Greys - Outer Heaven - Le Canal Auditif

Greys – Outer Heaven

GreysEn 2014, la formation punk Greys mettait sur le marché son premier album en carrière titré If Anything. Ceux qui adorent Metz ont dû adorer ce rejeton initial, car les liens de filiation avec le bruyant trio torontois étaient assez évidents. Une rythmique martiale, des hurlements déjantés, des guitares aussi dissonantes qu’abrasives caractérisaient ce disque, mais avec un petit quelque chose de mélodique que les amis de Metz maîtrisent inférieurement. Greys était de retour à la fin avril avec une création qui se démarque et qui constitue un immense bond en avant. Voilà Outer Heaven!

Et c’est probablement le meilleur album punk de ce premier trimestre musical en compagnie de Before A Million Universes des New-Yorkais Big Ups. Par moments, ça demeure aussi punk, aussi furieux que le précédent effort, mais les mélodies (plus développées) combinées à un évident désir d’expérimenter font qu’il est maintenant impossible de qualifier Greys de «fesse gauche de Metz». La bande incorpore à son punk colérique des moments shoegaziens (Erosion, Strange World) et de l’indie rock cathartique à la Trail Of Dead. Tout ça est parfaitement équilibré sans perdre une seule once de furie. Exploit.

Et Greys s’amuse aussi avec les habituels codes du grunge en utilisant à bon escient la légendaire formule «loud quiet loud», mais avec une inventivité et une conviction qui feraient rougir beaucoup de vieilles moppes issues de cette époque. C’est ce qu’on appelle faire évoluer un genre musical de belle façon. On assiste donc à l’avènement d’un groupe qui, à sa deuxième production, refuse obstinément le surplace, ce qui augure très bien pour la suite des choses.

Là où If Anything faisait preuve d’une énergie rageuse sans pareil et totalement dévastatrice (mais un peu simpliste, quand même), Outer Heaven amène Greys à un niveau créatif plus raffiné tout en demeurant pertinent. Ce mélange de punk dit «vieille école», bruitiste, «grungisant», mélodiquement amélioré, et comportant de beaux instants inspirés du shoegaze, fait mouche.

Aucun moment anémique. Juste du bon gros stock! Votre humble critique a tripé solide sur les paisibles et «poteuses» Cruelty, Erosion et Strange World (on y décèle un peu de Swervedriver là-dessous) de même que sur les très Trail Of Dead titrées respectivement No Star et It’s All The Same To You. Une immense génuflexion est accordée à la basse crottée et le penchant garage entendu dans Complaint Rock, à la furie sans compromis de In For A Penny ainsi qu’à l’étrange Sorcerer.

Bref, c’est tout bon, mais vraiment tout bon! À ceux qui se posent des questions quant à quelle enseigne musicale le rédacteur en chef de LCA loge (puisqu’il critique de nombreux disques aux styles assez disparates), il doit vous avouer que la musique de Greys, sur ce Outer Heaven, rassemblent tout ce qu’il adore dans le rock. Greys frappe un grand coup, aucun doute là-dessus.

Ma note: 8/10

Greys
Outer Heaven
Buzz Records
40 minutes

https://greys.bandcamp.com/album/outer-heaven

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