Concerts

Festival en chanson de Petite-Vallée 2022 | jour 7 et 8 : la marée du Nouveau-Monde, Olivier Bélisle, Juste Robert et Élage Diouf

Pour clore mon périple gaspésien, j’étais convié à une marée plus éclectique qui réunissait des artistes très différents, mais qui trouvait une belle cohésion amicale sur scène.

C’est beau la Gaspésie. Le matin de mon départ, je regardais la mer qui brillait sous le soleil et je me disais que j’avais déjà hâte d’y revenir l’an prochain. C’est fou comment un bruit de vague et le souffle du vent du large change tout. Mais bon, je ne suis pas ici pour vous raconter ma passion pour les points d’eau, mais bien pour parler de musique. Pour ces deux dernières journées, il y avait la marée du Nouveau-Monde et ses artistes qui débarquaient en ville.

Crédit : Alexandre Cotton

Éclectisme et amitié

Si cette marée était un peu particulière dans sa sélection : Josianne Paradis, Élage Diouf, Juste Robert, Laura Niquay, Simon Kearney et Olivier Bélisle, elle trouvait quand même le moyen de rassembler tout le monde autour de l’amitié. C’est un peu cul-cul, mais visiblement, tout le monde était content d’y être sur scène et ce simple fait rend les choses agréables. C’est une marée aussi qui a changé en cours de route puisque Marie Claudel et Geneviève Toupin (Willows) ont laissé leur place à Simon Kearney et Josianne Paradis. Ces deux « nouveaux » s’étaient visiblement bien intégrés au groupe.

Parmi les moments les plus impressionnants du concert, il y a Kirano de Laura Niquay qui comptait sur toutes les voix pour faire les « hey hey hey ». Ça rentre au poste! Il y avait aussi du partage de langue sur scène, Laura Niquay a laissé le groupe chanter un refrain de Nitanis Anaïs aux autres alors que Josianne Paradis s’est retrouvée à chanter en wolof en duo avec Élage Diouf. Le visage de ce dernier quand il la regardait chanter exprimait bien toute la complicité qui existait sur scène entre les musiciens. Le concert s’est terminé sur un rappel bien spécial. Le groupe est revenu pour chanter Paysages des Colocs qui a été coécrite par Diouf. Un beau moment qui nous a rappelé à quel point il a marqué la scène québécoise.

Crédti : Alexya Crôteau-Grégoire

Un p’tit show d’après-midi

Le lendemain, il y avait un programme double d’Olivier Bélisle et Juste Robert en après-midi. C’est Olivier Bélisle qui est le premier à prendre la scène et il est accompagné d’Hugo Chaput à la contrebasse et Benoit Paradis à la batterie. Il a ouvertement déclaré que c’était un de ses premiers concerts en trois ans et ça paraissait au tout début. Le grand rouquin avait l’air un peu rouillé, mais tranquillement, il a pris ses aises pour nous livrer sa poésie du quotidien avec une douceur et une chaleur bien ronde. Parmi les moments forts, la magnifique Une fois par jamais a frappé dans mille.

Crédit : Alexandre Cotton

Puis, c’était au tour de Juste Robert de prendre la scène en version trio avec Benoit « Shampooing » Villeneuve à la guitare et Frédérick Desroches au piano. Le groupe a été aussi, à plusieurs occasions, bonifié par Benoit Paradis qui venait jouer du trombone ou de la trompette pour ajouter un peu de grandeur aux interprétations du groupe. L’auteur-compositeur-interprète de Québec a principalement mis l’accent sur ses deux plus récents albums : Ta théorie sur la lumière et Mon mammifère préféré. Parmi les plus beaux moments, il y a Sous le bruit des hélicos et Le gris des fées où Emilie Clepper était remplacée par Josianne Paradis. Un bien bel après-midi.

Crédit : Alexandre Cotton

Élage Diouf

Élage Diouf s’était mis en tête qu’il allait nous faire danser et il est arrivé à remplir son objectif. Avant la fin du concert, tout le monde était debout et faisait des pas de danse sur ses percussions puissantes et entrainantes. Ce qui frappe aussi, c’est le côté soul poignant de son chant qui paraît particulièrement dans Cool Fine Nice. Pour vous donner une idée de la liberté qui existe en concert, la version album de Mandela dure 3 minutes 41 secondes en version enregistrée. Live? Ça dû faire un bon 12 minutes alors que Diouf se promenait à travers le monde pour faire chanter tout le monde : Mandela! Ce qui fait rendre compte qu’à un moment, on n’est plus tant dans un concert que dans une grande fête qui donne envie de laisser nos problèmes de côté. Il était très bien entouré. Le guitariste Elijah Mansevani est impressionnant autant dans ses emportements que dans ses passes veloutées, tout comme Nora Toutain et sa voix magnifique aux claviers. Emmanuel Pele (basse) et Jean-Sébastien Nicol (aux percussions) sont aussi une solide équipe rythmique pour assurer que tout ça coule comme du miel.

Crédti : Alexya Crôteau-Grégoire

Tout bonne chose a une fin

On en a déjà jasé récemment de Laura Niquay et Lou-Adriane Cassidy, mais je vais vous dire ceci:

  • Laura Niquay a déclaré qu’elle voulait continuer à pousser plus loin la musique autochtone. La détermination de l’autrice-compositrice-interprète qui sera la tête d’affiche du festival Innu Nikamu est belle à voir. Go get ’em tiger, comme qu’on dit.
  • Lou-Adriane Cassidy a tout simplement mis le feu au Camp chanson. Comme dernier concert de mon festival, je vous confirme que c’était des plus intense. La jeune femme est à l’aise sur scène depuis le début de sa carrière, mais là, c’est impressionnant.
Crédti : Alexya Crôteau-Grégoire

C’est la fin pour moi au festival. Merci encore aux bénévoles, à l’organisation et à tous les gens de ce coin de pays qui fait en sorte qu’on a envie d’y revenir année après année. Il y a toujours beaucoup d’émotion à Petite-Vallée et cette année ne faisait pas exception.

Crédit photo: Couverture : Alexya Crôteau-Grégoire