Critiques

Koriass

SEPT ANS DE MALHEUR (titre temporaire)

  • 7e Ciel
  • 2026
  • 52 minutes
8
Le meilleur de lca

Fausses chaines dans le clip
Back then j’voulais make it mais le rap game me rend triste
Trop de haine j’t’en crisse
Big Daddy Kane dans le whip
J’fais encore des chiffres around the clock j’voulais make it out the block
Basse couture

Ça fait peut-être 4 ans depuis Abri de fortune (pour fin du monde), mais sur SEPT ANS DE MALHEUR (titre temporaire), Koriass, alias Emmanuel Dubois, alias Korey Hart, semble se tourner vers sa jeunesse à Saint-Eustache et creuser des thématiques qui sont plus près de La nuit des longs couteaux. C’est aussi l’album avec le plus de collaborations depuis Les racines dans le béton en 2008. Une longue liste d’invités vient faire son tour. On y retrouve des artistes qui n’en sont pas à sa première collaboration avec Koriass : Souldia, Loud et FouKi, mais aussi plusieurs nouvelles amitiés, comme Léonie Barbot, Calamine, Marjolaine Beauchamp, Suspek-T, Joudi, St-Prince, Jon Rivera et Daniel Bélanger.

On comprend rapidement dans quelle direction se dirige Koriass avec l’entrée qui fait Kanye West dans ses meilleures années avec la sensation R&B française Léonie Barbot qui chante sur une trame intéressante sur laquelle Koriass vient rapper des problèmes de drogue et des souvenirs de la banlieue nord de Montréal. Ça se déverse dans Basse couture qui tient la ligne entamée sur la précédente. Koriass arrive avec une énergie débordante qui n’est pas sans rappeler celle de Zombie sur Love Supreme. Ça promet.

Parmi les bons coups, on retrouve la pièce Le party est fini, qui invite Calamine, qui plonge dans cette pièce un peu sombre avec Koriass. Puis, la poète Marjolaine Beauchamp vient glisser quelques vers dans la deuxième moitié de la pièce. Il faut aussi absolument parler de Souldia, qui se transforme en chanteur pop sur Rêve éveillé. Il relève le défi avec brio et on se fait entièrement prendre par la mélodie où il chante :

Bien des choses ont changé depuis la cour du HLM
J’ai cette rap musique que j’aime impregnée dans mon ADN
Et si ce n’était qu’un rêve tu peux me pincer
Mais tu ne peux pas passer par dessus mes principes
Ni Dieu ni maître, je m’en remets à vous et à moi-même
Comme si tout ça n’était qu’un rêve
Rêve éveillé

Parlant de vieux amis qui viennent faire un tour, FouKi, avec qui Koriass a fait un album complet, revisite un peu la tangente que le duo avec pris sur Génies en herbe avec Slap où FouKi laisse tomber de solides lignes :

Yeah j’connais tous les bahaye, yo
So fresco, Pico de zay yo!
Slap
On arrive sur la scène c’est la pagaille,
Tout le monde dans le crowd s’prend pour Xhekaj
Oh slap
Slap

Mais la collaboration la plus surprenante sur l’album se passe sur la presque pièce-titre alors que Daniel Bélanger rejoint Koriass pour SEPT ANS DE MALHEUR (titre permanent). La pièce une fois de plus semble tourner son regard vers le passé. Peut-être une manière de mieux réfléchir le futur? Dans tous les cas, la trame efficace offre de beaux moments avec un côté aérien gracieuseté de Bélanger.

Koriass revient avec un album réussi où il continue de s’amuser avec les mots avec habileté et même s’il a fait le choix de changer un peu les collaborateurs au niveau musical, c’est un album qui se tient bien, qui s’écoute d’un trait sans embuche. Les couleurs changent, mais au final, on revient toujours aux bonnes lignes de Koriass est la star de son propre album et ce, malgré la grande qualité des invités.

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