Critiques

Ron Sexsmith

Carousel One

  • Ronboy Rhymes
  • 2015
  • 51 minutes
6,5

ron7Le bon vieux Ron Sexsmith revient cette semaine avec un énième album au compteur titré Carousel One. En voilà un autre pour qui le succès d’estime est foutrement plus important que la consécration de masse. Quand il se lève le matin et prépare son petit café, Sexsmith peut se dire qu’il est adulé par un nombre effarant de ses pairs, allant d’Elvis Costello, en passant par Thom Yorke et Bob Dylan. Voilà un songwriter respecté qui n’a jamais obtenu l’approbation du plus grand nombre.

En 2013, le songwriter faisait paraître un Forever Endeavour qui constituait un retour à un Sexsmith plus classique et qui rassurait ses fans suite à la parution du racoleur Long Player Late Bloomer, réalisé par Bob Rock… D’entrée de jeu, on aime le musicien en mode mélancolique/ténébreux et cette fois-ci l’intention du bonhomme est de nous mettre un sourire dans le visage et un peu de lumière dans cette noirceur ambiante. Donc, une création empreinte de positivisme.

Sexsmith déclarait ceci dans son dossier de presse: «I mean, there’s even a smiling picture on the cover, which I’ve never had before. I just hope, it doesn’t scare the children». Donc, pas de doute c’est lumineux. Musicalement, on est toujours dans cet alliage de pop-rock, de folk, de country duveteux et orfévré, nimbé de cette voix chevrotante si emblématique de Sexsmith. Ceux qui ont connu le troubadour en format résolument morose pourraient être décontenancés par autant d’énergie guillerette, même si le spleen traîne en fond de trame. On pense à Many Times, où on retrouve l’auteur-compositeur-interprète dans ses habits cafardeux.

Évidemment, l’ensemble de l’œuvre de Sexsmith est dédié à un public majeur et vacciné, un peu pépère, avide de chansons minutieuses et raffinées et ce Carousel One ne fait pas exception à la règle. Ici, on fait référence à Lucky Penny et à Getaway Car; les deux pourraient très bien s’écouter un beau dimanche après-midi, tisane pisse-mémé bien en main. Pas mauvais, mais un peu terne. En contrepartie, le Canadien, originaire de St. Catherines, Ontario, y met un peu de Ray Davies (The Kinks) sur l’introductive et excellente Sure As The Sky; du bon Sexsmith un peu plus dynamique/contagieux. On note au passage le country rock Saint Bernard qui fait éloquemment le travail.

Évidemment, le compositeur est inapte à l’insignifiance et ce Carousel One ne fait pas exception à la règle. Sans contenir de moments frémissants (et si le but de Ron Sexsmith était de mettre un peu de soleil dans nos vies), on peut dire que le vétéran a réussi pleinement son pari. Les adeptes du chansonnier en format élégiaque pourraient se lasser quelque peu et ceux qui anticipent l’arrivée concrète du printemps seront comblés.

Ma note: 6,5/10

Ron Sexsmith
Carousel One
Ronboy Rhymes
51 minutes

http://www.ronsexsmith.com

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=461ciyBWqh8[/youtube]

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