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FME 2020 jour 3 — Anachnid, Mirabelle, Bleu Jeans Bleu et Zoo Baby

De moins en moins frais de ma personne, je me lançais dans cette troisième journée de FME avec une belle variété d’artistes et de styles.

Il était un peu tôt pour voir Anachnid au milieu du décor pittoresque du Jardin botanique de Rouyn-Noranda. La jeune montréalaise nous a présenté les pièces de son album Dreamweaver, paru à la fin février. Elle était accompagnée de Jay Essiambre (La Faune, Cosmophone) et du claviériste Andy Bourgeois. Le trio a bien fait en interprétant habilement Animism qu’elle a terminé avec une interprétation de la chanson de l’eau, une pièce traditionnelle algonquine. Ça tombe bien, le territoire de Rouyn-Noranda est algonquin. Le seul truc que je me suis demandé tout le long c’est… pourquoi il y a logo de la Banque TD sur le tambour amérindien? C’était un peu étrange. C’est un tambour reçu dans le cadre du prix de l’auteur-compositeur-interprète autochtone de l’année SOCAN-TD. Anachnid en aime tout simplement le son.

Crédit : Louis Jalbert

Cependant, la chanson de l’eau, c’était magnifique. Anachnid possède toute une voix qui se déploie magnifiquement en rondeur et en profondeur. Elle a expliqué que c’était le temps du corbeau, car c’est le temps des récoltes, je vous jure : les corbeaux y ont répondu. Je ne m’explique pas la chose, peut-être un grand moment de hasard intersidéral bizarre, mais un esprit plus spirituel que le mien y trouverait sans doute une manifestation de mère Nature. Les pièces Anachnid, America et Windigo étaient toutes bien réussies. America a donné un lieu à un moment très émotionnel où elle a parlé des pensionnats. Sa colère et sa tristesse étaient justes et justifiées. Vivement qu’on patche ces blessures comme du monde.

Nouveau nom, nouveau projet, nouveau son, même bonnes tounes

Mirabelle est la nouvelle incarnation de la talentueuse Laurence Hélie qui nous présente son nouveau projet aux sonorités qui rappellent vaguement le rock alternatif des années 90. Pour cet album, elle a travaillé avec une belle bande de musiciens : Warren Spicer et Matthew Woodley de Plants and Animals et Christophe Lamarche-Ledoux de Chocolat et Organ Mood. C’était le premier spectacle étant donné que l’album est paru le 29 mai dernier et c’était tout à fait réussi. Non seulement les chansons étaient interprétées avec justesse et une belle dynamique, mais Laurence Hélie est toute une animatrice de foule.

Crédit : Thomas Dufresne

La salle semblait appréciée puisque c’était silencieux à un point tel que chaque canette de bière qui était ouverte résonnait dans l’Agora des Arts. Mirabelle nous a livré Phénomène, Teenage Dreams, Daddy Long Legs, Rose White et Wall de manière très convaincante. La distorsion enveloppante des guitares faisait du bien. Elle nous a aussi interprété une reprise de This is Me Trying tirée de Folklore de Taylor Swift.

Crédit : Dominic Mc Graw

Les haters peuvent aller se rhabiller… avec un coat de jeans

Il n’y a pas si longtemps Bleu Jeans Bleu était un groupe qui écumait les petites salles de la province avec son projet humoristique et divertissant. Mais ce fameux Coton Ouaté a tout changé pour la formation. C’était bien satisfaisant hier de les voir interpréter leurs plus belles folies sur la grosse scène de la plage du lac Kiwanis. Ils ton lancé les hostilités avec Le king de la danse en ligne puis Café corsé, toutes deux tirées de Perfecto, paru l’an dernier. La formation a enchaîné les pièces à un rythme parfait intercalant deux ou trois blagues entre le tout. Les blagues de Vocoder sur Vulnérable comme un bébé chat étaient particulièrement réussies. J’ai quitté le site à regret avant de voir l’explosion de Coton Ouaté parce que j’étais attendu en ville par Zoo Baby.

Interchanger les Z

C’était Zen Bamboo qui était censé prendre la scène au Cabaret de la Dernière Chance à l’origine, mais les événements des dernières semaines ont demandé à l’organisation de changer de direction. Pourquoi ne pas changer un Z pour un Z? C’était une excellente idée! Parce que Zoo Baby a donné une solide performance funkée pour terminer ce FME 2020. Le nouveau projet de Xavier Dufour-Thériault de Gazoline est beaucoup plus pop. On entend tout de suite les références à Prince dans son approche. Sur album, c’est un peu plus orienté vers les sonorités de claviers et les synthétiseurs, mais hier on a eu le droit au groove d’un groupe qui est en pleine possession de ses moyens.

Crédit Louis Jalbert

Par tes yeux, Paralysie du sommeil, Cœur de pomme et Limonade ont toutes frappées dans le mille. Le groupe nous a même envoyé une reprise de (je crois) Show Me Love de Robin S. C’était tout à fait réussi. Visiblement, Xavier Dufour-Thériault se débrouille aussi bien avec une guitare qu’une basse dans les mains.

Moment emo

Bon. On va se le dire. L’absence de festival a profondément altéré mon été. Le FME a toujours tenu une place spéciale dans mon cœur puisqu’il y a 7 ans, c’est le premier à nous avoir invités à les couvrir. Je sais que c’est un petit drame bien personnel, mais son absence me pesait. Lorsqu’on m’a contacté il y a 4 semaines pour m’annoncer que finalement, il y aurait un festival, j’ai tout de suite dit oui. Je savais que les défis pour l’organisation seraient grands, mais au final j’ai pu voir 3-4 spectacles par jour, rire avec Sandy et Jenny, me faire chummé avec les gens du Cabaret de la dernière chance, revoir des musiciens que j’apprécie, voir des groupes pour la première fois sur scène et manger du Morasse tard dans la nuit.

Crédit : Dominic Mc Graw

Organiser un festival en temps de COVID, ce n’est pas simple. Alors je lève bien haut mon chapeau à Magali, André-Anne, Élie-Anne, Anthony, Charlaine, Marie-Ève, Sonia, l’armée de bénévoles, les techniciens de sons et tout le monde qui a rendu cette 18e édition du FME possible. Vous êtes des guerrier.e.s! Merci pour ces trois jours qui ont donné un sens à cet été 2020. Metci pour la chaleur des rassemblements, même à 2 mètres de distance, merci pour les barouettes de désinfectant à main, mais surtout merci pour le happening musical qui patche nos coeurs de mélomanes.

À l’année prochaine!

2 commentaires

  1. Joëlle, le 2020-09-28 à 11:39

    Le musicien d’Anachnid s’appelle Andy Bourgeois. Il y a un logo sur son drum car c’est le prix de l’Auteur-compositeur autochtone de l’année de la Fondation Socan – TD qu’elle a remporté l’année dernière. Elle utilise ce tambour car elle apprécie le son. Envoie-moi une message la prochaine fois si tu cherches de l’info. 😉

    J.

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