Critiques

Local Natives

Violet Street

  • Loma Vista Recordings
  • 2019
  • 40 minutes
6

La venue du quatrième opus du groupe californien Local Natives ne réinventera pas la roue de l’indie pop. Violet Street est un album rafraîchissant aux penchants tantôt mélancoliques, tantôt oniriques, qui donnera à certains quelques moments de nostalgie et de béatitude. 

En 2010, lors de la sortie de Gorilla Manor, leur tout premier album, Local Natives a donné l’eau à la bouche. Cet opus à la sonorité rock proposait alors une belle recherche dans sa composition de textures, d’harmonies et de paroles. En 2013, avec la sortie d’Hummingbird, le groupe a su s’imposer davantage avec un album rythmé et bien construit, faisant passer ses auditeurs à travers un amalgame d’émotions.

Avec Violet Street, on suit leur évolution vers une transition plus pop, suivant la lignée de leur troisième album Sunlit Youth (2016). Ce que l’on reproche au groupe depuis leur entrée en scène, soit d’emprunter sans réinventer, est un concept qui semble persister dans Violet Street. Lors des deux premières chansons de l’opus, soit Vogue et When Am I Gonna Lose You, on croirait entendre le petit frère de One Republic. Ce modèle se reproduit dans des chansons comme Megaton Miles et Shy, qui vont quant à elles sonner comme l’album Turn Blue (2014) de The Black Keys et voir, avec beaucoup moins d’intention et d’intégrité. 

En effectuant ce virage de style, le groupe semble perdre une partie de son panache des beaux jours, occultant d’autant plus la singularité de leur son et donnant du poids sur les critiques effectuées à leur égard concernant leur manque d’innovation.  

Bien que cette persistante observation soit véridique, ce qui fais que Local Natives est Local Natives, c’est qu’ils ne semblent jamais déroger de l’idée de laisser transcender leurs émotions et leur vécu à travers leur musicalité. C’est pourquoi, malgré les critiques, le groupe parvient tout de même à amener ses auditeurs dans leur monde, et ce, peu importe le style de musique auquel ces derniers s’adonnent.

Somme toute, malgré quelques passages à vide, l’étoffe de Violet Street demeure séduisante pour les amateurs du groupe et de ce genre musical, avec une juxtaposition de textures transportant ses auditeurs dans une douce et harmonieuse mélodie avec des chansons comme Café Amarillo et Gardens of Elysian. Sur une note plus objective, ce sont ces chansons sur lesquelles les auditeurs devraient consacrer le plus d’attention, car celles-ci, avec leur sonorité chaude, vous feront goûter à distance au soleil californien. 

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