John Congleton And The Nighty Nite – Until The Horror Goes - Le Canal Auditif

John Congleton And The Nighty Nite – Until The Horror Goes

john congletonPour ceux qui ne connaissent pas John Congleton, on ramène tout de go les pendules à l’heure. L’artiste est un réalisateur/écrivain qui a travaillé sur d’innombrables disques indie-rock états-unien. On pense aux vénérés Swans, à l’adulée Annie Clark, alias St. Vincent, au folkeux Kurt Vile, aux stoner-métalleux de Baroness et la liste pourrait s’allonger ainsi pendant au moins un paragraphe complet. Bref, le bonhomme est fort respecté par tout ce qui gravite autour de l’univers rock indépendant américain. La semaine dernière, John Congleton And The Nighty Nite proposait Until The Horror Goes.

Congleton et ses accompagnateurs présentent une création qui fait référence à ce monde de plus en plus étrange dans lequel on vit où l’isolement et la solitude n’ont jamais été aussi accentuées, et ce, malgré la multiplication des échanges virtuels qui sont souvent d’une superficialité totale. L’art de se sentir esseulé… mais tous ensemble!

Musicalement, on est plongé dans un électro-pop-rock touffu, un tantinet labyrinthique, un peu comme ce que peut concevoir St. Vincent. Congleton semble techniquement moins doué qu’Annie Clark, mais puisqu’il est un maestro de la réalisation, ce Until The Horror Goes passe aisément la rampe. En pigeant à gauche et à droite et en incorporant adéquatement les tiques et procédés sonores des créateurs qu’il a réalisés, l’homme réussi à captiver grâce à une courtepointe musicale somme toute unique.

Until The Horror Goes est un album nerveux, agité et hyperactif, qui m’a, à quelques occasions, tapé sur les nerfs, mais qui à d’autres moments m’a réjoui au plus haut point. Un véritable «disque de réalisateur» avec tout ce que cela comporte d’esbroufe et de démesure. Même si le propos est plus que pertinent, l’électro-pop-rock convulsif de Congleton donne parfois le tournis. À la fin du périple, on en vient même à oublier le distinctif message véhiculé par l’auteur.

Pas d’inquiétude, c’est un bon disque. On aurait simplement apprécié un peu plus de simplicité afin de bien assimiler les textes de Congleton. Cela dit, une majorité de chansons valent la peine. On pense à l’explosive Animal Rites, aux très St. Vincent titrés respectivement Your Temporary Custodian et Until It Goes ainsi qu’à la menaçante Just Lay Still. On a également apprécié A Tale Told By An Idiot et à la tempérée/prenante You Are Facing The Right Way.

Ce Until The Horror Goes est l’œuvre d’un créateur chansonnier fort talentueux… qui aurait eu probablement besoin d’une oreille extérieure compétente (et à la hauteur de Congleton, on en convient) afin de resserrer l’ensemble. Du même souffle, les capacités imaginatives du réalisateur sont quasi éternelles. Alors, on peut parfaitement comprendre qu’il ait voulu effectuer le travail seul, comme un grand garçon. Une production aussi suffocante qu’ingénieuse.

Ma note: 6,5/10

John Congleton And The Nighty Nite
Until The Horror Goes
Fat Possum Records
39 minutes

https://www.facebook.com/johncongletonandthenightynite/

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