Critiques

Metz

Automat

  • Sub Pop Records
  • 2019
  • 42 minutes
7,5

Toujours aussi cacophoniques, les trois enragés canadiens de Metz nous offrent un album de diverses pépites. La compilation de raretés qui ne sont plus trouvables, ou que personne ne cherchait vraiment explose de partout. Le trio brille dans le chaos. Ils continuent d’explorer les différentes manières de hurler, pour notre plus grand plaisir. C’est effréné. La batterie coupe le souffle comme un coup de coude dans les côtes, la guitare grafigne la peau, pendant que la voix pue la tequila et le sel. Attention à vos plaies apparentes.

Si c’est votre entrée en matière avec le groupe, vous aurez droit à un tour d’horizon assez complet de ce que le trio canadien à offrir. Ils prouvent qu’ils sont à leur place autant dans les bombes punk rock courtes (Dirty Shirt) que les moments plus en longueurs qui rappelle presque la lourdeur progressive du métal. L’influence lourde du métal se fait plus sentir d’ailleurs dans l’album en passant par moment par le drone. D’ailleurs, la finale massivement bruyante d’Eraser, après une introduction qui aurait pu être écrite par Ty Segall, me donnait l’envie d’en entendre plus. En utilisant judicieusement la distorsion, Leave me Out paraît plus longue qu’elle ne l’est. Les notes s’étirent à l’infini ou c’est peut-être le bruit résiduel de mes nouveaux acouphènes.

Ceux qui connaissent le groupe seulement avec leurs parutions avec Sub Pop seront contents de découvrir de leurs idées parues avant la signature avec la maison de disque légendaire. De vieilles idées, mais qui sonnent comme des nouvelles. Entre les deux, j’ai définitivement préféré les pièces plus longues. Ripped on the Fence m’a étonné par les variations beaucoup plus complexes que ce qu’ils nous ont habitué. Ils s’essaient même à des rythmes franchement déconstruits (Soft Whiteout, Lump Sums et Automat), qui donnent l’impression d’être des improvisations restructurées où la distorsion fait loi. Ça rappelle l’énergie frénétique de Brace Up! .

Au final, aucune déception, quelques beaux moments et plusieurs petits éclats de génie grinçants. Cet album intermède est diablement efficace, prend presque des allures de compilation « live » avec les qualités d’enregistrements à la qualité variable. Pour d’autres artistes, peut-être que cette inégalité technique dérangerait, mais pour Metz ça s’emboîte parfaitement à leur univers à cran.

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