le mal d’être d’un homme qui ne sent pas qu’il appartient à un milieu. On peut en dire autant de Bernard Adamus qui harnachent Les mammifères. La voix rêche et crue du grand Montréalais qui en a vu d’autres est un véhicule parfait pour la poésie pas polie de Desjardins. Mais de toutes les nouvelles interprétations qu’on nous propose, c’est celle de Klô Pelgag et Philippe Brach qui ressort du lot. Le duo rend Les Yankees avec tout ce qu’il faut de sensibilité et d’intelligence pour traduire la réalité des envahis. Qu’ils soient Mexicains, Troyens, Nigériens ou Québécois. Une version alternative avec une instrumentation intelligente qui prend de plus en plus d’ampleur. Le duo Brach et Pelgag est magnifique, tout simplement.

«Et tout ce monde sous la toile
qui dort dans la profondeur:
« Réveillez-vous!
V’là les Yankees, v’là les Yankees
Easy come, Wisigoths,
V’là les Gringos!»
– Les Yankees

Keith Kouna se débrouille aussi avec Jenny tout comme Koriass qui offre une version rappé de M’as mettre un homme là-dessus. Le problème, c’est que certaines pièces passent carrément à côté de la track. En tête de file, Va-t’en pas interprétée par Safia Nolin. Ce n’est pas un manque de travail de la jeune femme, mais son style languissant et mélancolique fait perdre toute puissance à ce texte. C’est une déchirure interne, un appel à l’aide, un ultime essai pour garder un être cher près de soi alors qu’il cherche à se sauver. La charge émotionnelle n’est pas calme ou nostalgique. Elle est dynamique, nerveuse et perdue dans l’urgence. Après tout, le protagoniste trouve tout ce qu’il peut pour garder son interlocuteur à la maison :

«Va-t’en pas
Dehors y a des orgies d’ennui
Jusqu’au fond des batteries
Va-t’en pas
Dehors j’ai vu un ciel si dur
Que tombaient les oiseaux»
– Va-t’en pas

Malgré leurs bonnes intentions, c’est idem pour Philippe B, Les Sœurs Boulay et Émile Bilodeau qui manquent tous d’un peu de charges émotives. C’est trop gentil, poli et mélodieux pour bien faire entendre ce qui se cache dans les textes de Desjardins. Au moins, Saratoga se débrouille vraiment très bien avec la douce Quand j’aime une fois j’aime pour toujours. Heureusement, personne n’a osé se frotter à …et j’ai couché dans mon char.

Ce n’est vraiment pas facile de s’attaquer à la poésie de Desjardins. Cet album hommage fait parfois mouche, mais passe aussi à côté de la charge émotionnelle qui habite l’œuvre de ce monument. Pis Desjardins, serait sûrement en sacrament qu’on parle de lui en tant que monument, parce que les statues, c’est bon pour les morts pis lui est encore bien vivant.

Ma note: 6/10

Artistes variés
Desjardins
117 Records
51 minutes

http://www.117records.ca/

La programmation du Festif! 2017

Comme à chaque année, le Festif! accueillera les festivaliers vers la fin juillet, du 20 au 23 pour être plus précis. Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec celui-ci, le Festif! est un événement qui met de l’avant la musique émergente et indépendante, un peu à la manière du FMEAT, en mélangeant les artistes établis à ceux qui sont plus verts. Cette année, la programmation est encore une fois de calibre. À 50 minutes de Québec, le festival a lieu dans la ville de Baie St-Paul, petit joyau de Charlevoix.

Quelques noms établis valent le détour cette année, dont une soirée où Bernard Adamus, Lisa Leblanc et Daniel Bélanger s’enchaînent. Tout cela se passera en extérieur sur la scène Desjardins qui accueillera aussi Caravan Palace, Xavier Rudd, Plants and Animals, Valaire, Laura Sauvage ainsi que les deux gagnants des Cabarets Festifs! de la relève : Miss Sassoeur & les Sassys et Émile Gruff. Parmi les autres artistes établis qui fouleront le sol de Baie St-Paul, on compte Martha Wainwright, Louis-Jean Cormier en solo, Xavier Caféïne qui fête les 10 ans de Gisèle et Groovy Aardvark.

Certains artistes qui viennent de lancer ou qui lanceront prochainement un album seront de la partie. Leif Vollebekk, Timber Timbre, Beyries et Peter Peter amèneront leurs nouvelles ritournelles sur la route de Charlevoix. Philippe B est de ceux qui lanceront un album peu de temps avant l’événement estival. Quelques valeurs sûres feront plaisir aux mélomanes : la voix grave d’Antoine Corriveau, la pop déjantée et orchestrale de Klô Pelgag, la disco intoxicante de Le Couleur, les rockeurs de Chocolat, les capables des Dales Hawerchuck, le sympathique Karim Ouellet et les lourds de chez Voïvod.

Le hip-hop ne sera pas en reste, les minces peuvent se réjouir. Alaclair Ensemble, Rednext Level et KNLO seront tous de la fête cette année. On y ajoute les vétérans de Loco Locass et le retour-surprise de Bran Van 3000. Dans le volet étonnant, notons la présence de l’excellente formation torontoise Weaves et Yonatan Gat avec qui ça devrait déménager. Finalement, la relève obtient aussi sa part du gâteau. Le trio Paupière, Sarah Toussaint-Léveillée, Tintamarre, Chassepareil, De La Reine, Bad Dylan, Renard Blanc et Les Viandes Froides seront sur place.

Une édition 2017 assez affriolante pour le Festif! On s’y voit du 20 au 23 juillet prochain!

http://lefestif.ca/