Critique : Ryan Adams - Prisoner - Le Canal Auditif

Critique : Ryan Adams – Prisoner

Hollywood est synonyme de plusieurs choses : d’un âge d’or, de son déclin, d’un vieux rêve oublié. Pas étonnant que ce soit aussi là où sont installés les studios PAX AM de Ryan Adams, qui revient avec un nouvel album, Prisoner.

Sa seizième galette est un condensé de ce qu’il sait faire, à la croisée du rock américain et de la tradition folk, le tout mêlé d’une nostalgie de ses belles années, celles où il était considéré comme la relève du songwriting américain (on se souvient du fantastique Heartbreaker en 2000). Cet album est pour Adams celui composé à la suite de son divorce, thème principal de Prisoner. 80 morceaux réduits à 12 selon les dires de l’intéressé. Un pur cliché du rockeur sympa qui galère à traverser la quarantaine : rien de nouveau musicalement et au niveau des paroles, tout tourne autour de l’incompréhension de cet amour passé. Les douze morceaux s’enchaînent et convoquent pas mal de solutions trouvées sur son dernier album homonyme de musique originale sorti en 2014. Originale oui, car entre temps, en 2015, Adams a trouvé le temps de réenregistrer tout l’album 1989 de Taylor Swift à sa sauce. Pas de commentaires.

L’album s’ouvre sur la complainte rock Do You Still Love Me? (bon sans suspens la réponse est non…) avec claviers, partie de guitare musclée et ambiance folk en fond. Modèle Bruce Springsteen à l’appui, le simple qui entame l’album est un cliché du morceau pop rock format radio. Un solo de guitare et un refrain plus tard, c’est plié et efficace, mais on s’en souvient à peine. (Reste un arrière-goût de son dernier simple Gimme Something Good de 2014)

Les morceaux s’enchaînent comme les faces B de deux de ses meilleurs albums : le mythique Heartbreaker et celui homonyme de 2014. Prenez To Be Without You, Outbound Train, Breakdown, ou Tightrope, puis réécoutez les classiques de Heartbreaker (Oh My Sweet Carolina, My Winding Wheel, Come Pick Me Up). Alors? Ça sonne pareil… Pour Anything I Say to You, Shiver and Shake, et Doomsday (quasi copie du morceau Kim de 2014), les pièces semblent issues des mêmes sessions. Pas étonnant que Don Was, même producteur que l’album précédent soit aux platines ici aussi…

Si vous êtes un mélomane pop-rock, fan de Ryan Adams qui plus est, l’album vous plaira. Il fera plaisir à écouter le dimanche après midi dans votre salon, ou même dans votre voiture cet hiver. Car après tout Ryan Adams fait de la musique plutôt cool. En revanche, ne venez pas nous demander d’en faire l’album de l’année. Cet album il l’a écrit au début des années 2000, plus un autre très bon il y a deux ans, et en février, il nous en ressert une tranche pour faire passer la pilule de la quarantaine.

Ma note: 6/10

Ryan Adams
Prisoner
Pax Am Records
43 minutes

http://paxamrecords.com/

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