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FRIMAT 2018 : Rencontres musicales, rencontres humaines

Autour des vitrines musicales des deux derniers jours du FRIMAT 2018, il y avait aussi des spectacles d’artistes un peu plus établis. Retour sur deux journées de festivités musicales, mais aussi de rencontres humaines marquantes.

 

Commençons par le commencement. Après avoir écouté les collègues de Transistor interviewer Geneviève Béland du podcast Quand pensez-vous?, Francis Faubert qui a livré un franc témoignage d’amour au FRIMAT et Fred Savard qui a jasé de l’art d’être DJ, c’était les vitrines musicales. Suite à celle-ci, le groupe Dead Obies a pris la scène. C’était la première fois que je les voyais sur scène depuis la séparation avec Yes McCan. Et puis? Ben ça ne paraît pas pantoute. Le groupe a tout simplement modifié et adapté son concert et les spectateurs n’y ont vu que du feu. Et je ne parle évidemment pas du feu qui servait à allumer des petites roulades de tabac qui fait rire.

Crédit photo: Maryse Boyce

Dead Obies est arrivé comme des lions et « tight » comme ce n’est pas possible. Les 4 membres s’échangeaient la balle allègrement pendant que VNCE Carter menait la barque avec un calme et une maîtrise appréciable. Il aurait fallu tout de même enlever les tables sur le plancher, parce que lorsque les choses ont éclaté, elles se sont transformées en objets relativement dangereux. La bande de rappeurs du $ud Sale ont livré un bon mesclun de chansons tirées principalement de leurs deux albums. En prime, O.G. Bear s’est essayé à un nouveau couplet réussi haut la main. Ils ont aussi feinté quitter la scène, avant de lancer Moi pis mes homies et il y a eu du bodysurfing pendant Where They @. Dans cette disposition, 20some prend plus de place et c’est pour notre plus grand bonheur. On le découvre un peu plus et il est impressionnant par sa maîtrise de son débit.

Crédit photo: Maryse Boyce

Fin de soirée pas piquée des vers

Puis, on s’est rendu au Prospecteur pour voir le jeune prodige Zach Zoya en personne. Ça fait quelques mois qu’on me parlait de lui et j’étais bien content d’enfin le voir sur scène. Le jeune homme est d’une adresse incroyable sur scène. Il avait la salle dans sa petite poche d’en arrière après deux chansons. Son charisme est indéniable et même s’il se réfugie parfois dans des lieux communs du trap, il assure sur scène de manière exemplaire. Ce sera un nom à surveiller dans les deux prochaines années.

Crédit photo: Maryse Boyce

C’est par la suite, Fred Savard qui a pris le contrôle des platines et qui a fait danser les gens jusqu’aux petites heures. À coup de succès intercalés par des choix audacieux, il a fait suer la bière que plusieurs festivaliers, dont moi, avaient bue ce soir-là.

Aller à la rencontre de l’autre

J’avais demandé à Tourisme Val d’Or s’il était possible d’aller rencontrer une communauté amérindienne. Je n’avais certainement pas l’intention de leur demander des questions ou encore de les observer, je voulais simplement aller chiller avec des gens que je ne connais pas et qui sait, peut-être échanger un peu. Mon souhait aura été exaucé deux fois plutôt qu’une. Le premier arrêt était Kinawit, où en plus de visiter ce mélange de centre d’interprétation et de lieu de rassemblement pour les communautés autochtones, nous y avons rencontré Roy. Roy a vécu les pensionnats, tsé quand l’Église Catholique t’enlevait à tes parents sous prétexte de t’éduquer. Mais grosso modo, c’était un enlèvement systématisé et total en vue d’assimiler les premières nations en passant par leurs enfants. C’est horrible. Point barre. Mais Roy c’est aussi le gars qui s’est déjà trompé de bord en faisant du pouce et s’est retrouvé en Californie. Et le gars qui était conseiller d’orientation. Et là, il apprend à faire un canoë d’écorce comme son grand-père faisait. Je pourrais en parler longtemps. C’était un être extraordinaire. Je crois que cette photo parle d’elle-même.

Crédit photo: Maryse Boyce

Puis, comme si on n’avait pas encore suffisamment vécu d’émotion à la rencontre de Roy le lumineux, on s’est retrouvé au Pow Wow de Lac-Simon. Je vous jure, ça faisait 5 minutes qu’on y avait mis les pieds qu’on dansait en rond avec des gens en costumes traditionnels (qui sont magnifique by the way), des quidams amérindiens, des quidams pas amérindiens et une bande de Sénégalais beaucoup trop souriants. Je le conseille vivement, vous savez ce qu’ils disent : une journée de Pow Wow par année, ça élimine les préjugés pour toujours. C’était une expérience marquante. Je me sens choyé de l’accueil chaleureux. J’y retournerai.

Crédit photo: Maryse Boyce

Parle-moi encore, parle-moi si t’es d’accord

C’est la bande de joyeux lurons de Canailles qui m’ont permis de me défouler des émotions vivifiantes de la journée. Le groupe était tout sourire et en bonne forme alors que le public le lui rendait bien. Les blagues fusaient entre les chansons comme ceci : « Étant donné qu’on a des enfants devant nous, on a pensé faire une comptine, ça s’appelle Ramone-moi. » Vous vous doutez bien qu’il s’agit ici plus de faire des enfants que de leur chanter une berceuse. Le groupe a même fait un sept carré avec le public avant de mettre le feu au plancher de danse avec Fromage. Un généreux rappel plus tard, tout le monde était suintant et heureux.

Crédit photo: Maryse Boyce

C’est sourire au visage (et une bière de route dans les mains, chuuuuuuut) qu’on s’est rendu au Prospecteur pour le dernier concert de la fin de semaine : Paupière. OK, je l’avoue. J’ÉTAIS PLEIN DE PRÉJUGÉS. Je pensais que Val d’Or n’aurait pas d’amour à donner à un groupe qui fait de la pop alternative sur fond de réutilisation de sonorités 80 s. Je l’avoue. Et je serai le premier à admettre que j’avais totalement tort. Parce que l’amour est passé à travers le linge (et le chest dans le cas de Pierre-Luc Bégin). Pas de blagues, les gens en redemandaient tellement au rappel que le groupe a averti qu’ils ne pouvaient que reprendre des chansons qu’ils avaient déjà jouées. S’ensuivent deux pièces pour la deuxième fois de la soirée pendant que le monde danse leur vie. Il faut dire que le groupe était particulièrement en feu sur scène. C’était beau.

Crédit photo: Maryse Boyce

L’Amour existe encore

Je n’ai vraiment pas l’intention de vous parler de Céline Dion. Par contre, je me dois de souligner l’organisation exemplaire en place au FRIMAT. Mélissa Drainville et sa gang font beaucoup avec peu. Il faut saluer tous ces bénévoles qui se donnent par passion, les filles de la Sandwicherie, Karine Murphy, Marie-Ève Carrière, Geneviève Baril, Yan Bienvenue, les gens de l’accueil, de la merch, du bar, Antoine et tous les autres qui se battent pour créer un événement extraordinaire. Vous êtes impressionnants et une grande source d’inspiration.

Et ce n’est pas tout. Pendant mon séjour, j’ai pu passer du temps avec la faune locale : Pascale, Jean-François, Annie, les deux princesses, Nancy et Kristel de Tourismes Val d’Or et tous ceux qui ont fait de ce séjour 4 journées de pur bonheur. Merci. Je reviendrai. Je m’ennuie déjà un peu de vous autres.

À l’an prochain, le FRIMAT.

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