A Place To Bury Strangers Archives - Le Canal Auditif

FME 2017: Jour 2

Encore une fois, le FME nous en fait voir de toutes les couleurs. Résumé de la deuxième journée d’activités musicales où la bière coule à flots.

Beach party et émotions fortes

Mon vendredi a commencé avec le classique BBQ de la maison de disque Bonsound. Cette année, c’est Duchess Says qui était responsable de nous dégraisser les oreilles pendant qu’on s’enfilait des hot-dogs et des épis de maïs. La formation montréalaise reconnue pour ses prestations endiablées n’est pas habituée de jouer à la lueur du jour. Encore moins autour d’une piscine quand le mercure affiche un peu moins de 15 degrés. On s’attendait à ce qu’Annie-Claude Deschênes finisse dans la piscine (d’ailleurs, même l’un de membres de l’équipe lui a demandé d’au moins ne pas plonger avec le micro), mais ce n’est pas arrivé. C’était un peu trop frette. Mais ça n’a pas empêché le quatuor d’offrir un peu plus d’une demi-heure de spectacle et Deschênes se promenait allègrement à travers les spectateurs réunis. Elle est impressionnante sur une scène, à trois pouces de ton visage, c’est carrément intimidant.

FME / Thomas Dufresne

En après-midi, je me suis rendu à la salle des Chevaliers de Colomb pour voir un petit gars de la place se faire aller la guitare. Louis-Philippe Gingras était visiblement ému de jouer pour sa famille et ses amis. En plus, le musicien a fait partie de l’équipe de montage du festival. Parce que le FME, c’est avant tout une affaire de famille. Il a livré les chansons de son dernier EP, La rangée des popsicles, dont la touchante Sutton et quelques chansons de son album Troisième Rangée. Il a démarré avec Tigre Géant et nous a aussi livré Parc à Chien qu’il avait chanté la veille avec La Bronze. Pendant Rahan, il a incité les gens à faire un mosh pit et comme la foule semblait frileuse à l’idée de se cogner les coudes, il est descendu lui-même dans le public. Sa tactique a fonctionné au point où le tout s’est terminé en Wall of Death. Je ne m’attendais pas à en voir avant la soirée métal… beau travail.

L’alliance du FME avec le Pow-Wow de Pikogan donne aussi des scènes pitoresques comme la suivante en surprise sur la rue Murdoch.

FME / Louis Jalbert

Il n’est pas le seul qui avait l’émotion dans la voix. Jason Bajada lançait Loveshit II (Blondie & the Backstabberz) en direct du Cabaret de la dernière chance. Accompagné de Philippe Brault, Sam Joly et Guillaume Doiron, il a livré les chansons du disque avec beaucoup de chaleur dans la voix et une fragilité authentique et palpable. Il nous a aussi expliqué que l’album est né d’une rupture qui a mal tourné après que « son ex-copine psychopathe lui ait annoncé qu’elle l’avait trompé. » Il a interprété Final Breath, In What World Do You Savages Live Where You Thought I’d Be Cool?, Little Yellow Heart, Let’s Go to the Airport et Painkiller. C’était très réussi et ce lancement a certainement charmé plusieurs spectateurs.

Rock et dissonance

La suite de ma soirée s’est déroulée coulée dans le rock… mettons. Tout d’abord, c’est le jeune quatuor de Zen Bamboo qui officiait au Théâtre du Vieux-Noranda. Ils étaient en forme et se sont fait aller la distorsion et les pas de danse. Ils ont même joué quelques chansons avec Tommy qui a remplacé tour à tour le chanteur et le guitariste suite à des clavicules brisées dans les derniers mois. C’est dangereux dans Zen Bamboo, faut avoir un bon régime d’assurance. Leurs chansons sont bien rendues sur scène et le groupe déborde d’énergie. Ils font un peu des sparages pour masquer certaines faiblesses dans leur composition par contre. Certains moments plus ordinaires sont masqués par des sauts, des cris et des dandinements surfaits. Mais bon, on leur pardonne volontiers, ils en sont encore à leurs premiers pas.

FME / Thomas Dufresne

J’ai réussi à attraper les deux ou trois dernières chansons de Julien Sagot qui avait Frannie Holder (Random Recipe, Dear Criminals) à ses côtés pour l’occasion. C’était pas mal bon et je m’en veux d’avoir manqué le spectacle au complet.

FME / Louis Jalbert

Je me suis rattrapé en allant voir A Place To Bury Strangers qui visitait Rouyn-Noranda pour la première fois de leur carrière. Le groupe possède une réputation en spectacle et ils n’ont pas fait mentir la rumeur. Non seulement le jeu d’éclairage est magnifique avec des spots éclairants par-derrière, ce qui laisse le groupe dans une semi-pénombre constante, mais ils débordent d’énergie. On a eu droit à une guitare fracassée dès le début du spectacle. Et ça ne s’est pas calmé par la suite. Pour la dernière pièce, le saxophoniste de Sun Watchers, Jeff Tobias, et le chanteur/joueur de sitar d’Elephant Stone Rishi Dhir ont rejoint le groupe pour un jam mémorable.

FME / Thomas Dufresne

Critique : Dion Lunadon – Dion Lunadon

Dion Lunadon est un membre de la formation New Yorkaise A Place To Bury Strangers avec laquelle il a joué de la basse sur les deux derniers albums, soit Worship et Transfixiation. Pour son premier album solo, il a décidé de renouer avec ses premiers amours : la guitare. Lunadon avait précédemment joué dans le groupe The D4 en Nouvelle-Zélande et il a formé le groupe True Lovers après son arrivée à New York.

Qu’est-ce qu’on retrouve sur ce premier album solo? Une bonne dose de noise rock dynamique qui mélange par moments des éléments de punk, de folk et un quasi-rockabilly. Si vous avez été déçu par le manque de panache de Transfixiation, vous risquez d’être réconforté par la manière avec laquelle Dion Lunadon s’y prend en solo.

On retrouve un spectre assez varié de sons et d’influences sur ce premier record. Fire, l’un des premiers simples à paraître, nous percute avec son orgue psychédélique qui est couplé avec une grosse basse sale, des guitares bruyantes et Lunadon qui ne s’empêche pas pour nous lancer ses paroles à travers des filtres qui multiplient les parasites. C’est une véritable bombe puissante qui rappelle même par moment Blood Brothers pour l’intelligence à mélanger le bruit et les mélodies. La distorsionnée Eliminator suit le même chemin avec beaucoup de puissance.

On trouve aussi sur ce premier album des chansons comme Howl qui font plus de place à une guitare moins bruyante sans toutefois être plus claire. Reduction Agent, deuxième plage, fait aussi appel à un genre de folk-rockabilly que Lunadon réussi à tenir avec son attitude désinvolte convaincante. Une foule de petits détails bonifient l’écoute et feront plaisir au mélomane qui aime les Ty Segall et compagnie.

Malgré tout ça, ce premier album manque un peu de direction et c’est difficile de savoir exactement où s’en va Lunadon avec ses skis. Sans être complètement déroutants, les enchaînements ne se font pas naturellement et ce n’est pas toujours clair le liant entre les différentes pièces. Lunadon ne manque pourtant pas de talents de compositions ni d’idées. C’est juste qu’on s’y perd un peu.

Le sentiment après plusieurs écoutes est que Dion Lunadon fait bien quand il est en solo. En tout cas, certainement mieux que Transfixiation. Certaines chansons font leur bout de chemin et quelques expérimentations tombent un peu à plat. Au moins, il tente des avenues différentes, ce qui est toujours rafraîchissant.

Ma note: 7/10

Dion Lunadon
Dion Lunadon
Agitated Records
30 minutes

https://dionlunadon.bandcamp.com/album/dion-lunadon

La programmation complète du FMEAT 2017

C’est ce moment attendu chaque année, celui où on apprend la programmation complète et ce qui nous attendra à Rouyn-Noranda pendant la fête du travail. Déjà quelques noms avaient été annoncés plutôt cette année. Vous pouvez les découvrir ici! Passons au plat de résistance…

Jeudredi

Pour ce premier soir de l’édition 2017, en plus d’A Tribe Called Red qui seront sur la scène extérieure, on retrouvera La Mverte, les doux de Thus Owls, les grooves de King Abid, Slosh et les furieusement solides de Duchess Says. Une bonne façon de commencer 4 jours de festivités.

Des lancements, du fun pis toute une soirée

Jason Bajada lancera son Blondie en direct de Rouyn-Noranda. À date, ses simples sont totalement convaincants. On a hâte d’entendre tout ça sur scène. Ce n’est pas le seul lancement qui aura lieu vendredi soir, Eman X Vlooper nous prépare aussi une nouvelle galette qu’ils vont nous garnotter pendant le spectacle hip-hop avec Alaclair Ensemble, Lary Kidd et Mathew James (un natif de la région). Vous pensez que c’est tout ce qui se passe? OH QUE NON. Les gens du FME ont pensé à nous, on les remercie. A Place To Bury Strangers sera là pour un concert! Ça fait tout un voyagement pour arriver là.


 

Parmi les autres participants, le barde Louis-Philippe Gingras sera à la maison, Julien Sagot, The Franklin Electric, Zen Bamboo, Elephant Stone, Chocolat et Bloodshot Bill. Les Français d’AeroBrasil, le chanteur américain Deke Dickerson et les Floridiens The WildTones. N’oublions pas non plus Pierre Flynn!

Saturday night’s alright for fighting

Mon Doux Saigneur est l’une des sorties attendues de l’automne et ça se passe à Rouyn-Noranda! On a très hâte. On y verra aussi Antoine Corriveau, Kroy, Saratoga, Betty Bonifassi et son magnifique projet Lomax, le duo montréalais I Shot Samo, le projet d’Adèle Trottier-Rivard : Le bleu,Raphaël Dénommé, Lubik et le groupe australien The Decline. Ce sera assez rock avec Barry Paquin Roberge, Les Dales Hawerchuk, les bruyants Belges d’It It Anita et Blood and Glass qui a lancé plus tôt cette année Punk Shadows.


 

Se bercer pour se remettre des abus

Si ton foie n’est plus capable le dimanche, tu pourras lui donner un peu de repos avec la douceur des chansons de Mat Vezio ou encore le piano imagé de Jean-Michel Blais. Si par contre, t’as toujours envie de danser, Le Couleur sera sur place tout comme Klô Pelgag et ses chansons magnifiques. N’oublions pas le charmant Matt Holubowski, ANEMONE ou les bruyants de HOAN.

Ce sera aussi le soir du métal avec le groupe suédois Marduk! Ils seront précédés d’Incantation et Abysmal Dawn. Ça risque d’être lourd en ti-pépère.

Une autre édition qui nous donne l’eau aux oreilles (euh… ça se dit-tu?). Prépare-toi Rouyn-Noranda, le Canal s’en vient pour célébrer la musique encore une fois. On se voit au bar des chums!

http://www.fmeat.org/