Critiques

Coldplay

A Head Full Of Dreams

  • Capitol Records
  • 2015
  • 46 minutes

ColdplayColdplay. A Head Full Of Dreams. Ça sortait vendredi dernier et c’est avec l’enthousiasme d’un ours polaire agonisant sur une banquise que j’ai prêté l’oreille attentivement à cette nouvelle proposition. Les échos entendus, quant à la parution des premiers simples, n’auguraient rien de bon. Pour votre information, je n’écoute jamais les extraits qui sont révélés avant la sortie d’un album, question d’être le plus objectif possible. Ce septième disque de la formation britannique a été réalisé à deux têtes: Rik Simpson (Jay-Z, PJ Harvey) et Stargate, un collectif qui a entre autres travaillé avec Rihanna.

Quelques collaborateurs se sont greffés à Coldplay tels que Beyoncé et l’ineffable Père Noel Gallagher. Le précédent effort s’était vu octroyer la pire note de l’histoire du Canal Auditif… et je n’aurais jamais cru que la bande à Chris Martin pouvait descendre encore plus bas. Ce disque est d’une ineptie totale tant le quatuor s’enfonce dans les méandres de la pop dansante jovialiste d’une superficialité sans nom.

Mélodiquement parlant, Chris Martin n’a plus aucune imagination répétant inlassablement les mêmes refrains choraux qu’il traîne depuis la nuit des temps. Musicalement, les nombreux arrangements douteux pullulent tout au long de l’album. Je fais référence aux clappements en toc dans Hymn For The Weekend (le navet ultime de l’album), le piano «cheap» à la Bruce Hornsby & The Range dans Everglow, la guitare funk gériatrique dans Adventure Of A Lifetime et la voix passée dans un vocodeur qui sert d’appui mélodique à Martin dans Army Of One

On continue. Toujours dans Army Of One, Coldplay nous la joue «artiste faussement inventif» alors qu’en plein milieu nos petits amis proposent carrément une nouvelle chanson. Le lien entre les deux mouvements est complètement raté, comme si mixer deux pièces totalement distinctes en une était un gage d’inventivité. Coldplay nous niaise avec ce genre de subterfuge aveuglant depuis X & Y. Que dire de la ballade Amazing Day? L’effet d’un somnifère conjugué à celui d’innombrables consommations de tisane à la camomille caractérise parfaitement cette inutilité sonore.

Honnêtement, il est facile de casser du sucre sur le dos de Coldplay. C’est même devenu une tendance lourde ces dernières années et j’exècre souverainement ceux qui se définissent exclusivement par ce qui est «in». J’aurais souhaité que Coldplay nous étonne avec un sursaut créatif intéressant, mais force est d’admettre que les quatre créateurs potables (j’insiste sur «potables»), qu’on avait cru entendre sur A Rush Of Blood To The Head, se sont transformés en quatre singes marketisés, à la solde du grand capital… et dire qu’une ribambelle de blaireaux boiront les bonnes paroles de Chris Martin et ses trois médiocres faire-valoir.

Je pousserai ma réflexion plus loin en disant que Coldplay représente tout ce me fait sortir de mes gonds en ce bas monde: des artistes, politiciens, syndicalistes, banquiers, dirigeants de grandes corporations, et j’en passe, qui n’en ont que pour le dieu «dollar-marketing», perdant ainsi leur unicité, leur intégrité et même leur talent au profit d’une reconnaissance aussi futile qu’éphémère. Coldplay est le symbole musical ultime du triomphe de l’abêtissement culturel qui gagne du terrain depuis près d’une trentaine d’années. A Head Full Of Dreams est une insulte l’art chansonnier.

P.-S. Ce sera la dernière fois que Le Canal Auditif fera la critique d’un album de Coldplay. Nous n’avons pas envie de nous acharner plus longtemps sur le sort du groupe britannique. On ne frappe pas inutilement quelqu’un qui a un genou au sol…

Ma note: (ça ne vaut pas la peine!)

http://coldplay.com

Exprimez-vous!