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Critiques

Meloire

Bisou triste

  • Disques Passeport
  • 2026
  • 33 minutes
7

« Laisse-moi te prouver que la musique québécoise, c’est incroyable ». Cette phrase est le leitmotiv de plusieurs capsules vidéo concoctées par Fabrice Pilon dans le but de faire rayonner la culture locale. Dans ces publications, l’artiste pouvait tout autant reprendre à sa façon une chanson de Malaimé Soleil, que rappeler au public l’importance qu’a eue Jean Leloup pour la chanson d’ici.

En parallèle, le mélomane déployait sa passion dans l’écriture et la composition.  Au terme d’un processus créatif qui s’est étalé sur 5 ans (dont 2 ans d’enregistrement), il présente enfin sa première collection sous le nom d’artiste Meloire. Pour l’occasion, il s’est entouré à la réalisation de Miro Belzil et d’Élie Paquet, ainsi que d’une dizaine de musicien·ne·s et choristes.

Dès les premières notes de la lumineuse chanson d’ouverture Vêtements, on constate que l’artiste possède les outils pour se démarquer dans la chanson pop rock. Son timbre de voix est chaleureux et agréable, et on peut en dire autant des mélodies qu’il propose. L’album regorge de refrains qui quitteront difficilement votre esprit. En ce qui me concerne, le premier en lice est sans doute celui de Semblant nous, dont l’efficacité est exacerbée par un jeu de mots allitératif.

Dans ses chansons, Meloire explore essentiellement le thème de la relation. Un sujet classique, certes, mais l’artiste parvient à l’aborder sous différents angles, et à proposer des habillages variés qui mettent en lumière sa vaste culture musicale. Par exemple, le motif de piano léger et jazzy est parfait pour porter le texte subtil et métaphorique de Garde ton chandail. Dans la pièce suivante, Bon sang, on a droit à une trame sonore rock, grinçante, presque glauque, qui évoque efficacement la frustration et l’écœurement. Pour accompagner le texte sombre de L’amour des autres, l’auteur-compositeur-interprète a fait preuve d’audace en choisissant une musique colorée, qui, au passage, prend une tournure dansante et festive. Il vous suffira de l’écouter une fois pour réaliser que le contraste fonctionne à merveille.

T’angoisses même que t’enrages
À l’idée d’être facilement dispensable
Qu’on te jette en bas d’immeuble cent étages
Et que même au sol
Personne non personne ne te regarde
Dans les yeux
— L’amour des autres


L’intime Bisou triste, qui plaira aux adeptes de la chanson française, culmine, quant à elle, en une finale portée par les instruments à cordes. Ces derniers jouent d’ailleurs un rôle important dans plusieurs autres pièces, notamment Bien dans ma peau. L’œuvre se termine sur une note positive avec l’hymne folk La vie arrive, qui traite d’espoir et de résilience.

Avec sa première offrande, Meloire démontre que l’amour de la musique a été pour lui un redoutable moteur de création. Son enthousiasme à l’égard de la chanson québécoise est tangible, et il est réjouissant de constater qu’il contribue à la faire rayonner davantage.

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