Concerts

FRIMAT 2019 : des vitrines et des surprises.

Après avoir eu bien du plaisir pendant les deux premières journées du FRIMAT (tu peux lire ici), c’était au tour des vitrines de me faire découvrir de nouveaux artistes de la région.

Avant de vous parler des vitrines, parlons des artistes établis qui entouraient le tout. En commençant par Sèxe Illégal qui encore une fois, on fait une animation exemplaire sur les trois soirs du FRIMAT. Ça nous a permis d’écouter les grands succès comme Living la vie d’holocauste (un hommage à Anne Frank par Ricky Martin) ou encore l’adaptation St-Hubert de Black Hole Sun de Soundgarden où on apprend que Chris buvait sa sauce.

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

Difficile de trouver un duo plus parfait pour egayer une soirée. Parlant de soirée plaisante, Grimskunk ont asssuré de nous faire passer un bon moment en plongeant dans sa discographie. Le FRIMAT leur avait demandé de surtout y aller de titre en français. Un défi que Joe Evil, Vincent Peake, Franz Schuller et toute le reste de la bande ont relevé haut-la-main. On oublie souvent que Gros tas d’marde, c’est une maudite bonne toune.

Le groupe a aussi livré Fuck Shit Up et VQL (Vive le Québec Libre). Cette dernière très critique du mouvement indépendantiste et de tous ces imbéciles de la vague bleue, repliés sur eux-mêmes. N’en demeure pas moins que le mosh pit allait bon train pendant que les succès-souvenir s’enchaînaient. On a même vu un gars se lancer dans un crowd surfing alors que ça ne semblait vraiment pas un truc assuré. La leçon : pour faire du crowd surfing, ça prend du guts et un petit peu de naïveté. Le groupe nous a assommé avec l’excellente Le gouvernement songe. Rajoutez à cela Perestroïka et quelques vieilles tounes obscures qui déménagent et ça donne tout un spectacle.

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

Des jeunes avec le vent dans les voiles

Les deux fins de soirées à la Cabane mettaient de l’avant de jeunes projets qui vont bien. Vendredi soir, Les Louanges qui est en nomination sur la courte liste du Polaris. Encore une fois, la bande de Vincent Roberge a livré la marchandise mélodieusement, avec une bonne dose de groove. En plus des chansons marquantes de La nuit est une panthère, le groupe a joué une nouvelle chanson. Un concert bien réussit.

Même son de cloche le lendemain pour LaF qui venait présenter les chansons de son prochain album dont le titre est toujours inconnu. La foule était bien présente pour surfer sur les mots des trois rappeurs qui étaient en grande forme. Il reste un tout petit peu d’affinage à faire dans les moments chantés, mais dans l’ensemble, ça se passe très bien.

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

Cette même soirée mettait aussi à l’honneur Qualité Motel qui était réduit à 4 membres en raison d’un fâcheux accident au Festif!. Ça ne les a pas empêchés de mettre le feu aux poudres dès la première chanson et de finir le spectacle avec la moitié de la salle sur scène. C’est vraiment une proposition idéale pour les festivals que nous font les gars de Valaire. Pour vous donner une idée, il y a eu cet enchaînement de chansons : Alaclair High (GMD) d’Alaclair Ensemble, By My Side de Valaire, Sexyback de Justin Timberlake, Dangerous de Busta Rhymes et Sunglasses at Night de Corey Hart. C’est toujours ce genre de mélange éclectique qui fait la part entre des tounes quétaines, mais connues et des chansons du groupe. D’ailleurs, ils ont aussi fait jouer quelques tubes de leur dernier album. Et quitté sur Alegria. Ben oui.

Vitrines et découvertes

Le premier groupe à se présenter à la vitrine était Carambolage. Ceux-ci ont offert quelques bons moments et les musiciens sont efficaces. Le gros bémol est la façon d’attaquer le micro du chanteur. Ça ressemble tellement à Caravane et son ton de voix et si similaire qu’on dirait une copie moins rodée. Il a une petite tendance à la fioriture inutile, un peu plus de simplicité lui serait bénéfique. De plus, un « hum » déplaisant venait de la basse. Ce petit accroc sonore a gâché un peu une chanson en milieu de set. C’était tout de même une performance intéressante.

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

Inire est un groupe qui roule sa bosse depuis un bon bout en Outaouais. Depuis peu, ils ont aussi un membre qui est originaire de Val-d’Or. Un grand gaillard qui se débrouille pas mal à la guitare. Le groupe propose un hard rock qui flirte avec le glam rock et le stoner. Le chanteur fait un peu penser à Joey Belladonna (Anthrax) à quelques moments. Avec heureusement moins d’emportement. Inire est très rodé, mais les paroles sont pleines de déjà vu et la section rythmique prend très peu de risque. J’aurais aimé y voir quelques nuances dans le jeu de la batterie, des motifs qui changent de bord, etc. Bref, un peu plus de variété.

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

Backstabber était le groupe avec la proposition artistique la plus intéressante de ce vendredi. Les jeunes hommes proposent un death métal bien tourné. Même si le groupe joue encore dans des zones habituelles pour le genre, on sent que ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils nous envoient une claque. En attendant, c’est affreusement tight pour un genre qui possède sa part de difficultés techniques. Du solide.

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

La deuxième soirée commençait avec Pégro qui propose un rap au message motivateur et positif. Bon… moi et la religion… Ça ne le fait pas, sauf quand c’est David Bazan qui nous parle de comment il a péché. Mais le message de servant de messe qui me raconte que Jésus va me prendre par la main pour me rendre meilleur, je n’y crois pas. Mais bon, après, ce sont des goûts… Pour ce qui est de la livraison, Pégro manque un peu d’aisance sur scène, son débit est un peu trop tendu encore et manque groove. Avec le temps, sait-on!

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

Puis, ce sont les Sentinelles du Nord qui entre en réclamant des applaudissements… et des cris de jouissances. Le groupe a voulu se lancer dans une tirade féministe, mais qui finit réellement juste en demandant aux demoiselles d’être fières de leurs poitrines… et de la montrer. Plus maladroit que mal intentionné, le groupe a quand même fait quelques bourdes. Dommage, puisque le claviériste est très bon. Les Sentinelles semblent vouloir prendre une direction humoristique et pour le moment, les textes ne sont pas suffisamment drôles pour empêcher un certain malaise par rapport aux propos. Par contre, ça nous a permis de constater à quel point la personne responsable des projections était sur la coche. Après un numéro de magie flamboyante, il a mis du feu sur l’écran. Ce merveilleux moment d’ironie était magique.

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

Finalement, c’est le groupe Rang 8 qui est un peu Okoumé qui rencontre du très vieux Éric Lapointe, mais avec des textes qui sont de l’ordre du conte. Honnêtement, ça faisait la job, sur un moyen-temps. Le groupe est solide et les effets sonores sont texturés et plaisants pour les tympans.

Crédit : Maryse Boyce / FRIMAT

Le résultat de tout ça?

Le prix de la Fabrique Culturelle: Les Sentinelles du Nord

La bourse du FME : Rang 8

Le prix de la Société Saint-Jean-Baptiste de l’Abitibi-Témiscamingue : Carambolage

Prix Enraciné (grand prix comprenant du studio, des spectacles, etc): Backstabber

Prix du public : Vendredi soir : Inire / Samedi soir : Rang 8

Abitibi, quand tu nous tiens

Ajoutez à ces folles aventures, un lunch à Kinawit où j’ai pu reprendre contact avec le merveilleux humain qu’est Roy. Si tu ne te souviens pas de lui, moi oui. Tu peux relire ma rencontre ici. Bref, Roy et sa femme étaient là pour le lunch hot-dog / soupe de coeur d’Orignal et pour le concert de Matiu juché sur le Mixbus. Un beau moment à vivre avant que la pluie ne se mette de la partie.

Merci encore une fois le FRIMAT. Merci à Mélissa Drainville, sa directrice générale, qui nous accueille avec chaleur et amour. Merci à tous ces bénévoles qui y mettent du temps et du cœur. Merci à Yan Bienvenue qui s’arrange pour que les choses se passent. Merci aux collègues avec qui on a bu de la 50.

On se revoit l’an prochain, j’espère bien!

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