Critique : Jeff Tweedy – Together At Last - Le Canal Auditif

Critique : Jeff Tweedy – Together At Last

Semble-t-il qu’au cours des prochains mois, le meneur de Wilco, Jeff Tweedy, s’apprêterait à lancer quelques albums « unplugged », revisitant ainsi son vaste répertoire ? Que ce soit avec ce grand groupe qu’est Wilco ou dans les nombreux projets auxquels il a participé, les chansons de Tweedy prennent désormais une place importante dans l’histoire de la musique américaine.

En 2014, le père de famille s’était uni à son fils Spencer (batteur de formation) afin de nous présenter Sukirae; un disque en dent-de-scie qui comportait quand même son lot de bonnes chansons. L’année dernière, avec Wilco, Tweedy récidivait avec Schmilco; un disque correct où la plupart des pièces avaient été composées durant les sessions d’enregistrements de l’excellent Star Wars (2015). Voilà que le songwriter faisait paraître la semaine dernière Together At Last qui constitue un premier balayage de l’éloquente carrière du vétéran.

On retrouve donc Tweedy, seul avec sa guitare acoustique, parfois accompagné d’un harmonica, qui interprète certains de ses classiques avec toute l’authenticité et l’intégrité qu’on lui connaît. Tout est là, la magnifique voix chevrotante du bonhomme ainsi que son jeu de guitare rythmique précis. Cela dit, ce disque est destiné exclusivement aux purs et durs de Tweedy. Le mélomane qui voudrait découvrir l’œuvre de Wilco au travers cette création trouvera probablement le temps long. Même si le vétéran est un compositeur et parolier de haut niveau, sans les arrangements inventifs de son groupe, ces chansons pourraient paraître élémentaires aux oreilles du mélomane, néophyte de la formation américaine.

Néanmoins, d’entendre des merveilles comme, par exemple, Via Chicago ou Ashes Of An American Flag dans leurs plus simples appareils a permis à l’admirateur que je suis de redécouvrir l’indéniable talent d’auteur qui habite Tweedy. Comment résister à des perles comme : « I wonder why we listen to poets, when nobody gives a fuck. » (Ashes Of An American Flag), ou encore : « I dreamed about killing you again last night and it felt alright to me. » (Via Chicago) ? Tout ça, dans un enrobage totalement minimaliste. Ces chansons-là, même s’ils sont superbement bonifiés par la musique de Wilco, se tiennent toutes seules; une preuve irréfutable du talent du vétéran.

D’autres moments intéressants sont également à souligner. Je pense entre autres à la version de Muzzle Of Bees (chanson assez complexe du répertoire de Wilco) qui a été bien retravaillée pour l’occasion et à I Am Trying To Break Your Heart, tirée de l’album Yankee Hotel Foxtrot (2002), qui est également une réussite. Un seul bémol pour I’m Always In Love dont la version révélée sur l’album Summerteeth est nettement plus pertinente.

Essentiel, ce Together At Last ? Pas du tout. Et pour être bien honnête avec vous, on aurait très bien pu s’en passer, mais le fan fini de Wilco (et de l’oeuvre de Tweedy) prendra son pied à l’écoute des petites perles de ce grand auteur-compositeur-interprète états-unien. Un album à écouter un dimanche après-midi contemplatif, un brin nostalgique, avec une petite frette entre les mains.

Ma note: 6,5/10

Jeff Tweedy
Together At Last
dBPM Records
38 minutes

http://wilcoworld.net/

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