Critiques

Noel Gallagher’s High Flying Birds

Who Built The Moon?

  • Sour Mash Records
  • 2017
  • 48 minutes
7,5

Afin de ne pas perdre mon précieux temps et le vôtre (tout aussi inestimable), il n’est pas question ici de faire du mémérage médiatique au sujet de l’éternelle querelle qu’entretiennent stratégiquement les frères Gallagher. Ce n’est que du commerce et du marketing. Au mois d’octobre dernier, Liam étonnait la planète pop-rock avec As You Were. Un disque honnête, sans trop de fla-fla, qui redore le blason créatif de l’ex-chanteur d’Oasis.

La semaine dernière, voilà que le Noel Gallagher’s High Flying Birds lançait sa 3e proposition en carrière. Intitulé Who Built The Moon?, le bientôt cinquantenaire a confié la réalisation de ses chansons à David Holmes, un artiste électro et un ami proche de Gallagher. Si l’homonyme, paru en 2011, était marqué du conservatisme rock qui a caractérisé la fin d’Oasis, Chasing Yesterday (révélé au printemps 2015) ouvrait un peu plus les valves créatives. Un album qui laissait poindre un espoir, une possible cure de jouvence pour le père Noel…

Et Holmes a modifié le processus créatif préconisé par l’Anglais. Pour cette fois, pas question d’arriver en studio avec des pièces toutes prêtes. L’Irlandais a donné rendez-vous en studio à Gallagher en le contraignant : il devait se présenter devant lui les mains vides. De cette manière, il n’y avait aucun risque que le compositeur se réfugie dans ses tics familiers.

Le résultat ? Le mâcheur de gomme caractériel nous présente son meilleur disque depuis un bail. Vraiment. Noel garde intact l’ADN de ses chansons (mélodies imparables, pop-rock explosif, etc.), mais les ascendants gospel, soul et électro, combinés à des moments instrumentaux inspirés de la pop psychédélique française, amènent l’artiste dans des lieux qu’il n’a jamais explorés. Un grand merci à Holmes, mais une génuflexion sincère à Gallagher qui prend le risque d’aller ailleurs.

Même si ce disque peut paraître trop « réalisé », du moins lors des premières auditions, je préfère, et de loin, les chansons de Noel dans cet habillage sonore. Le mélodiste épate encore et une vaste majorité de pièces feront aisément leur chemin dans votre cortex cérébral. Le ton général de ce Who Built The Moon? est résolument optimiste.

Careful What You Wish For est une sorte de space rock aux accents blues qui m’a fait taper du pied. Holy Mountain donne le goût d’ouvrir les fenêtres de son appartement et de chanter le refrain à tue-tête. If Love Is The Law réfère à Dylan. Et LA pièce maîtresse de cet album (l’un de mes meilleurs morceaux de l’année) : The Man Who Built The Moon. Dramatique, puissante et émouvante, cette chanson se réfugiera dans le nec plus ultra du corpus chansonnier du bonhomme. Une rencontre sonore entre un hymne typiquement Galllagher et ce que peut créer Jason Pierce avec Spiritualized. Du rock « symphonique » forcément pompeux, mais bouleversant.

Les seuls bémols au programme ? Les arrangements vocaux agaçants, remémorant certaines vieilleries disco, dans She Taught Me How To Fly et le rock basique de Black & White Sunshine. Sinon, Noel Gallagher réussit son pari, celui d’arpenter de nouveaux sentiers, sans perdre son identité.

La vie est remplie de surprises. Parfois agréables, souvent indigestes. En ce qui me concerne, les deux albums lancés cette année par la fratrie Gallagher font partie des bonnes offrandes musicales de cette année 2017.

Ma note: 7,5/10

Noel Gallagher’s High Flying Birds
Who Built The Moon ?
Sour Mash Records
48 minutes

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