The Antlers - Familiars - Le Canal Auditif

The Antlers – Familiars

The-Antlers-FamiliarsEn 2011, le trio mené par Peter Silberman, nommé The Antlers, avait lancé Burst Apart; l’une des premières critiques à paraître sur Le Canal Auditif. Toujours accompagné du batteur Michael Lerner et du trompettiste/claviériste Darby Cicci, Silberman propose un cinquième album studio intitulé Familiars. Réalisé par le groupe et mixé par Chris Coady, The Antlers emprunte un virage soft-rock jazzistique amplifié par le magnifique jeu de trompette de Darby Cicci et auréolé par une approche vocale haute perchée de Silberman, évoquant à maintes occasions feu Jeff Buckley.

Un album qui pourrait paraître linéaire/rectiligne aux premières auditions, mais qui saura récompenser le mélomane patient, avide de chansons feutrées et touchantes, comme si l’univers musical de The National venait se coltiner à celui de Bon Iver. Ici, aucune explosion romanesque grandiloquente et superflue; simplement un groupe serein qui a sérieusement épuré son approche musicale en prodiguant l’essentiel et en saupoudrant juste ce qu’il faut de sensibilité.

Ce Familiars inspire la quiétude et la contemplation. Là où nos bons amis de Coldplay ont lamentablement échoué, The Antlers réussit à toucher avec un assemblage de chansons minimalistes, duveteuses et subtilement immatérielles; l’ensemble interprété avec une véracité incontestable. Encore une fois, une authenticité qui s’avère lucrative artistiquement parlant.

Ces morceaux brillent de tous leurs feux principalement grâce à l’éloquent trompettiste Darby Cicci qui confère à ce Familiars un petit penchant sépulcral qui vient contrebalancer persuasivement les vocalises un peu maniérées de Peter Silberman. Le batteur Michael Lerner y ajoute sa touche, toute en retenue, mais qui s’avère somme toute d’une efficacité redoutable.

Malgré quelques pièces qui n’atteignent pas leur plein potentiel ainsi que la linéarité rythmique un brin ensorcelante (un disque où les ritournelles ont été spécifiquement conçues à la même vitesse), l’atmosphère générale ouatée et frémissante vient largement compenser ces minuscules incartades. Ce Familiars sera particulièrement apprécié par les mélomanes amoureux qui voudront l’écouter un beau dimanche matin… de lendemains alcoolisés!

Sans qu’on assiste à la manifestation d’une litanie de chansons incassables, The Antlers prescrit de bien belles/longues pistes de soft-rock mélancolique: la frissonnante/prenante Palace, la jazzistique Revisited, la vaporeuse Hotel, l’explosion rock dans Director qui crée un agréable diversion, le petit penchant folk country à l’arrière-plan sur Revisited, la superbe trompette dans Surrender et la quasi soul Refuge constituent les sérénades phares de cette production.

Certains aficionados de la première heure pourraient être légèrement décontenancés par cette orientation plus moelleuse présentée par The Antlers, mais on ne peut reprocher un manque de cohérence au niveau de la direction artistique, avec l’agréable impression d’entendre un groupe qui a parachuté le disque qu’il avait envie de faire. On ne peut que s’incliner devant autant d’intégrité… et vous verrez, au fil des écoutes, ce Familiars est un petit bijou qui se laisse découvrir sans peine. Maturité.

Ma note: 7,5/10

The Antlers
Familiars
ANTI/Transgressive Records
53 minutes

antlersmusic.com

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