Father John Misty Archives - Le Canal Auditif

3 conflits d’horaire qui nous feront maudire Osheaga

Ça y est, Osheaga approche à grands pas et l’organisation a dévoilé l’horaire des spectacles. N’en fallait pas plus pour qu’on se rende compte que certains bons coups de la programmation jouent en même temps! Misère. Voici trois beaux choix difficiles avec lesquels les festivaliers devront rivaliser.

Angel Olsen / Badbadnotgood / Andy Shauf

Elle fait du folk magnifique et poignant, ils font du jazz inventif et mélodieux alors que Shauf est l’un des artistes que nous suivons attentivement depuis la sortie de l’excellent The Party. On fait quoi? Olsen est passée lors de la dernière édition de POP Montréal alors peut-être avez-vous eu la chance de la voir là-bas. Shauf a visité Montréal à quelques reprises… disons que Badbadnotgood est un peu moins facile à attraper.

Notre verdict : Avec nos mains de jazz, on recommande Badbadnotgood.


 
 

PUP /Major Lazer / Father John Misty

D’un côté, le punk entraînant de PUP est parfait pour faire fondre les calories en trop accumulées en buvant de la bière. Major Lazer a aussi tout le potentiel de réveiller le danseur en toi avec ses rythmes festifs. Father John Misty par contre, va te livrer du folk un peu déprimant avec beaucoup d’énergie… Les premiers sont vraiment intéressants, les deuxièmes vont te faire aller le bassin, le troisième est passé au printemps et vient de lancer un album couci-couça.

Notre verdict : Une moitié de PUP et une moitié de Major Lazer te feront perdre toutes les calories que tu accumuleras au cours du weekend en raison de ta consommation de bière en cannettes. Danser, tu feras.


 
 

Alabama Shakes / Die Antwoord / Crystal Castles / Beat Market

En fin de festival, encore une fois la programmation nous donne des petits mots de têtes. Alabama Shakes et leur indie-rock plein de soul seront d’un côté. De l’autre, les marginaux de Die Antwoord, qui malgré un dernier album assez ordinaire, livre la marchandise sur scène. Crystal Castles a subi de gros changements dans les derniers deux ans, mais c’est quand même une performance à ne pas manquer. Finalement, les locaux de Beat Market donnent tout un spectacle. Est-ce que tu veux vraiment manquer ça?

Notre verdict : Alabama Shakes pour la rareté.


 
 

On se voit là-bas dans trois semaines!

https://www.osheaga.com/

Critique : Father John Misty – Pure Comedy

Voulez-vous savoir, c’est quoi le problème? Josh Tillman va vous le dire, en long et en large, et en plusieurs versions, parfois contradictoires. Après avoir sauté à pieds joints dans une vie de débauche comique avec Fear Fun et après avoir langoureusement embrassé les bouleversements du grand amour avec I Love You, Honeybear, Father John Misty n’embrasse plus que le dégoût du monde et le cynisme qui engloutit absolument tout. Un des rares éclats de joie qui restent dans sa musique provient de l’amusement que Tillman ressent à décevoir un certain type de fan, qui s’intéresse forcément à lui pour les mauvaises raisons, car les humains sont paresseux, sont de mauvais goûts, et ne veulent qu’un divertissement qui les rassure égoïstement dans leurs préjugés et leurs faiblesses.

Le tableau semble un peu lourd? Attendez, ça ne couvre qu’environ deux des chansons de l’album. Et le reste n’est pas plus joyeux.

La misanthropie n’est rien de nouveau pour Tillman. C’est la note dominante de son œuvre jusqu’à présent, en particulier de ses albums sous le nom de J. Tillman. En prenant le pseudonyme de Father John Misty, Tillman trouvait un équilibre captivant entre l’hédonisme et le désespoir, disant en gros : « Nous vivons dans une réalité détraquée, mais j’ai trouvé ce qui me fait du bien, alors allez tous chez le diable. » Pure Comedy se concentre sur les cinq derniers mots de cette phrase et les décline sous toutes sortes de formes.

Tillman imagine des scénarios dystopiques où l’humanité accepte avec bonheur d’être dénaturée si ça signifie que la peur et le stress sont apaisés. Il parle de l’omniprésence — et de l’insignifiance — des opinions en ligne. Et il y a Dieu et Jésus qui sont mentionnés un peu partout, les personnages qui gâchent tout, mais pourraient tout régler (il faut savoir que Tillman a grandi dans un environnement très religieux qu’il a fui dès qu’il l’a pu, et résolument le sujet le tracasse encore).

Bref, le fiel déversé coule dans toutes sortes de directions, parfois contradictoires, parfois sans queue ni tête, parfois aboutissant à des culs-de-sac. Fidèle à lui-même, toujours aussi lucide, malgré le manque d’enthousiasme, Father John aborde les faiblesses de ses nouvelles compositions de front dans l’interminable chanson Leaving LA, dix couplets de logorrhée sans refrain, pendant laquelle il reconnaît que c’est la chanson qui lui coûtera de nombreux fans. Il s’imagine un collégien, écoutant la pièce, se disant : « J’aimais bien ce gars, mais ce qu’il fait maintenant me donne envie de mourir. » Ça montre que rien n’échappe à son cynisme, mais ça montre aussi que l’autodérision corrosive l’emporte cette fois sur la composition.

Je n’ai jamais trouvé que la musique était ce qui était le plus intéressant de FJM, mais j’ai adoré à quel point son style musical convenait parfaitement à son personnage jusqu’ici. Sur Pure Comedy, la musique rappelle encore le rock pépère mélancolique des années 70 vivant dans l’ombre de l’album blanc des Beatles et de la musique de The Band, mais contrairement aux deux albums précédents, il y a ici un manque de variété, une mollesse envahissante généralisée, une uniformité dans les textures.

On ne peut pas nier le talent naturel de Tillman pour écrire des textes séduisants, et sa voix est encore belle à pleurer. Mais on a affaire ici à un album plutôt long — 13 chansons en 74 minutes — où rien de positif n’est exprimé sans être enveloppé au préalable dans le défaitisme, et où l’ensemble de la musique est généralement mou. Quand on y pense, c’est un peu un tour de force de faire un album aussi lourd dans un enrobage aussi léger. Mais ça n’en fait pas un album qu’on aimera revisiter à répétition.

Ma note: 6/10

Father John Misty
Pure Comedy
Sub Pop
74 minutes

www.fatherjohnmisty.com

10 albums à surveiller en avril 2017

Clark – Death Peak (7 avril)

Chris Clark s’apprête à lancer son huitième album en studio avec Death Peak. Si l’on se fie aux dernières sorties de l’artiste, ça risque d’être encore une fois une expérience très plaisante pour les oreilles. D’ailleurs, il nous donne un aperçu avec Peak Magnetic, premier extrait rythmé et mélodieux.


 
 

Damien Robitaille – Univers Parallèles (7 avril)

Damien Robitaille s’apprête à lancer un nouvel album, successeur du bien plaisant Omniprésent paru en 2012. Le premier simple, laisse entrevoir un Robitaille un peu plus sérieux, mais toujours aussi pop et accrocheur. Que trouvera-t-on sur Univers Parrallèles? On le saura bientôt.


 
 

Father John Misty – Pure Comedy (7 avril)

Father John Misty s’est élevé au niveau des plus importants auteurs-compositeurs-interprètes contemporains avec l’excellent I Love You Honeybear paru en 2015. Le prochain opus arrive à grands pas et semble empreint d’une certaine critique sociale, surtout sur Pure Comedy, premier extrait de l’album du même nom.


 
 

Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent (7 avril)

Samuele a connu une année 2016 assez folle : participation aux Francouvertes pour ensuite remporter le Festival de la chanson de Granby. Ces événements l’ont mené à l’enregistrement de son premier album qui fera découvrir cette jeune femme qui s’attaque à des questions de son temps : l’identité, l’égalité et les droits des minorités en société.


 
 

Timber Timbre – Sincerely, Future Pollution (7 avril)

Timber Timbre lancera sous peu son 6e album. Hot Dreams avait visé dans le mile et gageons que la formation refusera une fois de plus le surplace en proposant des sonorités différentes. Déjà sur Sewer Blues, on dénote des effets de claviers atypiques pour la formation.

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La playlist à Boubi : Mars 2017

Pour la playlist de mars, vous trouverez une extrait de collaboration inusitée entre le pianiste Jean-Michel Blais et l’artiste de musique électronique CFCF, en plus de nouvelles chansons de Land Of Talk (enfin!), Lowly, Laura Marling (qui nous prépare tout un album avec Semper Femina), Father John Misty, Millimetrik, le projet solo d’Emma de Men I Trust appelé Bernache et pleins pleins d’autres.

Bon mois de mars les mélomanes !

La programmation d’Osheaga 2017

C’est un moment que tout mélomane de la métropole attend chaque année : le dévoilement de la programmation d’Osheaga. On savait déjà plusieurs noms grâce au traditionnel jeu à la recherche des noms. Mais voilà, nous n’avions pas le portrait global. Faisons donc une petite dissection de l’affiche avec ses gros et surtout, ses plus petits noms intéressants.

On va régler le cas des têtes d’affiche tout de suite. C’est Lorde, The Weeknd et Muse qui ont droit à de plus grosses lettres sur ladite affiche. Lorde, c’est intéressant : la jeune femme est très talentueuse et s’en vient avec un nouvel album. En tout cas, les indices pointent dans cette direction. Par contre, The Weeknd nous a offert un décevant Starboy cette année et la dernière fois que Muse nous a épaté en album, Le Canal Auditif n’était même pas encore en service. Ce n’est donc pas pour la typographie impressionnante qu’on a envie d’aller sur l’île Notre-Dame cette année. Que nenni. C’est pour tout le reste.
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Du côté hip-hop/soul/R&B, plusieurs artistes très intéressants seront présents. On peut parler de Danny Brown, Run The Jewels et De La Soul, tous des groupes qui sont passés relativement récemment à Montréal, mais qu’on ne se tanne pas de voir. Solange viendra présenter les pièces de son excellent A Seat at the Table, Sohn celles de son appréciable Rennen et Majid Jordan son R&B velouté. Et Die Antwoord fera danser les festivaliers sur leurs trames électroniques contagieuses. Sampha et Phantogram vont aussi nous gâter les oreilles avec leur électro mélodieux.

Le rock a aussi sa place. Car Seat Headrest, l’un de nos favoris, sera de la partie. Alabama Shakes et son indie-soul convaincant fera vibrer les foules tout comme Local Natives. Les seules opportunités de s’activer le mosh pits seront pendant Death From Above 1979 et PUP. Prenez des notes! Hamilton Leithauser sera présent en solo alors que Whitney et Cloud Nothings livreront les pièces de leurs albums parus dans les derniers mois. Et que dire de Father John Misty qui s’apprête à lancer une nouvelle galette en avril. On sera assurément heureux d’y assister. Foxygen et la sublime Angel Olsen seront aussi de la partie.

Les artistes canadiens de qualité auront aussi leur place à Osheaga cette année. De Broken Social Scene aux jazzmen de Badbadnotgood, la diversité est à l’honneur. N’oublions pas le capable Andy Shauf. Et les Québécois! Plants and Animals, Kroy, CRi, Rosie Valland, Men I Trust, Le Couleur et Bernardino Femminielli sont tous de bonnes raisons de se déplacer. On se voit là-bas!

https://www.osheaga.com/