Critiques

Moderat

III

  • Monkeytown Records
  • 2016
  • 43 minutes
8
Le meilleur de lca

ModeratModerat est formé du duo Modeselektor, alias Gernot Bronsert et Sebastian Szary, et d’Apparat, alias Sascha Ring. Leurs carrières ont commencé à l’époque des raves berlinois, à mixer du matériel house et techno. Modeselektor a surfé sur la vague IDM des années 90 tandis qu’Apparat s’est intéressé à l’ambient. La première rencontre entre les trois bidouilleurs remonte à 2003 avec le EP Auf Kosten der Gesundheit; mais ce n’est que six ans plus tard qu’ils reviendront à la charge avec un premier album homonyme.

Leur deuxième opus, simplement nommé II (2013), laissait tomber les beats techno pour des prouesses rythmiques plus proches du hip-hop, et troquait le plancher de danse pour le divan, avec des pièces plus posées, presque méditatives. Leur troisième album, III, continue dans ce sens, au point ou on ressent la conclusion à une trilogie.

Eating Hooks s’éveille tout doucement, le rythme hip-hop bien ancré et la voix harmonisée de Ring créent un excellent contraste, pendant que les claviers réverbèrent en trame de fond. Running accélère la cadence façon techno; la performance vocale de Ring plane au-dessus des échantillons téléchargés des années 90, c’est excellent. Finder fait un saut dans la même décennie sous une forme downtempo qui se déroule comme une boucle.

Ghostmother reprend le contraste rythme hip hop/voix aérienne avec la même délicatesse que la première piste. Reminder change complètement de direction avec ses percussions tribales, son refrain dance-pop et une performance vocale qui fait clairement penser à Thom Yorke. The Fool pèse sur le frein, le kick est alourdi et ralenti, l’orgue et les synthétiseurs créent une atmosphère mélancolique.

Les impulsions électroniques et la voix trafiquée ouvrent Intruder discrètement, pour ensuite éclater en refrain épique planant autour de cimes de montagnes. L’instrumental Animal Trails progresse tranquillement jusqu’à ce que le rythme drum n’ bass viennent ponctuer la partie ambiante. Ethereal conclut l’œuvre autour d’un arpège synthétique aléatoire qui mène à un point culminant, et retombe rythmiquement jusqu’à l’évanouissement.

Avec III, Moderat s’est calmé sur les rythmes et nous a proposé de s’asseoir et de l’écouter en tête à tête. Il y a une proximité créée par la façon dont la voix de Ring est mixée qui s’apparente au chuchotement dans l’oreille. C’est définitivement plus introspectif, on s’attarde davantage aux paroles et aux thèmes, une attention qui n’était pas offerte aussi sincèrement sur les deux premiers disques. Les amateurs de Massive Attack et Moby vont adorer, si ce n’est déjà fait. Leur spectacle au mois de mai affiche complet.

Ma note: 8/10

Moderat
III
Monkeytown Records
43 minutes

http://moderat.fm/

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