Concerts

Frimat 2022 – Jour 3 – Naomi, Marjo, Confiture Maison, blesse et Mort Rose

Pour ma dernière journée au FRIMAT (*insérer plusieurs emoji qui pleurent à chaudes larmes*), je suis allée visiter une mine et j’ai vu les concerts de Naomi, Marjo, Confiture Maison, blesse et Mort Rose.

Quand j’ai su que j’avais la possibilité de visiter la mine de Val-d’Or, j’ai littéralement lancé ce que je faisais pour y aller (c’est-à-dire mon livre, je suis très rock, que voulez-vous). La visite tombait en même temps que la prestation de Rau Ze, mais comme je l’ai vue à plusieurs reprises lors des Francouvertes, qu’elle a d’ailleurs gagnés, j’ai décidé d’aller visiter la mine. Après avoir été menées à bon port par un très gentil bénévole (tous les bénévoles au FRIMAT sont fantastiques, vraiment), les quelques personnes et moi-même avons entendu une phrase qu’on ne pensait jamais entendre de notre vie : « je vais aller avertir Marjo! » Eh oui. J’ai visité une mine avec Marjo. Si un jour on m’avait prédit une telle activité, je ne l’aurais jamais cru.

Crédit : Justine Boucher

Comme la chanteuse avait un spectacle plus tard dans la soirée, on a dû faire une visite très express. On a descendu à 300 pieds dans la terre. Le guide nous a donné quelques informations assez intéressantes sur la mine de Val-d’Or, notamment qu’elle a une teneur en or de 5 à 7 grammes par tonne, que les employés étaient payés 80 sous/heure contre 15 sous/heure à Montréal à la même époque. On a aussi appris qu’ « il n’y a jamais eu de femmes dans la mine parce que ça aurait été trop… provocante » a lancé en chantant la finale le guide, faisant rire les visiteurs. D’ailleurs, à un certain moment, il était possible de lancer une roche. Marjo a été la première à s’élancer, s’exclamant au passage « c’est une leçon de rock! », faisant bien rire tout le monde.

Crédit : Justine Boucher

Naomi

De retour à la surface de la Terre, je suis allée à la rencontre de Naomi. La jeune autrice-compositrice-interprète présente des pièces pop plutôt entraînantes qui donnent envie de se laisser aller. Mon moment préféré reste clairement lorsqu’elle a fait un mash-up de reprises de Folle folie de Gabrielle Destroismaisons et de The Boy Is Mine de Brandy & Monica. « En tant que milléniale, je me dois légalement d’aimer Gabrielle Destroismaisons », a-t-elle lancé avant de se lancer dans la très bonne reprise qui m’a fait renouer avec mon enfance. Son grand sourire tout au long de la performance m’en a accroché un au visage.

Cependant, le projet est peut-être un peu vert quant au travail des paroles, mais l’énergie et la présence sur scène, ça fonctionne. Il aurait également pu être judicieux de la mettre plus tard dans la soirée. Car avec le bon public, c’est le genre de spectacle dansant et entraînant. Mais comme la foule présente l’est en grande partie pour le spectacle de Marjo juste après, on sent qu’il est peut-être moins réceptif à la proposition. Il faut malgré tout souligner le rôle de hypewoman de sa DJ Kid Crayola très bien exécuté.

Crédit : Justine Boucher

Marjo

Ah, Marjo. Après avoir passé une vingtaine de minutes avec elle dans une mine, je la retrouvais enfin sur scène. C’était une première pour moi, mais j’avais très très hâte de la voir à l’œuvre. Je suis d’ailleurs devenue très émotive pendant son concert à plusieurs moments. D’une part, le fait que je gagne ma vie en allant voir des concerts m’a frappé de plein fouet en regardant Marjo donner tout ce qu’elle a à Val-d’Or. Par la suite, il y a quelque chose de tellement touchant, de tellement puissant, de tellement émotif dans l’œuvre de l’autrice-compositrice-interprète.

J’lâche pas, notamment, est d’une puissance sans nom avec son message quand même fort pour l’époque et son refrain, surtout lorsqu’il est entonné par les centaines de spectateurs rassemblés. Pendant Ailleurs, la musicienne a touché la main des personnes debout devant la scène, et je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a profondément émue. Parfois, j’oublie l’impact que peut avoir la musique sur les gens.

En plus de me faire vivre des émotions et de me faire pleurer (S’il fallait particulièrement a touché une corde sensible en moi), Marjo m’a fait rire. Avant de se lancer dans une chanson, qu’elle a dédié à tous les chats sauvages, elle a regardé le setlist avant de lancer : « Celle-là, on la connait tous par cœur, même moi! », faisant bien rire la foule. C’est beau de voir cette reine du rock réellement s’amuser sur scène. Elle danse, elle court partout, mais surtout, elle sourit et semble savourer pleinement le moment. Ça fait du bien, de voir que malgré les années, Marjo n’a pas perdu la flamme. La foule lui a bien rendu son énergie : elle chante, danse, crie et brasse des bras à la moindre demande de Marjo. À noter que l’autrice-compositrice-interprète a passé près d’une heure après son spectacle à rencontrer le public, à signer des autographes et à prendre des photos.

Crédit : Justine Boucher

Confiture maison

C’est à Confiture Maison qu’est revenue la lourde tâche de monter sur scène après Marjo. La formation a réussi avec brio! Le groupe, qui était en vitrine dans le cadre du festival, a proposé un rock franchement agréable à écouter. Le genre qui donne envie de s’arrêter et de profiter du concert, tout simplement, sans se poser de question. Avant d’aller au spectacle, j’avais écouté quelques chansons qu’ils ont sur Spotify. Je leur avais trouvé un petit quelque chose de funk que je n’ai pas retrouvé en spectacle, mais ça ne m’a pas déçue. Parce que leur proposition sur scène a été pour moi une belle découverte que je vous conseille.

Crédit : Justine Boucher

Comme nous avons parlé de Lou-Adriane Cassidy aux Francos, à La Noce et au Festival en chanson de Petite-Vallée cette année, je n’en parlerai pas. Mais sachez que son concert était toujours aussi dynamique et aussi enlevant que ceux cités ci-haut. Elle a donné le ton pour les afters qui s’en venaient juste après.

Crédit : Justine Boucher

blesse

Le premier des deux afters prévus pour cette soirée était assuré par blesse. Le groupe, formé de trois des quatre membres de feu Zen Bamboo, offrait le premier concert à vie de leur nouvelle formation. Musicalement, on ne s’éloigne pas trop de ce que proposait Zen Bamboo. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose : le groupe commençait à se créer une belle réputation avant sa dissolution. Les musiciens ont profité de la présence de Thierry Larose, qui était avec Lou-Adriane Cassidy juste avant, pour lui demander de venir jouer sur une de leur chanson. Il serait apparemment parmi les premiers à avoir entendu le matériel de blesse.

La particularité de blesse, c’est qu’il s’échange les rôles dans la création et dans le spectacle, selon ce que m’ont rapporté mes amis de CHYZ qui ont effectué une entrevue avec le groupe plus tôt dans la journée. Ainsi, ils permettent à chacun des membres son moment de lead et de gloire, pendant que les autres assurent un rôle de soutien, avant de s’échanger les rôles à la prochaine chanson. « C’est très démocratique, blesse, comme groupe », a souligné avec justesse mon amie Estelle Grignon de CHOQ.ca.

Ça peut parfois être à double tranchant d’inviter dans un festival un groupe qui n’a jamais fait de spectacle encore et qui n’a que deux chansons à son actif. Pourtant, ça semble fonctionner. Le public a vraiment eu l’air d’apprécier la proposition musicale du groupe, comme l’a prouvé la demande de rappel avant même que le groupe soit sorti de scène.

Crédit : Justine Boucher

Mort Rose

C’est Mort Rose qui avait le mandat de clore les festivités du FRIMAT 2022. Le groupe de rock s’est occupé des dernières énergies des festivaliers après ces trois jours de fête et de musique. Il remplaçait Dishpit, précédemment annoncé. Alexandre Archambault, le chanteur, s’est exclamé vers le milieu du spectacle « là, le party va pogner, on arrête de niaiser, il est 1h du matin, d’habitude je suis couché! » Puis, il s’est lancé dans la foule, avant de sortir avec son micro pendant que les autres parlent sur scène. Il leur crie de se la fermer, avant de revenir avec un dynamisme puissance 100. Bref, le choix de Mort Rose pour fermer le bal du FRIMAT était excellent. La foule dansait effectivement beaucoup et leur rock énergique a vraiment clôt en beauté cette édition.

Mon périple à Val-d’Or est déjà fini (je vous écris ces lignes de mon appartement montréalais). J’aimerais remercier l’organisation du festival qui sait recevoir et mettre à l’aise et saluer la bienveillance et la gentillesse de tous les bénévoles que j’y ai rencontrés. Le FRIMAT, je l’aurai dans la mémoire longtemps, comme chantait Zébulon dans Marie-Louise.

Crédit photo: Justine Boucher

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