Critiques

Surface Of Atlantic

Fortunate Lives

  • Indépendant
  • 2015
  • 35 minutes
7

Surface Of AtlanticFormée en 2004, la formation montréalaise Surface Of Atlantic propose depuis sa naissance un mélange de folk et d’indie-rock, le tout dans un enrobage résolument contemplatif et éthéré. Avant de faire paraître ce nouvel album titré Fortunate Lives, le quintette avait lancé Ephemeral As We Speak (2007) et A Frame Per Person (2010). Fait à noter, vous pouvez entendre le groupe dans le film J’ai tué ma mère de Xavier Dolan… quand même! Enregistré au studio Piccolo sous les bons auspices de l’incontournable Ghyslain-Luc Lavigne, est-ce que ce Fortunate Lives fait le travail?

Absolument. Même si ce folk rock vaporeux peut parfois paraître anachronique, on se laisse aisément envoûter par cette musique aussi contemplative que rythmée. On pense à Bon Iver, Sigur Ros, au Coldplay de A Rush Of Blood To The Head et au Radiohead d’Amnesiac. On navigue d’une chanson à l’autre dans un état de rêve éveillé et Surface Of Atlantic n’a rien à envier à bien d’autres pointures du même acabit.

La principale qualité de Surface Of Atlantic se situe dans cette capacité à bien aérer sa musique, à agrémenter celle-ci de moments minimalistes quasi silencieux qui captent notre attention. Dans ce type de musique, il est tellement facile de superposer une panoplie de couches sonores dans le but d’ensevelir l’auditeur dans un magma sonore asphyxiant. Surface Of Atlantic évite admirablement bien ce piège en laissant respirer ses chansons et seuls des musiciens d’expérience peuvent réussir pareil coup.

L’instrumentation variée, ponctuée de piano, de guitares rock modérées/arpégées, auréolé de la voix sensible de Dave Douville est minutieusement saupoudrée tout au long de l’album. Un seul bémol? J’aurais souhaité une plus grande explosivité musicale et une interprétation moins en retenue, un peu plus d’intensité dans la livraison générale des chansons, mais rien qui amenuise mon appréciation de Fortunate Lives.

Parmi les bons coups recensés sur l’album, j’ai eu le béguin pour la pop To The Lions, pour la dépouillée et méditative Fortunate Lives, pour la déflagration pianistique (évoquant Radiohead… on pense à You And Whose Army sur Amnesiac) entendue dans Slow Dawn ainsi que pour la minimaliste et conclusive (construite presque exclusivement sur le piano) A Far Off Place.

Surface Of Atlantic parvient à bien mélanger ses populaires ascendants afin d’en faire un tout totalement authentique. Même si ce genre musical est internationalement bien comblé par d’importantes pointures, les Montréalais mériteraient une reconnaissance nettement plus accrue tant ce qu’ils font est fort adéquat. Bon disque. Bon band. Point à la ligne.

Ma note: 7/10

Surface Of Atlantic
Fortunate Lives
Indépendant
35 minutes

http://www.surfaceofatlantic.com

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