Concerts

FEQ Jour 4 – Danser, crier et suer le Rock

Après une pause samedi le jour du Seigneur s’annonce intense. Une croisée des chemins s’offre à moi. J’hésite entre les mèches blondes de Nick Carter et celles de Sébastien Grainger. L’adolescent Emo que je n’ai jamais été ne peut pas s’en empêcher, je veux qu’on m’éclate les tympans* comme en 2004. Death From Above (1979 ?) ce sera. En plus, les mystiques montréalais I.D.A.L.G. s’occupent de nous délier les genoux en première partie.

Les Toltèques sur amplis

À l’hiver 2016 est paru Post Dynastie, l’offrande rock stoner au dieu Quetzalcoatl d’I.D.A.L.G.. Majoritairement, les pièces de ce dernier opus qui attisent l’intensité de l’Impérial pendant un solide 45 minutes. Musicalement rien à redire. La basse à la distorsion lourde, la batterie s’agite nerveusement et les guitares, assurément post-punk, stimulent la piste de danse. Malheureusement, la foule éparse ne se lâche pas beaucoup, excepté un mignon moshpit de 4 gars vers la fin de la prestation. Il faut dire qu’I.D.A.L.G. préfère faire parler leurs instruments plutôt que de s’adresser au public pour nous entrainer dans leur bulle. Les quelques interventions sont d’une timidité presque gênante. Avec une musique de cette qualité, ils peuvent murmurer tout le concert, je retournerai les voir.

Mention spéciale au duo vocal de Yuki Berthiaume et Jean-Michel Coutu malgré des micros pratiquement fermés. Impossible de taire la présence du MVTP (Most Valuable Tambourine Player) : Philippe Beauséjour. Il rôdait sur les planches, ensorcelant les autres musiciens comme l’assistance avec son cerceau de cymbales. S’il organise des messes sataniques, j’aimerais y prendre part.

Un extrait musical de leur rituel psychédélique en direct d’une grotte, en 2016 :

 

They’re screaming back again

Avec un petit retard, Sebastien Grainger et Jesse F. Keeler entrent sous les acclamations. Sans introduction ils attaquent Right On, Frankenstein de The Physical World que suit Going Steady. Ils passeront ainsi du vieux au récent à un rythme infernal. Ils pigeront également dans leur période Heads Up EP. Dead Womb détruit tout simplement tout sur son passage. L’impérial fut, sans contredit, le royaume de la sueur et des mosphits cette soirée-là. Durant les courtes poses, il faut bien descendre* ses bières, Grainger est affable et nonchalant. Très fier de son cardio mis à l’épreuve par les pentes locales, il nous raconte avoir expliqué à un serveur qu’il n’ira pas au spectacle des Backstreet Boys le soir même. En fait pas besoin de se rendre à la scène Bell, car le batteur/chanteur entonne le refrain d’Everybody (sans le costume de momie) avec l’aide des mâles présents.

Même après avoir écouté leur album de 2004 pendants 13 ans les deux Ontariens sonnent encore rafraîchissants. Un dance-punk qui vous arrache les tripes, avec plus de variations grâce au matériel sorti en 2014. D’ailleurs, la correcte Trainwreck 1979 en version studio m’a agréablement surpris sur scène. N’empêche qu’ils n’ont pas joué Pull Out.

Avec environ 1 h 30 la représentation du FEQ était plus longue que celle de Glastonbury en 2015 : https://www.youtube.com/watch?v=keTf9T-yA8U&feature=youtu.be&t=633
 

Il y avait un troisième groupe à 23 h 30, BROS, mais je manquais de courage pour assister leur mouture moins bonne de vieux succès des Black Keys :

 

*Fun Fact 1 : Je suis maintenant le gardien légal de deux acouphènes en bonne santé, je les ai nommés A. et J.

*Fun Fact 2 : La durée d’un spectacle pour Keeler se compte en bières. Nous avons eu droit à une prestation de 4 consommations alcoolisées et 1 bouteille d’eau pour le rappel.