Critique : Leif Vollebekk - Twin Solitude - Le Canal Auditif

Critique : Leif Vollebekk – Twin Solitude

Je ne sais pas si le nom du nouvel album de Vollebekk vient de son observation de la faune montréalaise séparée par la Main. Je ne sais pas non plus (même si je m’en doute) qu’il a adopté le titre pour parler du précipice qui se creuse entre deux cœurs quand la lune ne brille plus et quand la noirceur a pris la place de la lumière dans une chaumière. Une chose est sure avec Vollebekk, ce gars peut te rendre jaloux. Celui que ta blonde (ou ton chum, ne sait-on jamais…) rencontre et que tu te dis : il est beau, il chante bien pis en plus, je suis sûr qu’il sent bon. C’est le type parfait avec de l’âme, qui ne fait même pas semblant d’être un autre.

Twin Solitude est le troisième record de cet expatrié d’Ottawa venu s’installer dans la scène musicale foisonnante de Montréal. North Americana, son précédent, était efficace, bien composé, mais donnait un peu trop l’impression de vouloir ressembler à Ryan Adams. Aujourd’hui, avec Twin Solitude, Vollebekk ne ressemble à personne. Il s’élève de la mêlée et se classe parmi l’élite du folk contemporain de ce monde.

On y retrouve encore les influences de Bob Dylan et Neil Young, mais elles s’incorporent dans un nouveau mélange coloré d’une soul poignante. Penchons-nous d’abord sur le sublime simple Elegy paru dans les dernières semaines. Vollebekk y va d’une voix aussi dynamique que mélodieuse sur une base de piano, basse et batterie simple. L’air est efficace et intoxicant. Une chanson qui traite d’un ancien amour décédé avec toute la fougue et la joie de la jeunesse autant que la maturité de l’homme qui en a vu d’autres.

Heart’s on fire ‘n’ so is the page
Everybody round here’s telling me to act my age – I’m trying .
Things are only revealed in the life that is given oh
To be free from the body when all else is forgiven.
Rain outside’s blowing in the curtains nothing is revealed but nothing is for certain.
As I recall you was drinking from the sanctuary wine.
Well don’t worry baby, we’ll find all of our lost time.
— Elegy

Les chansons poignantes sont reines sur Twin Solitude. Vancouver Time qui ouvre l’album est empreint d’une certaine nostalgie. All Night Sedans est douce sans bon sens. Michigan prend une approche à la guitare alors qu’East of Eden ressort la guitare électrique. Cette dernière est particulièrement belle et évoque les routes trop longues et trop plates. L’album se termine sur la magnifique Rest, où Vollebekk couche sa voix sur une trame construite avec une harpe et ce que je suspecte être un mélange de haut bois et de saxophone, mais c’est vraiment incertain. Une chose est sure, c’est très beau.

En conclusion, c’est un excellent album. Le genre de record qui te redonne foi en l’humanité. Une galette qui te fait vivre des émotions. Leif Vollebekk ne se trompe pas sur Twin Solitude et te donne envie de réparer des pots cassés, de te coller doucement à un autre être humain dans le froid de février pour te rappeler qu’on a tous un petit cœur qui bat. C’est à ton tour de te faire plaisir. Écoute Leif te chanter de belles ritournelles et profite de ces moments de douceur.

Ma note: 8/10

Leif Vollebekk
Twin Solitude
Secret City Records
51 minutes

http://www.leifvollebekk.com/

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