Critiques

Iceage

For the Love of Grace & the Hereafter

  • Mexican Summer
  • 2026
  • 41 minutes
8
Le meilleur de lca

Iceage arrive avec son sixième album, For the Love of Grace & the Hereafter. On peut dire que les réflexes punk de la formation s’évaporent depuis plusieurs albums et, sur ce nouvel, ils sont pratiquement inexistants, si ce n’est à travers la batterie de Dan Kjær Nielsen, qui prend parfois encore des routes typiques au dance punk, comme c’est le cas sur Tender Blades. C’est plutôt le rock qui fait dorénavant la loi chez Iceage.

L’autre gros changement, c’est Elias Bender Rønnenfelt qui, tout en gardant un peu son ton punk, a beaucoup adouci sa manière d’approcher le travail au micro. C’est beaucoup plus mélodieux et on se fait même prendre par ses mélodies pop-rock, ou, à tout le moins, sa version d’en faire. C’est le cas sur l’excellente 1835, qui, avec ses guitares un peu lousses, offre de beaux moments.

Le groupe poursuit dans le sillon creusé avec les derniers albums. L’évolution du groupe est somme toute linéaire, passant de l’adolescence plus rebelle de New Brigade à l’âge adulte de Beyondless où les changements s’opéraient. Sur For the Love of Grace & the Hereafter, c’est soudainement l’amour qui marque. C’est un cas classique de cynique qui abandonne sa manière de voir les choses en raison de la passion amoureuse. Que ce soit sur Ember ou encore morther-of-pearl, on se surprend à entendre Rønnenfelt chanter ouvertement un amour débordant et attendrissant.

Si Iceage fait un virage vers quelque chose d’un peu moins marginal, on retrouve tout de même encore une proposition qui refuse de se conformer entièrement. Ça parait particulièrement sur Star et ses moments de progressions bizarres, et surtout cette guitare qui semble si nonchalante et qui pourtant, porte une partie de la pièce sur ses épaules. Si le groupe s’est adouci, il fait une rechute sur une pièce rock intitulée The Weak où le chanteur clame « Life is for the weak » avant de nous casser les oreilles avec un pipeau.

Dans tous les cas, ce virage adulte, mais pas adulte contemporain, d’Iceage se fait assez bien. Le groupe adoucit certains points plus saillants de sa proposition au profit de mélodies plus fédératrices sans devenir banal. Un album qui vaut entièrement le détour.

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