Critiques

Marie Claudel

Version longue

  • Maison Métropole
  • 2021
  • 41 minutes
8
Le meilleur de lca

On pourra dire que les enjambées que Marie Claudel a faites pour arriver à Version longue sont immenses, à tous les points de vue. 3 ans après son premier album, Ne parle pas aux étranges, elle revient avec une dose de rock plus assumée, de la mélancolie à revendre et une approche plus indépendante alors qu’elle prend en main sa destinée avec sa maison de disque : Maison Métropole.

Depuis plusieurs années, Marie Claudel agit aussi à titre d’accompagnatrice pour d’autres artistes comme Gab Bouchard et dans ce rôle on l’a souvent vu faire des passes de guitares qui lui donnent des airs de Carlos Santana, mais moins quétaine. Aux Francouvertes aussi, on avait vu ce côté un peu plus abrasif de Marie Claudel qui était plutôt absent du premier album. Cette fois-ci, elle se permet de mettre plus de lourdeur et de nous offrir beaucoup de beaux moments de guitare.

Une des choses qui marque, ce sont les magnifiques tons de guitare qu’on retrouve sur l’album. Que ce soit avec Jaseur, le premier extrait ou encore avec Paysages, le second. On retrouve un peu des textures sonores si uniques du groupe américain Pinback. Avec la seconde chanson, Marie Claudel montre aussi qu’elle a développé ses qualités de mélodiste. Ses mélodies vocales sont beaucoup plus fortes sur Version longue. Il y a certainement un peu d’assurance qui a été prise dans les trois dernières années et on en récolte le fruit mûr sur l’album.

Le rock occupe une bonne place sur Version longue. La chanson Juste du vent est un bon exemple avec son riff efficace, sa toile sonore charnue et la voix de Marie Claudel qui se fait puissante. Même son de cloche du côté de Cavalcade qui offre de très beaux moments. Si c’est généralement plutôt imposant au niveau sonore, la Campivallensienne d’origine, offre aussi quelques moments intimes. C’est le cas sur la chanson-titre de l’album qui est habité d’une mélancolie palpable. Du côté des textes aussi, on sent une tristesse qui habite les textes. Notamment Plaisance qui ne passe pas quatre chemins : « J’étais ta maison de plaisance / Tes fins d’après-midi / Ta deuxième vie ».

Pour Version longue, Marie Claudel a pris en main sa production en créant sa maison de disque Maison Métropole. Même si elle est résolument la capitaine à bord, elle a eu la sagesse de bien s’entourer. On retrouve un duo avec Olivier Langevin, Transit, alors que les musiciens qui l’accompagnent pour la création sont très talentueux : François Lafontaine (Karkwa, Klaus, Marie-Pierre Arthur), Nicolas Basque (Plants and Animals), Jonathan Arseneau, Andrew Barr (The Barr Brothers) et Jesse Mac Cormack. De plus, d’autres musiciens ont prêté main-forte à l’écriture : Gab Bouchard sur Les années folles et Fred Fortin qui signe les paroles de Rumeur.

Version longue est l’album de la découverte pour Marie Claudel. C’est un album qui sert de déclaration artistique. On sent qu’elle est en pleine possession de ses moyens et on y découvre son jeu de guitare qui est incroyable. Il y a de belles nuances dans Version longue. Fans de folk rock, cet album est pour vous.

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